‹ Les graveurs du 19e siècle; guide de l'amateur d'estampes modernes (volume 4)Chapitre 43 sur 161 · TAVERN1ER · texte numérisé non relu

TAVERN1ER

envoyée au Jury. « La planche de Tavernier n'a point été » refusée par ignorance, mais bien à cause et avec par faite » connaissance de ce qu'elle vaut. Ce que nous louons d ins » cette planche doit naturellement être blâmé par des » académiciens , ce qui nous y plaît leur répugne , ce que » nous proposons à l'imitation des autres graveurs n'est, aux » yeux du jury, qu'un exemple dangereux qu'il doit avoir » soin de marquer de sa réprobation. Tavernier, de l'aveu » de tous les gens qui ont un peu exaniiné tous les systèmes » de gravure et tous les ouvrages les plus célèbres, a fait » une planche doublement remarquable et par la beauté du » résultat et par la combinaison nouvelle de procédés au » moyen de laquelle il a été obtenu. On n'a jamais poussé » si loin le prestige de la couleur. Mais c'est justement » à cause de cela que cette planche devait être repoussée » par des hommes qui ont fait profession de sécheresse » dans leur peinture... Du reste, la planche de Tavernier, » refusée par le jury, n'en sera pas moins recherchée et » appréciée par tout ce qu'il y a de connaisseurs en gra- » vure, et l'auteur n'a pas à se plaindre du tort que ce » refus lui cause. Le mérite de son ouvrage est assez » éclatant pour braver la désapprobation de toute espèce

» d'Académie »

Tout cela pour Tavernier! Tout cela pour l'aquatinte! Cet article de L'Artiste est à conserver : c'est , au fond , le modèle, toujours suivi, des exagérations d'atelier, des admirations hors de mesure par camaraderie, et des violences de critiques pour essayer d'imposer comme de premier ordre des graveurs d'un mérite plus qu'ordinaire; s'il y a souvent erreur de goût dans les appréciations, n'y a-t-il pas aussi quelquefois simple taquinerie à l'adresse des artistes arrivés ? (l)

(*) Ceci nous rappelle ce mot d'un électeur narbonnais à qui l'on demandait pour quel candidat, suivant les probabilités, l'on voterait à la prochaine élection législative, « POUR qui? s'écria-t-il ; — on voit bien que vous ne nous connaissez pas l Demandez-moi contre qui nous voterons la prochaine fois ! A Narbonne on ne vole jamais pour quelqu'un, on vole toujours contre quelqu'un. »

Il en est quelquefois de même en critique d'art : vous voyez aujourd'hui exalter par des épithètes outrageusement louangeuses et qualifier de « graveur impeccable •>, ou mieux de « maître-graveur » (ou peintre ou sculpteur), ou même de « seul graveur de ce temps» tel artiste de second

LES GRAVEURS DU XIXe SIECLE.

TAVERNIER (Ernest-Louis), graveur, a exposé de 1861 à 1877 des reproductions d'objets d'art, ivoires, orfèvreries ; reliures, sceaux, etc. — La basse Vieille-Tour à Rouen , eau-forte, 1873. — Ruines des Tuileries, 1874.

TAYLOR (Le Baron), 1789-1879.

Figure absolument particulière, unique, dans l'histoire des hommes du monde mêlés aux choses de l'Art. Carrière plus que multiple , et que l'on a résumée d'un mot quand on a dit du baron Taylor : « il fut tout » (1). Carrière d'action, d'activité, d'une activité prodigieuse , et que l'on peut au besoin raconter sans phrases : un sommaire suffit , comme pour un militaire (le baron Taylor l'a été) un bref et éloquent état de services.

Né à Bruges en 1789, d'un père français d'origine

ordre et quelquefois pis. Hélas, graveur, ne t'enorgueillis pas ! On t'appelle « maître », ce n'est ni parce que l'on croit que tu l'es, ni même pour t'être agréable : c'est simplement pour être désagréable à d'autres. Du moment, en effet, que c'est toi qui as « la parfaite maîtrise » il est clair que ce n'est plus un tel, graveur arrivé, considérable et jouissant d'une réputation dès longtemps acquise. Comme l'électeur narbonnais, ce n'est pas pour toi qu'on a écrit, mais contre l'autre. Gare aux représailles: quand tu seras arrivé, à ton tour, on refera, pour un autre en apparence, en réalité contre toi, l'éternel article Tavernier. Veux-tu aujourd'hui un exemple remarquable de ces tentatives d'extermination indirecte ? Regarde l'exaltation indéfinie d'Alphand . . . . , pour ne pas nommer Haussmann !

(J) Souvenirs d'un Directeur des Beaux-Arts, par M. de Chennevières. — Voyez aussi la notice du comte Delaborde , secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts.

irlandaise et d'une mère flamande , Isidore- Justin Taylor, élevé à Paris, reçoit une solide instruction.

