VOGT
La Liberté, appuyée sur le Christianisme, fait le tour du Monde. (Le titre, à défaut de date, suffirait à nous indiquer que nous sommes à l'époque des généreuses illusions de 1848).
La Réconciliation : peint par E. L. (Le comte de Chambord reçoit la duchesse d'Orléans et ses enfants , accompagnés par le duc de Nemours. — ChezDelarue, 1850).
En 1882, Vogt exposait une Femme au bord de la mer, d'après Puvis de Cha vannes.
VOISIN (Henri-Léon), né à Saint-Mandé, a exposé de 1882 à 1889 des eaux-fortes sur le Mont Saint-Michel. — Une Vue générale du Mont Saint- Michel, et une Vue de l'Abbaye prise des Remparts, deux grandes pièces.
Ruth et Boo: : Girardet, 1888. — La Vallée : Millet, 1889. — Dix eaux-fortes pour Une visite au Mont Saint- Michel , par H. Voisin et G. Toreg ,
graphiées par Alfred Dedreux, 1845, marquées A. D. dans un écusson, titre par Collette (Goupil et Bulla).
Souvenirs équestres, 6 p. lith. par Alfred Dedreux (Goupil). — Scènes équestres, 24 p. lith. par Alfred Dedreux (Goupil), in-fol. en 1., les teintes par Ciceri ; cette suite offre peu de variété , il semble que ce soit toujours la répétition de deux mêmes sujets : une promenade de cavaliers, ou des courses.
Une curieuse pièce est celle qui représente Louis -Philippe et la reine Victoria se promenant à cheval à Windsor, lith. par Alfred Dedreux pet. in-fol. en 1.
Promenades équestres, 12 lith. par Jaime (Goupil).
Éludes variées, 24 lith. par Jaimo (Goupil).
VOLLON (Antoine), (') peintre, né en 1833. — Eaux-Fortes : Le plus ancien prospectus de la maison A . Cadart et Chevalier, rue de Richelieu, 66 ; imprimé par Delàtre, 4, rue des Feuillantines. 1862. — Clichy -la- Garenne. — Un soir chez M. Burty. — École de village. — Un Frontispice.
— The Bank ofa river.
Une Réunion d'amis : Noterman pinx. , A. Vollon lith. (Cadart.)
VOLMAR (Joseph), peintre animalier et lithographe.— Le Marchand de chevaux (Engelmann).
— Postillon sanglant son cheval, Postillon au galop, 2 p. (Villain). — Chevaux, plusieurs études (Langlumé) . — Chasse au sanglier , à Vours , au loup , au renard, a a cerf, au chevreuil, 6 p. 1826 (Chaillou-Potrelle). — Éludes de Chiens, 20 p. en deux séries (Villain), et 3 autres, in-8.
Reproductions d'après Géricault : Le Chasseur, Le Cuirassier', — Quatre sujets publiés chez Gihaut : — Six sujets copiés d'après les originaux de la suite dite de Hullmandel (cat. de Géricault, 76, 78, 80, 82, 83, 84) ; — Quatre sujets retouchés par Géricault (id. 96 à 99).
VUILLEFROY (Félix de), peintre, né en 1841.
— Souvenirs du Morvan , lithographie d'après son tableau de 1877. — Attelage de bœufs surpris par V orage. (Ces lithographies sont-elles originales?)
(!) Son tils Alexis Vollon a gravé une Scène de Carnaval, eau-forte d'après son tableau du Salon de 1889. (L'Ali.)
WACHSMUTH. 253
WACHSMUTH (Ferdinand), né à Mulhouse en 1812, peintre, professeur à Saint-Cyr. — Une petite eau-forte in- 18 représentant Don Juan devant le tombeau du Commandeur. — Autre eau -forte à sujet moyen -âge, in-8enl., signée F. Wachmuth d'ajjrès son ami Debacq, 1833. — Lith. Rue de la Marine à Alger ; Scène d'F/fémi, nouvelle par V. Fleury. {L'Artiste).
