LES INCROYABLES
1-2. LES INCROYABLES ; — LES MERVEILLEUSES, 2 p. in-fol. en 1., par Darcis.
3-4. L'Anglomane ; — L'Inconvénient des perruques, 2 p. in-4 en 1., par Darcis.
Carie Vernet était, par tempérament, un homme de l'ancien régime. Au début de la Révolution cependant, il alla vers elle, mais n'éprouvant, comme écrit Quatremère, « que cette illusion si l'on peut dire électrique dont il fut difficile de ne pas éprouver quelque contre-coup » : il fut officier de grenadiers dans la garde nationale.
Au 10 août il était déjà plus que refroidi. La Révolution lui guillotina sa sœur, Mim' Chagrin, femme de l'architecte. Dès lors ce fut de l'horreur. Il vit donc la réaction avec délices, et partagea toutes les passions muscadines.
Homme spirituel et léger, c'est sur les successeurs des Muscadins, sur les « Incroyables » et leurs « déités » qu'il exerce pour la première fois sa verve, en l'an V, avec un succès étourdissant. Ses deux dessins <X Incroyables et de Merveilleuses sont les prototypes du genre. Autour d'eux,
se forma ce qu'on a pu appeler une véritable école originale de dessinateurs et de graveurs humoristes. Les pièces sur les Incroyables se multiplièrent : La Rencontre des Incroyables, Café des Incroyables, Les Croyables actifs au Palais ci-devant Royal, Les Croyables an tripot, La Danse incroyable, La Marche incroyable, La Rencontre des Merveilleuses* Les Payables, Les Inconcevables, etc. Sujet curieux qui ne ressemble à rien, et forme dans l'estampe un chapitre piquant fort pratiqué des collectionneurs.