Vincenti , chancelier de Venise : in-fol
CHÉVERY (Madame
C'est bien peu de chose , ce qui nous a été laissé par Madame Chévery ; deux petits sujets d'après Marillier, très-galants et très-galamment traités, il est vrai : les Désirs réciproques , avec leur conséquence bientôt inévitable : les Regrets inutiles; in-8 avec cadre.
En cherchant bien , on trouverait encore , sous la signature femme Chévery, quelques sujets d'après Monnet , in-8, applicables aux contes de La Fontaine : la Récompense inattendue , les Plaisirs nocturnes , la Vertu surprise , « chez l'auteur rue du Four Saint- Honoré vis-à-vis M. Armet notaire. »
Et c'est tout , ou peu s'en faut.
GHEVILLET (Juste).
Juste Chevillet est né à Francfort sur l'Oder en 1729 et reçut à Berlin de Schmidt les premières leçons de gravure. Recommandé àWille, déjà installé à Paris où il était devenu la providence des jeunes artistes allemands qui venaient s'y perfectionner, Chevillet descendit chez son compatriote et lui demanda ses leçons. C'est là qu'il connut une sœur cadette de M"11' Wille, Me"° Deforge, l'obtint en mariage et devint le beau-frère de son maître. Formé par deux grands bunnistes, un élève capable devait facilement devenir habile à tailler le cuivre. Chevillet fit honneur à ses maîtres, qu'il fut pourtant bien loin d'égaler. Il n'a point cette vigueur, ce brio d'exécution qui fait le mérite des grands portraits burinés par ces artistes célèbres , portraits remarquables malgré leur aspect métallique et où l'on sent la main d'artistes de race ; mais à défaut de ces qualités éclatantes , Chevillet arrive à une exécution soignée et agréable , nous dirions volontiers honnête. Tous ses portraits, aussi bien que ses autres sujets d'estampes, portent la marque de cette application d'un bon élève guidé par les conseils d'un maître habile.
388 LES GRAVEURS DU XVIIIe SIÈCLE.
Il faut avouer du reste qu'il n'eut qu'à se louer de l'heureuse influence que Wille eut sur sa carrière ; le plus grand nombre de ses travaux lui furent procurés par celui-ci. Tantôt ce sont deux tableaux de Terburg et Netscher que le chevalier Damery , grand amateur de beaux-arts, envoie à Wille pour être gravés et dont il transmet la commande à son beau-frère, se bornant à retoucher les planches avant le tirage. Un autre jour c'est un certain Medicus, médecin militaire àMannheim1, qui désire faire graver le portrait de l'électeur palatin Frédéric le Victorieux. Wille s'excuse , propose Chevillet à sa place et s'empresse de lui remettre le dessin à reproduire. Un peu plus tard, c'est Usteri, de Zurich, qu'une société a chargé de faire exécuter le portrait du graveur de médailles Hecllinger , et c'est encore Wille qui dicte les conditions de Chevillet , soit 800 livres , dont la moitié payée d'avance , et 25 épreuves (1764). Il lui fait aussi graver moyennant 15 louis un petit portrait du peintre Fuessli de Zurich. Enfin deux de ses meilleures estampes, le Bon exemple et Mademoiselle sa sœur, sont d'après les peintures d'Heilmann, peintre alsacien, ami intime de Wille, qui déplorant sa perte, s'écrie que ça été un jour de douleur pour lui, celui où il a appris sa mort et qu'il n'a jamais regretté un ami comme lui. C'est incontestablement grâce à Wille , et peut-être sur sa commande même , que ces deux estampes ont été exécutées.
Plus tard , lorsque Pierre-Alexandre Wille fils , élève de Greuze , est devenu un peintre, c'est encore
1 "Wille , à qui nous empruntons ce l'ait , u'a-t-il pas, à cette occasion, pris le Pirée pour uu homme et la profession pour le nom propre?