‹ Les grands traités politiquesChapitre 157 sur 202 · LA DOCTRINE BB HONROB · texte numérisé non relu

LA DOCTRINE BB HONROB

nous y sommes restés fidèles : nous continuerons d'y rester fidèles pourvu qu'il n'y ait pas de changement qui du jugeipent des autorités compétentes de notre gouyemement nécessite aussi de notre part un changement indispensable à notre sécurité.

Le dernier événement en Espagne et en Portugal prouvent que l'Europe n'est pas encore bien tranquille. Lia preuve ia plus positive de ce fait important c'est que les puissances alliées ont jugé convenable, d'après des principes qu'elles ont adoptés, d'intervenir par la force dans les troubles de l'Espagne. Jusqu'où peut s'étendre une telle intervention d'après le même principe? C'est là une question à laquelle sont intéressés tous les pouvoirs indépendants dont les gouvernements diffèrent des leurs et aucun n'y est plus intéressé que les ÉtatsrUnis. La politique que nous avons adoptée à l'égard de l'Europe dans le commencement même des guerres qui ont si longtemps agité cette partie du globe, est toujours restée la même, elle consiste à ne jamais nous interposer dans des affaires intérieures d'aucune des puissances de cette partie de la terre, à considérer le gouvernement « de fait » comme gouvernement légitime relativement à nous ; à établir avec ce gouvernement des relations amicales et de conserver par une politique franche, ferme et courageuse, en admettant sans distinction les justes réclamations de toutes les puissances et en ne souffrant les injures d'aucune. Mais lorsqu'il s'agit de nos continents les choses changent tout à fait de face ; car si les puissances alliées voulaient foire prévaloir lenr système politique dans l'un ou l'autre de ces continents elles ne le pourraient sans qu'il y eut danger pour notre bonheur et pour noire tranqiûllité; et pas une d'elles ne peut croire que nos frères du Sud Tadopteraient de leur propre gré si on les aband<Minait à eux-mêmes. Il nous serait également impossible de rester spectateurs indifférents de cette intervention sous quelque forme qu'elle eut lieu. A présent si nous considérons la force et les ressources de l'Espagne et des nouveaux gouvernements de l'Amérique ainsi que la distance qui les sépare, il est évident que l'Espagne ne pourra jamais parvenir à les soumettre.

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La véritable politique des États-Unis est toujours de laisser à elles-mêmes les parties contendantes, dans Tespoir que les autres puissances suivront le même système ^

1. Le Canal de Panama et le a Centre Amérique ». — Depuis 1823, le message du président Monroé et la formule : c rAmèrique aux Américains » qu'on en a tirée, ont été souvent invoqués. Mais c*est surtout à propos du canal de Panama et des républiques de l'Amérique centrale qu'on en a tait les plus curieuses applications.

Les principe* qui devaient présider à la construcUon du canal interocéanique ont été fixés dès le 19 avril 1850 dans un traité dit Gla>^n- Bulwer, du nom de ses signataires, conclu à Washington entre le? États-Unis et la Grande-Bretagne.

Les articles 1 et 2 de ce traité posaient le principe de la neutralité dtt canal à construire, Tarticle 6 en reconnaissait en ces termes le caractère international :

c Les parties contractantes de cette convention s'engagent à inviter tous les Étals avec lesquels elles ont toutes deux ou séparément des relations amicales à faire avec elles des stipulations semblables à celles qu'elles ont contractées l'une avec Vautre, à cette fin que tous les Étals puissent participer à l'honneur et à Vavantage d'avoir contribué à une œuvre d'un intérêt général et d'une importance aussi grande que le canal projeté ; ei les parties contractantes s'engagent également à établir des stipulations avec ceux des États de V Amérique centrale avec qui il leur semblera utile d'en établir, afin de mener à terme d'une manière plus efective encore Vobjet de la présente convention, c'est-à-dire de construire et de maintenir ledit canal comme communication maritime entre les deux océans, pour le bénéfice du genre humain, sur des bases égales pour toutes les nations, et de protéger ledit canal;. . . »

L'article 8 et avant-dernier stipulait que le canal serait ouvert « aux sujets et aux citoyens de tout autre État qui s'engagera à accorder à ces voies de communication {cfiemins de fer ou canaux) la même protection que les États-Unis et la Grande-Bretagne s'engagent à leur accorder ».

Le 18 novembre 1901, un second traité, dit Hay-Pauncefote, entre les États-Unis et la Grande-Bretagne, remplaça le texte de 1860. Mais, après avoir stipulé que la construcUon du canal serait assurée par les États- Unis (art. 2), l'article 3 du traité de 1901 s'exprime ainsi :

« Les États-Unis adoptent, comme base de la neutralisation dudit canal de navigation, les règles suivantes, en substance telles qu'elles ont été incorporées dans la convention de Constantinople, signée le 28 octobre iWi, pour la libre navigation du canal de Suez.,, »

Suivent six paragraphes reproduisant ces règles, auxquelles il est apporté toutefois, par le paragraphe 4, cette modification que les Etats- Unis auront c la faculté d'entretenir le long du canal la police militaire qui pourra être nécessaire pour le protéger contre les troubles et l'anarchie ».

La révolution de 8 novembre 1908 consacra la séparation de la province de Panama de la République de Colombie. Un nouvel Etat fut fondé : la République de Panama. A peine né, ce nouvel Etat, par Tlntermédiaire d'un ingénieur français, M. Philippe Bunau-Yarilla, plénipotentiaire ad hoc, négocia avec les Etats-Unis un traité, qui fut signé a Washington le 18 novembre 1903, dont l'article premier stipulait que « les États-Unis garantissent et veulent maintenir l'indépendance de la République de Panama ».

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En échange de cette garantie, les Etata-Unia obtenaient le monopole de la constraction et de l'exploitation du canal interocéanique, à perpé* tuité, ainsi que le droit d'exploiter, d'occuper et de surveiller le canal, une zone de dix milles de chaque côté du canal et les lies de Perico, Haos, Gulebra et Flamenco. L'article 25 stipule que, pour assurer la cpro- UeHon H le mainlUn de la neutralité » du canal, la République de Panama « vendra ou cédera à bail aux Étate-Unie les terrains appropriés et néeeeeairee pour def etatione navales et de charbon sur la côte du Paci' figue et des Caraïbes,,. »

Le traité de 1903 ne reproduit pas la clause du traité anglo-américain de 1901, copiée sur la convention du canal de Sues de 1888, et d'après laquelle le canal de Panama doit être ouvert, sous certaines conditions, même aux navires de guerre des belligérants. La constitution panamienne, votée par le (Congrès le 16 février 1904, entérina le traité du 18 novembre 1908, déjà ratifié le 3 février.

M. Taft, président des Etats-Unis, ayant annoncé son intention de déposer un projet de loi en vue de fortifier le canal, le gouvernement du Japon s'en est ému et a chargé un de ses conseillers d'étudier la légitimité de ce projet en droit et en fait. L'opinion publique américaine invoque, contre cette intervention, la doctrine du président Monroê.

Enfin, il n'est pas douteux qu'il faille voir l'inspiration de cette doc trine dans les conventions signées à Washington, le 20 décembre 1907, par les républiques de l'Amérique centrale, « en vue de conserveries bonnes relations entre elles, et d'obtenir tme paix permanente dans le Centre'Amérique ».

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