— Est élève de Suvée pour le dessin. — En 1811, commence ses voyages artistiques par le Nord de la France, la Belgique, l'Allemagne et l'Italie. — Conçoit dès ce moment le projet de réhabiliter dans l'opinion l'art gothique, c'est-à-dire l'art national français, se préoccupe d'un moyen d'exécution pratique, (que la lithographie lui apportera dans quelques années). — Aux événements de 1813-14, sert dans la garde mobile.

— Nommé lieutenant d'état-major, promotion de juin 1814. — En 1815 rejoint Louis XVIII à Gand, avec son camarade d'atelier, de Cailleux.

— Protégé parle général Lauriston, futur ministre de la Maison du roi (et conséquemment , des Beaux-Arts). — Visite l'Angleterre, la Hollande, la Suisse, l'Espagne, 1816-1819. — Écrivain, dessinateur, lithographe, metteur en œuvre, publie dès 1820 le premier volume de l'ouvrage célèbre et capital : Voyages pittoresques dans V ancienne France. — Dramaturge, fait représenter une série de pièces : obtient en 1821 un succès de deux cents représentations avec son fameux Bertram ou le Château de Sainte-Aldegonde (en collaboration avec Nodier). — S'intéresse à toutes les choses du théâtre, a fait de la peinture de décors avec Degotti, Gué, Gicéri, s'occupe aussi de la question des dioramas avec Daguerre, Bouton, Pierre Alaux.

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— Fait toute la campagne d'Espagne en 1823. — Promu capitaine d'état-major, 1824. — La même année, mis en disponibilité, est nommé commissaire royal près le Théâtre-Français ; se montre très libéral, reprend Tartufe et Le Mariage de Figaro longtemps défendus, et présente au public Alexandre Dumas et Victor Hugo avec Henri 111 et Hernani\ (confirmé dans ses fonctions jusqu'en 1836, fait débuter Rachel). —Publie en 1826-32 un Voyage 'pittoresque en Espagne, en Portugal et sur les côtes d'Afrique (1). — Va en Egypte. Y retourne en 1830 avec une mission officielle pour négocier la cession de l'obélisque de Louqsor.

— Missions en Espagne, 1835 (achat de tableaux), et en Angleterre (collection Standish). — Nombreux voyages ; acquisitions d'objets d'archéologie pour les musées ; publication de La Syrie, V Egypte, la Palestine et la Judée, 1838-39 (2), et d'autres ouvrages (3). — Membre de la Coni-

(!) Paris, Gide, in-4. Planches 1 à 104 signées Taylor del, les suivantes Blanchard del (le peintre -voyageur Pharamond Blanchard?) ; gravées en taille-douce (médiocrement) par des Anglais.

(2) Avec Louis Reyhaud. — Au Bureau central des Dictionnaires, 2 vol. in-4 ; 200 pi. de Dauzats, Meyer, Ciceri fils, gravées (médiocrement) par Finden et « les premiers artistes de Londres ».

(3) Voyage en Suisse. — Les Pyrénées. — Un volume sur la Syrie et Jérusalem (sous le pseudonyme du R. P. Laorty) qui a eu plus de trente éditions. — Un volume in-8 sur Reims. — Reims et ses monuments, sacre des rois de France, par le haron 1. Taylor, membre de l'Institut, publié par F. Lemaître, graveur, in-fol. Vignette de titre gravée, et 24 lith. de Dauzats et Emile Sagot. — Etc.

Le baron Taylor a dirigé avec Nodier la publication de YHisloire d' Angleterre du baron de Roujoux : 3 vol. in-4 avec bois, 1835-36.

mission des Monuments historiques en 1837. — Est nommé inspecteur général des Beaux-Arts, 1838 [1). — Membre de l'Institut (associé libre de l'Académie des Beaux- Arts i, 1847. — Consacre la seconde partie de sa vie à des œuvres philanthropiques ; crée successivement en dépit de tous les obstacles, dirige, et rend prospère jusqu'à leur procurer une fortune totale de douze millions : l'Association des artistes dramatiques, celle des peintres, sculpteurs et architectes, celle des musiciens, celle des inventeurs et artistes industriels, la Société des gens de lettres, celle des membres de l'enseignement. — Homme de patriotisme et d'infatigable bienfaisance, doué de l'énergie pratique de l'administrateur, « encourageant les jeunes dans leur début et les vieux dans leur décrépitude », ne connaissant d'autre parti que celui de l'Art , indifférent et supérieur aux partis politiques, il est honoré par tous les régimes : la Restauration le fait baron, le Gouvernement de Juillet commandeur, l'Empire sénateur, la République grand- officier.

De cette carrière sans seconde en son genre (2) nous avons à retenir un élément, la publication du

(*) Et pendant ce temps, jusqu'en 1843, le baron Taylor est toujours capitaine d'état-major, disponible ; de sorte que V Annuaire militaire présente à son nom ce fait anormal et antiréglementaire : un simple capitaine commandeur de la Légion d'honneur.

A peine pourrait-on rapprocher du baron Taylor le comte de Caylus. Mais Taylor est un Caylus multiplié à la quatrième puissance.

recueil formidable et célèbre que la complication de son titre a conduit à désigner, dans le langage courant des librairies, par cette abréviation qui se trouve être un acte de justice : V Ouvrage du baron Taylor.

