LE CHRIST PORTANT SA CROIX, in-8, pour 17m«7o</on
de Jésus-Christ , dans les Œuvres de Corneille publiées par Renouard , ISIT.
Tirage régulier à Veau-forte et avant la lettre.
Le Christ, debout, pliant sous le fardeau de la croix, est suivi de la Vierge, de saint Jérôme, de sainte Thérèse, de saint François. Composition d'un effet puissant et dramatique.
'i'2. Phrosine et Mélidore, réduction in-8 de la planche in-4 gravée par Prud'hon , pour les Œuvres de Bernard , édition de Janet et Cotelle.
La question est douteuse de savoir si la grande pièce de Phrosine et Mélidore, -4 , gravée à Teau-forte par Prud'hon , a été terminée par lui-même ou par
in-j , gravée Rogei
PORTRAITS
33. MARIE-ANTOINETTE, en pied , d'après Roslin, 1828; grand in- fol.
La reine est représentée debout, légèrement tournée vers la gauche; elle porte une grande robe à panier, une haute coiffure avec toque, aigrette et plumes. Elle tient une rose à la main. Près d'elle est une table avec la couronue royale posée sur un coussin.
C'est le plus beau peut-être de tous les portraits gravés de Marie-.intoinette. Il ne fut terminé que longtemps après la Bévolution.
Avant la lettre, 300 fr. 1881.
ROMANET (Antoine-Louis).
Romanet , né à Paris en 1748 , était le cousin de la femme de Wille et ce fut naturellement dans l'atelier de ce graveur que de bonne heure il put cultiver ses dispositions naissantes. Il y connut Christian de Méchel , le suivit à Bâle et resta deux ans dans cette ville (1765-67) , où il grava le Chanteur en foire et le Marchand de village , in-4 , d'après des peintures de même grandeur de Seckaz , qui appartenaient à l'amateur bâlois Isaac Hagenbach. Il y grava encore un tableau de Rembrandt , connu sous le nom de VAmi de Rembrandt (1765) , qu'il dédia au négociant Frey, et collabora aux diverses entreprises en cours d'exécution chez Méchel. Ce sont des œuvres de jeunesse.
De retour à Paris, Romanet, dont le travail de burin s'était remarquablement assoupli, fut chargé de graver diverses vignettes pour Y Iliade, d'après Cocliin (1776), les Œuvres de J.-J. Rousseau, le Roman comique, les Œuvres de Racine, la Jérusalem délivt^ée, d'après Le Barbier ; pour le Voltaire de Kehl , Y Histoire de France , le Voltaire de Renouard ; Hèloïse et Abailatxl, d'après Moreau ; les Œuvres de Pope et {'Histoire noMrelle de la parole , de Court de
Gébelin , d'après Marillier ; la Pucelle , d'après Monsiau ; le Racine de Didot.
Quelques bonnes estampes : La Grande Toilette , d'après Moreau ; Jeune femme au bain, d'après Carie Van Loo (1784) ; la Cuisinière surveillante, d'après Schenau ; le Repas convoité, le Ménage en désordre, l'Aimable Blanchisseuse , la Gentille Repasseuse , 4 p. d'après Schenau , par Romanet et Littret ; les Joueurs , d'après Wille fils ; et des planches pour le Cabinet Choiseul , la Galerie de Lebrun et la Galerie du Palais-Royal , entre autres le gracieux tableau de Raphaël connu sous le nom de la Vierge d'Orléans.
Peu d'années après son retour de Baie, Romanet se maria. Il était logé dans le haut de la rue St-Jacques , chez un nommé Mancel , aubergiste , qui avait une fille. Il n'alla pas chercher ailleurs celle qui devait être sa femme; les jeunes gens se convinrent et se marièrent le 26 juin 1770, à l'église St-Benoît. Naturellement Wille fut le témoin du marié , avec le graveur Gaillard.
