Les graveurs du dix-huitième siècle
Le nom des Brevet est l'une des gloires de la gravure française. Elevés dans la tradition des Audran , les Brevet ont été, à la fin du XVIP siècle et au commencement du XVIIP, les plus remarquables représentants de la gravure de portrait , qu'ils ont portée à un degré de perfection qu'on ne saurait dépasser.
Pierre Brevet le père naquit à Loire , près de Condrieu , dans l'ancien Lyonnais , d'Etienne Brevet et de Catherine Charnou, le 20 juillet 1663. Ayant des parents dans le commerce , à Lyon , il dut y venir pour sa première éducation , et les relations de sa famille avec celle des Audran qui résidait dans cette ville facilitèrent ses dispositions naissantes.
11 reçut dans l'atelier de Germain Audran les premières leçons ; c'est de là qu'il partit pour aller se II. 1
2 LES GRAVEURS DU XVlir SIECLE.
perfectionner à Paris auprès du célèbre Gérard Audran, frère cadet de son premier professeur, et l'un des maîtres d'alors en l'art de la gravure.
Pierre Drevet sentit bientôt combien de solides études de dessin étaient nécessaires pour la pratique assurée et magistrale de la gravure , et sur l'avis que dut évidemment lui donner Audran lui-même , il alla demander au grand peintre Hyacinthe Rigaud les conseils de son expérience et les leçons de son exemple.
Le choix de ce maître décida certainement la vocation de Drevet pour la gravure de portraits , genre dans lequel il devait exceller. C'est d'après lui . en effet , que sont exécutés ses premiers ouvrages : Pierre - Vincent Berlin , gravé en 1688 ( Drevet avait alors vingt-cinq ans ) ; la femme du sculpteur Des jardins ; Madame Relier (1689), femme du Suisse Relier, fondeur de la statue de la place des Victoires , Maximilien Titon, secrétaire du roi aux finances (1690) ; enfin le jeune et élégant duc de Lesdiguières (1691) , dont on admire encore au Louvre la peinture originale. Le portrait de sa mère, Paule-Françoise de Gondy, duchesse de Lesdiguières, gravé dans le format des Bonnart , sa jeune chatte Menine sur les genoux, doit dater du même temps. Elle tient un volume à la main , ce qui rappelle son goût pour les beaux livres : les bibliophiles connaissent bien en effet et retrouvent avec plaisir les masses d'armes des Gondi , entourées de la cordelière de veuve , sui' les épaves de la belle bibliothèque qui appartenait à la duchesse. Plus tard , la tête de ce portrait a été refaite par Duflos, pour VHistoi7^e de la Maison de Gondy.
A l'époque où ces divers portraits ont été exécutés ,
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Brevet était encore attaché à l'atelier de Gérard Audran , qui éditait ses planches. Mais à partir de l'année 1692, se sentant capable de voler de ses propres ailes, il s'établit chez lui, rue Saint-Jacques au point de France attenant Saint - Séverin ; c'est là qu'il publia le portrait de Louis XIV d'après Poërson.
En 1695 , Pierre Drevet se maria et épousa Marie- Anne Béchet, dont la sœur devint la femme du libraire Imbert de Batz. L'année suivante , le graveur produisait le Louis XIV à mi-corps, d'après Rigaud, portrait commandé par les Etats de Provence , lequel se vendait chez lui rue du Foin *, et qui lui valut d'être nommé graveur du roi.
A partir de cette époque , les beaux portraits succèdent aux beaux portraits : en 1696 , Antoine Arnauld , le Cardinal de Bouillon , le Cardinal de Noailles , archevêque de Paris; en 1697, J.-F. de Montholon ; en 1698 , l'avocat au Parlement Joly de Fleury, CathetHne de Mailly , et , d'après une peinture du francomtois Revel , Pierre Paillot , l'auteur de la Parfaite science des armoiries. En 1698 également , le président-bibliophile Lambert de Thorigny, dont la fastueuse demeure existe encore aujourd'hui ; vers le même temps, sa femme, Marie de Laubespine, majestueuse dans son riche costume couvert de bijoux; enfin , en 1701, Madame la présidente de Motteville, leur fille.
