STEINLEN
rieuse , Les Cloches du soir, Babillage et autres pièces intéressantes, et pour les morceaux publiés par V Intransigeant illustré (et l'éditeur Fouquet). — Etc.
comiques à face glabre et des fortes chanteuses à biceps ; là se retrouvent les portraits des célébrités du genre : Thérésa, Plessis, Paulus, Yvette Guilbert ; là se conserve pour la postérité tout ce qui s'est chanté depuis un demi-siècle; plates inepties (en grande majorité), déclamations soi-disant patriotiques, boulangeades, romances écœurantes, caricatures d'anglais, pioupious grotesques, allusions égrillardes (en masse), monologues de pochards, « scies » (très gaies parfois), etc., etc.
Songez à l'importance du café-concert, plaisir quasi-national, au nombre des gens qui vont y passer leur soirée : par jour ils sont milliers, par an, millions, par siècle ils seront milliards ; cela vaut la peine d'être étudié ; une catégorie particulière d'estampes en fournira les moyens.
Surtout gardons-nous de nous fâcher et de déclamer sur le café-concert. Vus à distance, les articles de colère sont ridicules. Il y a vingt-cinq ans Veuillot, prenant sa discipline et en assénant de terribles coups . . . sur le dos des autres, a écrit une satire célèbre sur l'ineptie du café-concert et sur la « torpeur troublée » du public qui s'y porte : « la tristesse réside au fond » disait-il, « cette tristesse déserte et plate qu'on appelle l'ennui ». Au même moment, a l'autre extrémité de l'opinion, un rédacteur d'encyclopédie se demandait quel motif poussait le public dans les cafésconcerts, et il se répondait : « C'est évidemment l'absence de la Liberté. Si, sous le Second Empire, on avait le droit de réunion et si les Français pouvaient se rassembler pour s'entretenir de choses élevées [sic), il n'y aurait plus que les idiots qui iraient achever de s'abrutir sur l'air de la Gardeuse d'Ours ». Le droit de réunion est venu : puis la Liberté dans sa plénitude, et les cafés-ccncerts ont décuplé en nombre et en dimensions, ce qui voudrait donc dire qu'il y a cent fois plus d' « idiots ». Mais la déclamation et l'aphorisme à la Prud'homme ne sont pas de l'observation.
Il ne faut pas trop discuter les plaisirs et les goûts de ce qu'on appelle le gros public. Nous ne l'avons pas insulté pour notre pari lorsque nous l'avons vu préférer les lithographies de Bellangé à celles de Raffet, ou se presser devant les caricatures de Lavrate, ou acheter la Lanterne de Boquillon ; nous ne l'insulterons pas davantage parce qu'il cherche .1 m1 détendre le soir, après une journée de travail, dans des établissements où on lui chante des gravelures, des romances, des machines patriotiques, des scies, et des drôleries. Comme le pêcheur a la ligne qui ne prend rien, mais qui pêche avec le désir de prendre, le public ne va pas au café-
STEUBEN, peiûtre. 1788-1856. — Études d'après nature (le chapeau de Napoléon vu sous diverses phases qui sont censées symboliser la vie de l'Empereur), lithographie originale. Cette pièce a été reproduite par la gravure.
STEUFFERCHER (Jean). - A exécuté à Paris, vers 1860, une série d'eaux-fortes pour décors de céramique.
STEVENS (Alfred), peintre. — Étude de femme assise, eau-forte, 1878.
STIPULKOWSKY, graveur sur bois, période 1840. — Voir Les Français peints par eux-mêmes.
STOP, de son vrai nom MOREL-RETZ, né à Dijon en 1825, d'abord avocat, puis dessinateur
concert, et là est le point à noter, avec l'idée arrêtée de s'ennuyer ou d'entendre des choses idiotes, il y va dans l'espoir du je ne sais quoi d'amusant qu'il espère qu'on lui servira dans la masse. Ce je ne sais quoi ne vient généralement pas, mais cependant quelquefois. Pourquoi si rarement ? Pourquoi dix-neuf fois sur vingt le programme est-il inepte à intentions obscènes, gâteux à stupéfier le public même du café-concert? Nous n'en savons rien , et tous ceux qui par métier , suivent et observent le théâtre, n'y comprennent rien. Peut-être est-il difficile de réussir une chanson de café-concert, et en faut-il dix-neuf mauvaises pour une bonne, comme il faut dix-neuf médiocres pièces de théâtre avant d'en rencontrer une sortant de l'ordinaire, ou bien, — et ceci nous ramène à notre sujet dont nous nous sommes un peu écarté , — comme il faut plusieurs centaines de milliers d'images platement exécutées , sans valeur d'art , pour que notre siècle laisse après lui un choix superbe et glorieux de quelques centaines d'estampes dignes de ce nom !