Gais mariages que ces unions d'artistes ! surtout si la mariée est jolie, et la femme de Romanet l'était, paraît-il. On est léger d'argent , mais riche d'amour et d'espérances. On déjeune chez le beau-père au retour de l'éghse , la cérémonie ayant lieu de bon matin , à huit heures. Puis on part pour Belleville , alors simple village planté sur sa collhie , entouré de prairies, avec la capitale à ses pieds, et qui n'avait encore qu'un renom de bonnes parties sous les tonnelles , de bals de noces et de festins. Un repas de trente couverts y est préparé ; et quels convives ! m. 27
Toute la famille Wille , y compris le fils aîné , Pierre Alexandre, M'"*' Chevillet, sœur de M™'' Wille , les anciens camarades d'atelier et le second témoin Robert Gaillard , l'avocat au parlement Jean Rotrou , témoin de la mariée, toute la famille Mancel. Et nous croyons volontiers que Wille , avec sa bonne face rougeaude , a dû chanter au dessert sa petite chanson grivoise. « Il faisait le plus beau temps du monde », ne manquet-il pas de nous apprendre.
Quelques jours après , « le cousin Romanet et sa » chère femme » vinrent , selon l'usage des nouveaux mariés , lui rendre visite et inviter la famille à un retour de noce pour le 8 juillet. Mais la réunion est moins gaie, le temps mauvais et le repas aussi. Nous retrouvons encore la trace de ce petit contre-temps dans lé Journal du graveur : « Nous avons été avec » tous ceux qui ont été à la noce du cousin Romanet, » mon ancien élève , faire le lendemain dans un en- » droit sur la route d'Orléans , près de la barrière ; » endroit que je me suis marqué avec de la craye » blanche , mais pour n'y retourner jamais. Oh ! les » vilaines gens que les gens de cet endroit bien peu » estimable ! Il faisoit, en outre, mauvais temps comme » il a fait depuis le commencement de l'année. On au- » rait volontiers allumé du feu. »
Romanet ne semble pas avoir gardé de relations par la suite avec son ancien maître , car celui-ci ne fait plus mention de lui.
Notre artiste, quoique fort bien payé, était souvent, comme beaucoup de ses confrères, à court d'argent. Le 22 mai 1781, par exemple, il écrit à Le Brun :
« Je conte que dans la semaine prochaine je pour-
» rai vous faire voir des épreuves très avancées. » J'aurai pu vous montrer les premières , mais ordi- » nairement je ne le fais que lorsque j'ai absolument » besoin d'argent , attendu qu'il est désagréable de » voir des épreuves qui n'ont point d'accord... Mais » mes fonds sont trop courts pour arriver jusque-là , » vous m'obligerez donc , Monsieur, en me faisant » tenir quelque chose par le porteur de ce qu'il vous » plaira , ne fut-ce qu'un louis , pour que je puisse ar- » river aux épreuves .... »
Et une autre fois : « Monsieur, voulant m'éviter » la perte d'une après-midi , je prend la liberté de » vous envoyer mon épouse , s'il vous était possible » de lui remettre cinq louis , vous m'obligeriez beau- » coup. »
Nous relevons dans l'œuvre de Romanet quelques portraits assez bons :
CJimies-TIiéodore , électeur de Bavière , d'après Pompeo Battoni , à Paris, chez Wille. — Michaël Oginski, général des armées de Lithuanie , d'après Marillier. in-4, dans un encadrement. — Louis-François de Bourbon-Conti, d'après Le Tellier. — Lowendal , in-8. — Christophe de Beamnont , d'après Duhamel. — Etienne-Bernard de Clugny, in-4. — Guillaume Pe7^rier, secrétaire des commandements du duc de Penthièvre , dessiné et gravé par Romanet en 1780, in-8. — Winsloio. — Julie de Villeneuve- Vence de Saint-Vincent, d'après Barthélémy, in-4. — Antoine Court de Gébelin, d'après M'"^' Linot (1776). in-4. — Jean Chninoux , d'après lui-même , in-fol. — Elisabeth de France, sœur de Louis XVI. — Garrick, d'après Reynolds. — H. S. Royllet Préville, en Scapin,
412 LES GRAVEURS DU XVIIl'^ SIÈCLE
in-fol. dans un entourage, dessiné et gravé par Romanet. Au bas , ces vers :
Préville avec utilité Dit plaisamment la vérité Chacun profite à son école Tout en est beau, tout en est bon.
Et sa plus burlesque parole Est souvent un docte sermon.
A Paris, chez l'auteur, place du Pont St-Michel , vis à vis le quai des Augusiins, maison de M""^ Petit- Jean, M'^' chapelier e. Restout del., Dupuis se, confecit Romanet, etc. . .
1. LA GRANDE TOILETTE, d'après Moreau [Monument du Costume ).
•2. LE LEVER, — LE BAIN, 2 p. d'après Freudeberg. (Id.)