LA RÉCONCILIATION RUSSO- JAPONAISE
TRAITÉ DE SAINT-PËTERSBOURa * {21 Juiii/4 laiUet 1910)
Le gouvernement impérial du Japon et le gouvernement impérial de Russie, sincèrement attachés max principes établis
1. Ce traité passe pour être accompagné d'un second traité, tenu secret, dont les premières dispositions viseraient le règlement des matières communes, et dont la seconde partie établirait les conditions dans lesquelles Jouerait et s'exercerait la coopération militaire des deux puissances contractantes.
Le texte de l'accord Motono-Isvolky fut conununiqué le 6 juillet au gouvernement chinois qui répondit par la note suivante :
Après avoir attentivement pris connaissance du texte qui lui a été con" fié, le ministère a acquis la ferme conviction que cette convention oblige la Russie et le Japon à respecter les différents traités conclus entre la Chine ei le Japon d'une part, la Chine et la Russie d'autre part. En conséquence, cette convention apparaît comme une nouvelle confirmation des droits de
par la convention conclue entre eux le 17/30 juillet 1907, et désireux de développer les effets de cette convention en vue de la consolidation de la paix en Extrême-Orient, sont convenus de compléter le dit arrangement par les dispositions suivantes :
Article prbiiibr. — Dans le but de faciliter les communications et de développer le commerce des nations, les deux hautes parties contractantes s'engagent à se prêter mutuellement leur coopération amicale en vue de Tamélioration de eurs lignes de chemin de fer respectives en Mandchourie et du perFectionnement du service des raccordements desdites voies ferrées, et à s'abstenir de toute concurrence nuisible à la réalisation de ce but.
Art. 2. — Chacune des hautes parties contractantes s'engage à maintenit* et à respecter le statu quo en Mandchourie, tel qu'il résulte de tous les traités, conventions ou autres arrangements conclus jusqu'à ce jour, soit entre le Japon et la Russie, soit entre ces deux puissances et la Chine. Les copies des susdits arrangements ont été échangées entre le Japon et la Russie.
Art. 3. — Dans le cas où un événement de nature à menacer le statu quo susmentionné viendrait à se produire, les deux hautes parties contractantes entreront chaque fois en communication entre elles, afin de s'entendre sur les mesures qu'elles jugeront; nécessaire de prendre pour le maintien dudit statu quo.
8out€rain0té de la Chine sur la Mand€hwiri$, ree&nnus par ta Ruêriê et le Japon dans le traité de 1905, ainsi que du principe de V égalité de traitement pour toutes les puissances étrangères et de la promesse d'aider la Chine à développer en Mandchourie son commerce et son industrie. Bile apparaXL également comme ta réalisation du principe de la porte ouverte prévue par le traité sino-Japonais de 1905.
S'irupirant du principe formulé dans la convention russo-japonaise, la Chine considère comme nécessaire de mettre à exécution^ pour sa propre part, le principe qui sert de base au traité sino- japonais, et de consacrer toute son attention à des mesures cTappui et de protection restant dane les limites de ses droits de souveraineté, à l'observation de Végalité de traite" ment pour tous les États étrangers et au développement du commerce et de l'industrie en Mandchourie, dans Vintérét général.
Nous vous prions de vouloir bien porter cet exposé à la connaissance du gouvernement russe.
l'intégrité DB la CHINB 505
En foi de quoi, les soussignés, dûment autorisés par leurs gouvernements respectifs, ont signé cette convention et y ont apposé leurs sceaux.
Fait à Saint-Pétersbourg, le 4' jour du 7* mois delà 43* année de Meiji, correspondant au 21 juin 1910.
Signé : Motomo, Isvolsky.