‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 3)Chapitre 133 sur 193 · C. de Bon : paysages · texte numérisé non relu

C. de Bon : paysages

Le chevalier de Bompare : ane pièce datée de Rouen , 1732.

Le marquis de Bonnac.

J.-A.-S. Bouchier, né en Provence : plusieurs petites têtes d'après Rubens, etc., 1786 (Basan).

Louis de Bourdeille , né en 1738; vue de Tivoli d'après Vien

des œuvres de grande valeur artistique, mais on ne peut leur refuser un certain intérêt, dû à l'intimité même de l'existence du graveur-amateur dans laquelle elles nous font entrer.

paysages , têtes , etc. — Basan cite aussi Ange de Bourdeille , né en n41.

Le duc de Bourgogne, père de Louis XV(?).

J.-L. comte de Breteuil : gravait de 1730 à 1750, d'après Rembrandt, Berghem , etc.

Madame Brossard de Beaulieu , née à La Rochelle, élève de Greuze ; gravait à l'aquatinta.

Buisson, 1764 : portrait de Boyelleau , etc. Le portrait de Buisson a été gravé par Denon , 1764.

Le marquis de Caumont , d'Avignon : il signait C. D. C S.

Chantelou.

Le duc de Charost.

Victoire Châtelain.

Le duc de Chartres, depuis Philippe-Égalité, né en 1747 ; a grave en 1761 une Paysaime de Sl-Cloud et un Manœuvre de St-Cloud, 2 petites pièces d'après Carmontelle.

Le duc de Chaulnes.

Jean-Alexandre Chevalier, ingénieur, vers 1770, Portrait de Robert Picaull ; paysages.

Le duc de Chevreuse (1717-1767) : buste de femme d'après Boucher, 1753; paysages, etc.

Le comte de Clermont.

Le marquis G. -A. de Coigny : Vues du château de Vincennes .

Mademoiselle de Soubise , princesse de Condé : Enfant jouant avec un chien , d'après Soldini , 1754.

Le Chevalier de Croismares : il signait L. P. D. C.

Jeanne et Ursule de la Croix : pierres antiques.

Le chevalier de Curel , dit Zapouraph , graveur sur bois.

R.-B. de Dalberg (1759).

Damontot.

Desfriches, d'Orléans : paysages.

Dhément de Saint-Félix ; animaux gravés au lavis, 1782.

Dorvilliers, financier : une Femme lisant et une Femme dessinant, jolies pièces d'après de Favanne, avec des vers.

Mademoiselle Doublet : silhouettes.

Les portraits indiquent presque toujours les relations amicales, l':^s préférences sympathiques de ceux qui les retracent , et Watelet avait une certaine facilité dans le rendu de ces profils en médaillons que

Madame Du Hallay (vers 1743).

Madame Du Pile.

Dupia de Chenoaceaux : a gravé à l'eau-forte, en 1*739, trois vues de son château.

Mademoiselle d'Étours.

Le comte d'Eu, 1717.

Le Hardy de Famars, 1770 : la Vraie Galté, d'après Watteau.

G.-W. de Fontanieu , maître des requêtes : culs-de-lampe , vases , animaux , etc.

Le chevalier de Forbin, né en 1720 : graveur à l'eau-forte.

Foulquier, conseiller au Parlement d'Aix , né en 1731 : recueil de modes d'après Loutherbourg , caricatures, etc.

Gabriel : statuettes d'après Gravelot.

Le baron de Gaillard de Longjumeau, d'Aix : plusieurs planches d'antiquités d'Aix. Balechou a gravé son portrait.

Glomy, diverses pièces (Cat. Paignon-Dijonval).

Madame de Garville, 1761.

Mademoiselle Gillsenans.

Grasset de Saint-Sauveur, consul au Caire : costumes.

Gravelle, conseiller nu Parlement : pierres gravées antiques, nymphes d'après Boucher, etc.

Lady Greville : grands paysages, 1759-60.

A. Théry, chevalier de Gricourt : une Fuite en Egypte, la Pyramide de Cysoing , l'Abbé de Gricourt , Armes de Théry de Gricourt , etc.

Mademoiselle de Guignes.

Le marquis d'Harcourt.

Anne Hardancourt-Brillon : croquis , 1768 ; l'un d'eux est dédié à Maman.

James Hazard, 1748-1787.

