‹ Les grands terroristes, Carrier à NantesChapitre 1 sur 124 · LIBRAIRIE PLON · texte numérisé non relu

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Parlant des proconsuls en général, Edgar Quinet a dit très justement : '( Donner à des individus la puissance de lâcher la bride à toutes leurs fureurs et attendre qu'ils demeurent dans les limites de la raison, c'est trop exiger de la nature humaine (1). »

En fait, ces hommes, que le Comité armait de sa toute-puissance pour un moment, ne pouvaient que dépasser le but. Pour « sauver l'empire », ainsi qu'ondisait alors et le sauver rapidement^ils devaient chercher en eux-mêmes les moyens les plus prompts de combattre la fédéralisme et d'assurer le gouvernement révolutionnaire. Que l'imagination de la plupart d'entre eux se soit allumée jusqu'à la frénésie, à un moment où le «crime » se décorait du nom de « vertu », où la Terreur battait son plein, oij la guillotine se dressait légalement en permanence sur les places des grandes villes à l'instar de Paris, rien d'étonnant. Il faut tenir compte de la surexcitation des esprits causée par l'envahissement des frontières, par la rébellion de Lyon et du Midi, par la for-

(1) lidgar Quiuet, Révol. fraiiçaUe, t. II.

midable insurrection de la Vendée, par les menées anli-patrioliques des émigrés, par le cri de révolte poussé par les fédéralistes et propagé dans toute la France, il faut tenir compte de cette ivresse, que donne le pouvoir en des temps troublés, oii des hommes jusque-là condamnés à l'obéissance passive sont tout d'un coup et violemment appelés à commander à leur tour.

De tous les proconsuls qui, pour abattre la contrerévolution, ont couvert la France d'échafauds, Carrier est un de ceux dont le nom est resté le plus odieux. Les partisans les plus convaincus du c bloc intangible » de la Révolution ont depuis longtemps jeté par-dessus bord trois hommes traités en boucs émissaires : Fouquier-Tinville, Joseph Lebon, Carrier. La mort de ces grands exterminateurs semble avoir accordé un brevet d'innocence à ceux — dignes pourtant de marcher au même rang — que la postérité a ouMiés. Sentence restrictive et injuste. Du moment où l'on a pu « expliquer le système » de Robespierre et de Saint-Just, Fouquier-Tinville^ à l'égal de Dumas et Goffinhal, devrait être considéré comme le trop zélé mais obéissant exécuteur des ordres du Comité. Parmi les proconsuls, Carrier et Lebon sont-ils les seuls dont le nom doive être prononcé avec horreur ? Une déportation opportune et la mort en exil doivent-elles faire omettre CoUotd'Herbois? Maignet, l'incendiaire de Bedoin, Tallien, Fréron, Rovère , Fouché surtout, l'autre mitrailleur de Lyon, n'ont-ils pas droit à une mention

flétrissante? - Le rôle joué par Fréron et Hovère dans la réaction de Thermidor a fait oublier les massacres du midi et d'Avignon, l'ombre de Tereza Cabarrus a protégé Tallien et lavé le sang des dalles de Bordeaux. Jusqu'à Fouché, dont la vie d'honneurs immérités et de trahisons successives a effacé le souvenir du proconsulat de Lyon !

Bouc émissaire ou non, je ne réhabiliterai pas Carrier. Si d'autres ont été injustement revêtus de la robe d'innocence, le « tigre de l'Ouest », comme l'appelait Lanjuinais , mérite le brevet d'ignominie accolé à son nom, ce nom qui, dans les veillées des chaumes vendéens, est encore synonyme d' « ogre » et de « monstre » .

Les noyades et les fusillades de Nantes ont dépassé les horreursdeLyon et «c'est enfoncer dans le sang», a dit Louis Blanc, que de dépeindre la Terreur sous le proconsulat de Carrier.

Bien que ce sujet^pénible en soi, comporte peu de critique — la fureur portée à ce paroxysme n'engendrant pas de discussion — je me suis laissé amènera reconstituer toutela vie de Carrier parce qu'elle est mal connue, traitée avec exagération — la vérité suffit ! — par quelques-uns, succinctement par les autres, dans des comptes-rendus sommaires du tribunal.