VOYAGES PITTORESQUES ET ROMANTIQUES DANS L'ANCIENNE FRANCE par MM. Nodier, J. Taylor et Alph. de Cailleux. Gide (imp. de Didot), 1820 à 1878, 19 vol. Dédié au marquis de Lauriston.

Publication très célèbre,dont la renommée a été immense, et qui a joué un rôle capital à deux points de vue.

D'abord pour l'archéologie. En résumé , dès 1810 (c'est lui-même qui nous donne cette date), Taylor a eu la pensée de glorifier par un livre les monuments de notre art ancien, particulièrement de cet art barbarement et traîtreusement appelé gothique et qui n'est autre que l'art national français dans une période de splendeur; et il formulait cette profession de foi : « Dans l'histoire générale des Beaux- Arts , l'art du Moyen-Age, l'art gothique, constitue non pas une décadence, mais un progrès ». Venu après Alexandre Lenoir, Taylor, dans sa Normandie et sa Franche-Comté, a donc la gloire d'être le précurseur des Victor Hugo, des Mérimée, des Vitet, des Viollet-le-Duc, de la Commission des Monuments Historiques.

Ensuite pour la lithographie, dont Taylor a précipité la floraison en lui apportant un merveilleux aliment. Admirons ici l'activité taylorienne ; la lithographie date, comme procédé usuel, de 1817, et, dès 1819, les Voyages pittoresques sont en pleine préparation : imprésario entraînant. Taylor a réuni une troupe de lithographes d'élite, il a mis le crayon lithographique dans la main de cinquante peintres, et, en 1820, paraît le premier volume de la Normandie. Un genre est créé et porté d'emblée à son plein épanouissement : la lithographie d'archéologie pittoresque, qui a ses qualités, la couleur, la vie, l'agrément, — et son défaut, l'excès même de l'agrément aux dépens de l'exactitude. Et ce genre qui forme un chapitre spécial dans l'histoire de l'Estampe, né avec le livre de Taylor, mourra avec lui (au

moins provisoirement (*), tué par un autre genre, la gravure géométrale d'architecture, qui a ses qualités, la netteté et l'exactitude, — et son défaut, l'excès même de l'exactitude aux dépens du pittoresque et de la vie.

Nous avons eu cent fois l'occasion de citer les Voyages pittoresques, aux noms des lithographes qui y ont collaboré; mais il faut regarder maintenant l'ouvrage dans son ensemble. Non pas que cet ensemble constitue aujourd'hui un livre de bibliophile : son format, sa masse formidable ne lui permettent guère d'être recueilli des collectionneurs. Mais ce recueil est comme un vaste réservoir de deux mille lithographies et nous avons à examiner comment l'amateur d'estampes y peut puiser.

NORMANDIE, 2 vol., 1820-25.

L'artiste qui a le plus travaillé à l'illustration de ces deux volumes est Al. Ev. Fragonard. Il est premier sujet, et aussi, grande utilité, et dans leur post-face, les auteurs lui adressent avec raison des remerciements. (Citons parmi ses meilleures planches : Chapelle du Saint-Sépulcre à Caudebec, Château d'Harcourt, Entrée de l'église de Lillebonne, Tancarville, Grand Escalier de Gr avilie, Château de Dieppe, Chapelle de l'église Saint-Jacques à Dieppe, Château d'Arqués, Eu, Le Tréport, Manoir d'Ango, Gournay, Boscherville , Cathédrale de Rouen, St-Ouen, Place du Parvis Notre-Dame à Evreux, etc., etc., de nombreuses planches de détails de sculpture , et le titre, etc., etc.). A côté de lui débute son fils Théophile Fragonard, qui signe seulement de son prénom.

Vient ensuite Villeneuve , le dessinateur de vues (Eglise de Gr avilie , Abbaye de Fécamp, Si-Sépulcre de l'église

(1) Nous disons provisoirement parce qu'en fait de genres on ne sait ni qui vit ni qui meurt. Notre siècle a vu ressusciter un mort, le bois ; il a vu ensuite la petite lueur de l'eau-forte originale, presque éteinte, reprendre jusqu'à briller d'un extraordinaire éclat. Présentement il voit une éclipse de lithographie, mais avec tendance à sortir de la pénombre. Voici, par exemple, qu'un de nos dessinateurs, Robida, s'avise de faire, son petit baron Taylor : il a recommencé par la Normandie, la Bretagne et la Touraine de nouveaux voyages dans La Vieille France, qu'il va continuer par la Provence, le Languedoc, etc. Et pour cela il s'est remis au procédé d'autrefois, à la lithographie d'architecture pittoresque.

St-Jacques à Dieppe , Le Tréport, Rouen , Fontaine de la Croix de Pierre, Fontaine de la Crosse, Vue générale de Rouen, etc.).

Parmi les illustrateurs importants est le général baron Atthalin. habile lithographe, à qui les auteurs adressent aussi de-; remerciements : (Saint -Wandril/e , Croix du cimetière de Graville, St-Jacques à Dieppe, St-Martin d'Auchi, Cloître de Boscherville, Escalier de la bibliothèque de la cathédrale de Rouen, La Grande-Maison aux Andclys. Gisors, etc.).