P. -M. Hennin, 1728-1807. Paysages. Le Blanc indique un autre amateur, du nom de N. Hénin.

Hofimann , bailli de Benfeld en Alsace , - auteur d'un procédé de ■' gravure très-ingénieux en ce qu'il rend par attraction tous les objets ■' qui lui sont présentés, soit dessins soit écritures ou piction propre à > chaque main. >

dessinait si habilement le chevalier Cochin. C'est même ce que Watelet a fait de relativement meilleur. Nous venons devoir qu'il grava l'aimable figure du marquis de Marigny, qui n'était alors que M. de Vandières ;

Hourcastrémé, avocat. Fig. pour les Aventures de messire Anselme. n92.

Simon Hurtrelle, notaire à Paris : son portrait par lui-même , in-12. et celui de son père.

De La Hante, 1782.

De Lalaune.

Le comte de Langeac.

L'abbé de Langlade, grand-vicaire d'Alby : petit cahier de paysages dédié au comte de Vence, 1748.

De La Serrie , né en 1770 , graveur au pointillé , 1797 : il y a de lui un portrait avec ornements par son ami Quéverdo.

La Tour d'Aiguës.

Le chevalier de La Vieuville : œuvre dédié à la comtesse de P***, 1778, paysages, pièces dans le genre de Callot.

Auguste Lecomte, 1758.

Le chevalier de Limeux , élève de l'École-Militaire, 1773: croquis dans le genre de Rembrandt.

Louis XVI (?) : un petit cartouche avec branche de lys, un coq, etc. , pour servir à la carte de la forêt de Fontainebleau. ( Cabinet des Estampes.)

Louison (?) : croquis, genre de Saint-Aubin.

La comtesse de Lubersac : oiseaux , d'après MeU^ Basseporte.

Lusigny : plusieurs paysages, 1760.

La duchesse de Luynes, 1769.

De Mahé, 1716.

J. de Mahieu : paysages.

De Mareuil.

Le comte de Marsan (Cat. Paignon-Dijonval) .

Mauroy, 1768.

Le comte de Meleun , 1715 : divers petits sujets d'après Berghem , Callot , etc.

Messager, 1761.

De Mongeroux : paysages d'après Casanova.

De Montenault , d'Aix , metteur en œuvre de la grande édition des Fables de La Fontaine avec figures d'Oudry : deux réductions de la

voici l'ami Pierre aux traits réguliers , le Comte de Vence , à l'air fin , fameux amateur de tableaux , (1754) ; le Duc de La Vallière, célèbre bibliophile , aux traits empâtés ; D'Alembert, à la physionomie spiri-

Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf et le Savetier et le Financier, etc.

Le marquis de Montmirail : paysages, 1*733.

De Montullé, secrétaire des commandements de la reine, 1739, honoraire de l'Académie, mort en 1787 : pièces à l'eau-forte.

L'abbé de Montville, conseiller au Parlement de Bordeaux.

Mademoiselle Moyreau , 1761.

De Niert , gouverneur du Louvre : Fête en Vhonneur de Bacchus, le Renard et les Raisins, le Meunier son Fils et l'Ane, jolies pièces.

Le chevalier de Pommard : paysages et fleurs d'après Oudry, 1764; la Marchande de châtaignes, petite eau-forte d'après Fragonard.

J -B. Préaudeau de Chemilly : Mort de Du Guesclin, 1765.

Le baron de la Grave de Pujol de Mortry : deux pièces de soldats et femmes, d'après L. Watteau , dédiées à M™^ Pujol de Mortry, à la sanguine, chez Martinet rue du Plâtre la F* porte cochère entrant par la rue St-Jacques à droite.

G. Roussel , fils d'un fermier-général : paysages d'après St-Quentin , etc.; carte pour la revue des gardes-suisses, avec médaillon de Louis XV.

P. de Saint-Maurice, officier aux gardes-françaises : gravait au burin, ce qui est rare chez les amateurs.

Saint-Moris, conseiller au Parlement : gravait au lavis des tableaux de sa collection.

Thiéry de Sainte-Colombe, 1762.

La princesse de Condé de Rohan-Soubise.

Tavernier, né en 1742 : eaux-fortes d'après Robert et Fragonard.

Teissier, 1766.

A. -T. Thévenard : têtes dans le goût de Le Belle, 1776.

Le baron de Thiers : œuvre assez important , composé de petits sujets d'après Boucher.

Le comte de Tressan : quelques paysages.

Le chevalier de Valory : œuvre assez important, suite de petits Paysages k V eau {orte, 12 p. ; divers petits sujets d'après Boucher; étude de femme, d'après Watteau, etc.

Le chevalier de Villeneuve.

