‹ Les grands symptômes neurasthéniques: pathogénie et traitementChapitre 12 sur 56 · M. J. B'*\ 27 ANS · texte numérisé non relu

M. J. B'*\ 27 ANS

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Fig. 12. — Influence de la période menstruelle sur la forme du graphique.

montrée infiniment moins sensible à l'action de Tétat électrique de l'air.

Autre sujet de modifications marquées dans la courbe de la pression sanguine : l'approche et les suites de la période menstruelle.

Voici (fig. 12) l'observation d'une jeune femme de vingt-sept ans, neurasthénique, que j'ai pu suivre au jour le jour avec beaucoup de soin. Sachant que son caractère s'altérait d'une façon sensible au moment de

ses règles, qu'elle devenait exceptionnellement irritable quelques jours avant, et qu'elle demeurait particulièrement triste, découragée et défiante quelques jours après, j'ai relevé quotidiennement sa pression artérielle, mesurant tous les quatre ou cinq jours l'activité de réduction de Toxyliémoglobine. J'ai constaté un parallélisme complet entre l'état mental, Fétat de la tension artérielle etl'activité de la réduction. Lejour delà venue des règles, la pression sanguine égalait 17 centimètres et demi de mercure, tandis que la moyenne était de 13 ou de 14 ; l'activité de réduction était montée de 0,60 à 1,10. A mesure que diminue le flux menstruel, nous voyons les deux courbes retomber un peu au-dessous de la moyenne. Chez cette malade, il s'est trouvé que j'ai pu faire pratiquer deux analyses d'urines à dix ou douze jours d'intervalle, immédiatement avant les règles le coefficient d'utilisation azotée a été de 0,830, et seulement de 0,820 deux jours après la fin de l'époque.

Grâce à la série de documents qui précèdent, nous savons maintenant quelles précautions il faut prendre, avant d'attribuer à la neurasthénie elle-même, ou au traitement que subit le malade, telles variations de la pression sanguine. Pour se tenir tout à fait à l'abri des causes d'erreurs, il faudrait encore que le sujet fût placé dans des conditions toujours identiques de température, dans un éclairage de moyenne intensité, et que,

d'autre part, il ne fut point sous Finfluence d'une image obsédante pénible, d'une cause d'émotion, Tincitant à la colère, au rire ou aux larmes*. Voilà, nous dira-t-on, bien des conditions requises, bien rarement réalisables, et, toutes ces précautions prise?, combien restera-t-il de bonnes observations, scientifiquement valables ?.. . *

Il en reste pourtant. A force de voir des malades et de les examiner souvent, j'ai pu recueillir un assez grand nombre de courbes ou de fragments de courbes, qui ne sont évidemment pas dépourvues de signification.

Nous allons à présent les passer en revue, en procédant du simple au complexe, de ceux qui s'expliquent d'eux-mêmes à ceux qu'il faut regarder de plus près pour les interpréter.

Dès maintenant nous pouvons dire que nous allons en rencontrer deux variétés très distinctes : neurasthénie à hypotension et neurasthénie à hypertension. La première variété, à mesure qu'elle tend vers la guérison, donne une courbe générale ascensionnelle; c'est, je crois bien, la plus nombreuse. La seconde, à mesure que les symptômes vont en s'atténuant, donne une

(1) On sait, depuis les recherches de Binetet Courtier, de G. Dumas, etc., quelle est l'influence sur la pression sanguine d'une émotion vivo, d'une représentation mentale intense, de reÊfort intellectuel. La chaleur et le froid, quand ils sont de moyenne intensité, relèvent l'énergie contractile du cœur ; par les hautes températures estivales ou les froids vifs, la pression sanguine a, au contraire, tendance à. s'abaisser. D'auti*e part, quand un névropathe impressionnable passe brusquement d'une pièce obscure datns une chambi-e très vivement illuminée, le sphygmomètrc indique une hausse de plusieurs centimètres de mercure.

courbe descendante. Nous verrons, par la suite, quelle est la signification de ces deux types de graphiques, et s'ils comportent quelque différence au point de vue de l'étal mental des sujets.

Yoici d'abord quelques tracés du premier groupe.

M. A. P..., trente-quatre ans, homme de lettres, né d'un père bien équilibré et d'une mfere franchement hystérique, est doué d'une grande activité physique et intellectuelle ; subitement ruiné à l'âge de vingt-trois ans, il a dû suffire à la fois aux besoins de sa famille et à ses ambitions littéraires, menant de front le métier d'employé de ministère, celui de journaliste et celui de romancier* Pendant longtemps il a supporté sans efforts cette vie de labeur intense et continu, dormant bien de sept à huit heures par nuit, mangeant de bel appétit, souffrant à peine d'un peu de gonflement de l'estomac après les repas. Au mois de mars 1895, l'achèvement d'un livre auquel il s'était passionnément donné, s'accompagna de brusque dépression physique et intellectuelle, avec sensation intense de fatigue, impossibilité de marcher plus d'une dizaine de minutes, obnubilation de la mémoire, atténuation de la volonté, douleurs de nuque, insomnies, incapacité au travail de composition littéraire, et découragement profond (voy. fig. 13).

Presque tout de suite, sans attendre que le mal s'installe à demeure, M. A. P... vient se remettre entre mes

De Fleury. — Neurasthénie. 4

mains. Sa pression sanguine est très basse, 12 centimètres; au dynamomètre la main droite donne 39 et la main gauche 36 kilogrammes, ce qui est certainement très inférieur à sa moyenne. M. P... est soumis trois fois par semaine aux stimulations répétées par les fric-

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