Suite de petites gravures de modes, iii
Douze pièces, non signées, intitulées Modes de Paris ^ et numérotées 1 à 12.
Quati'ê autres pièces : Costumes du matin , Costumes sur la promenade. Parure du soir. Grande parure, sont signées Gatine.
Quatre autres : Le Matin , Le Midi , Le Soir. La Nuit , sont signées H. Vernet et Gatine.
12. LE JOURNAL DES DAMES (titre des gravures: COSTUME PARISIEN).
Le Journal des Dames fut publié le V juin 1797, par Sallèque et J.-G. Dentu; mais sa forme définitive date de
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1799, époque où La Mésangère en prit la direction. Il paraissait tous les cinq jours, c'est-à-dire deux fois par décade. Les gravures étaient finement exécutées. En tout pour être utile
Au sexe féminin , Uun (jraveur fort habile Le fidèle burin Des costumes nouveaux dessinant Véléyance, De temps en temps vous tracera Le mode à qui V on paraîtra Donner lapréférence.
disait le prospectus-chanson.
Le Journal des Dames prend la mode au point oii la laissent les publications spéciales du xviif siècle et les Modes et Manières du jour de Debucourt, et la conduit sans interruption jusqu'à l'époque de Louis-Philippe. C'est donc le document par excellence concernant la mode dans le premier tiers du xix" siècle. On ne peut pas dire que ce soit un livre de bibliophile, un de ces mignons volumes sur lesquels on se pâme; mais c'est plus qu'un instrument de travail : c'est un de ces ouvrages qui sont précieux pour garnir les seconds rangs des bibliothèques de bibliophiles. Un bel exemplaire se paierait fort cher aujourd'hui. De nombreux amateurs font un choix de planches du Costume parisien , qu'ils achètent une à une.
A partir de 1802, le Journal des Dames publiait comme annexe une suite coloriée de meubles et de voitures.
Gomme signatures d'artistes nous trouvons, de 1813 à 1816, celles d'Horace Vernet comme dessinateur, et de Baquoy comme graveur (voyez l'article Baquoy)^ et vers 1832, celles des graveurs Gatine, Nargeot, Auguste Delvaux.
La Mésangère mourut en 1831 ; le journal conserva d'abord sa forme; mais au bout de quelque temps il changea de direction et s'atrophia. En 1838 il est complètement dénaturé ; il en est alors à trois mille cinq cent soixante-douze planches.
Le journal de modes avait vécu plus que six ou sept Gouvernements! Au cours de sa longue carrière, il avait englobé et fondu en lui quatre autres journaux de modes :
L'Observatevr des modes, lancé le 5 août 1818, avec cette épigraphe : Ce fut Vange Azaël qui enseif/na le premier aux jeunes files à se parer. Ce journal dura jusqu'au 5 décembre 1823 , époque de son absorption par le Journal
des Dames. Les planches, au nombre de 319, en sont très jolies: quelques-unes sont signées Pù/eot d'après Chasselat, ou Lebas, Maleiivre d'après A^" de Vt . C'est un ouvrage à recueillir si l'occasion s'en présente.
U Indiscret , journal de nouveautés , 53 planches , du 5 avril au 20 décembre 1823.
Le Messager des Dames (Ladie's Magazine)^ 1832-33.
La Vogue., 1836-37.
Pour l'histoire des variations de la mode dans le second tiers du siècle , le choix est plus difficile : il manque une publication dont les planches présentent au moins un petit intérêt artistique. Cependant le monde ne se compose pas que de bibliophiles et d'iconophiles; il y a les peintres qui ont besoin de renseignements; il y a les historiens des mœurs , il y a enfin les couturières et les modistes qui ont besoin d'inspirer leur génie en méditant sur les œuvres de leurs devancières. Il n'est donc pas inutile de poursuivre à leur intention notre examen des journaux de modes.
11 y a bien aussi les tailleurs , mais malgré notre éclectisme, les journaux spécialement pour hommes (tels que Le Noircisse., fondé en 1830 par Fontaine père et fils, et continué sous les titres de Le Narcisse et l'Observateur réunis., ou L'Observateur et le Narcisse réunis) nous laissent froid.
13. La Mode, revue des Modes, galerie des Mœurs, album des Salons.
Fondée en 1829 par Emile de Girardin, sous le patronage de la duchesse de Berry qui souscrivit quarante actions et dont les armes, dessinées par Johannot et gravées sur bois par Chevauchet, servent de vignette de titre. — Couverture romantique, gravée sur bois d'après Célestin Nanteuil.
