Spectacle historique, divisé par Périodes de vingt-cinq
ans. Chaque estampe représentant les événements les plus remarquables d'une Période et les portraits des souverains. . . gravés d'après des médailles. . . par Godefroj, de l'Acad. imp. et r. de Vienne et de celle d'Angleterre , etc. . . . dédiées à L. A. S. le Comte de Beaujolais et Madame. A Paris chez l'auteur près le Théâtre-Français , rue des Francs-Bourgeois vis à vis la rue de Vaugirard n° 127. 12 % chaque livraison , comprenant un siècle.
Ce titre est gravé par Godefroy d'après Monnet.
Les planches, au nombre de huit, pour le XVI® et le XVII* siècle, comprennent dans le haut une composition de Marillier, dans le bas un cul-delampe de Monnet.
29. Vignettes pour divers ouvrages : Voltaire , d'après Gravelot. —
Jam Cytherea choros ducit. . . d'après Gravelot, in-4°. — Iconologie. — Fables de Dorât, Œuvres de Pope, d'après Marillier. — Gessner, d'après Le Barbier. — Baculard d'Arnaud , le De'caméron français de d'Ussieux, Mélanges de poésies fugitives de la Comtesse de Beauharnais , le Cabinet des Fées , les Liaisons dangereuses. — Gil Blas, d'après Monnet. — Don Quichotte, d'après Lefèvre. — Le Nouveau Testament, les Êtrennes lyriques, le Voltaire de Renouard , d'après Moreau. — Le Daphnis et Chloé et le Virgile de Didot , Faublas , etc. — Planches pour le Cabinet Poullain et la Galerie du Palais-Royal.
GODEFROY (Jean).
Jean Godefroy, fils de Louis Godefroy, deLanquetot près Bolbec , naquit à Londres le 21 juillet 1771, pendant un voyage que ses parents firent en Angleterre. 11 passa ses premières années à Bolbec ou à Lillebonne et montra de bonne heure des dispositions pour le dessin. Il avait dix ans quand sa famille alla se fixer à Londres. Un ami de son père , nommé Martel , se chargea de l'éducation artistique de l'enfant et le fit entrer dans une espèce d'atelier où quelques jeunes gens s'exerçaient sous ses yeux à peindre et à graver.
Godefroy entra ensuite dans l'atelier de Simon, graveur français établi à Londres. 11 en sortit en 1788. Il était fort habile et exécuta quelques estampes à l'eauforte et au burin , connues surtout en Angleterre. On doit aussi à J. Godefroy des portraits : Louis XVI \ Georges , prince de Galles ; Caroline , princesse de Galles; la cânisArice Morichelli; le chanteur Morelli: Charette ; Thomas Erskine ; Thomson ; tniss Farren ; la signora Storace. II écrivit à la même époque des notes intéressantes sur les procédés qu'il employait pour ses gravures, mélanges de tous les procédés connus et où dominait le pointillé.
En 1797, Godefroy résolut de mettre à exécution le projet qu'il avait conçu depuis longtemps de revenir en France. Il partit avec sa femme et ses deux enfants. Il fit d'abord un séijour en Hollande , où il grava un portrait du général Bonaparte , d'après Fossi ; le général était représenté avec des cheveux ébouriffés, de grandes moustaches et un air féroce. « Godefroy » émit quelques doutes sur sa ressemblance , mais » l'éditeur lui ferma la bouche en lui disant que c'était » précisément la /eroaïe de ce portrait qui en assurait » la vente. » Godefroy s'arrêta encore à Bruxelles, puis arriva enfin à Paris. Il fut mis en relations avec Gamble , éditeur qui le chargea de graver un magnifique éventail que la ville de Paris avait fait exécutei' d'après les dessins allégoriques de Chaudet , Percier et Fontaine, pour l'offrir à Madame Bonaparte. Ce travail lui fut payé 800 francs. 11 grava aussi une des vignettes de Prud'hon pour la Tribu indienne, roman de Lucien Bonaparte.
La réputation du graveur s'étendit, le peintre Gérard vint le trouver pour lui faire reproduire un petit portrait de Madame Walbonne, cantatrice du théâtre italien ; cette reproduction fut exposée en 1799 et Godefroy remporta le premier prix de gravure (3000 fr.)
