‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 2)Chapitre 151 sur 188 · GAUTIER · texte numérisé non relu

GAUTIER

Deux charmantes pièces d'après A. de Saint- Aubin, gravées au pointillé de couleur, sont signées Gaultier. Sous le titre de V Hommage réciproque , elles nous montrent les portraits du jeune et amoureux dessinateur et de la jolie Madame Saint-Aubin. — Deux autres pièces d'après Saint -Aubin , VHeui^eux m,ènage et V Heureusemère sont signées GautierVainé etSergetit.

Différentes pièces allégoriques et politiques gravées pendant la Révolution portent la signature Gautier, ou Gauthier : Il ôte aux Nations le bandeau de Ver- 7^eur, d'après Bélanger. — Les Douceurs de la Fraternité, d'après Vangorp. — La Loi, l'Héroïsme français, la Philosophie découvrant la Vérité , d'après Boizot. Le nom de B. Gautier se retrouve aussi sur des portraits de la collection de Bonneville.

Chez Gauthier se vendaient des images populaires : la Prise de la Bastille, Aventure tragique arrivée au Bastringue du port au bled , Grand combat entre W^ Fanchon la Bouquetière et Manon fAr souille.

Jourdan , d'après Hilaire Ledru. — Desseaux, chirurgien en chef deTHôtel-Dieu, etForlanz, chirurgien oculiste, 2 p. in-4 , Gautier sculp.

GÉRARD (Marguerite).

Les tableaux comme les dessins de vignettes de la belle-sœur de Fragonard sont d'une grande froideur, et si elle a signé quelques planches assez spirituelles , Fragonard, sans nul doute, les a retouchées. Nous n'en voulons pour preuve que la première planche de Monsieur Fanfan jouant avec M^ Polichinelle , sur laquelle l'éditeur Naudet a fini par restituer le nom de Fragonard. Il existe du reste une seconde planche, celle-là est bien la copie de M*'"^ Gérard.

L'Enfant et le chat emmaillottè, VEnfant et le boule-dogue sont, comme ilf Fanfan, les portraits des enfants de Fragonard dans des scènes familières.

L'allégorie Au génie de Franklin , d'après un autre dessin du peintre , est une composition lourde et théâtrale au-dessous de laquelle on lit : Hommage à mon maître et bon ami Frago.

H. Gérard , son frère , exposait en 1790 et 1793 , le Sacrifice de la rose et VAri d'aitner, d'après Fragonard. Il a gravé, d'après sa sœur, t Indécision et Dors mon enfant.

Portraits de Marat et de Lebrun.

GERMAIN (Louis

Louis Germain, dessinateur et graveur à l'eau-forte, né à Paris en 1733, a gravé :

Quelques planches pour le Cabinet Choiseul, d'après Breughel, Berghem, 1771, et pour le Voyage àNaples de l'abbé de Saint-Non.

Paysages avec ruines et animaux , 3 pièces in-fol. d'après B. Breemberg.

Cahier de divers petits paysages d'après Sarazin, 4 p. in-4 en largeur.

Cahier de petits paysages, spirituellement gravés d'après Weirotter, in-4 en largeur.

Les Balanceuses, jeux d'enfants , le Marchand de rogome ,2 p. petit in-fol. d'après Schenau.

Deux très-jolies estampes in-4 , la Cruche cassée et V Escarpolette , L. Moreaupinx., Germain aq., Patas sculp.

Une estampe in-4 en largeur, oîi l'on voit une foule de petits personnages sur une sorte de pont de bois jeté sur une rivière, 1774.

Projet d'un Pont monumental à la gloire immortel (sic) de Louis XVI, d'après Daubenton , in-fol. en largeur. 1775.

GESSNER (Salomon

Salomon Gessner est venu à son heure ; à ce moment où l'on ne rêvait que bergères et bergeries , où la note élégiaque et idyllique était assurée de plaire. Aussi ses poèmes en prose ont-ils eu un succès prodigieux dont ont profité ses travaux artistiques plus discutables. Pourtant Gessner aimait véritablement la nature. Ses consciencieux paysages à l'eau-forte méritent réellement qu'on ne les passe pas sous silence et sont très supérieurs aux figures dont il les animait et qui témoignent trop d'une absence d'études premières que rien ne peut remplacer, pas même l'inspiration d'un poète.

Sa première gravure, le Printemps (Der Frûhling), est datée de Zurich , 1753. Une suite de 10 Paysages, in-4 (1764), est dédiée par Gessuer à son ami Watelet, qui lui a rendu sa politesse en traitant , dans son Dictionnaire des arts , sa pointe de « spiritueUe , badine et ragoûtante ».

Une autre suite de 12 Paysages (1767) , in-4 en largeur, se trouvait à Zurich chez son père D. Gessner, libraire. Il faut signaler encore une suite de 12 Paysages {i76S), plus petits cette fois. Dans le même genre

Gessner a encore gravé , d'après Hess , une série de 54 petites Vues de Suisse très finement exécutées.

Une idée originale , dont on n'a que peu d'exemples , par suite de la réunion nécessaire de deux talents bien rares à rencontrer chez une même personne , fut mise à exécution par Gessner, celle de couvrir d'illustrations ses propres ouvrages , d'interpréter sur le cuivre les poëmes éclos de son génie. De plus, la belle édition contenant ces vignettes fut imprimée par l'auteur luimême, ou tout au moins sous ses yeux par ses presses. Voilà certes un livre curieux , et cependant il n'est que médiocrement recherché. C'est que la plupart des grandes planches qui ornent les Contes moraux et nouvelles Idylles (Zurich, chez l'auteur, 1773), et son volume à'Œuvres (1777) manquent de cette aisance et de cet esprit indispensables dans l'illustration. Les figures sont lourdes , mal gravées et sans grâce , et le graveur-poète ne se relève que dans les fonds de paysage ou dans les culs-de-lampe, presque tous ingénieusement traités et où la figure humaine plus petite disparaît dans l'ornementation de l'entourage.

il faut toujours en revenir au paysage si l'on veut louer Gessner, le fouillis mystérieux de ses feuillages et son étude attentive de la nature. Dans une Lettre sur le paysage adressée à Fueshn , il a pris soin de

nous apprendre quels furent ses modèles : « Je

» m'accoutumai à dessiner ou plutôt à disposer les » arbres par masses en choisissant Waterloo pour » modèle. Ce fut donc à lui que je dus enfin la facilité » de rendre mes propres pensées : mais c'était en » empruntant son style. Alors pour éviter ce qu'on » nomme manière, je hasardai de mettre plus de variété

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