Mais les deux noms à mettre en vedette, et pour parler comme au théà:re, les deux lithographes étoiles sont, au premier volume, Isabey père avec ses lithographies admirablement argentines (Saint- Wandrille, Escalier de la grande tour du château d'Harcourt, Intérieur de l'église de Graville, Caveau de Notre-Dame d'Eu, etc.: ce sont des estampes de premier ordre) et au tome second Bonington avec ses estampes fameuses qui sont le clou du volume et l'orgueil des collections (Le Gros-Horloge , etc. Voyez l'article Bonington).

Gros delà troupe: Bourgeois (Vue de Lillebonne, Vue d'HarpZeur, Donjon de Gisors) ; — Truchot (Eglise de Louviers, Jumièges, Château d'Harcourt, Cloître de Graville, Montivilliers) ; — Vauzelle (Eglise d'Hurfleur, Abbaye de Montivilliers, Cour du Palais de Justice de Rouen) : — Giceri père (Souterrain du château de Robert le Diable) ; — Daguerre (Jumièges , Grande Salle du I^alais de Justice de Rouen) ; — Bouton (vues de Rouen, etc.) ; — Bichebois (Cathédrale de Rouen, etc.) : — Léger (Rouen : Portail des Libraires, Portail de la Calendre, Hôtel Bourgtheroulde, St-Maclou, petite vue en cul-dclampe) ; — Alexis Joly (Château Gaillard, Gisors).

Taylor lui-même (Maison des Templiers à Louviers, croquis au trait ; Intérieur de l'église de Louviers, cul-delampe de Louviers, Ruines du château de Robert le Diable. Abbaye de Jumièges, Tombeau d'Agnès Sorel, Enlise de Léry, lith. par divers d'après Taylor).

Arnout (Intérieur de l'abbaye de Fécamp, Notre-Dame d'Eu) ; — Baltard (Ruines de Jumièges) ; — Enfantin (Ruines de l'abbaye de Mortemer); — Lemaître (Archevêché d'Évreux, Cour de l'hôtel Bourgtheroulde) ; — X. Le Prince (St-Ouen, Notre-Dame d'Eu) ; — Régnier (Pourvillc) ; — Renoux (Porte de la cathédrale de Rouen) ;

— Robert {Tancarville , Vue de la plaine d 'Arques) ; — Schmidt (Église d' Harfleur) ; — Gh. de Vèze (Tancarville);— Lesaint, Picot, Thiénon, Watelet.

Et encore :

Jean Alaux, dit le Romain, peintre, 1786-1864 (Cour du château d'Arqués).

Jean-Paul, dit Gentil Alaux, peintre, né à Bordeaux , 1788-1858 (Clocher de Darnetaf).

Oscar Gué, né à Bordeaux en 1809, directeur de l'École de peinture et du Musée de Bordeaux : neveu de Julien- Michel Gué qui a lithographie des décors (Eglise de Graville, Montivilliers . Ces deux pièces sont signées Gué tout court).

Jean-Joseph Jorand, peintre et archéologue, né à Paris , 1788-1850 (Portail d'Eu, St-Hildebert, Gournay, Les Andelys).

Enfin, les plus minces emplois (au théâtre on dirait : les pannes), c'est-à-dire, ceux de dessinateurs de culs-delampe, sont, remplis par Horace Vernet (qui a aussi dessiné deux grandes vues), Carle Vernet, Géricault, Bergeret, Mauzaisse,Gosse,Aubry-i.e-Comte, Vigneron.— Visconti et Devéria dessinent les fleurons de titres. — Victor Adam est chargé de mettre, dans quelques planches, les figures, que certains faiseurs de vues ne savent pas dessiner.

FRANCHE-COMTÉ, 1 vol., 1825.

Nous allons d'abord retrouver des noms d'artistes déjà vus dans la Normandie. Fragonard (Titre, Dôle, Pesme, Tour nus, Tombeau de Philibert-le-Beau, Nantua, Abbaye de Saint-Claude, Besançon) ;

Alexis Joly (Dôle, Saut-de -Pue elle, Neuville-sur- Ain, Perte du Rhône, Source du Rhône d'après Michallon, Vues du Jura, Château de Montferrand, Joux) ;

Villeneuve, dont la collaboration devient très fréquente : ses vues ne se comptent plus (Lac de Nantua, Montagnes du Bugey, Fort de l'Ecluse, vues du Jura, St-Claude, Usines de la source de la Loue, Vallée de Consolation, Saut du Doubs, etc.) ;

Le baron Atthalin (Église souterraine de Toumus, Intérieur il 'une grange de Cordon, Cascade de l'Abyme, La Quenouille des Fées);

Bichebois (Brou, Citadelle de Besançon) ; — Arnout (Brou); — J. Alaux (Intérieur d'une grange à Nantua,

Montagnes du Jura, St-Claude, Pont-des- Arches, Château de Présilly, etc.) ; — Taylor {Intérieur d'une tour du château cFArlay); — Bouton (Montaigu, Cave de Lacuzon); Jorand, V. Adam.