WACQUEZ ( Adolphe - André ) , peintre et graveur, né à Sedan en 1814, élève de Delacroix. — Gëricault mourant, d'après Souclion , in-8 en 1., 1837. — Portraits de Froissart, Calvin, Régnier, Rabelais, d'après Eug. Delacroix, pour le Plutarque Français, 1840. — Noce juive dans le Maroc: Delacroix, gd. in-8. [L'Artiste).
Pèlerinage: d'après la baronne de Senevas, in-fol. lavis.
Fac-similé de dessins de Raphaël, du Musée de Lille, pour le duc de Luynes.
WÂLLE. — «A dessiné vers 1825 de ravissantes pièces en couleur sur les types de la rue. » (Grand- Garteret.)
WALLET . aqua - fortiste contemporain. — Meissonier d'après lui-même : in-8 (à la longue barbe), in-4. — Octave Feuillet. — Napoléon d'après Meissonier, etc.
25'i LES GRAVEURS DU XIX" SIECLE.
WALTNER (Charles-Jules), né en 1820, graveur. Sujets de piété pour les éditeurs spéciaux, à dater de 1848.
Adaptant pour lui un mot connu , disons qu'il nous a donné , comme œuvre capitale , son fils.
WALTN ER (Charles-Albert) , fils du précédent, né à Paris en 1846.
L'un des grands graveurs français. Et graveur absolument particulier, dont le nom, marquant une étape dans la marche de son art, signifie l'extrême limite de la liberté dans les procédés d'exécution, — en réaction, à la fin du xixe siècle, contre la perte de toute liberté , infligée depuis cent ans à la gravure par la formule d'école.
A l'époque de la Restauration, la gravure, asservie par la dictature de la taille dite « militaire », tombe au métier des Caron, des Chollet, Charles Johannot et autres, qui se croient les continuateurs de l'ancien régime du burin , quand ils n'en sont que les « vieux voltigeurs », aussi arriérés que les « retour de Coblence ». Une rénovation est réalisée par Henriquel, qui pour sa grande gloire infuse à son art un indéniable esprit et quelque dose d'indépendance. Graveur du gouvernement de Juillet, Henriquel veut concilier l'ordre avec la liberté : mais allez donc enrayer les mouvements en avant et forcer les gens à se contenter de « la meilleure des républiques » !
WALTNER. 255
Après la réforme , la révolution : l'art absolument libre de nos peintres-graveurs , si éclatant depuis 1850, tente les graveurs de reproduction ; ils se font graveurs « à l'eau- forte » , c'est-à-dire en travail non rangé. Pendant ce temps, la gravure rangée va de Forster à Martinet, c'est-à-dire à son extrême. Nous avons dit que Martinet était un des pôles de la gravure ; il représente la rigidité, le caporalisme de la taille une, deux, trois. Waltner, par une opposition diamétrale, est l'autre pôle , la liberté complète , et, comme aurait orthographié Proudhon, l'an-archie.
Le piquant est que Waltner est l'élève de Martinet. Il a commencé comme un régulier, burinant des vignettes de piété avec son père, puis fréquentant l'École, puis, une année que le jury était libéral (1868), grand-prix de Rome, sur une académie de concours qui ne promettait pas un buriniste extraordinaire.
Waltner partit pour Rome, mais de corps seulement. Insensible à la peinture italienne, son esprit ardent était avec les peintres hollandais et flamands ! Au bout de huit mois, il n'y tint plus, quitta la ville Médicis, revint à Paris, et, au lieu de donner pour premier essai un « envoi de Rome », quelque recommencement du portrait de Masaccio, fit le Baron de Vicq, de Rubens, au burin libre, et même retroussé à l'impression. Ce début était un pur chef-d'œuvre; l'École le trouva
parfaitement scandaleux. Mais nous comptions un grand graveur de plus.
Tempérament énergique, mais toujours avec distinction, Waltner alla définitivement du côté où son instinct de l'indépendance et son besoin d'originalité le poussaient. Il se fit une gravure composée de tous les moyens connus : burin libre, eau-forte, pointe-sèche, grattage, procédés d'impression (*), en un mot, il se servit de tous ces procédés dont on dit d'habitude « qu'ils ne sont pas de la gravure » (et qui sont employés d'ordinaire par les peintres-graveursj, et il en usa avec une désinvolture (2) , une force , une élégance extrêmes. Si bien qu'il en tira des « gravures » bientôt universellement célèbres, et qui partout, exerçant une influence tentatrice , faisaient école et entraînaient des imitateurs dans cette voie nouvelle (3).