Bien que Drevet ait gravé quelques-uns de ses ouvrages d'après d'autres peintres que Rigaud , ainsi
1 On ne connaît qu'une seule épreuve en premier état avec l'adresse rue St-Jacques : elle est à Vienne , à la collection Albertine (Didot).
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par exemple Jouvenet, Largillière et de Troy, on peut dire cependant que c'est à ce maître qu'il est resté le plus exclusivement fidèle, puisqu'on peut citer jusqu'à quarante-et-un morceaux exécutés d'après ses peintures. 11 a même gravé deux portraits àeRigaud, l'un dit à la palette, en 1700 , assez médiocre, par parenthèse ; l'autre en 1721 , dit au porte-crayon , et qui est de meilleure qualité, Celui de la mère du peintre, MatHe Serre , est l'un des trois portraits que Rigaud avait été faire à Perpignan , de face , de profil et de trois quarts , afin de donner plus de facilité au sculpteur Coysevox pour exécuter le buste en marbre qui devait faire l'ornement de son cabinet.
Le commencement du XVIIP siècle est le moment le plus brillant de Pierre Drevet. Les portraits do Félibïen des Avaux , garde des antiques du roi , de Jacq. Nie. Colbert , archevêque de Rouen , du président de Mesme , du graveur Fra^içoïs de Poilly, sont de ce temps. En ce qui concerne ce dernier portrait , dont la tête seule a été terminée par Drevet , Mariette rapporte la pai'ticularité suivante : « RouUet » avait commencé de le graver par un motif de recon- » noissance, et il en vouloit faire un présent aux enfants » de Poilly, son ancien maistre ; mais il mourut sur cet » ouvrage et le laissa imparfait. P. Drevet se chai'gea » de le rachever et le voulut aussy faire gratuitement ; » l'on reconnoist aisément son travail dans la per- » ruque et dans plusieurs parties de la teste. »
Puis viennent : le Prince de Conti , portrait gravé lors de son départ comme prétendant au trône de Pologne; le Grand-Dauphin; Louis Phèlypeaux, marquis de La Vrïlliere ; le jeune roi d'Espagne
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Philippe F, d'après de Troy ; le portrait du Marquis de Dangeau , où le courtisan , augustement drapé dans un vaste manteau fleurdelisé , se donne tous les airs du Grand Roy.
Brevet est en possession , on le voit , de graver les plus grands personnages. Voici encore le Prince de Lombes, duc du Maine ; la note manuscrite que porte l'épreuve du Cabinet des Estampes relate que le duc d'Orléans fit casser cette planche , parce que la couronne sur laquelle le jeune prince légitimé appuie sa main est une couronne fermée. Drevet grava deux autres portraits du môme personnage. Celui d'après de Troy, de format grand in-folio , est de la plus large facture.
L'Académie royale de peinture admit Drevet comme agréé en 1703 (le 28 septembre), et en 1707 (le 27 août) il fut reçu académicien. C'est en cette qualité et pour l'Académie qu'il a gravé l'admirable portrait de Robert de Cotte, premier surintendant des bâtiments du roi , travail qui ne fut terminé qu'en 1722.
Drevet a aussi exécuté un certain nombre de portraits d'écrivains célèbres, destinés à orner les éditions de leurs œuvres; mais, accablé de travaux importants et obligé d'en accepter de toutes mains en sa qualité d'éditeur d'estampes , il dut se faire aider quelquefois par Michel Dossier, François Chéreau et Simon Vallée , ses élèves. Des trois portraits de Boileau Despréaux , celui de 1706 , seul , peut être considéré comme un ouvrage digne du maître ; les deux autres sont très inférieurs à son talent, ainsi qu'un petit portrait de La Bruyère qu'on rencontre rarement d'ailleurs en bonnes épreuves. Celui de VAbbé de
Rancè ne vaut guère mieux , mais il a le mérite de rappeler le curieux subterfuge dont se servit le duc de Saint-Simon pour avoii" le portrait de son ami qui ne voulait pas , par humilité , laisser reproduire ses traits. Saint-Simon détermina Rigaud , après beaucoup de prières, à aller s'enfermer avec lui pendant quelques jours à la Trappe. Après s'être imprégné , pour ainsi dire , des traits du saint homme , il fit de lui , par un effort de mémoire , un portrait qui , au dire de ceux qui ont connu l'original, était frappant de ressemblance.