De Villers (Cat. Paignon-Dijonval) .

tuelle; puis Fancien précepteur de Watelet, l'indulgent Abhè Coppetle , et l'intendant de Limoges Turgot , et le Chevalier de Breteuil , et le Marquis de Voyer d'Argenson , un autre ami , grand collectionneur de tableaux , et Lady Hervey ; voici encore Watelet par lui-même, qui devait être ressemblant, enfin Marguerite Le Comte , gravé avec tout le soin que l'amour pouvait inspirer, moins joli, toutefois, que ce portrait qui a été gravé par Louis Lempereur sur un gracieux profil dessiné un jour d'inspiration par le sensible académicien.

Académicien, il ne l'était pas encore, ou du moins il était de l'Académie de peinture et non de l'Académie française , mais à force d'aligner des vers il avait produit un poëme , VArt de peindre (1760) , où , se piquant de quelque compétence, il a cherché à définir les arts dans la langue des dieux et à poser les règles de la beauté, ce qui est une bien difficile besogne.

Ce poëme , qu'il avait orné, grâce à l'imagination de Pierre et à sa propre pointe , de fines vignettes , lui valut son fauteuil à l'Académie. Il l'obtint, en concurrence avec La Gondamine , mais ne trouva pas grâce devant tout le monde. Diderot, notamment, se montra indulgent pour le graveur, mais dur pour le poète :

« Si le poëme m'appai'tenait, a-t-il écrit, je couperais » toutes les vignettes, je les mettrais sous des glaces » et je jetterais le reste au feu. » Et Diderot n'avait pas précisément tort ; il aurait même pu très bien se dispenser de faire l'éloge des vignettes.

S'il avait des amis, d'ailleurs, et en grand nombre ,

le nouvel académicien ne manquait pas de censeurs . Collé inscrivait justement ceci, à cette époque, dans son Journal :

« M. Watelet, receveur général des finances, est » un amateur des arts, mais qui, dans aucun n'a » montré ni un génie ni même un talent décidé. Il » sait peindre, il sait graver, il a fait des vers, mais » tout cela dans un degré si médiocre que le moindre » des artistes est infiniment au-dessus de lui. Les » vers de sa façon sur lesquels seuls je pourrois » peut-être risquer mon jugement , n'ayant nulle » notion des autres objets, sont des vers d'un homme » d'esprit qui n'est point poète et qui compose avec » une difficulté horrible, malgré Minerve. L'on ne » trouve dans son poëme de la peinture, ni chaleur, » ni idées vives et neuves , point d'images, en un mot » nulle poésie. C'est au reste un très galant homme, » très aimable, d'une douceur de mœurs singulière , » adoré de tous ceux qui le connoissent et qui vivent » avec lui, et estimé de ceux qui n'ont pas ce bon- » heur, mais ce ne sont pas là des titres pour être de » l'Académie. »

Mais voilà le poète-graveur académicien, en dépit des justes réflexions de Collé ; son importance dans le monde des lettres et des arts en augmenta ; ce qui le prouve bien, c'est le bruit que l'on mena autour du voyage d'agrément en Italie qu'il fit faire en 1763-64 à Marguerite Le Comte. Watelet avait emmené son ancien précepteur , l'abbé Coppette ; Savalette de Buchelay et le jeune paysagiste-graveur Weirotter étaient aussi du voyage. Partout ils furent accueillis avec distinction : à Turin , par le roi de Sardaigne , à

Rome par le pape ; l'ambassadeur de France se mit à leur disposition ainsi que Natoire, directeur de l'Académie, et les jeunes élèves, enthousiasmés, voulurent perpétuer le souvenir de ce séjour par un livre où chacun d'eux donna quelque chose de son talent, Nella Venuia, etc. Nous eu avons déjà parlé plusieurs fois.

Mais il n'y a pas de beau tableau sans ombre. Un chagrin devait attrister cet artistique voyage. Peu après son arrivée à Rome, Savalette de Buchelay tombait gravement malade et empêchait le départ pour Naples de ses compagnons de voyage , qui demeurèrent pour le soigner.