Posons ce principe que les faits démontreront : Carrier ne doit pas supporter seul l'écrasante responsabilité des excès commis à Nantes. S'il en assume la plus grande part, n'oublions pas qu'il ren-

contra àNantes des hommes de sang prêts à l'exciter s'il en eût été besoin, surtout ne perdons pas de vue qu'il fut particulièrement encouragé par le Comité de Salut public, qui apportait à anéantir ce « chancre politique » qu'était la Vendée, une haine féroce. Que Carrier, à sa besogne terrible, — exterminer pour pacifier — ait employé l'âpreté du procureur envieux, l'ardeur du démagogue enclin au communisme, enfin et surtout l'exaltation d'un cerveau malade que l'abus des jouissances de toutes sortes entraînait jusqu'à la démence, ceci n'est pas douteux. Ce que cette étude doit prouver, c'est que si Carrier, à l'égal de Lebon, mérita le surnom de Bourreau, il ne fut pas le seul à Nantesà le mériter et que ceux qui au loin sanctionnaient ses actes par des bravos et donnaient l'impulsion à sa fureur par des témoignages de confiance et un accroissement de pouvoir, sont dignes, eux aussi, d'un blâme sévère et de la flétrissure de l'histoire.

Carrier n'est pas un caractère, c'est un frénétique ; par conséquent chez lui pas de système personnel. L'enchaînement de ses actes et la progression apportée aux manifestations de ses fureurs dénote un encouragementpatent ou tacitevenu de plus haut, l'encouragement à un but pour lequel tous les moyens étaient excusables sinon approuvés d'avance,

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ceux qu'on pouvait avouer comme ceux qu'on devait celer.

Était-il le propagateur d'un système? — Le but, — une fois dépassée la répression ordinaire des guerres civiles, déjà assez horrible en soi, — consistait-il, comme Fa soutenu Carrier, comme l'a répété Babœuf, à niveler la population, à la réduire à un chiffre uniforme par lieue carrée, ainsi qu'on l'avait décrété pour Lyon, à distribuer des terres à ceux qui n'en avaient pas, à doter les sans-culottes du bien des contre-révolutionnaires? Il ne serait pas nécessaire d'affronter de longues recherches pour trouver la preuve que cette idée a germé dans quelques cerveaux du Comité de Salut public. Le rapport de Saint-Just sur les exaltés et les indulgents, le 24 ventôse an II, quelques jours avant l'arrestation des Hébertistes, est presque un acheminement vers les lois agraires. Ce système, qui était vrai quelques semaines avant la loi de prairial, ne pouvait-il se présenter, à la finde 93, à l'état d'étude ^^ Confier cette étude à Carrier^ bientôt secondé par Turreau et ses lieutenants, n'était-ce pas éviter des tâtonnements et marcher droit au but? Personne mieux que le Représentant sans scrupules, presque sans raison, n'était fait pourpercer cette trouée dans le sein de la Vendée agonisante.

Carrier, député parle département du Cantal à la Convention, s'y était signalé par des discours violents ; la part prise par lui à l'organisation du tribunal révolutionnaire et de la mission des représen-

lants en province (10 mars 93), devait déprime abord l'indiquer au choix de ses collègues. Envoyé en Normandie et en Bretagne au moment du soulèvement fédéraliste, il assista de loin à la défaite des Girondins alliés aux royalistes de Puisaye, se jeta en Bretagne à la poursuite des fugitifs, qu'il n'atteignit jamais, puis, sur sa demande et sur les instances d'ITérault-Séchelles, fut désigné pour la Loire-Inférieure.

A Nantes, il trouvait la petite Terreur organisée par ses prédécesseurs, une terreur faite, non pour punir la ville, mais pour la défendre et la venger de ses ennemis. L'immense majorité des victimes venait du dehors , appartenait à une population contre laquelle les Nantais avaient opiniâtrement combattu.

