III. DIVERSES
1. Voltaire , frontispice allégorique dessiné par Desrais , d'après de Gaigne (Descends du haut des Cieux. ..); in-8.
8. Le Philosophe de la Nature (Delille de Salles) , portraitfrontispice orné, d'après Borel; iu-8.
y. Ri:cui:iL d'Estampes représentant les grades, les rangs et les dignités suivant le costume de toutes les nations existantes, Paris, Duflos, 1780, 2 vol. in-fol.
Le Blanc fixe le nombre des planches à 264. Elles sont coloriées. Une de ces planches représente Marie- Antoinette , en pied, en toilette de cour, d'après Touzé. — Cette enluminure a été payée 265 fr. à la vente Béhague.
10. Vignettes pour une édition espagnole de Don Quichotte, l'79'7 , signées Duflos et femme Duflos.
Portraits de Clément Marot, Corneille, Boileau , Perrault , Fontenelle, etc.
DUGOURE (Jean-Démosthène
Dugoure (ou Dugourc) ayant écrit une sorte dautobiographie, qui a été publiée dans les Nouvelles Archives de Vart français , nous y puisons quelques renseignements précis sur ce graveur-décorateur. 11 naquit à Versailles en 1749 ; son père était contrôleur de la maison du duc d'Orléans. L'intelligence et la facilité du jeune Dugoure étaient telles (c'est lui qui le dit) , qu'à huit ans il dessinait correctement des académies , à dix ans il savait la géométrie, l'architecture et la perspective , et à douze ans , il commençait sa rhétorique au collège de Juilly. Cette précocité le fit donner pour compagnon d'études au duc de Chartres, depuis Phihppe-Egalité , et il eut ainsi les mêmes maîtres que lui : l'abbé Nollet , Daubenton , Fonce- Diagne et Tabbé Barthélémy.
A quinze ans il était choisi par le comte de Cany , ambassadeur à Rome , pour l'y accompagner en qualité de secrétaire. La mort de sa mère le força à revenir bientôt en France, et la fortune de son père ayant été perdue à la suite d'un procès, Dugoure, d'amateur qu'il était , devint artiste. La peinture , la sculpture et la gravure l'occupèrent dès lors tour à
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tour, et bien qu'il ait été un moment employé par l'inspecteur général de l'artillerie Gribeauval à des travaux techniques, il dut à son goût pour les beauxarts ses moyens d'existence. C'est alors qu'il donna ces dessins de costumes , ces compositions galantes telles que le Lever de la mariée^ etc., qui furent gravés par de plus habiles que lui à manier le burin , Trière, Lebeau, Ingouf et Elluin.
Il s'exerça pourtant aussi dans la gravure , débuta par une grande pièce d'après Netscher, la Prière à Vénus, en 1782 , et le premier, afflrme-t-il , donna l'exemple d'employer les genres arabesque et étrusque dans l'architecture , les tentures et les meubles. Dugoure grava eu effet sous le nom d'Arabesques, un cahier de six fines pièces à l'eau-forte où furent symbolisés le Feu, l'Eau , la Tet^re, Vénus et Mars.
Il s'est aussi servi d'un procédé inventé par Hoffman, qui permettait de graver très rapidement au moyen d'une encre mordante. Ce procédé, qui ne réussit pas et qui fut trouvé confus et sans propreté , ne manque, dit Renouvier, ni de force, ni de variété, et fait valoir les qualités soUdes de dessin de l'artiste. Ces essais, sortes de médaillons dans le genre antique , datent de 1783.
L'habileté et le goût très réels de Dugoure le servu-ent pour la décoration intérieure des appartements et généralement pour tout ce qu'on appelle à présent l'art appliqué à V industrie , et il assure lui-même que tout ce qui s'est fait de recherché et de précieux pendant les dix années qui ont précédé la Révolution , a été conduit par lui et soumis à son examen. Tout, c'est peut-être beaucoup , et Démosthèue Dugoure
montre ici une assurance un peu gasconne. Toutefois c'est lui , par exemple, qui fut chargé de surveiller les somptueuses installations du prodigue comte d'Artois à Paris, à Maisons et à Bagatelle. Il était aussi dessinateur et ordonnateur des parcs et châteaux du banquier de Laborde et du trésorier de la marine Saint-James.
De 1780 à la Révolution , il est encore dessinateur du cabinet de Monsieur, directeur des décorations et costumes de l'Opéra , dessinateur du garde-meuble , dessinateur de décorations d'opéra pour le roi de Suède, inspecteur général des manufactures de France, enfin fabricant de papiers peints et de cartes à jouer. La Révolution arrivée , il voulut donner une nouvelle impulsion à ces fabrications en les républicanisant et s'associa à cet effet avec Anisson-Dupéron , directeur de l'Imprimerie Royale. En même temps il renouvelait et dessinait les jeux de cartes et leur donnait un côté artistique qu'ils n'avaient pas eu jusqu'alors. Les rois étaient figurés par les génies de la guerre, de la paix, du commerce et des arts. Aux reines étaient substituées les libertés du culte, du mariage, de la presse, et aux valets, les égalités de rang , de droits , etc. . . le tout assez fièrement dessiné pour qu'on ait pu quelquefois attribuer l'invention des sujets à David. La gravure sur bois en était généralement exécutée par son associé Duplat.
Dugoui^e, dessinateur de la Poule au pot, gravée par David, est aussi l'auteur d'un grand nombre d'emblèmes républicains pour les en- têtes de lettres officielles. 11 a donné de petites compositions pour les Contes de La Fontaine (Paris, Didot, 1795), et a terminé sa carrière artistique par les illustrations des Incas et A'Atala.