‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 2)Chapitre 83 sur 188 · PI · texte numérisé non relu

PI

Né à Nancy le 4 mai 1717, d'une bonne famille de commerçants de cette ville, François apprit à dessiner à rinsu de ses parents. Sans conseil et sans maître, il devina en quelque sorte les principes et les procédés de son art , et c'est peut-être aux recherches qu'il fut obligé de faire , qu'il doit la découverte de la gravure en manière de crayon. Très jeune encore il grava , pour vivre , des armes sur de la vaisselle , et dès l'âge de seize ans , il quitta sa ville natale pour exécuter à Dijon une commande importante de ce genre. 11 poussa ensuite jusqu'à Lyon dans lespoir de trouver quelque occasion de graver en taille -douce. 11 demeura sept ans dans cette ville, et c'est là qu'à force de patientes recherches , d'essais et de tâtonnements , il arriva à produire, avec son procédé, un livre de Principes de dessein faciles, pubhé par Pariset.

François a d'ailleurs raconté , dans une lettre à Savérien , les diverses phases par lesquelles passa son invention : « En 1740 , je formai le projet d'un livre à » dessiner et je compris que pour réussir, il falloit » trouver une façon de graver qui imitât le crayon. » J'en fis un essai dont on peut voir les estampes à la

» bibliothèque du Roi. Cet essai ne me satisfit point » assez pour que je le continuasse. Je méditai et je fis » de nouvelles expériences, et peu content de mes » succès j'attendis du temps et de mes réflexions de » plus grandes lumières. Ce ne fût qu'en 1753 que je » me hasardai à faire un nouvelle essai d'après les » desseins d'un professeur de Paris. J'en fis voir des » épreuves à plusieurs personnes , mais je ne les dis- » tribuai point au public. On m'engagea à perfection- » ner celte invention et encouragé par ces sollicita- » tions, je parvins en 1756 à imiter assez bien le crayon » de sorte qu'en 1757, j'eus six feuilles que je crus » pouvoir présenter à M*" le Marquis de Marigny. J'en » donuai aussi à l'Académie Royale de peinture. 11 » fut instruit de l'accueil qu'elle avait fait à mon tra- » vail et attentif comme il est à favoriser les décou- » vertes utiles et à récompenser ceux qui les font , il » obtint du Roi une pension (de 600 livres) dont il me » fit délivrer le brevet. Ce généreux protecteur des » arts ne se borna pas là. En 1758 il me donna le titre » de graveur des desseins du cabinet du Roi. Cette » nouvelle faveur me fut accordée à l'occasion du » rapport que l'Académie Royale de peinture avait » fait de ma découverte :

« Extrait des registres de l'Académie Royale de » peinture et sculpture, du samedi 26 novembre 1757. » Le sieur François graveur en taille- douce a fait » présenter des estampes qu'il a gravées dans une » manière non usitée jusqu'à présent qui imite le » maniem,ent large du crayon. L Académie a fort » approuvé ce genre de gravure comme très propre » à perpétuer les desseins des bons maîtres et à

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