(') « Waltner, par un travail des plus curieux, réunit et approprie a la » reproduction des œuvres d'art tous les moyens , même ceux qui avant » lui ne servaient qu'à la gravure originale et semblaient ne pouvoir être » employés ailleurs. Par ce travail , qui a une certaine parenté avec la » manière noire par la production et l'utilisation d'une grande quantité » d'ébarbe , il crée un genre personnel ». ( Bracquemond : Rapport du Jury de Gravure de l'Exposition de 1889 )
(2) Un de ses spirituels confrères a dit : « Waltner grave à tout, au burin, à l'aiguille, à la lime, au papier de verre, il grave même à iimpi imeur, il grave à l'Ardail 1 » Oui, à la condition que le mot ne soit pas un persiflage. Waltner use en grand des ressources de l'imprimeur. Seulement, à la différence des médiocres, il en use non au hasard, mais en connaissance de cause, prévoyant et préparant d'avance l'effet certain à obtenir, comme un pointeur exercé qui touchera immanquablement le but.
(3) Il est juste d'ajouter que nombre de ces imitateurs s'y cassent le cou. Le genre exige absolument l'art raffiné, le goût, la puissante niaes-
WALTNER. 257
D'abord accueilli par la Gazette des Beaux- Arts, Waltner devint ensuite le graveur du journal L'Art, auquel il donna, de 1873 à 1879, une série d'œuvres admirables, d'une dimension déjà plus développée. Il séjourna trois ans en Angleterre. Enfin, à partir de 1880, les éditeurs français et anglais le sollicitèrent à l'envi pour ces planches de format considérable qui l'ont mis hors de pair.
Waltner est décoré depuis 1882.
Voici le catalogue de son œuvre, — delà première partie de son œuvre, — qui se développera, puisque l'artiste est dans toute la force
tria de Waltner. Sinon l'on y sent le malaise, l'hésitation ou l'escamotage des graveurs inexpérimentés qui comptent que la couleur et l'effet doivent nécessairement être improvisés par l'imprimeur, devenu une manière d'esprit-saint infaillible dans ses opérations. De là, une nuée de planches fort barbouillées, sans dessin, grattées au hasard sur un report photographique (photographies directes sur le cuivre ou sur le bois, désastre de la gravure !) et qui sont pires que les pires burins. C'est l'anarchie, sans trait d'union cette fois.
Quel est lavenir de ce genre de gravure? Sans viser au don de prophétie, il semble logique de déduire que "Waltner étant un extrême, ne saurait être dépassé, et que, dès lors, la faculté de renouvellement de l'art français s'exercera par un retour de l'autre bord, vers le burin (pas le burin en losange, bien entendu) et sa force d'exécution. Déjà s'est produite une réaction très marquée au profit de la taille contre la teinte, et en faveur du travail fin , net , et tiré nature. L'avenir semble être à la o-ravure telle que la concevait notre très grand Ferdinand Gaillard. Cette réaction eût été même rapide, décisive et salutaire, si, par bonheur, Gaillard eût pu être chargé pendant une dizaine d'années de l'enseignement à l'École. Quelle résurrection alors et quel coup de grâce pour les vieilles formules qui encroûtent et paralysent l'ardeur, l'individualité et le talent de nos futurs burinistes ! Enfin, ce sera un peu plus long, voilà tout ! Mais ce sera.
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258 LES GRAVEURS DU XIXe SIECLE.
de l'âge, de l'énergie et du talent. Cet œuvre, dès maintenant très considérable, est de cent trente pièces, dont quarante de premier ordre. Avec Waltner, le premier ordre seul compte, le graveur y est d'une supériorité à s'écraser lui-même dans le surplus par comparaison. Il y a mieux : de ces quarante pièces, il y en a vingt de telle envergure, (le grand portrait de Rembrandt, par exemple, ou le Doreur, ou Miss Camden, etc.) qu'elles écrasent les vingt autres. Mais ce n'est pas une raison pour diminuer l'importance de ces dernières.