Si parfois , à cette époque . l'artiste s'endort , il a aussi des réveils superbes. Quoi de plus merveilleux , en effet, dans l'art de la gravure, que le buste-portrait de la Duchesse de Nemours (1707), souveraine de Neuchâtel. Tout concourt dans cet ouvrage à la splendeur de l'effet produit : la dignité du modèle , le génie du peintre comme le talent du graveur. C'est , à coup sûr, un des morceaux les plus achevés de Brevet , et qui n'a peut-être de supérieur en mérite que celui des deux portraits du Comte de Toulouse qui porte , en premier état , deux ancres dans les armoiries , et qui est si magnifique de fierté et de jeunesse.
C'est en 1712 qu'il termina son œuvre la plus importante , le portrait en pied de Louis XTV * , planche gravée par ordre du roi et dont une épreuve était conservée dans son cabinet, ainsi que le constate Mariette. On sait par Van Hulst que ce portrait fut peint par Rigaud pour être donné au roi d'Espagne
1 Le portrait original peint par Rigaud en 1701 se trouve actuellement au Musée du Louvre.
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par son grand-père , mais la ressemblance fut trouvée si parfaite que Louis XIV en fit faire une copie qu'il envoya et conserva l'original à Versailles.
Plus tard , en 1724 , Pierre Brevet exécuta , aidé cette fois par son fils , le pendant de ce portrait , celui àe Louis XV, et c'est à propos de ces deux importantes planches que Mariette a écrit : « Les deux grands » portraits de Louis XIV et de Louis XV qu'il a gravés » pour Sa Majesté et par son ordre, sont exécutés avec » un soin et un détail dont peu de maîtres auroient » été capables. Aussy cet artiste étoit-il doué d'une » patience infinie, et pourveu qu'il parvint au but qu'il » s'étoit proposé , il se mettoit peu en peine du temps » qu'il lui en coiîtoit et du travail souvent rebutant » qu'il lui falloit essuyer. »
Les derniers travaux de Pierre Brevet furent le portrait du roi de Pologne Frédéric-Auguste III et celui de Louis de Boullongne ; il mourut le 9 avril 1738 , précédant de quelques mois dans la tombe son fils Pierre-Imbert , qui , bien que gravement atteint lui-même, comme nous le verrons tout-à-l'heure, avait pu assister à son enterrement et signer l'acte de décès.
Bans les derniers temps de sa vie , il arriva souvent à Pierre Brevet d'appeler son fils à collaborer avec lui , et il est difficile , impossible même de distinguer la part de l'un et de l'autre dans l'exécution d'un certain nombre de portraits.
Ce fils unique, Pierre-Imbert Brevet, naquit à Paris , rue du Foin , le 22 juin 1697, et eut pour parrain son oncle , le libraire Imbert de Batz. Tous les auteurs ont rapporté comme preuve de la précocité de
son talent qu'il grava à l'âge de treize ans une estampe « qui , dans bien des parties , peut faire le désespoir » des graveurs consommés ». On a été tenté quelquefois de voir cette pièce dans le portrait de LillienstecU (1710) , mais ceci n'est rien moins que sûr.