Nous ne suivrons pas Godefroy dans les travaux qu'il a exécutés au XIX® siècle, nous nous bornerons à citer Psyché et r Amour, d'après le tableau de Gérard, estampe qui mit le nom du graveur en célébrité , le Songe d' Ossian, et toujours d'après Gérard, la grande estampe de la bataille à'Ausierliiz.
Jean Godefroy mourut en 1839.
GOIS (Étienne-Pierre-Adrien).
Gois, artiste distingué, né à Paris en 1731, étudia d'abord la peinture dans l'atelier de Jeaurat, puis la sculpture sous la direction de M. A. Slodtz. En 1759 il remporta le grand prix de Rome ; en 1770 il fut reçu à l'Académie sur la présentation delà siaiued' Aréthée pleurant ses abeilles ; en 1776 on le nomma professeur, position qu'il occupa jusqu'à sa mort , sauf une interruption en 1793.
Baudicour a décrit 16 eaux-fortes de la main de Gois ; ces pièces, très raires, sont remarquables, dit-il, tant pour la grande ordonnance de composition que sous le rapport du style et de l'exécution.
Moïse sauvé des eaux, — la Fille de Jephié, — Retour de Tohie chez son père, — Tobie rend la vue à son père, — Moïse frappant le rocher, — le Veau d'or renversé, — Pînse de Jérusalem par Nabuchodonosor, — Arrêt rendu par Cambyse , — VAvat^e pensif, — Serment des nobles devant la Chambre des Comptes, Gois sculp. anno 1788, in-fol. en largeur.
Allégorie, la Vérité, la Justice, l'Innocence
Monument à la gloire de Louis XVI, en 4 planches.
GONORD (François).
De François Gonord, né à Saint-Germain, on connaît trois Académies de Femmes dessinées par Gochin et gravées « par Gonord, par le nouvel art du S"" Magny », au lavis , et un portrait de Jean-Denis Lempereur, ancien échevin de la ville de Paris , graveur amateur duquel on a diverses eâux-fortes. Ce portrait est encore « rendu d'après le nouvel art du S"" Magny, 1761 ».
Gonord publia en l'an VII une collection des portraits des membres du Corps législatif, petits médaillons encadrés , au nombre de quarante par feuille. « L'exécution ne manque pas de relief, mais le prin- » cipal mérite de cette collection consiste dans la » rareté des portraits qu'elle renferme ; le succès dut » en être nul, et l'édition mise au pilon. »
GOUPY (Joseph).
Goupy, né à Nevers en 1729, se fixa à Londres , où il publia un certain nombre d'estampes.
Il a gravé d'après Salvator Rosa , les Devins , les Voleurs, Tobie , le Songe de Jacob , le Samaritain , Jésus dans le désert, St Jean-Baptiste prêchant dans le désert , le Baptême de V Eunuque du roi de Candace, Glaucus et Se y lia , etc.
D'après Rubens, Diane et ses nymphes à la chasse.
D'après N. Poussin, un Paysage où l'on voit Pyrame et Thisbé.
D'après Soliméne , Zeuxis peignant Hélène pour les Agrigentins.
On cite de lui une caricature au sujet du penchant qu'avait pour la boisson le fameux Haëndel , dont Goupy était l'ennemi.
GOYA (Frangisgo-José
Gomme Velasquez, Goya est un ai'tiste espagnol par excellence. Il n'a pas seulement , comme le favori de Philippe III , peint les princes et la cour, mais il a aussi pris ses modèles sur le peuple et représenté la nation entière dans ses plaisirs, ses misères, ses douleurs , ses mœurs enfin. C'était un observateur, et sous le fantastique voulu de ses créations, il aiguisait les épigrammes les plus acérées , les satires les plus sanglantes, et cela sans épargner personne, contre les faiblesses et les vices de son temps.
« J'ai eu trois maîtres, disait souvent Goya , la na- » ture, Velasquez et Rembrandt , » et ses œuvres ne démentent pas son dire, car cet artiste a toujours puisé dans la nature ses conceptions si originales , et parfois si violentes ; par ses effets heurtés de clair et d'ombre, il offre une certaine parenté avec Rembrandt ; enfin la magnifique série d'eaux-fortes qu'il a gravées d'après les principales œuvres de Velasquez, est là pour témoigner de l'admiration qu'il professait pour celui qui a été son vrai maître.
Nul n'était plus apte d'ailleurs à comprendre Velasquez et à le graver. C'est à l'âge de trente-deux ans ,