Au début, des lithographies de Gavarni. Les années 1830-31 off"rent des gravures de modes presque toutes de sa main, signées Gavarni ou G — i, gravées par Trueb et Nargeot.Une suite de Travestissements, gravés par Nargeot, est à citer pour sa désinvolture ravissante.
En 1832 on remarque les noms de Gatine et d'Auguste Delvaux comme graveurs, celui de Lanté comme dessinateur.
Girardin , ayant abandonné la direction de la Mode après la révolution de Juillet, la publication prit un aspect particulier : journal de modes politique, organe d'opposition
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légitimiste , donnant alternativement des gravures de modes et des lithographies politiques qui avaient la prétention de ne pas le céder en violence à la Caricature de Philipon : ces lithographies étaient de Jacques Arago". Les lois de Septembre les firent disparaître.
La Mode donne encore de 1835 à 1837 de nombreux Gavarni. A partir de 1839, elle mêla aux planches de costumes des caricatures dans le genre du Charivari. Gela constitue , en somme, un genre bâtard et mal venu. Les premières années seules sont intéressantes.
Le journal dura jusqu'en 1854. Il reparut un moment et fut supprimé en 1855. La Mode nouvelle parut en 1856.
11 existe une Histoire du journal la Mode, par le vicomte T. de Granville, 1861.
Voyons d'autres journaux :
Nov\EAi JoiRML DES Daxes , OU petit Courrier des Modes, par une Société de femmes de lettres et d'artistes, débutant, le 5 juillet 1821 , par cette déclaration : « Depuis que les y> journaux chargent leurs colonnes d'une politique sura,- » bandante, l'empire des Grâces semble détruit: la Mode » et les Amours s'enfuient épouvantés. . . » On y remarque comme graveurs les noms d'Auguste Delvaux, Barrau, Lefèvre, Nargeot. Le journal s'imprima à deux colonnes en 1833; il publiait une édition anglaise dans laquelle les planches sont intitulées Parisian Fashions. En 1844, le journal avait donné plus de deux mille planches, c'est donc un document important pour une période de vingt ans.
Voici maintenant divers journaux, dont beaucoup n'ont vécu que ce que vivent les roses :
La Correspondance des Dames.
Le Bouquet, album de modes, non périodique, 1827.
Le Fashionable , journal de modes, album de musique, de poésie et de danse, 1828, in-4 à deux colonnes.
Le Mercure des Salons, 1830; on y voit le nom de Gérard-Fon tallard .
La Nouveauté , journal pratique des 7}iodes , 1830.
Le Miroir des Dames, — Le Journal des Femmes, — La Gazette des Salons , — L'Estafette des modes , publiés sous la même direction , vers 1830-36, ainsi que La Sylphide et La Corbeille.
Le Messager des Salons , i 832-38 et Le Monde élégant, 1838-39.
Le petit Messager, journal des Demoiselles , 1833-34.
L'Iris^ album de l'Élégance, 1832.
La Revue des modes de Paris, 1832. Signature Montaut d'Oléron del. et se.
Le Protée , 18:34.
Le Bon Ton, 1834 et suiv. Signatures : Montaut d'Oléron, Varin, Astorg, d'après Numa.
La Toilette de Psyché . 18:^, ou La Psyché, 1835. Illustrée (au début) de lithographies par Ramelet , Benjamin, Gavarni, Bouchot, Th. Fragonard. A partir de 1845 perd sa petite originalité et devient un journal plus qu'ordinaire.
L' Union des modes , 1835.
Le Carrousel, 1836 Gavarni y collabora.
Le Caprice, 1836. Signatures: A.Chaillot, Portier, etc. Il dure encore.
PARIS ÉLÉGANT, 1836, (réuni en 1840 au journal Longchamps). Important. Planches soignées, portant les noms de Numa, Janet-Lange, comme dessinateurs, et vers 1845-50, ceux de Wolff, Louis Berlier, Mondain, Tony Goutière, Alph. Boilly comme graveurs.
Le Boudoir, 1837.
La Capricieuse , 18.37.
L'Aspic, 1837, journal relativement raffiné et littéraire.
Le Colifichet , 18:38.
Le Gant jaune , (journal d'hommes), 1838.
Les Quatre Saiso)is, 18:^8.
Courrier de Paris, 1838-46. .Jolies planches, signées Geoffroy, Varin.
Panorama fashionable , 1839.
