‹ Les grands symptômes neurasthéniques: pathogénie et traitementChapitre 7 sur 56 · UN K · texte numérisé non relu

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Fig. 6.

resserrement actif des petites artères de la périphérie. J'ai presque toujours mesuré la vitesse du cœur, qui est encore un indice important à ce point de vue (lois de ]VIarey),etj'ai recueilli plus d'unti'acé sphygmographique pour rechercher, en vue du même but, les variations du dicrotîsme (lois de Pachon) ; nous reviendrons plus tard sur ce point de technique.

On sait, depuis les remarquables recherches de Chéron sur Thyperglobulie instantanée, que la hausse de la pression du sang par resserrement de Tarbre artériel s'accompagne de chasse d'eau dans les tissus périvasculaires, et de concentration du sang avec augmentation apparente du nombre des hématies; dans la dépression vraie c'est le contraire qui est la règle ; aussi ai-je bien fréquemment pratiqué le dénombrement des globules, par la méthode de Hayem, à l'aide des appareils deM. Nachet. Pour ce qui est de l'activité de la réduction, je m'en suis remis aux instruments de M. Albert Hénocque, qui ne sont point d'un emploi difficile, et qui paraissent donner des renseignements particulièrement précieux sur l'activité des échanges et l'accélération ou le ralentissement de la vitalité.

Presque toujours les variations qu'il m'a été donné de constater avec cette série d'appareils, si différents les uns des autres, se sont inscrites parallèlement et se sont montrées d'accord. Je tiens donc les notions ainsi obtenues, après des centaines d'observations aussi soigneuses que possibles, pour scientifiquement valables.

J'ai dit que certains des graphiques ainsi recueillis ne me paraissaient point susceptibles d'interprétation rationnelle dans Tétat actuel de nos connaissances. Quelques-uns, cependant, tirent de leur incohérence même un aspect significatif.

Voici par exemple (fig. 4) le cas de M. Raymond D..., âgé de vingt-deux ans, atteint enmême temps deneurasthénie par surmenage etd'hystérie par idée iixe. Nous retrouverons son histoire au chapitre consacré à l'état mental neurasthénique. Il suffira pour le moment de constater que, soumis tout d'abord au traitement du surmenage à un moment où la neurasthénie tenait toute la scène, son graphique a évolué d'une façon intelligible et logique (relèvement progressif de la pression sanguine et de l'état des forces) jusqu'au jour où l'état hystérique prenant le dessus, le tracé est devenu parfaitement incohérent.

Cette incoordination des lignes représentant la pression sanguine et la vitesse du pouls, je la retrouve encore (voy. fig. S) chez ces faux neurasthéniques qui ne sont en réalité que des dégénérés impulsifs, mais que ne marquent point les stigmates spéciaux à la névrose de Beard.

Voici une troisième figure où nous voyons encore la pression sanguine décrire des hauts et des bas qui semblent inintelligibles (fig. 6). Cette malade, nettement neurasthénique, affirmait suivre avec rigueur le régime alimentaire auquel j'avais cru devoir la soumettre (sup-

pression de l'alcool, du vin, de toutes boissons fermentées). Or, j'appris, quelque temps après avoir renoncé à la traiter, qu'elle dînait en ville à peu prës tous les soirs, buvant à table force verres de vin de Champagne, et ne manquant point d'absorber après dîner un ou deux verres de liqueur; le lendemain, sa matinée se passait dans les larmes, et son graphique révélait des ascensions de pression en apparence incohérentes, en réalité motivées comme on vient de le voir.

Même quand le régime est scrupuleusement suivi, Tétat de Fappareil circulatoire varie dans des proportions importantes, à propos de. toute une série de circonstances qu'il est indispensable de connaître, si l'on veut se placer dans de bonnes conditions pour l'observation.

C'est une règle, une fois pour toutes établie, qu'un malade doit être examiné tous les jours au même moment, l'état de ses forces et de sa tension sanguine variant fortement suivant qu'il est à jeun ou qu'il digère, selon que l'heure est proche du sommeil ou que le jour touche à sa fin.

Pendant un séjour d'une semaine à la campagne, dans une maison où les vacances réunissaient tous les membres d'une famille où les neurasthéniques ne manquent pas, j'ai eu le loisir d'étudier les oscillations de la tension artérielle aux différentes heures du jour et de la soirée. Ces oscillations, relativement légères chez les

personnes tout à fait bien portantes, prennent, chez les névropathes, une importance dont pourront donner une idée les deux figures ci-aprës :

La pression sanguine de M. F. B... (voy. fig. 7) est prise pour la première fois à 8 heures et demie du matin

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