Les trois noms à signaler en vedette sont :

Bonington (Suite. Voyez son Catalogue) ;

Un autre anglais, Harding, avec une série de pièces remarquables, peu connues, d'un crayon très fin et moelleux, qui ont été imprimées à Londres chez Hullmandel : (Route de Cerdon à Maillac ; Châteaux de Tout-Saint. d'Oliferne, de La Roche, de Frasne, de Ver ce, de Montaigu, de Rupt; Chateauvillain, Abbaye de Baume, Source du Héron, Gorges du Mont -Terrible, etc.);

Et le peintre Louis Courtin avec deux pièces superbes (Intérieur de l'église de Brou, Chœur de l'église de Brou).

Noms nouveaux apparaissant dans ce volume:

Charlet (Grotte d'Osselles, Intérieur d'une baraque de charbonniers) ; — Deroy (Besançon) ; — Louis Haghe (Château de Vaire); — Jacottet (Abbaye de Château- Châlons) ; — les anglais Fielding-Newton (Richecourt) et Prout (Abbaye de Baume, Montbéliard) ; — enfin Jaime (Nozeroy); Sabatier (Eglise de Remonot) et Dauzats (Monnet-le-Château, Intérieur de la tour de Rupt signé Dozat): nous les retrouverons tout à l'heure.

Culs-de-lampe par H. Vernet, Joly, Thomas, Alâux, Grévedon, etc., celui de l'introduction par Ingres. Fleurons de titre d'après Percier.

AUVERGNE, 2 vol., 1829-33.

Les belles lithographies, dans ces deux volumes, sont toujours en grand nombre.

Illustrateurs : Fragonard, qui commence à être distancé, (Notre-Dame du Puy, etc.), Jorand (ld.), le baron Atthalin ; pour les Yues, Villeneuve (Vue de Thiers, Château de Nonette, etc.), Al. Joly.

Alaux (St-Cirgues, Porche de l'église de Thiers, St- Julien-de-Brioude. — Le Pont du Lignon est signé M. Alaux) ; — Aubry-Lecomte (Village du Mont-Dor) ; — Bichebois (Château de Tournoël, Taylor del.); — Bourgeois (Vallée de Royat, Église de St-Jean à Thiers, Château de Mozun) ; — Bouton [Notre-Dame du Port à Clermont, etc.); — Cicéri; — Courtin; — Daguerre (Galerie du château de Tournoël, Pont de Thiers); — Deroy (Église

d'Issoire); — Gué (Eglise de Mauzac, Besse, Maison au Puy, Grand Escalier de l'église du Puy, Vieille Porte au Puy, Rocher de St-Michel) ; — Hague (Château-Gay, Pont du Moustier à Thiers); — Léger ; — Taylor; — De Vèze (Chapelle Ste-Claire au Puy, Polignac) ; — Watelet (Vallée de Chaudefour).

Noms nouveaux :

Sabatier, qui commence à fournir un grand nombre de vues (Chapelle et Montagne de St-Cirgues, Le Château de Mont-Rognon et le Puy-de-Dôme, Le \Mont Dor d'après Taylor, etc., etc.).

Goignet (Gergovié) ; — Gudin (Château de Buron); — Hostein (La Roche-Vandeix) ; — Hubert ; — Monthelier (Grotte de Royat) ; — Thomas (Chapelle de la Vierge à Volvic, Entrée de Montferrand); — Tirpenne (Cascade de la Durolle) ;

Jaime (Eglise d'Ennezat , vue du château de Tournoël. Volvic, Eglise de Pionsat, Village du Mont-Dor, Le Trou d'Enfer à Thiers).

Le peintre Granet (Eglise de Cœbazat).

Le peintre Nous veaux (Lac Chambon).

Le peintre Justin Ouvrié, 1806-1880, filleul du baron Taylor (Eglise de Menât, signé Justin).

Chapuy (') (Eglise St-Genez à Thiers, Tour de Clément VI à la Chaise- Dieu , St-Elpize et les bords de V Allier).

(d) Nicolas-Marie-Joseph Chapuy, né à Paris en 1790, mort en 1858, élève de l'Ecole Polytechnique de la promotion de 1809 et élève-ingénieur des constructions navales, fut mis a la retraite d'office en 1815 pour cause de bonapartisme. Il devint alors archéologue et architecte. Il a beaucoup lithographie, et il a mis en œuvre nombre de publications à lithographies. C'est un Taylor en réduction.

