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Fig. 27. — Abus de l'alcool.
si bien qu'il est parfois tenté d'en finir avec la vie. La tension artérielle est extrêmement haute, 21 à 22 centimètres, le pouls bat à 104. M. William E... avoue que, pour soutenir ses forces, il boit, en vaquant à ses affaires et en fumant force cigares, de .grands verres de porto rouge et quelques petits verres de sherry brandy. Voilà plusieurs années qu'il est à ce régime, et cependant il n'a ni tremblement alcoolique, ni durcissement bien marqué des artères. Chez lui, l'activité de la réduction,
examinée quatre jours après le début du traitement, est supérieure à la normale. Elle égale 1,20; son sang est trës riche en globules 5 611000 et l'analyse d'urine révèle une certaine accélération de la nutrition; le -malade d'ailleurs est quelque peu goutteux. J'obtiens de lui la suppression immédiate et à peu près complète de Talcool ; comme il est perpétuellement assoiffé, il consent à ne boire que du lait très légèrement aromatisé avec du kirsch, et à ne faire que deux repas légers aux viandes blanches, aux légumes verts et aux fruits cuits. Quelques bains statiques sans étincelles complètent le traitement. On en peut suivre les effets sur le tracé cicontre : on y voit descendre parallèlement la tension artérielle et la vitesse, tandis que la force dynamométrique suit une marche directement inverse. Par deux fois, la pression sanguine et le nombre des pulsations se relèvent brusquement, et chaque fois le malade avoue avoir démesurément insisté sur la dose de kirsch et avoir ajouté du vermouth à son régime quotidien. Mais à ces deux incidents près, la descente de la ligne témoigne, par sa régularité, de l'énergie avec laquelle cet anglo-saxon a su se soumettre à la privation des boissons alcooliques. L'élévation d,e la pression sanguine, du nombre des pulsations, de l'activité de la réduction, du coefficient d'oxydation et du nombre des globules rouges, tout démontre que ce névropathe, qu'il semblait légitime d'étiqueter neurasthénique, était en vérité tout le contraire d'un déprimé. L'alcool, qui n'était point encore par-
venu à profondément altérer ses artères, agissait chez lui comme excitant du système nerveux et du cœur. Quant à l'état mental, si Ton prenait soin d'y regarder de près, on ne tardait pas à s'apercevoir qu'il ne s'agissait pas ici d'un fond de faiblesse psychique avec poussées d'énervement en feu de paille, mais bien d'un état à peu près permanent d'irritation active.
Les deux graphiques précédents nous montrent les symptômes nerveux, habituellement qualifiés de neurasthéniques, coïncidant avec l'hypertension artérielle entretenue par des doses excessives d'alcool. Le graphique suivant est aussi celui d'un alcoolique, mais d'un alcoolique invétéré, buvant depuis plus de vingt ans des doses formidables de whisky. Chez lui, l'abus prolongé a fini par déterminer une extrême mollesse du cœur : sa pression sanguine n'est plus que de 12 centimètres de mercure. Convaincu tout d'un coup de l'extrême gravité de son état, M.Jack C... s'engage à supprimer immédiatement et totalement l'alcool. Avec une énergie presque invraisemblable, il tient sa promesse du 10 au 30 janvier; pendant les premiers jours de février, il se départ un peu de la rigueur de son régime, qu'il reprend intégralement à dater du 9. Les variations de la courbe de la pression sanguine et de la force dynamométrique sont ici particulièrement marquées; la suppression de l'alcool semble avoir, en très peu de jours, libéré le cœur dont la vigueur renaît à vue d'œil. Pour aider ce malade à supporter la suppression de l'alcool,
je lui fais quotidiennement des injections de 10 à 20 centimètres cubes de sérum de Chéron, apaisant avec du lait ou des tisanes diurétiques légèrement aromatisées au kirsch, la soif de ses tissus. Mais Fétat mental du malade ne s'est vraiment amélioré, il n'a repris le goût
M. Jack G**', 44 ans.
Moi, 5« t.*-^;*c(J ^^'^j^