‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 2)Chapitre 165 sur 188 · VII. d'après divers · texte numérisé non relu

VII. d'après divers

93. Figures, d'après Loutherbourg , pour le poëme de C Agriculture;

— d'après Regnault poui- le Temple de Gnide ; — d'après Chaudet pour les Œuvres de Montesquieu ; — d'après Perrin pour la Pharsale ; — d'après Guérin pour le Mérite des femmes. — Erigone, figure d'après Le Barbier pour le Panthéon de Sylvain Maréchal. — Illustrations pour le Berquin de Renouard ; — d'après Le Barbier pour la Jérusalem délivrée. — Rousseau aux pieds de Madame d'Houdetot , d'après Le Barbier, in-8. — Nombreuses vignettes , d'après Myris , pour V Histoire romaine. — Planches pour le Voyage à Naples de Saint-Non.

GIBELIN (Esprit-Antoine

Né à Aix en 1739 , Gibelin passa dix ans à étudier la peinture en Italie ; en 1768 , il remporta un prix à l'Académie de Parme. En 1771 , il vint à Paris où on lui commanda , entre autres travaux , la grande fresque de Tamphithéâtre de l'École de Chirurgie, qu'il exécuta en 1773. 11 mourut à Aix en 1814.

Son œuvre se compose, suivant Baudicour, des pièces suivantes :

Arrivée de Jacob en Egypte, l'Ange Gardien ; petites pièces. — Cornélie ; in-4 , au lavis. — La Fidélité récompensée. — L'Amour transpercé. — La Muse. — Le Temps destructeur des choses; in-8. — Frontispice de la Description des écoles de Chirurgie par Gondoin , in-fol., manière de crayon ; dédié A Vimmortelle mémoire de rhumanilé de Louis XV et de la bienfaisance de Louis XVI. — Le Cheval dompté, très petite pièce. — Allégorie sur le nom de Madame Gibelin, née Campane. — Le Trait inévitable , petite pièce d'après Madame Gibelin. — Groupe antique de deux enfants. — Têtes de fantaisie. — L'Accouchement , tableau de l'Ecole de Chirurgie, dédié à M. Joseph David ; eau-forte in-fol. en largeur. — La Saignée, pièce ronde ; in-4. — Esculape et la Nature. — La Coalition contre la République, pièce ronde ; in-8. — L'Unisson , ou l'Union des républiques , pendant. — La Restauration.

GILLOT (Claude).

Le maître de Watteau , — un élève qui a totalement éclipsé son maître resté dès lors dans la pénombre. — Claude Gillot , est un graveur humoriste. Il a profité en dernier lieu du regain de faveur qui a englobé tout le XVIIP siècle , et mérite malgré ses imperfections qu'on jette encore un regard d'intérêt sur ses travaux.

Il était né à Langres en 1673 , avait reçu de son père les premières leçons de peinture, et avait été envoyé ensuite à Paris se perfectionner chez J.-B. Corneille. Mais son goût ne le portait pas à se conformer aux règles sévères de son art ; il se fit une manière à lui, et c'est sur les tréteaux des farceurs italiens et français qu'il étudia la nature.

« Ses tableaux sont complètement délaissés, écrivait » d'Argenville au milieu du siècle dernier, mais on » recherche encore ses dessins et ses eaux-fortes où » l'on trouve de l'esprit et de la facilité , quaUtés qui » font passer sur leur incorrection. »

Ce jugement est toujours vrai. La suite de la Vie de N.-S. Jésus-Christ inventée et dessinée par Gillot peintre de V Académie Royalle , laisse apercevoir de la facihté jointe à beaucoup d'incorrection. Ces 60

planches ( et non 64 comme l'écrit à tort Le Blanc ) , traitées à l'eau-forte. sont d'une manière extrêmement sommaire et lâchée. Il n'en est pas de même pom^tant de ses petites vignettes carrées faites pour l'édition de 1719 des Fables de Houdart de la Motle, qui sont très supérieures. Gillot a laissé graver pour ce livre , dont il a dessiné presque toutes les compositions , quelques pièces par Cochin père , Nicolas Edelinck , Tardieu et Simonneau. mais il en a exécuté le plus grand nombre avec cet esprit , ce croustillant , cette désinvolture qu'on se plaît à lui reconnaître. Notons parmi les plus jolies , le Médecin astrologue , la Ronce et le Jardinier, les Singes , l" Enfant et les Noisettes . l'Huître , les Grillons , les Lunettes , les Chiens , le Portrait, le Pêcher et le Mûrier, Apollon et Minerve, le Chien et le Chat, où se mêle à l'expression la plus fine la plus agréable. fantaisie.

Ces petites compositions et aussi les Bacchanales que « menait si joyeusement ce dernier païen de la » Renaissance», datent du moment où Gillot se sépara de son élève Watteau. C'est du moins le comte de Caylus qui l'affirme : « Soit que Gillot en eut agi par » le motif d'une jalousie que bien des gens lui ont » attribuée , soit qu'à la fin il se rendit justice et con- » vint que son élève l'avait surpassé, il quitta la pein- » ture et se livra au dessin et à la gravure à l'eau-forte » dans laquelle il sera à jamais célèbre, par l'intel- » ligence et l'agrément de la composition avec les- » quelles il a représenté la plus grande partie des » Fables de la Motte. »

Plusieurs des Bacchanales les plus échevelées inventées par l'imagination déréglée de Gillot ont été

GILLOT. 3n

gravées par lui-même avec entrain. Telles sont : la Fête de Diane troublée par des Satyres , la, Fête de Bacchus célébrée par des Satyres et des Bacchantes, la Fête du Dieu Pan célébrée par des Sylvains et des Nymphes et la Fête de Faune Dieu des Forêts , cette dernière inventée, peinte et gravée par G. Gillot.