LE FOLLET., 1839. Etait au début une petite feuille sur papier rose, paraissant le Dimanche. En prenant quatre journaux combinés: le Follet, courrier des salons, le Lutin, écho des salons, le Sylphe, journal des salons, et le Trilby, album des salons, on en avait pour chaque jour de la semaine. Le Follet se transforma en s'agrandissant; il donna plus de trois mille six cents planches, signées pour la plupart Laure Colin ^ Ana'is Toudouse, Héloise Leloir. ( M^'He Laure Colin , j\Imes Toudouse et Leloir étaient les trois sœurs , filles du peintre Alexandre Colin. M'h»^ Leloir était la mère des peintres Louis et Maurice Leloir. Leurs aquarelles étaient brillantes ; elles ont
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généralement perdu dans l'interprétation des graveurs de modes). Ces planches ont reparu dans d'autres journaux. En 1867 le Follet changea encore de forme.
La Fashion, 1839, publiant trois éditions : édition des élégants, édition des Dames, édition du commerce. — A l'édition des Dames fit suite une autre publication , portant le titre étrange et complexe de U Orifiamnie des modes , journal du grand monde et du commerce ! On y remarque les noms de Gatine et de Sophie Gatine.
Le Mercure galant , 1841.
Le Papillon, 1841; les planches avaient déjà servi ailleurs.
La Renaissance , 1842; idem.
Le Petit Messager des modes , 1842.
Le Lion, journal d'hommes, 1842.
La Péri , 1843.
Pour la période 1843-1860, nous avons des recueils importants.
LE MONITEUR DE LA MODE , 1843. Très soigné. Les planches signées Jules David comme dessinateur, et comme graveurs : Pedretti, Tavernier, Lecomte, Blanchard, M""' Fournier, Réville, Millin, Montaut, Tony Goutière, Alph. Boilly, Gervains, Portier. — Le Moniteur de la Mode publiait une édition allemande, une anglaise, une espagnole. Ce journal existe encore.
LES MODES PARISIENNES (suite de La Grande Mode) , fondées par Philipon : premier numéro avec planche, le 7 août 1844. Publication importante et même jolie, si l'on admet le genre gravure de modes ^ sucré et fade. C'est la crème à la Chantilly de l'estampe. Comme noms de dessinateurs, les Modes parisiennes portent Célestin Deshays, Guérard, et à partir de 1848 jusqu'en 1874, Compte-Calix. Comme graveurs: Geoffroy, Varin, Tailland, M'"' Florensa, Thierry, Monnin. Millin, Guerdet, Préval , Portier, Montaut d'Oléron, Hopwood ; et quelquefois, vers 1852, les signatures Montaut et Gaillard ou Hopwood et Gaillard. Ce Gaillard est alors un jeune débutant, élève d'Hopwood, qui deviendra le célèbre graveur du portrait de Dom Guéranger. (Voyez le catalogue de Ferdinand Gaillard, n" t).
Citons encore un flot de publications sans importance ,
dont la plupart même emploient des planches déjà publiées dans le Follet, le Moniteur de la Modr ou les Modes parisiennes :
La Mode des Demoiselles . IS'iS ; — Le Favori des Dames. 1846 ; — La Corbeille de Mariage , 1848 ; — La Toilette . 18i8; — Le Souvenir, 1849, créé pour « combler une lacune dans la presse bien pensante » ; donnait en prime le portrait du comte de Chanibord ; — Le Caméléon , 185*) ; — Le Luxe, 1850; — La Chronique élégante , 1852; — L'Indicateur de la Mode , 1851 ; — Les Muses de la Mode . 1851 ; — La Revue du Monde élégant, 1854 ; — La France élégante, 1854 ; — Le Courrier de la Mode, 1857; — Le Passe-Temps des Dames et des Demoiselles, 1852; — L'Arachné, 1856; — La Mode de Paris, 1857; — Le Monde élégant, 1858; — L'Echo du Monde élégant, 1858; — L'Écho du Moniteur de la Mode, — L'Écho du petit Courrier des Dames, — La Parisienne, 1857; — Le Moniteur des Modes de l'Enfance , 1857 ; — La Toilette de Paris, 1857; — Le Sylphe ou la Mode à Paris, 1857; — Le Génie de la Mode ; — La Revue des Modes : — Le Stéréoscope, journal des modes stéréoscopiques avec photographies (c'est hideux !) 1857-59 ; — La Gazette des familles , 1864 ; — La Joie du Foyer , 1864 , etc. , etc.
