Vue du pont de Neuilly près Paris, — Vue du châ
teau DE Madrid et du pavilloiN de Bagatelle, — Vue du château de VinCENNES, 3 p. in-fol. en largeur, d'après Moreau l'aîné ; les deux premières dédiées par Moreau le jeune à Papillon de la Fer té , la troisième au baron de Breteuil. — Moreau direx.; se vendaient chez lui.
4. Deux vues des Jardins de Monceaux , d'après Moreau l'aîné.
5. Quatre études, copies retournées de vignettes des Chansons de
La Borde, au dos desquelles était écrit à la main : > Commencé à terminer le 12 mars et fini le P^ avril 1779. ... , etc. Non signées, mais très probablement de MeU^ Saugrain.
SAVART (Pierre
On sait bien peu de chose sur la vie de cet artiste qui partage la célébrité de Ficquet dont il fut l'émule, ou plutôt l'heureux imitateur, et l'on ne saurait même rien si M. Faucheux n'avait découvert , grâce à ses recherches personnelles , que Pierre Savart est né en 1737 à Saint-Pierre de Thimer (Eure-et-Loir), qu'il vint à Paris en 1754 . et que. en 1757, âgé de vingt ans , il épousa une femme de ti'ente-quatre ans qui avait rue Saint-Jacques un petit commerce d'estampes. On le retrouve, en 1764, marchand d'estampes rue de Cluny, ayant changé trois fois de logement en sept ans.
Dans l'intervalle, il avait appris à graver ; le premier portrait connu de lui est un /.-/. Rousseau , signé Savart, sculp. 1765, et dont il n'existe peut-être qu'une seule épreuve. C'est un portrait sans finesse , dit M. Faucheux, les ombres sont dures, il n'y a pas de relief, le dessin est médiocre, mais le burin est ferme.
Savart prend immédiatement modèle sur Ficquet , en copiant deux portraits de ce dernier , Leïbnitz et La Fontaine : les copies sont médiocres l'une et l'autre. En 1769, il va demeurer Barrière de Fontarabie , et c'est là qu'il publie ses meilleurs portraits : Boileau
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qui est son chef-d'œuvre comme fermeté , Bossuet et Coïbert très curieux pour le précieux du travail, Louis XIV et Racine, remarquables comme douceur, et dans la figure desquels il arrive à une finesse de tailles si prodigieuse , qu'au premier abord on croit avoir affaire à un procédé de manière noire et qu'on est obligé d'appeler la loupe à son secours pour reconnaître les traits du burin. A la même époque , du reste, Savart, essayant une nouvelle manière, gravait les figures des portraits de Fènèlon et de Nicolas de Livry suivant une méthode de pointillé des plus fins et qui rappelle le mezzo-tinto. On a justement fait remarquer, à ce propos . que Savart devait avoir vu les portraits de Grateloup et qu'il avait probablement cherché à imiter son procédé.
En 1774, Savart a une nouvelle adresse : rue et près le petit St- Antoine, au coin de la rue Percée. C'est là qu'il met en vente les beaux portraits de Bayle, de Richelieu, de Buffon, qui comptent parmi ses meilleurs, les très petites effigies de Louis XF/etde Marie-Antoinette qui sont une des curiosités de l'œuvre , et les portraits de Ca^ma^etde Condê, déjà bien lourds. En 1778, enfin, nous trouvons le peu stable Savart installé dans un autre logement , Hôtel Chamouzet , quay Si-Bernard , où il publia ses derniers portraits : Madame Deshoulières , d'une très jolie exécution et que fait valoir un élégant encadrement, Rabelais, fort inférieur au précédent, bien que le Journal de Paris l'annonce, au prix de 3 hvres, comme gravé avec de la légèreté, du soin et de la finesse ; enfin un Montesquieu et un. D' Alembert de plus en plus noirs. A partir de ce moment (1780). on le perd complètement de vue.
En résumé , si , d'une manière générale , Savart est inférieur à Ficquet, comme franchise , comme clarté d'exécution et aussi comme fécondité . puisque son œuvre ne comprend qu'une trentaine de pièces, il n'en est pas moins vrai qu'il a quelquefois fait preuve d'une habileté extraordinaire dans le maniement délicat du burin , et que , sous ce rapport , il est arrivé à des résultats surprenants. Il faut dire aussi qu'il n'eut point, comme Ficquet , l'heureuse chance de pouvoir faire exécuter les ornements de ses portraits par Choffard ; et ceci est une considération d'importance , car dans ces petits portraits qui sont comme la bijouterie de la gravure, l'ornement joue un rôle capital. Quatre fois seulement , dans son beau temps , vers 1773 , Savart s'avisa de demander des motifs d'encadrements à un dessinateur en vogue, et s'adressa à Moreau, qui composa les entourages des portraits de Colbert , Bayle. Richelieu et Buffon ; encore pour ce genre de travail, Moreau n'avait-il pas l'aptitude, disons le mot, le génie si particulier de Choffard. A part ces quatre portraits, Savart en fut malheureusement réduit à de pauvres ornements disposés d'une façon souvent assez balourde et qui étaient sans doute de l'invention de sa sœur. Mademoiselle Savart , la même qui a dessiné et gravé, sous les yeux de M. son frère , un petit profil de Louis XVI pour Esnauts et Rapilly.
Le catalogue de l'œuvre de Savart a été publié par M. Faucheux en 1864 ^
1 Catalogue raisonné de toutes les estampes qui forment les œuvres gravés d'Élienne Ficquet, Pierre Savart, J.-B. de Graleloup et J.-P. S. de Grateloup , par L.-E. Faucheux , membre de la Société d'Arche logie lorraine. Paris, V^e Jules Renouard , 1864 , un vol. in-8.
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PORTRAITS