‹ Les graveurs du 19e siècle; guide de l'amateur d'estampes modernes (volume 4)Chapitre 46 sur 161 · TEXIER · texte numérisé non relu

TEXIER

TEXIER (Victor), peintre et graveur au trait, né à La Rochelle en 1777, mort à Paris en 1864 : Planches pour le Musée Français. — Vues de

absolument extraordinaire, et toute estampe qu'il connaît et qui est restée non décrite est une estampe inouïe.

Ainsi pour Auguste Bouquet, caricaturiste violent, lithographe assez intéressant, et un peu graveur, qui peut-être aurait été peintre, mais qui n'a pas eu le temps de le devenir, étant mort à trente-six ans (voyez tome VIII, page 259). Champfleury, qui aimait les trouvailles, quitte à les faire avec un scepticisme assez narquois, s'était mis sur cette piste : il voulait découvrir Bouquet; pour le singulariser il avait imaginé de lui donner, avec un air un peu goguenard, le singulier titre de « peintre ordinaire de Deburau » ; il venait au Cabinet des Estampes demander « l'œuvre ;> d Auguste Bouquet. Après des recherches tenaces, s'étant procuré quelques données sur l'homme, il parvint à en tirer, — véritable tour de force ! — une longue notice (publiée dans le journal L'Art), suivie d'un catalogue qui nous fait connaître à peu près complètement l'œuvre du « peintre ordinaire de Gaspard Deburau ».

Eh bien, toutes choses remises en ordre simple et convenablement tassées, cet œuvre se compose :

De quelques portraits : Auguste Bouquet, sa palette à la main, devant son chevalet où il peint Deburau ; il est vêtu d'une longue blouse à manches pagodes qui fait ressembler le jeune artiste à une femme ; la pièce est curieuse. — Mazurier, dans Une Visite à Bedlam. — J.-M. Cambon, compositeur, vers 1830. — Charles Caret (que Champfleury suppose être un poète-ouvrier, mêlé aux insurrections). — George Scholey, in-fol. — Deburau, copie du tableau peint par Bouquet [L'Artiste). — Les quatre Deburau, dans Le Chiffonnier, le Songe d'Or, Le Joli Soldat et Les Cosaques, très intéressantes pièces. — Je fume, tu fumes, il fume, pièce représentant Guinard, Cavaignac, Trelat et d'autres détenus politiques. (Les profils de Guinard, Cavaignac, Trélat ont aussi été lithographies par Jeanron et par Gigoux).

D'un lot de caricatures politiques fort violentes : Amateurs de liberté, La Débâcle, Reliques de Juillet, Un Ami de l'ordre. Elle me résistait..., Louis-Philippe et la Liberté, Tonnerre de D... le petit bonhomme vit encore! (Mayeux à Holyrood), Toi grenadier tu vas monter la garde. — Dans la Caricature de Philipon, vingt-quatre pièces, 1830-33 ; c'est la partie la plus originale des lithographies de Bouquet. (Nous en avons parlé tome V, page 116). — Dans le Charivari : C'est ainsi qu'ils iront à V immortalité, Ah I petit drôle de prince (Louis- Philippe surprend un

VAlhambra et de Cordoue, 1812. — Tableau de la Compagnie des Gardes à pied ordinaires du Corps du Roi, 1815. — Planches pour le Musée

de ses fils en train de dessiner une poire), Dis donc, beau masque, Grand combat des navets de Compiègne, Suppôts de l'amour unanime, Le troubadour de Syracuse, Tête-à-tête de jeunes époux.

D'un lot de ces petites lithographies de reproductions comme on en exécutait alors, à la centaine et sur le pouce, pour les publications illustrées. Dans le Charivari : Le Pécheur napolitain dansant : Duret ; L'Enterrement du Titien : Hesse; Scène de « Le Brigand et le Philosophe », de Félix Pyat ; Parias : Préault ; Misère : Préault ; Ours jouant dans soti auge : Barye ; Le Billet : Roqueplan ; Plage à marée basse : Isabey ; Une Scène de Paris : Jeanron ; Intérieur d'atelier : Decamps ; Mahomet et son chat : Em. Lessore. — Dans la Bévue des Peintres : L'Abreuvoir : Decamps ; L'Arménien : Decamps ; Le Bepas de Pierrot (dans Le Bœuf enragé) ; Devant la cheminée : F. Boissard ; Le Dimanche des Bameaux : Em. Lessore. — Dans L'Artiste : scène du Murillo de Félix Pyat (^4 la vue de ce tableau délicieux...) ; Morte : Decamps ; Scène de la Saint-Barthélémy, Jeux d'enfants : Robert Fleury ; Exorcisme de Charles II : Brune ; Episode de la retraite de Moscou : Boissard ; Les Dansadores : de Chevagneux, 1837.

De quelques tentatives de gravure : Le Larmoyeur : Ary Scheffer (pour Le Musée d'Al. Decamps), eau-forte. — Un fac-similé d'eau-forte de Rembrandt. — Le Caravansérail : Decamps (L'Artiste). — L'Ange gardien : Decaisne (L'Artiste). C'est une manière noire insignifiante, c'est moins que rien ; mais, suivant son habitude, L'Artiste faisait à cette image une forte réclame, par la plume de L. Noël : Cet ouvrage plein d'harmonie se fait remarquer par de brillantes et solides qualités : l'ensemble de la gravure est aussi gracieux qu'attrayant ; nous la croyons destinée à un grand succès, plus encore à cause de la manière dont elle est traitée qu'à cause du sujet qu'elle représente. . . — Ste Famille, Tobie : Rembrandt (L'Artiste). — Portrait de Jules Janin, 1841, manière noire.

De sept vignettes sur bois (pas plus !) pour L'Elysée Bourbon d'Urbain Canel, le journal Bagatelle, le Cirque littéraire et dramatique, album littéraire et théâtral, l'Histoire du théâtre à quatre sous.

Enfin Challamel a lithographie d'après Bouquet les Derniers moments de Ganganelli.

Ceci est intéressant à connaître pour ceux qui, s'occupant à fond des estampes modernes, doivent avoir tout vu, — et suffira à toujours faire

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