Nous verrons Carrier soutenu par le Comité révolutionnaire confondre les Nantais avec les rebelles et, dans sa haine du « mercantisme », proscrire dans la ville tout ce qui était suspect d'avoir eu des relations avec les royalistes, tout ce qui était riche, négociant, propriétaire ou rentier. Notons, — ce sera là une des circonstances atténuantes de Carrier, — que les membres de ce comité révolutionnaire lui avaient admirablement préparé la voie. Sous le couvert d'un patriotisme avéré — la plupart s'étaient distingués au siège de Nantes (29 juin)^ — ils n'avaient pas attendu la venue de Carrier pour traquer les contrerévolutionnaires ou simplement les indifférents et, pour faire main basse sur les richesses de Nantes, ils

n'avaient pas hésité à appliquer la loi des suspects dans sa plus large mesure, à jeter en prison non seulement les prêtres, les nobles, les parents des rebelles — tous suspects de droit, — mais les notables de la ville, anciens fédéralistes ou non, les futures bêtes noires de Carrier. Ces hommes devinrent, par l'amour du lucre, exaltés et sanguinaires ; dans la guerre civile ils virent un moyen de s'enrichir et de se débarrasser de leurs ennemis personnels. Appoint puissant pour Carrier qui trouvait les citoyens armés Jes uns contre les autres, une compagnie de sbires Ippelés « Marats » chargés des perquisitions à domicile, la délation organisée, la peur régnant partout, lu'on y ajoute la misère extrême des quartiers >opuleux, les épidémies apportées par les fuyards ^endéens qui empestaient les prisons, l'exaspération tes patriotes contre les « brigands » qui affamaient la plie et la menaçaient d'un nouveau siège. Le ceriau de Carrier, déjà porté àl'exaltation, n'y tint pas. Pour expliquer cette fureur, qui tenait du délire, ^n a soutenu, la tradition rapporte, que Carrier ivait reçu des instructions secrètes, qu'il les portait toujours sur lui dans un étui de maroquin rouge ; |u'un jour Billaud-Varenne et Barère lui enlevèrent ;s ordres après l'avoir préalablement grisé. Napoîon semblait ajouter foi à cette tradition, Michelet ^n a admis la possibilité. Ce serait là un brevet d'im- ►unité qui diminuerait considérablement, il faut l'avouer, la responsabilité de Carrier, en réduisant son personnage à celui d'exécuteur, obéissant à des

ordres reçus. Mais, en bonne conscience^onne peut ajouter qu'une créance relative à cette tradition, quelque répandue qu'elle ait été à l'époque. 11 doit nous suffire de nous rappeler les ordres généraux concernant la Vendée, les pouvoirs illimités donnés à Carrier et confirmés après le décret du 14 frimaire, l'approbation tacite donnée aux actes du représentant, et nous ne saurions charger le Comité de Salut public d'instructions secrètes, dont la preuve n'a pas été établie.

Ce qu'on ne niera pas, ce qui fut démontré non seulement par les débats du procès, par le Moniteur — pourtantfacilement enclin àatténuer les comptesrendus des séances mémorables ou scabreuses, — mais par les autres journaux et les mémoires des contemporains, c'est que la Convention ne pouvait ignorer les « formes dures » de Carrier à Nantes. La première noyade de prêtres. Carrier l'a annoncée à mots couverts et comme le résultat d'un accident : « 90 prêtres étaient détenus sur une ga-

liote y apprends, et de façon très sûre, qu'ils ont

tous péri dans la rivière (1); » la seconde, d'un ton dégagé : « 58 prêtres m'ont été envoyés d'Angers... Ils ont été cette nuit engloutis dans le fleuve... Quel torrent révolutionnaire que la Loire (2) ! w Et l'Assemblée fit éclater des bravos à cette séance, comme à la première.

Les autres noyades, — mention en était faite dans des lettres particulières lues en nivôse, — les fusil-

(1-2) Lettres des 29 brumaire et 25 frimaire.

lades, — dans le nombre combien de paysans qui s'étaient rendus, combien de femmes et d'enfants! — ne furent pas moins connues de la Convention, mais son asservissement élait tel devant le Comité qu'elle n'essaya pas de prolester.

