‹ Les grands symptômes neurasthéniques: pathogénie et traitementChapitre 21 sur 56 · HO IV · texte numérisé non relu

HO IV

^MMMÀa\4jXuf¥\ !><. f cioX «V4«41.t*tf .

Ax

Q>^:u%ii*m

Ûadc^s /.

Pools CspU.

Fig. 24. — Albuminurie légère.

qu'ici l'hypertension est manifestement d'origine centrale, le cœur donnant une impulsion assez véhémente pour forcer la périphérie. Ce malade s'est bien trouvé du régime lacté tant qu'il a consenti à s'y soumettre.

J'ai déjà publié * deux observations qui se rapprochent de celle-ci :

La première est celle d'une américaine de New-York, jyjme s^.E. H..., âgée de quarante-cinq ans, qui m'appela

(I) le Progrès Médical, 2 décembre 1899.

pour des douleurs qualifiées de névropathiqueâ par tous les médecins qui Tavaient jusqu'alors soignée; il s'agissait de sensation de brûlure le long de la muqueuse intestinale, de picotements à la peau et de crampes dans les muscles des jambes, enfin de démangeaisons à la vulve, s'exaspérant à un tel point qu'elles finissaient par s'accompagner d'angoisse, de fausse angine de poitrine. La malade pa^se une grande partie de ses nuits dans des insomnies atrocement pénibles. Elle a avec cela des poussées de sang à la tête, qui lui donnent la crainte de devenir folle.

Accablée par de grands chagrins, elle a dû, naguère, déployer une énergie intellectuelle et physique fort audessus des habitudes de son sexe et de sa condition. Elle a pensé trouver appui dans l'usage du vin de Champagne à haute dose, et des boissons américaines les plus alcoolisées. Ce n'est pas à proprement parler une alcoolique, c'est à peine si elle présente quelques signes d'artério-sclérose au début. Les urines, dont la toxicité est réduite au quart de la normale, sont en quantité tout à fait insuffisante. Il y a excès considérable d'acide urique par rapport à l'urée, de Findican, des traces non dosables d'albumine. La suppression de l'alcool amène une légère amélioration, en même temps qu'une légère baisse de la pression sanguine, extrêmement haute au début du traitement. Mais M""* S.-E. H... demeure en proie à une prostration physique et morale extrêmement intense, avec ébauche du délire des persécutions. Le

régime lacté et la pilocarpine, en favorisant l'élimination par Turine et la peau, ont amené la disparition du désordre psychique. L'épuisement nerveux, le délire, les démangeaisons et les angoisses ont reparu peu de temps après que la malade s'est remise à manger comme tout le monde et à boire de Talcool. Sa pression sanguine s'était considérablement abaissée sous Tinfluence* du lait et de la pilocarpine.

Même évolution delà courbe chez M. Emile H..., âgé de vingt-deux ans (fig. 25); ce malade, qualifié de neurasthénique, était en réalité un brightique atteint de mélancolie d'origine toxique avec idées de suicide. Le graphique ci-contre, à lui tout seul, résume assez complètement l'observation pour qu'il soit inutile de la donner in extenso.

Chez les malades qui s'efforcent de remédier à leur fatigue au moyen de préparations alcooliques ou de vins médicamenteux, nous voyons, comme dans la figure précédente, de l'hypertension artérielle d'origine centrale. C'est le cas de M. Léon M... (fig. 26), âgé de cinquante-deux ans. Il mène en province une existence inoccupée, limitant son activité à la lecture des journaux, à quelques promenades aux environs de la petite ville qu'il habite, à l'interminable partie de billard ou de cartes au café, où il boit en quantité des quinquinas ou des amers réputés hygiéniques ; neurasthénique depuis la puberté, mais beaucoup plus déprimé physiquement et intellectuellement depuis une attaque d'influenza qui

ce

àb

date d'une année, M, Léon M... n'a gagné au régime qu'il mène qu'une certaine modification dans son état mental; au lieu d'une mélancolie morne, il a maintenant de fréquents accents de larmes, d'angoisse et de colère. Il dort très mal, digère péniblement (hyperchlorhydrie)

M. Léon M***, 52 ans.

Fig. 26. — Abus de Talcool.

et, depuis quelque temps, il souffre de douleurs vésicales qui l'affectent beaucoup. L'examea pratiqué par les meilleurs spécialistes démontre surabondamment que ce n'est qu'un faux urinaire. Je le soumets au régime suivant : à 8, 9, 10 et 11 heures du matin, 4, 5 et 6 heures de l'après-midi, un verre de bon lait coupé d'eau alcaline; à midi et à 7 heures repas légers, œufs, poissons, viandes blanches bien cuites, légumes en purées, compotes. Comme traitement, bains électriques

statiques de dix minutes avec localisation de Teffluve au niveau de la vessie. En huit ou dix jours, la pression artérielle et le nombre des pulsations se détendent, le pouls capillaire diminue, la fprce dynamométrique augmente, tandis que le malade retrouve le calme et le sommeil, et que s'atténue, pour bientôt disparaître, la topoalgie vésicale; quelques injections salines, pratiquées après cette détente, ont relevé la pression artérielle jusqu'au niveau moyen qu'elle avait dépassé.

Voilà un cas de demi-alcoolisme où les phénomènes . nerveux se sont amendés à mesure que s'abaissait la pression sanguine et que s'atténuait le pouls périphérique.

Il en est à peu près de même du tracé suivant. M. J. William E..., quarante-sept ans (fig. 27), est un américain de haute taille, à la figure enluminée, à Tœil brillant, au verbe haut. Il m'est amené par un de ses compatriotes que j'ai déjà soigné, et me déclare que depuis quelques mois, ses idées sont devenues tellement confuses et son cerveau tellement faible, qu'il a toutes les peines du monde à dicter une lettre. Ayant perdu de très grosses sommes par un coup de bourse, il a voulu refaire proinptement sa fortune et y est parvenu au prix d'un travail formidable. C'est au moment oii il allait goûter un peu de paix qu'il commença de ressentir tous les effets du surmenage : asthénie génitale, céphalée en casque, sensation de grande faiblesse qui se vérifie au dynamomètre; le malade, qui est une sorte de colosse, ne

donne que des chiffres fort inférieurs à ceux que sa musculature fait prévoir. L'affaiblissement de sa ménloire, de ses facultés d'attention et de sa volonté s'accompagne d'une tristesse farouche, et d'un pessimisme excité qui le rend iagressif, hostile à tous et à lui-même,

M. J. William E**', 47 ans.

Mois MaL^ e^iUv«4«**vt 4J"«

Zl

Î1 80 fiO

70 Hiii 18

lô .'.0 l'iO 14

Page 1