Citons encore deux assez jolis Dessus de clavecin , aux personnages entremêlés de singes faisant de la musique, gravés à l'eau -forte par Gillot et retouchés au burin par L. Crépy le fils.

On a beaucoup gravé d'après Gillot , Huquier ses Scènes de la comédie italienne , Joullain ses Habits à l'usage des Ballets et Opéras , G. Scotin ses Scènes tragiques et Gaylus quelques-uns de ses dessins les plus humoristiques.

Gillot avait été reçu de l'Académie en 1715. 11 fuL un des lavorisés de la banque de Law. Cette fortune subite dura peu ; mais redevenu pauvre, la santé perdue par l'abus des plaisirs , il n'en conserva pas moins une exubérante gaieté jusqu'à sa mort, arrivée le 4 mai

GIRARD (Romain).

Cet artiste peu connu . qui apprit la gravure au pointillé pendant son séjour en Angleterre , doit à ses compositions tirées des Liaisons dangey^euses de figurer ici. Lavreince avait mis en action dans ses gouaches les sensibles héros de Choderlos de Laclos, alors dans tout le feu de leur succès. C'est en 1785 que furent publiées les deux pièces, Valmont and Présid'^ de Tourvel et M"'^ de Merteuil and miss Cecille Volange ; ces deux pièces in-fol. ovales au pointillé, sont sans grande valeur artistique et moins bonnes que Valmont and Emilie , pièce plus soignée parue en 1788. Romain Girard demeurait alors Rue de Savoy e derrière le quay de la Vallée n'* 21.

Ces trois pièces se vendaient chez Fauteur 4 livres en noir et 9 livres en couleur.

La Mort de Didon , copiée sur une estampe de Bartolozzi.

Deux pièces, d'après Mallet, au pointillé de couleur : les Deux amies à V étude et Je m,' occupais en attendant , in-fol.

GIRARDET (Abraham).

Girardet, né à Neuchâtel en 1763, apprit la gravure sous la direction de Nicollet , et aussi , supposonsnous, sous celle de Gaucher, de qui il semble tenir sa manière à la fois très finie et très froide.

11 était bon dessinateur, et au début de la Révolution il publia quelques estampes de sa façon sur les événements les plus saillants : Siège de la Bastille , py'ise en deux heures èdemi de temps , dessiné d'après nature et gravé par G. ; — Travaux du Champ de Mars pour la fête de la Fédération , pièce très soignée ; — Pacte fédératifde la Bastille le 14 juillet 1790; — Vue du Champ de Mars le 14 juillet 1790 ; — Se?'vice funèbre fait au champ de la Fédé?'ation pour les patriotes morts à Nancy le 31 août 1790 ; — Les Premiers jours de May à Paris en 1791 , ou la Liberté des entrées , vue de la Barrière de la Conférence. Cette estampe curieuse , beaucoup plus finie que ne le furent la plupart des pièces politiques , gravées généralement à la hâte , nous donne l'adresse du graveur, rue St-Louis au Palais, n« 73.

Girardet s'en tint là pour cette série ; par quel motif,

nous l'ignorons, ce n'est point toujours faute de sujets, car les journées fameuses se multipliaient. Mais, un peu plus tard , lorsqu'on publia les Tableaux de la Révolution, il se trouva naturellement indiqué pour être un des collaborateurs les plus actifs de cet important ouvrage : il y a dessiné ou gravé un grand nombre de pièces , à côté des Prieur et des Duplessi- Bertaux : Lit de Justice tenu à Versailles le 6 août 1787; — Séance extraordinaire tenue par Louis XVI au Palais: — Arrestation de d'Épréménil; — Incendie du Corps de garde du Pont-Neuf; — Rassemblement sur le Pont-Neuf; — Apothéose de Rousseau ; — Départ de Billaud, Collot et Barrère pour la déportation ; — Jugement de Fouquier- Tinville ; — Attaque du faubourg St- Antoine ; — Le 13 Vendémiaire; — Exécution de Charette; — Attaque du Camp de Grenelle ; — Mort de Marceau ; — Journée du 18 Fructidor ; — Fête donnée à Bonaparte au Luxeïnbourg ; — Entrée des Français à Rome , etc.

Portrait de VAbbé Fauchet , d'après Bonneville, petit in-fol.

Cérétnonie funèbre en V honneur du général Hoche, Girardet del. et aq. f.; in-fol. en largeui\

Girardet avait fait un voj^age en Italie. En 1794 et 1795 , il date de Rome deux estampes fort médiocres Semira e Semino et la Morte di Virginia . Ab. Girardet invent, ed inc. in Roma.

Deux estampes gravées d'après Le Bel. et qui visent à la grivoiserie, le Coup de Vent et son pendant la Souris indiscrète, sont aussi très ordinaires d'exécution.

Page 1