Watelet écrivait alors, à Paris, à quelque régisseur (ou à M. Le Comte, peut-être) :

« Ce mardi, 6 janvier 1764. — Voici un paquet très » intéressant. Il contient, comme vous le verres une >' lettre pour M. Hébert, qui étoit jadis trésorier des » menus, qui vient d'épouser M*"^ Guai, et qui est » aussi intime de M. deBuchelai et de M. de Magnon- » ville. Il s'agit d'annoncer à ce dernier que M. de » Buchelai a la petite vérole... Vous irés donc avec » le plus de diligence possible, aussitôt que vous » recevrés ce paquet, trouver M. Hébert, vous lui » parlerés à lui seul , de manière que sa femme ne » puisse pas sçavoir ce qui vous amène. Si , par » hasard , il n'étoit pas chez lui , faites en sorte » de le trouver où il sera et le plus tôt possible, » parce qu'il est important que Magnonville soit pré- » venu avant qu'il entende parler de cela. Si, par » hasard encore , M. Hébert était absent , vous irés » remettre le tout à Boutin à qui j'écris aussi , et

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» enfin , si l'un et l'autre n'étaient pas à Paris, vous »• remettriés les lettres et fériés part de celle-ci, à » M. de Billy, pour qu'il se charge du soin de préve- » nir Magnonville. Ce contretemps nous dérange » beaucoup. Nous partions pour Naples , dimanche » passé , et c'est le jeudi et le vendredi d'avant , » qu'heureusement la maladie a commencé à se » faire sentir. Nous sommes encore bien heureux » qu'elle n'ait pas tardé assés pour se déclarer » pendant la route ; enfin tout jusqu'à présent va » très bien , peut-être en sera-t-il quitte à meilleur » marché qu'à Paris. La saison est douce et favo- » rable. La nature fait tout ce qu'elle doit faire. » On traite le malade avec sagesse. Il ne manque de » rien. Il a des domestiques très attentifs, un bon » médecin. Je surveille à tout et ne le quitte pas de » vue. Voilà l'état où il est et le motif des espérances. s> Le reste est dans les mains de la Providence —

•» J'ai reçu par le courier de Parme votre lettre du » 25 décembre, et ma réponse aux articles dont vous » me parlés sur l'objet des travaux du moulin vous » est déjà parvenue et est conforme à ce que vous » pensés. Faites en sorte seulement que le corps du » logis et nos apparlemens soient absolument termi- » nés ; le reste se fera dans un autre moment ; mais » je souhaite bien pouvoir y arriver et y rester le » plus que je pourrai pour être à l'abri des discours » et entendre moins de bavardages inutiles sur les » affaires pubhques sur lesquelles je me doute bien, » comme vous le mandés, qu'on est dans des inquié- » tudes fort vives... Nous nous portons au reste à » merveille. M"*® Le Comte est toujours comblée de poli-

» tesses, de prévenances et d'attentions sur tout et en » toute occasion. Elle auroit été logée sur la route de » Naples dans tous les palais qui sont sur ce chemin et » reçue dans cette ville par ce qu'il y a de plus grand. Il » y a ici un cardinal Albane qui l'a prise dans la plus » singulière amitié ainsi que la princesse Borghèse, et * en général nous sommes de plus en plus comblés de » distractions et de tous les agréraens possibles. On » m'a associé à l'Académie de peinture de l'école de » St-Luc et à celle de Florence d'où on m'a envoyé » les lettres depuis que je suis ici. Je sçaique l'on a la » même intention dans les plus célèbres académies de » l'Italie, mais tout cela n'empêche pas qu'en ce moment » je ne sois inquiet et fâché de l'espèce de contretems » qui nous arrête. Vous sçaurés parle premier cour- » rier la suite de la maladie. En attendant soyés bien » persuadés de tous mes sentimens et d'un attache- » ment sincère. »

Savalette de Buchelay mourut. Watelet lui fit élever dans l'église de la Trinita del Monte un monument dont Hubert Robert fit une jolie eau-forte. La fin du voyage fut attristée par cet événement. Watelet comme Marguerite Le Comte avaient hâte de revenir dans leur nid capitonné des bords de la Seine. Watelet n'avaitil pas promis, d'ailleurs , à Voltaire le frontispice des Œuvres de Corneille (1764) éditées au profit de la petite-nièce du grand homme ? N'avait-il pas les séances de l'Académie , les entretiens de ses amis Condillac , Turgot, Thomas, d'Alembert, le duc de Nivernais, Condorcet , Saint-Non , Saint-Lambert, pour lequel il gravait une vignette des Saisons, Vicq d'Azyr, qui plus tard a écrit son lOge, Delille enfin ? Celui-ci a célébré

en vers les beautés du parc du Moulin-Joli , ce simple asile où

Pure comme tes mœurs, libre comme tes jours En canaux ombragés la Seine se partage Et visite en secret ta retraite d'un sage.