Lui aussi a lutté un des premiers pour nos monuments historiques, en publiant à partir de 1823 une série de monographies des Cathédrales françaises ( Paris , Amiens , Orléans , Reims et le Sacre de Charles X , Strasbourg- , Auxerre , Chartres , Sens , Dijon , Albi , Arles , Autun , Senlis, etc. Chez Leblanc, Gœtschy ou Levraut, in-4). Ces monographies, dont le texte est de Jolimont et de Du Mège, contiennent des séries de lithographies dont la majeure partie est de Chapuy ; il s'y trouve des pièces d'un crayon fin, et les détails d'architecture gothique y sont précieusement fouillés. D'autres lithographies sont d'Arnout, Bicbebois,

A signaler plus particulièrement :

Harding, suite : (Eglise de Mauzac, Chatelgayon, Anval, Tournoël , Volvic , Cimetière St-Gervais, Chateauneuf, Cascades de Thiers, Cours de la Durolle) ;

Brascassat (Eglise St- Gervais; Vue de Menât , Eglise de Beserve, Vue générale de Clermont);

Le peintre De Laberge , avec une pièce d'un aspect caractéristique (Château de Pesteil à Polminhac) ;

Paul Huet (Tour de Montpeyroux) ;

Eugène Isabey (Rue des Gras à Clermont, Village des bains, St-Xectaire, Lac d' Aidât, Eglise St-Jean à Thiers, Château de Bouzols, Donjon de Polignac, Croix de Chaudesaigues , Château de Pesteil, Château de Larderole). Avec Eug. Isabey apparaît cependant le défaut du genre : le pittoresque poussé à l'extrême, plus de chic que de vérité, et un système de dramatiser jusqu'aux terrains, qui finit par fatiguer.

Dauzaïs, avec un brillant début (Vue générale de Riom, Place Delille et Fontaine à Clermont , Cathédrale de Clermont , Mont-Rognon , Beaumont, Route de Roche fort aux Mont-Dor, La Roche , La Chaise-Dieu , Façade de l'église de la Chaise-Dieu , Le Puy en Velay , Grande- Place du Puy , Maisons à Chaudesaigues , Château de Rouffiac , St-Pol , Abbaye d'Aurillac).

Courtin, Deroy, J. David, et l'on y voit quelquefois des figures de Victor Adam.

Voyage pittoresque dans Lyon ancien ei moderne, publié par Cliapuy et lithographie d'après ses dessins. Paris, Leblanc, 1824, in -fol. ; lith. par Arnout, Bichebois, Bonington (Façade de l'église St-Jean) Deroy, Joly, V. Adam.

Souvenir d'un voyage dans le Midi de la France, croquis lithographies d'après Chapuy par divers (sans intérêt).

Le Moyen-Age monumental et archéologique, lithographies par divers d'après Chapuy.

Le Moyen-Age pittoresque, texte par Moret, 1839-1844, in-fol. Dessins de Chapuy, lithographies par lui-même et par Asselineau, Beyer, Boys, Cuvillier, Tirpenne, Houargue, Villemin, André Durand, Danjoy, Herson, Wild, etc.

Chapuy a collaboré à d'autres publications : Œuvres de Palladio, 1826, Monuments de France, Monuments de Pétra, Antiquités d'Alsace, Voyage en Orient, par M. de Bussière, etc. et autres ouvrages que l'amateur d'estampes n'est d'ailleurs pas dans l'obligation de connaître.

Rien à signaler dans les vignettes, sauf un cul-de-lampe signé Eug. Delacroix.

LANGUEDOC, k vol.; 1833-34-35-37.

Il faut ici renverser l'ordre des facteurs et , avant de parler des planches, attirer l'attention sur le texte, ou plutôt sur son exubérante ornementation.

A l'époque où le Languedoc est mis en œuvre, le romantisme, et avec lui l'illustration romantique battent leur plein. On est tout « moyen-âge ». Les auteurs des Voyages dans V ancienne France , voyages que depuis douze ans leur titre qualifie de romantiques, ne peuvent pas faire moins que d'entrer dans le mouvement. Ils conçoivent donc des volumes « moyen-âge » avec texte entouré d'ornements gothico-romantiques. Toutes les pages sont ainsi encadrées, et dans ces bordures viennent heureusement s'intercaler nombre de petites vues pittoresques ou de détails d'architecture. Les volumes du Languedoc prennent dès lors une allure de vieux manuscrit , de riche antiphonaire sorti des presses de Didot. — Inconséquence de la bibliographie ! On a écrit des volumes sur les livres dits « romantiques ». On y a étudié , catalogué , reproduit lès moindres vignettes de Johannot , les bois de Porret, les eaux-fortes de Gélestin Nanteuil. Et on y a toujours oublié les volumes du Languedoc et de la Picardie, qui constituent la plus caractéristique peut-être, et certainement la plus touffue des illustrations romantiques !

Les ornemanistes s'y divisent en deux espèces bien tranchées : ceux qui sont romantiques d'instinct , naturellement et sans effort, — et ceux qui se battent les flancs pour l'être.

Le plus original , le plus brillant des premiers est Gélestin Nanteuil, le « jeune homme moyen-âge ». Il trouve là, en grand, l'occasion de placer son répertoire d'archanges, de saintes (aux yeux qui ne sont jamais d'accord), de chevaliers, d'enroulements gothiques et de donner une des productions les plus saillantes du romantisme , traitée avec autant d'imagination débordante et heureusement étrange que de savoureuse couleur. Ses encadrements de Moissac et de Narbonne sont le paroxysme romantique, le romantisme flamboyant. — Il faut nommer aussi Jean Gigoux , qui n'a qu'un seul encadrement , mais bien typique , et Perlet , Feuchère , Bonhomme ,

collaborateurs accidentels ; enfin , Dauzats , très remarquable.