Quoi qu'il en soit , grâce à la précoce habileté du jeune artiste, les ouvrages du père et du fils se confondent de bonne heure. Ainsi , lequel des deux faut-il louer pour les portraits de Camus de Pontcarrè , du Cardinal de Rohan et de Dodun , M'* d'Herbault ? Mariette les croit exclusivement de Brevet père, ainsi que le portrait en pied de Louis XV. M. Duplessis estime, au contraire , à l'égard de ce dernier, qu'il est exclusivement de Pierre- Imbert. Souvent, d'ailleurs , la collaboration est indiscutable, comme dans ceux de l'archevêque De Beauvau et du Cardinal de Fleury. C'est à Pierre-Imbert , en revanche , qu'il faut restituer le remarquable portrait de Marie- Clémentine Princesse Sobieska -, dont les ajustements ont des détails charmants plus moëlleusement traités que la figure.
Pierre-Imbert a d'abord gravé dans son adolescence divers sujets de sainteté. La Présentation de la Sainte Vierge au Temple, d'après Charles Le Brun , est qualifiée par Mariette de coup d'essay de Drevet le fils. Dans la Résurj^ection , d'après Andray , dédiée à Jérôme d'Ar gouges , le jeune graveur constate qu'il l'a exécutée à l'âge de dix-neuf ans. Deux estampes célèbres doivent se placer de 1719 à 1721 : Rèbecca recevant les présents d'Eliézer, d'après A. Coypel , et la Présentation de l'enfant Jésus au Temple , d'après L. de Boullongne. Dans cette dernière , dit
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M. DidotS le graveur atteint aux sommets de l'art. Son premier essai de portrait, datant de 1718 , serait celui de l'archevêque de Tressan agenouillé devant la Vierge , d'après J.-B. Van Loo ; celui du Cardinal de Mailly vient ensuite , puis tout à coup Pierre-Imbert Brevet se révèle artiste de premier ordre , de génie même. C'est à vingt-six ans qu'il grave ce merveilleux portrait de Bossuei , l'un des chefs-d'œuvre de la gravure. « L'on ne peut désirer rien de plus accomply que cette admirable estampe », s'écrie Mariette ; et de fait , il semble difficile que l'art de la gravure puisse dépasser une telle perfection. Toutes les qualités du graveur consommé se montrent dans cette superbe planche : l'habileté et la franchise de l'exécution , l'harmonie et la vigueur , et par dessus tout une exquise distribution de la lumière. On a épuisé d'ailleurs les formules de louanges pour cette estampe commandée au graveur par le neveu du grand orateur, J.-B. Bossuet , évêque de Troyes , qui possédait la peinture originale. M. Duplessis dit que si Rigaud , inspiré par le génie , a su personnifier en Bossuet , par une allure noble et superbe , le génie de l'homme , Brevet a su , par son estampe largement gravée et nullement emphatique , inspirer la même admiration que pour l'œuvre peinte.
Lévesque, dans son Dictionnaire des Arts de Peinture, etc., à propos du rendu extraordinaire des divers détails de ce portrait , écrit qu' « il est impossible de » revoir sans étonnement son fameux portrait de » Bossuet. On voit dans cette estampe des cheveux
1 Les Brevet, par P.-A. Didot , ISIQ.
» blancs, des chairs, de l'hermine , du linon , des den- » telles, de la moëre, du velours, des franges d'or, du » bois travaillé par l'art des ébénistes , des bronzes , » du marbre, du papier, etc.; chacun de ces objets est » gravé d'un caractère différent , et ce caractère est » celui qui lui est propre. »
Cette admiration pour le détail doit encore être dépassée , suivant nous , par l'admiration que nous cause l'aspect si noble de l'ensemble , et l'intérêt que l'on éprouve à la vue de cette tête imposante sur laquelle se concentre l'attention. Ainsi que l'a encore dit Lévesque , on peut graver plus fièrement , plus librement que Brevet , on peut se distinguer par une touche plus hardie , mais il ne sera jamais surpassé peut-être dans la gravure précieusement finie.
Une curieuse méthode pour bien apprécier le mérite des détails du portrait de Bossuet nous est donnée par Joubert : c'est de pratiquer une ouverture au milieu d'une feuille de papier qui ne laisse voir qu'une portion de l'estampe , et de la promener successivement sur chacune de ses parties.