Restent donc à la charge du Comité ces pouvoirs illimités donnés à un homme de la trempe de Carrier, l'appréciation publique de Robespierre disant à Lai-

I gnelot : « Il fallait à Nantes un homme comme Carrier, » reste cette impunité fanfaronne oh le proconsul put se carrer à la Convention au retour de Nantes. Ses crimes ne l'avaient pas fait rappeler, mais les dénonciations d'une créature de Robespierre, le jeune Jullien (de Paris), dénonciations motivées sur les abus du pouvoir, les débauches du représentant, son conflit avec son collègue Tré-

^ houart et avec la Société populaire. En le remplaçant par Prieur (de la Marne), le Comité se servit d'un euphémisme : « Carrier était usé à Nantes et devait à Paris venir se reposer de ses travaux. » Pas un instant les questions d'humanité ou de justice ne furent en jeu et nous verrons l'accueil fait à Carrier rentrant en triomphe aux Jacobins, trouvant à la Convention les mains tendues vers lui. La Montagne, encore hypnotisée par le dictateur, n'osa ni désavouer ni flétrir l'homme que ménageait Robespierre au nom de « l'Arche sainte » des Représentants.

Il fallut la réaction thermidorienne et les dénonciations des Nantais redevenus hardis après le pro-

ces des 94 et de Phelippes-Tronjolly, l'ancien président du tribunal, pour traîner Carrier et le Comité révolutionnaire devant le nouveau jury. Les membres de ce Comité ne devaient pas partager le sort de Carrier et de ses complices directs, Fouquetet Lamberty. Les principaux d'entre eux, Goullin, Chaux, Bachelier, qui, menant le Comité, avaient pris une part active à l'ostracisme sous lequel gémissait Nantes, avaient même dirigé plusieurs des exécutions, bénéficièrent d'invraisemblables circonstances atténuantes en raison d'une nouvelle clause introduite dans la juridiction criminelle: la question intentionnelle. Les témoignages prouvèrent que leur intention n'est pas contre-?'évolutiomiaire (Fouquet et Lamberty à Nantes avaient été condamnés en germinal, non pour avoir dirigé les noyades, mais pour avoir caché chez eux des femmes vendéennes) et ils furent acquittés! Seuls, Pinard et Grandmaison, qui s'étaient signalés par des actes personnels de cruauté, tombaient sous le coup du droit commun et ils marchèrent au supplice en même temps que Carrier. Bien qu'acquittés la plupart de ces hommes méritaient d'être associés à Carrier. On pourra suivre la marche parrallèle de Carrier et du Comité révolutionnaire et leur sinistre émulation ; on distinguera le point où s'arrêtaient les ordres généraux, celui où commençait l'initiative personnelle. Au lecteur, je laisserai le soin de conclure ; la genèse des faits, mieux qu'une série de commentaires, l'amènera à distribuer équitablement les parts de responsabilité dans

celle répression farouche de Nanles. Carrier, sans doiile, loiil assoiffé de pouvoir el de jouissances qu'il fût, ne serait pas devenu ce maniaque atroce, dont le nom est justement abhorré, si , au-dessus de lui, il n'eût senti d'encourageantes approbations, si, à ses côtés, des hommes sanguinaires n'eussent surexcité sa fureur.

Pour mener au but ce travail de longue haleine, [u'en dépit de recherches minutieuses j'aurais voulu )résenter moins incomplet, on conçoit que j'aie contracté des dettes de reconnaissance. Ces dettes, je tiens à les acquitter.

Dans les premiers tâtonnements d'une étude aussi Complexe et touffue — quand on touche à la Vendée iin risque de se perdre en des dédales sans fin, — je le suis trouvé dirigé et éclairé par l'aimable conservateur de la Bibliothèque nationale, M. Bertal, [ont l'inépuisable obligeance et la grande érudition mt facilité mes recherches, au milieu de fascicules ians nombre, rarement exhumés de leur lit de poussière. A lui mon premier remerciement.