Dans les seconds est le jeune Viollet-Leduc, qui se multiplie, et souvent avec ingéniosité. Sa nombreuse série d'encadrements est curieuse ; mais il y manque le je ne sais quoi , la flamme romantique. Les fragments d'architecture y sont habilement et froidement assemblés : tel , un élève très fort, dans un discours latin, replace à propos des tournures notées dans son « cahier d'expressions ». Viollet-Leduc est déjà un savant « moyenâgiste », mais il n'est pas un « moyenâgeux » comme Gélestin Nanteuil. — Encore plus froids sont les encadrements d'AiMÉ Chenavard , l'homme de l'ornement Louis-Philippe, et de Théophile Fragonard. — Autres ornements dessinés ou lithographies par Fries , Marly , Ledoux , Gosse , l'architecte Danjoy, Lehnert, J. David , Victor Adam , Pierre- Joseph Challamel ( frère d'Augustin Ghallamel ), Léon- Auguste Asselineau (cousin du bibliographe des romantiques), Ph. Blanchard, Llanta, Signol, etc.

Passons aux trois cents vues pittoresques.

Dauzats remplit ici le grand premier rôle , ses lithographies sont innombrables, (Toulouse : Eglise St- Etienne , Musée, Lycée, Donjon du Capitule, Arsenal, Escalier de V Arsenal , Hôtel de Pierre , etc. — Albi : St-Salvi , La Place, Ste-Cécile, Jubé de Ste-Cécile, Extérieur du chœur; divers détails de sculpture. — Vues des Environs d'Albi. — Série du Cloître de Moissac. — Rocamadour, Pont de Cahors, Cathédrale de Cahors, Château d'Assier, Narbonne, Perpignan, Aiguës-Mortes , Nîmes, St-Bertraud de Comminges , Cathédrale de Béziers). Ces lithographies sont d'un très beau crayon. Le Donjon du Capitole, par exemple, et Y Escalier de l'Arsenal, ne seraient pas désavoués par Bonington : malheureusement ces sujets ne sont pas d'un intérêt capital, et le sujet, quoi qu'on die, est bien quelque chose !

Alaux ; — Bichebois (Rocamadour, Abbaye de Conques, etc.); — Bouton (Eglise des Jacobins à Toulouse); — Chapuy ( Belle série de St-Sernin de Toulouse , Hôtel d'Assézat, Jubé de la Cathédrale de Rodez; — Gourtin (La Commutation à Toulouse) ; — Fragonard ( Cour du Capitole) ; — Oscar Gué ; — Haghe ( Narbonne , Salces , St-Martin du Canigou , Château de Brissac drawn on zinc by Haghe , Foix , etc.) ; — Léger ( La Dalbade à

Toulouse) ; — Monthelier ( Château de Calmont ) ; — Ouvrié (belle lith. de Saint-Bertrand de Comminges) : — Renoux (Salle du petit Consistoire au Capitole) ; — Taylor ( Cathédrale de Montpellier, etc.). — Sabatier ( Château d'Espalion , etc.) — Villeneuve ( Vue d'Albi, Castelnau- Bretenoux d'après Grille de Beuzelin, Vues du Rouergue, Pont de Toulouse, Pont du Gard, Château de Lourdes, etc.)

Harding (Notre-Dame de la Brèche, Port-Vendres , Villeneuve-lès-Avignon), et d'autres anglais dont les lithographies sont imprimées chez Hullmandel : George Barnard (Eglise de Ville franche, Montauban, Rue de Caylus, Collioure, Lodève, Abbaye de St-Savin) ; — Thomas Boys ( Tour de Rodez); — Fowler ( Moissac) ; — R. L. Gale {Le Lot à Espalion , Lourdes) ; — Harris (Narbonne) ; — Mackensie ; — W. Walton (Vue de Conques).

Noms nouveaux : Bachelier ; — Guiaud ( Église de Villefranche près Prades) ; — Lassalle ; — Jean-Bonaventure Laurens ; — Leblanc ( Salles-la-Source ) ; — Albert Lenoir, fils d'Alex. Lenoir (détails de sculpture) ; — Ed. Massé ( Hôtel d'Assezat ) ; — Mayer ( Cour du Château de Montai); — Mialhe (Le Tourmalet); — D'Orchwiller ; — Victor Petit; — Questel; — Tirpenne; Turpin de Crissé [Cloître des Cèlestins à Rodez, Intérieur du Musée de Nîmes) ; — Villemin ; — Weber.

Nombreuses vues des Pyrénées par Villeneuve, Chapuy, Monthelier, Harding, Joly, Nousveaux. Peu intéressantes. Dans l'ensemble, on commence à constater quelque monotonie et à éprouver de la lassitude. La lithographie de vues pittoresques, à l'époque où nous sommes arrivés, se met à pulluler et à se banaliser. Au Salon de 1834, le tiers des quarante-cinq lithographes exposants envoie des vues destinées à l'ouvrage du baron Taylor, ou autres publications dérivées ! (l)

PICARDIE , 3 vol. 1835-40-45.