En 1860 paraît La Mode illustrée : de cette publication date la transformation des journaux de modes; ils s'agrandissent, perdent leur aspect de revues littéraires; leur texte se remplit de bois intercalés, donnant les modèles de travaux à aiguille. Cette réforme était empruntée à un journal de modes de Berlin, intitulé, je crois, Le Bazar. Au début même, on utilisa les bois du journal prussien. C'est de ce petit fait qu'est née, après 1870, la grosse question de savoir si les journaux de modes français faisaient graver leurs planches en Allemagne, puis la question des marques de provenance, puis enfin la loi aujourd'hui pendante sur lesdites marques. Voilà bien du chemin parcouru pour des gravures de modes, {Ad augusta per a.ngusta 1). Les bois de gravures de modes se gravent à bien moindre prix à Berlin. Mais lorsqu'on les a confiés à des graveurs français, Huyot par exemple, on a obtenu des résultats bien supérieurs.
Pour la période contemporaine, on n'aura que l'embarras
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du choix, les journaux de modes pullulent: comme en toutes choses la production est exagérée, et on se demande comment peuvent vivre toutes les publications spéciales, dont j'emprunte la liste à V Annuaire des journaux de Henri Lesoudier :
L'Album de la Toilette: — U Aquarelle-mode-caprice :
— L'Art dans le Costume ; — L'Art et la Mode ; — L'Art du Travestissement ; — L'Avenir de la Mode ; — Le Caprice : — Le Conseiller des Dames ; — Le Coquet ; — Le Diable rose ; — L'Écho ou Moniteur de la Mode ; — La Femme et la Famille : — La Figurine : — La France élégante : — La Gazette des Dames ; — Le Génie de la Mode : — La Grande Couture ; — La Grande Modiste ; — La Jeunesse ; — Journal des Demoiselles \ — Journal des marchands de modes ; — Journal des modistes ; — La Mode actuelle ; — La Mode artistique ; — La Mode française : — La Mode illustrée ; — La Mode nationale ; — La Mode pour tous ; — La Mode de style ; — Les Modes de l'Enfance ; — La Modiste universelle ; — Le Moniteur des Daines ; — Le Moniteur de la Mode : — Paris-Charmant : Par is- fi f/ urine : — Paris-mode ; — Paris-modèle ; — Paris-toilette ; — La Personne elér/ante : — Le Petit Echo de la Mode ; — Le Petit Messager des Modes : — La Poupée modèle ; — Le Printemps ; — La Revue de la Mode ; — La Toilette illustrée.
Journaux de coiffures : La Coiffure illustrée ; — Le Goût du jour : — Le Moniteur de la Coiffure ; — La Revue de la Coiffure.
Journaux de tailleurs : Grandes gravures artistiques ;
— Journal des marchands tailleurs ; — Le Moderne Schneider ; — Les Modes européennes : — Les Modes françaises ; — L'Observateur des modes : — Le Progrès :
— Le Tailleur moderne.
Nous ne faisons ici qu'esquisser la matière. Il se trouvera sûrement un jour quelque travailleur patient pour essayer une bibliographie complète des journaux de modes au xix"' siècle. Il pourra consulter k la Bibliothèque nationale le fonds Histoire de France, périodiques, journaux de modes, ou pour parler la langue technique , le fonds Le. 14. Est-il nécessaire d'ajouter qu'il obtiendra, de la complaisance empressée de M . Thierry et des conservateurs des imprimés.
des facilités particulières, comme il les obtiendra au Cabinet des Estampes de l'ainabilité constante de M. Georges Duplessis et de ses collaborateurs ?
En attendant, voici le conseil que nous donnerions au collectionneur qui voudrait former l'histoire de la mode depuis 1800 : c'est de se bornera recueillir, pour la période 1800-1835 : Le Journal des Dames, doublé de V Observateur des modes et les premiers volumes de la Mode oii se trouvent les Gavanii. Pour 18:>5-1844: le Nouveau journal des Dames , ou le Follet , ou Paris élér/ant. Pour 1844-1874 : Les Modes parisiennes , ou bien le Moniteur de la Mode. Pour la période contemporaine : La Mode artistique., qui publie de très jolies lithographies de Gustave Janet, et surtout les journaux qui s'occupent de modes sans être des journaux de modes, tels que UArt et la Mode ou la Vie Parisienne.
GATTEAUX (Jacques -Edouard ) , né en 1788. graveur en médailles . membre de l'Institut.
Le Jeu de cartes impérial . au trait, (est peutêtre de Gatteaux père). Quatre portraits lithographies : N. Gatteaux le père ; — Petite curé de Triel : — Ch. de Gardante , médecin: — Hartmann. musicien.
GAUBERT. — Souvenirs de St-Pétersboun/ 50 vues gravées sur acier, in-8. vers 1820.
GAUCHARD, graveur sur bois. — Histoire des Peintres., Tour du Monde, le Juif errant . de Doré , etc.