Égale facilité aux Archives, où j'ai dû à plusieurs 'reprises compulser les cartons révolutionnaires. Même après M. Wallon, cet illustre draîneur de nos documents criminels ou parlementaires, en furetant avec patience dans les dossiers les plus distants les uns des autres (on trouve quelques pièces concernant

Carrier et les représenlanls dans FOuest, jusque dans les cartons du Midi), j'ai pu glaner quelques paragraphes inédits ou des déclarations que le Bullelin du tribunal avait laissées dans l'oubli. Mon véritable travail de recherche, je l'ai accompli au siège même du proconsulat de Carrier; c'est à Nantes, aux Archives départementales, dont le conservateur, M. xMaître, a mis aimablement à ma disposition les registres de délibérations du Directoire du département et du Comité révolutionnaire, à la bibliothèque publique, dont les bâtiments, ancien couvent de Visitandines, résonnent encore des échos de Vert- Vert, que j'ai pu réunir et classer les principaux matériaux de cette ébauche historique.

La bibliothèque de Nantes, personne ne l'ignore, est une des plus riches de France; malheureusement, par suite de fâcheuses nécessités municipales, elle a été souvent déménagée et l'ancien couvent très exigu, où ses pénates ont étéprovisoiremenltransportés, se prête mal aux exigences du chercheur. Les deux bibliothécaires, M. Joseph Rousse, poète distingué à qui l'on doit la mise au jour de naïves légendes bretonnes, et M. Giraud-Mangin, érudit Nantais, m'ont aplani les difficultés en fouillant à mon intention dans le fonds Dugast-Matifeux, trésor inestimable de curiosités révolutionnaires, récemment légué à la ville de Nantes par le vieux collectionneur bibliographe. A ce fonds donc, non encore livré au public ni catalogué (1), il m'a été permis

(1) Cette collection comprend un très grand nombre de fascicules

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de puiser et j'en exprime ici ma gratitude à ceux qui m'en ont si gracieusement ouvert les arcanes.

Mon dernier remerciement, et ce n'est ni le moins sincère, ni le moins sérieux, s'adresse à M. Alfred Lallié,jurisconsulte éminent, ancien député à l'Assemblée nationale de 1871. Dès 1861, M. Lallié était le collaborateur éclairé de Berriat Saint-Prix, lorsque ce dernier publiait sa Justice révolutionnaire dans les départeynents , et, depuis, il n'a cessé de travailler et de produire. Plusieurs de ses ouvrages m'étaient connus, je savais les autres presque introuvables, mon but était de les atteindre et de les utiliser, puisque la modestie de l'auteur a parsemé dans les revues locales laplupart de ces chapitres sans les coordonner en ouvrage définitif. Non seulement ^I. Lallié m'a initié à ses précédentes études — on [verra quels emprunts j'ai pu y faire! — - mais, véritables archives vivantes, il m'a éclairé verbalement sur iplusieurs points obscurs, donnant ci date certaine [(grâce aux Archives du greffe qu'une heureuse chance [de bibliophile a mises en sa possession), criant là !« casse-cou » quand je risquais de me perdre dans un [inextricable labyrinthe. Ce que M. Lallié n'avait pas [cru devoir essayer : « la Vie de Carrier, » malgré

révolutionnaires fort rares, des notices biographiques imprimées et inanuscril.es de Dugast-Matifeux et autres érudits, plusieurs cahiers du manuscrit inédit et inachevé de Mercier du Rocher, le recueil de pièces contre-révolutionnaires de Benjamin Fillon. etc. Micheiet, il y a quarante ans, avait pris connaissance, pendant les quelques jours (ju'il passa à Nantes, de plusieurs de ces pièces et de plus avait pu s'entretenir avec le théopliilanthroiie Dugast. De là peut-être, dans les belles fresques où il dépeint à grands traits la Terreur à Nantes, ce parti pris d'indulgence de Micheiet pour certains membres de l'ancien Comité révolutionnaire devenus les amis de Dugast.

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une montagne de travaux préparatoires, (entre autres les Noyades de Nantes et le Sans-culotte Goul- /m), j'ai eu la téméraire audace de le tenter d'après les archives et les manuscrits de Nantes. Mais, sans cette fenêtre ouverte par M. Lallié sur ses propres ouvrages, sans ses conseils, qui si souvent ont épargné mon temps, je ne serais sans doute pas parvenu à offrir aux lecteurs curieux de l'histoire document tée, cette étude, si imparfaite qu'elle soit encore.

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