‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 2)Chapitre 2 sur 188 · DR E VET · texte numérisé non relu

DR E VET

Pucelle , remarquable et dernier effort de ce grand artiste , qui mourait le 27 avril 1739 , à peine âgé de quarante-et-un ans.

Les Brevet laissaient un neveu et cousin , Claude Brevet , homme de premier mérite , pour continuer les grandes traditions de famille et de leur école de gravure. On suppose qu'il naquit à Lyon , car il était le fils de Floris Brevet , marchand dans cette ville , frère du graveur Pierre Brevet , dont Claude était par conséquent le propre neveu.

Il s'initia naturellement aux secrets et procédés de la gravure dans l'atelier de son oncle , qui lui donna au début, de même qu'il l'avait lait pour son fils, quelques morceaux religieux à copier, tels que le Jésus en croix d'après Lebrun. 11 fut aussi employé de bonne heure , à dix-huit ans , dit-on , à la grande entreprise du Sacre de Louis XV , où il contribua pour la planche qui représente le conseiller d'Etat Le Pelletier des Forts , déjà fort habilement gravée.

Il faut croire que Claude Brevet fut absorbé toute sa vie par l'exploitation des planches gravées que son oncle et son cousin lui avaient laissées , car il a fort peu produit. Outre cinq sujets religieux, dont un Christ au roseau d'après Van Byck, on n'a de lui que neuf portraits. Les meilleurs sont ceux de Madame Le Bret de La Briffe ( 1728 ) , à' Alexandre Milon , évêque de Valence , d'une exécution qui rappelle les procédés de Pierre-Imbert Brevet , de Pierre Calvairac , du Comte de Zinzendorff ( 1730 ) , et de Guillaume de Vintimille (1736).

Claude Brevet prit , à la mort de son cousin , le

logement qu'il avait occupé au Louvre , et y demeura jusqu'à sa mort arrivée le 23 décembre 1781. 11 s'était marié le 15 novembre 1745 , âgé de quarante ans , à Catherine Baudry , fille d'un procureur au Ghâtelet , et n"eut pas d'enfants.

C'est l'expert JouUain , connaisseur en tableaux et en estampes . qui fit la vente du mobilier artistique de Claude Brevet , et qui , dans la notice du catalogue , disait en pai'lant du caractère du défunt qu' « il joignait » à une grande simplicité de mœurs une modestie bien » rare dans un artiste aussi habile. »

Outre quelques beaux tableaux de Téniers, Jordaens, plusieurs portraits originaux de Rigaud gravés par son oncle ou pai^ son cousin . et le portrait de Lebrun par lui-même , se trouvait dans cette vente un fonds de cent cinquante planches gravées par les Drevet , Edelinck , Chéreau , Nanteuil , Audran , etc.

Quant au genre de talent de chacun des Drevet , il faut citer les critiques compétents qui les ont étudiés ; signaler, suivant M. Duplessis , « le respect religieux » qu'ils ont eu pour les peintures reproduites , une » remarquable habileté de main qui se traduit dans » la souplesse et la variété de leurs travaux , fins et » serrés dans les chairs , larges et espacés dans les » étoffes ; variété de tailles sagement fondues , et » qui ne nuisent en rien à l'harmonie générale de » l'œuvre ... »

M. Didot n'est pas moins élogieux : « Pierre Drevet » se fait remarquer par la pureté du burin , l'énergie » du trait et la perfection des plus minutieux détails , ^> avec cette harmonieuse gradation des tons qui rem-

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» place en quelque sorte la couleur, au point qu'on ne » saurait être facilement un plus fidèle interprète de » la peinture. . . 11 possédait cette qualité primordiale , » essentielle , plus encore indispensable à un portrai- » tiste qu'à un graveur d'histoire , la science appro- » fondie du dessin. S'il eut le bonheur de graver la » plus grande partie de son œuvre d'après deux » maîtres tels qu'Hyacinthe Rigaud et Nicolas de Lar- » gillière , et si l'éclat de leurs peintures rejaillit sur » l'interprétation du burin, il faut convenir que Pierre » Brevet se montra à la hauteur de ses modèles. Les » figures , avec leur physionomie propre , vivante , se » détachent aussi bien sur le papier que sur la toile , » malgré le faste écrasant des draperies qu'on reproche » tant à Rigaud et à son émule. Drevet avait une » grande ressource de moins à sa disposition , la cou- * leur ; mais , à force de ténacité et de persévérance , » il sut faire sortir de son burin tout ce qui peut sup- » pléer cette grande enchanteresse. . . »

Les contemporains de Pierre-Imbert Drevet sont presque unanimes à le louer. On regrette d'entendre Cochin jeter dans ce concert une note discordante ; il trouve que ses « morceaux d'histoire, admirables pour » la beauté du travail , sont beaucoup trop finis pour » le caractère de l'histoire, ce qui a fait dire aux gens » de goût qu'il est très déplacé et ne sert qu'à faire » paraître les figures comme si elles étaient de » bronze »; en revanche Mariette, Lévesque l'admirent absolument, comme nous l'avons vu.

Enfin « Claude Drevet , a dit encore Didot , chercha » à unir la fermeté du burin de son oncle à la finesse » et à l'éclat de celui de son cousin ; l'influence de ce

Il, LES GRAVEURS DU XVIII' SIECLE

» dernier est même frappante. Bien qu'il ne parvint » point à les égaler, il n'en est pas moins un artiste » d'un grand talent , et quoiqu'il ne fit pas d'élèves , il » eut des imitateurs de sa manière , tels que Daullé et » ses élèves. »

Le catalogue raisonné de l'œuvre des Drevet a été dressé par M. Didot avec un soin scrupuleux et une grande exactitude. C'est à cette excellente monographie que nous nous en rapporterons pour les attributions , qui jusqu'alors n'avaient jamais été bien nettement établies , l'absence de signatures distinctes pour chacun des trois Drevet donnant souvent lieu à confusion.

Nous donnons d'abord la liste des portraits gravés par Pierre Drevet depuis 1700, puis celle des portraits dont la gravure est attribuée à la collaboration de Pierre Drevet et de son fils , enfin le catalogue des portraits de Pierre-lmbert , et celui des portraits de Claude Drevet.

PORTRAITS

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