TOURNY
TOURNY (Joseph-Gabriel), né à Paris en 1817, élève de Martinet, grand-prix de gravure an concours de 1846. — Portrait du Primatice, envoi de Rome. — Portrait de Masaccio. — M. Baroche, président du Conseil d'Etat, 1857.
Tourny a ensuite abandonné la gravure pour faire sa carrière dans l'aquarelle, et reproduire par ce procédé les morceaux célèbres des maîtres italiens , notamment pour la collection Thiers ; il a aussi dessiné de nombreux portraits.
TOUSSAINT (Henri), né à Paris, élève de Gaucherel, est un fin graveur à l'eau-forte.
La Sainte-Chapelle; Cour de V 'école des Beaux- Arts, frontispice (Cadart). Chaussée Saint- Leu à Amiens ; Le Trocadéro ; La Rue des Nations à V Exposition de 1878 {L'Art).
Vîtes d'Oxford, Cambridge, Liverpool, Westminster, S t-B tienne du Mont (pour le Port-Folio).
Saint- Maurice : Turner.
Six tableaux de Corot , Fromentin . Troyon , Diaz, Delacroix (Cent Chefs-d'œuvre). La Plage: Dejonghe; La Promenade: Abbenia. (La Mer). Nombreuses reproductions de tableaux, en petit format, pour divers catalogues.
La grande Cascade de St-Cloud, in-fol. (L'Art).
Le C apitoie à Rome, d'après Gaucherel, (20 ép.).
Une Parisienne : R. Collin.
Saint- Maclou , La Cathédrale, Porte de la
Cathédrale , Le Gros- Horloge, Fontaine du Gros- Horloge, Bords de la Seine, Palais de Justice, Tombeau du Cardinal d'Amboise , Bue Eau de Bobec , Hôtel Bourg l/ieroulde , etc. (Bouen illustré, Auge).
Andromaque et Astyanax : Rocliegrosse , et autres planches pour Le Livre d'Or du Salon. — Porte- F tend art: Meissonier [Modem- Artists).
Van Beresteyn : F. Hais [Gaz. des Beaux- Arts).
Les premières Fleurs : Chaplin (Hautecœur).
Illustrations pour Bigareau , de Theuriet (Conquet) ; de T. Jazet, pour La Canne de M. Michelet ( ld. ) ; de Leblant pour Mauprat (Quantin) ; deBramtot pour Mes Prisons (Jouaust), et la Vénus dLlle (ld.) : de F. Flameng pour Victor Hugo, etc.
La Cité et le Pont-Neuf, La Place de la Concorde : Zuber, 1889. — Martyre : Henner [Portfolio). — La Valse : V. Gilbert [Album de la Société des Arts), 1891. — Portrait de Barbey d'Aurevilly, in-12.
TRAVERSIER (Hyacinthe), graveur, a exposé en 1841 deux Vues de Paris, et en 1842 une Vue de la Chapelle royale de Palerme. — Armoriai national des Villes et Provinces de France. — Atlas de statistique, 1842.
TRAVIÈS ( Charles - Joseph ) , — son nom complet est Iraviès de Villers . — né en 1804 à
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Wulfflingen (Suisse) , d'une famille originaire de France ; naturalisé français.
Un fruit sec de la peinture , et , comme on dit dans les ateliers , un « raté » ; un déclassé et un malheureux. Baudelaire l'appelle « le peintre du guignon ». Elève de Heim et de l'École des Beaux-Arts, Traviès avait l'ambition de la grande peinture ; pauvre , souffreteux , mélancolique , inquiet et indécis , il eut recours , comme tant d'autres sous la Restauration , à la production de feuilles lithographiques , — de la dernière trivialité, — qui , au lieu d'être, comme pour les autres, un simple épisode et un adjuvant dans la carrière, devinrent sa carrière même. Le serpent tentateur, sous la ligure de Philipon , l'induisit en un métier funeste : la caricature politique faite de violence , de haine, et d'attaques directes aux personnes. Traviès s'y jeta tète baissée, sans faire absoudre par une exécution maîtresse la vileté du genre. La caricature politique supprimée par ordre supérieur, vint l'époque brillante du dessin de mœurs. Traviès dut s'y mettre : mais en restant, à de rares exceptions près , terne et commun , alors que d'autres y étaient ou élégants ou vigoureux. Il essaya de la vignette, sans devenir décidément illustrateur. Et pendant ce temps , sa véritable pensée allait toujours aux grandes machines picturales (l'atelier du dessinateur des ivrognes et des chiffonniers était plein de tableaux religieux
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inachevés). Il végéta longtemps, « grand échassier à nez de perroquet et à pommettes saillantes » (*), torturé par la misère , les embarras de famille et la maladie, et finit par mourir en 1859, dans une mansarde du quartier latin, sur un grabat.
S'il eût toujours suivi fermement la voie de la peinture, Traviès y eût trouvé peut-être une subsistance honorable et suffisante, une existence matérielle plus heureuse. Mais, après tout, rien ne prouve qu'il se serait développé chez lui un talent à faire surnager son nom dans l'avenir. Tandis que par la caricature il a vécu cruellement misérable, mais il conservera une manière de notoriété. Pas celle qu'il ambitionnait, par exemple ! Il l'eût voulue par des tableaux comme ce Jésus et la Samaritaine commandé par l'État et exposé au Salon de 1853, — et il l'aura (gloire extrêmement relative) par la création de Mayeux!