M'^e Vigée-Lebrun s'est également enthousiasmée pour la Maison de Marguerite Le Comte, meunière du Moulin-Joli , si bien gravée par Watelet , qui a donné pour légende à ce paysage ces vers d'Horace :

Cur valle permulem Sabina Divitias operosiores ?

Dans ses Mémoires , elle s'écrie que c'est un de ces beaux lieux que l'on n'oublie jamais et , en décrivant ces ombrages , ces eaux , ces ponts garnis de fleurs , ces points de vue charmants et auxquels elle n'avait rien vu de comparable, elle ajoute :

« Cet élysée appartenait à un homme de ma con- » naissance , M. Watelet , grand amateur des arts , » homme distingué, d'un caractère doux et liant, qui » s'était fait beaucoup d'amis. Dans son île enchantée » je le trouvais en harmonie avec tout ce qui l'entou- » rait; il y recevait avec grâce et simplicité une so- » ciété peu nombreuse mais parfaitement bien choisie. » Une amie à laquelle il était attaché depuis trente » ans était établie chez lui. Le temps avait sanctifié , » pour ainsi dire, leur liaison, au point qu'on les rece- » vait ensemble dans la meilleure compagnie , ainsi » que le mari de la dame qui , chose assez bizarre , ne » la quittait jamais. »

Marmontel, un ami de notre graveur, a dit aussi que

c'était l'un des hommes qui avait su le mieux arranger sa vie pour être heureux. En efifet , tantôt écrivant, tantôt gravant , Watelet passait sa vie tranquille. Ses travaux de gravure à cette époque sont nombreux. Il illustrait les Idylles de Gessner et le Choix de poésies allemandes de son ami Huber, il réduisait pour une édition in-12 (1769) ses grands fleurons de l'Art de pemrfre, il gravait , nous l'avons vu, les profils de ses amis crayonnés par Gochin , les figures de son roman de Sylvie , il copiait des dessins de Greuze (Retour de nourrice, etc.) et de Boucher {le Marchand de gimhlettes , Soldat chinois. Jardinière chinoise), mais surtout il travaillait à ces imitations des eaux-fortes de Rembrandt , dont il avait essayé de retrouver le procédé en mélangeant la pointe sèche et l'eau-forte à une sorte de manière noire , et qu'il avait réunies sous le titre de Rynibranesques, ou essais de gravure par C. H. Watelet de r Académie française (Paris, Prault, 1785), in-fol. Quelques-unes de ces planches sont assez curieuses et réussies, entre autres le Cabaret des singes, d'après Téniers, mais la plupart , particulièrement son portrait , d'après un dessin de Greuze, gravé en imitation du Bourgmestre Six, sont bien lourdes et bien cotonneuses.

Au milieu de tous ces travaux. Watelet avait encore entrepris un Dictionnaire des Ai^ts de î:)einture, sculpture et gravure, qui n'était arrivé qu'à la lettre D quand il mourut. Lévesque, qui l'a continué et fait paraître en 1792 , raconte qu'il s'en occupa la dernière matinée de sa vie et écrivit d'une main mourante quelques phrases peu claires qui paraissent la suite d'un article. On s'accorde à reconnaître que ses juge-

ments sont ceux d'un homme de goût et d'esprit , aimant les arts et sachant les cultiver et les apprécier.

Cette existence d'homme heureux devait être assombrie par la ruine de sa fortune. Un comptable infidèle s'enfuit emportant une somme importante des deniers dont Watelet devait compte à l'Etat. Sans avoir égard à ce triste événement, l'abbé Terray exigea immédiatement les sommes dues, ce qui modifia gravement la situation de Watelet. Peu de temps après, le 12 janvier 1786, s'éteignait le graveur-amateur, laissant ce qui lui restait de fortune à sa vieille maîtresse.

Gochin et Greuze nous ont conservé ses traits , plus agréables que ne voulait bien le dire Diderot qui le traitait à'embu.

Son œuvre gravé dépasse 300 pièces. Comme quantité, c'est fort honorable sans doute, mais comme qualité cela laisse à désirer et l'on comprend qu'il puisse entrer quelquefois un sentiment de jalousie dans l'âme des artistes de profession, quand ils voient un Watelet arriver à tout avec des griffonnis qui justifient assez bien le mépris qu'ils professent pour la « gravure d'amateur ».

Nous nous bornerons à donner la liste des portraits gravés par Watelet :

1 . Watelet , en robe de chambre , debout à la fenêtre , imitation du

Bourguemestre Six , de Rembrandt.

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