Même système d'encadrements de texte que pour le Languedoc. Le chapitre relatif à Amiens est très richement

(!) Par exemple, le Voyage pittoresque en Bretagne du comte de Trobiïand.

Les Esquisses Bourbonnaises d'Achille Allier, petit album d'ailleurs insignifiant (chez Desrosiers, à Moulins).

L'Ancien Bourbonnais, par Achille Allier, gravé et lithographie sous la

entouré par Célestin Nanteuil , par Viollet-Leduc , qui semble s'échauffer un instant au contact des autres romantiques, par Perlet, Marly, Signol, Ledoux, etc. Un des encadrements est du peintre Français, 1838.

Mais bientôt, — la période des livres romantiques tirant à sa fin, — Nanteuil disparaît ; Viollet-Leduc tombe dans le genre ennuyeux, puis dans le mauvais : on voit qu'il n'y a plus le goût. Et les derniers encadrements sont signés Ph. Blanchard inv. et del. C'est la fin du genre.

Pour les planches , les dessinateurs dont les noms reviennent le plus souvent sont Barnard, Harding, Dauzats, Monthelier, Villeneuve, Sabatier, enfin Eugène Cicéri qui finira par illustrer les Voyages de V Ancienne France presque à lui tout seul.

Dans les noms nouveaux: Guesdon, l'anglais Hawke, Julien , E. Lassalle , V. Lefranc , Théod. Mansson , Roux , Sagot. — Bachelier , Ad. Cuvillier , l'architecte Hipp. Durand, Duthoit d'Amiens, Guyon, Herson, Laby, Lassus , Lion, Aug. Mathieu, l'anglais Nash {Eglise St-Riquier), Daniel Ramée. — Les graveurs Hibon et Emile Ollivier.

La qualité des lithographies est de plus en plus banale. Mais nous citerons par exception :

Eugène Balan (Maison à Amiens, St-Wulfram d'Abbeville , Escalier de la Trésorerie de V abbaye de St-Riquier, Chapelle des fonts baptismaux , id.) ;

L'anglais Thomas Shotter Boys (*) (Place du grand marché d'Abbeville, Canal d'Abbeville, Maison d'Abbeville, Tour du beffroi à Calais) ;

direction d'Aimé Chenavard. Moulins, impr. de Desrosiers, 1833 et suiv., in-fol. Vignettes de Johannot, Allier, etc. , lithographies d'André Durand, Tudot, Courtin, Chapuy, Sagot, Deroy, Villeneuve, Tirpenne, Sabatier, Bichebois, Sorrieu, Jaime.

V Artiste de ces années est plein de vues d'architecture pittoresque.

La cause du Moyen-Age étant gagnée, les recueils sur le Moyen-Age se multiplient. Nous en avons cité tout à l'heure à propos de Chapuy, rappelons aussi celui de Du Sommerard. C'est une profusion, un déluge. Mais c'est la banalité ; nous sommes loin de l'estampe de collectionneur comme les lithographies de Bonington, ou même de Dauzats, et nous tombons dans l'atlas de planches explicatives. Arrêtons-nous.

(!) On retrouve Boys dans deux autres publications : Paris ancien et moderne, recueil de vues lithographiées d'après nature et d'après les

Les lithotintes d'Harding [Fort rouge de Calais, etc.) ;

Et la série des planches de Bonhomme , ce maître trop peu connu : ( Cathédrale d'Amiens : Rose du Nord , Basreliefs du chœur, Bas-reliefs de l'extérieur du chœur, 4 p., Fonts baptismaux , Soubassement des bas-reliefs, Tombeau de Hénancourt , Monuments en bronze , Chapelle des Macchabées, Tombeau des comtes de Lannoy. — Maison de 1555 , Intérieur de l'église de St-Poix , Collégiale St- Riquier, Portail de St-Riquier, Dessus de la Grande Porte, Abbaye de St-Jean des Vignes , Cloître de St-Jean des Vignes , Petit cloître de St-Jean des Vignes).

BRETAGNE , 2 vol. 1845-46.

Vignettes de titres de Viollet-Leduc , gravées par Gaucherel, et de Gaucherel, gravées par Guillaumot.

On peut dire que toute l'illustration est de Dauzats et d'Eugène Cicéri ( Grande rue Vieille à Nantes , Vues de Brest , Place de la Halle à Landerneau) , A. Mayer, Jacottet. Gela tourne à l'imagerie, à la feuille de modèle pour cours de dessin.

CHAMPAGNE , 2vol.

Ces volumes ont été mis en train vers 1841. Les lithographies sont de Dauzats (série de Iroyes, etc.), Eug. Cicéri (Série de la Cathédrale de Reims , etc.), Sagot , Monthelier, Victor Petit. Quelques planches gravées par Wacquez.

Rien à signaler.

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