Brevet fut récompensé de ce travail , outre les applaudissements de ses contemporains , par les suffrages de l'Académie , qui l'admit comme agréé le 30 décembre 1724 , et par les bienfaits du roi qui , après l'avoir nommé son graveur, accorda au père et au fils le logement et l'atelier occupés précédemment au Louvre par Bérain.
C'est à cette même époque, moment de l'apogée de son talent , que Pierre-Imbert Brevet exécuta ce petit chef-d'œuvre , le portrait - médaillon de la Duchesse d'Orléans, dite Princesse Palatine, destiné à orner
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V Oraison funèbre de cette princesse (1723). C'est un en-tête de page, réduction du grand portrait peint par Rigaud à Marly, et dont la ressemblance avait tant enchanté Louis XIV qu'il avait demandé à la princesse de le garder pour elle au lieu de le donner, portrait qui fut gravé dans le même temps, mais dans le format in-folio, par Simonneau l'ainé. Quant à l'arrangement de la draperie , il aurait été fait exprès pour ce médaillon par Rigaud lui-même. C'est une pièce d'une grande finesse sans mièvrerie, d'une exécution franche et d'une ressemblance toute intime.
Le portrait du Cardinal Dubois, gravé en 1724 , au moment de sa mort , nous montre avec son air de fausse bonhomie , ce fameux précepteur du Régent devenu son âme damnée en même temps que son ministre. La distribution et l'éclat de la lumière y sont remarquables , comme dans tout ce que fait Pierre- Imbert , et quelques détails, la belle pendule de droite particulièrement, sont supérieurement rendus.
C'est vers 1726, rapporte son contemporain Van Hulst^ que Pierre-Imbert Drevet commença à être atteint d'accidents cérébraux très intenses mais intermittents , puisqu'ils lui permirent , dans les intei^valles de la maladie , de continuer à graver. Pour le portrait du Cardinal de Fleury, par exemple, qui date de 1730, Van Hulst rapporte que les deux graveurs y ont travaillé , mais surtout le père . <;< la démence du fils » étant très forte alors ».
La terrible affection qui devait enlever de si bonne
1 Eloge d'H. Rigaud , publié dans les Mémoires inédits sur les membres de l'Académie de peinture, 1854.
heure le grand artiste , et qui fut peut-être augmentée par l'excès du travail, n'était pas sans lui laisser des répits assez longs , puisqu'outre les portraits de Verthamon , de Sainte-Marthe et du Cardinal de Tressan , il pouvait encore graver, en 1728 , celui de Cisternay du Fay , cet homme de goût dont les beaux hvres passèrent en entier dans la bibliothèque du comte d'Hoym: en 1729, celui du ûndJioiev Samuel Bernard, aussi remarquable que celui de Bossuet: « Il falloit que cet artiste , dit Lévesque , pour traiter » avec tant de perfection tout ce qui peut être l'objet de >' la gravure , eût une grande pratique du burin ; mais •> nulle part il n'affecte de montrer son habileté à » manier cet instrument. Il savoit que cette habileté » est un moyen de pai^venir à la perfection de l'art , >^ mais qu'elle n'en est pas le but. Des graveurs ont » semblé , dans la suite , ne manier le burin que pour •> faire voir qu'ils savoient le manier, et autant auroit- » il valu qu'ils eussent gravé des traits capricieux que » des tableaux. »
En 1730 , Pierre-Imbert Brevet exécute la célèbre planche à'Adrienne Lecouvreur, sous les traits de Gornélie portant les cendres de Pompée , d'après la peinture de Coypel.
C'est probablement aussi dans les moments de répit que lui laissait la maladie que Pierre-Imbert donna le portrait de Fènelon d'après le tableau de Vivien, et les divers portraits de Louise-Adélaïde d'Orléans, abbesse de Chelles.
En 1739 , et après une assez longue interruption dans les dates de ses planches , se place le dernier ouvrage de Pierre-Imbert , le portrait de l'abbé René