‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 4)Chapitre 137 sur 141 · CHEVILLET · texte numérisé non relu

CHEVILLET

Ghevillet qui grave ses tableaux de genre, les Amusements du jeune âge, la Tourterelle chérie, le Petit marchand d "oranges, etc.. C'est aussi d'après un dessin de son neveu qu'il a donné le portrait du garde des sceaux de Miromènil , dont la figure est assez bonne, mais où les mains et les accessoires sont faiblement traités.

Ghevillet a gravé quelques bonnes estampes : d'après Le Prince, V Amour du Travail et l Amour des Fleurs; d'après Schenau , le Miroir cassé , l'Image de la Beauté; d'après Legendre, la Sultane, d'après Baudouin , le Léger vêtement , et diverses planches d'après Terburg, Santerre et Baader.

Les fleurons qui ornent les titres des Œuvres de Racine, Paris, 1760, 3 vol. in-4, dessinés par De Sève, sont gravés par Chevillet.

Le portrait de Chardin, qui passe pour son meilleur ouvrage, est d'après le pastel bien connu dans lequel le peintre s'était représenté lui-même et le graveur a su faire passer sur le cuivre la physionomie animée et spirituelle de l'original. Chevillet a également gravi' Madame Chardin, d'après une peinture de son mari. Les portraits de J.-B. Descamps, auteur de la Vie des Peintres Flamands , d'après lui-même , à'Asgyll . officier anglais, de MUe d' Hannetaire dans les Sultanes, sont d'une facture intéressante.

Wille était , nous l'avons vu , dans les meilleurs termes avec son beau-frère. Ils demeurèrent longtemps dans la même maison, quai des Grands Augustins 29, que Chevillet quitta en 1765 pour aller s'établir rue des Maçons, maison de M. Levasseur. Il esl souvent fait mention dans le Journal du graveur de .M. et de

390 LES GRAVEURS DU XVIIIe SIÈCLE.

Mmc Chevillet comme prenant part aux parties de campagne aux environs de Paris. Un jour c'était à Saint-Maur : « Il faisait le plus beau temps du monde, » rappelle Wille. C'est pour cela que je cédai ma place » dans le carrosse à M. Chevillet, près des dames, car » il n'est pas grand marcheur. » Une autre fois c'est le chevalier de Trattner, imprimeur-libraire de la cour à Vienne qui leur donne à tous une fête à Madrid, dans le bois de Boulogne , et l'on s'en revient en remises, à la fraîcheur , par Saint-Cloud. Et puis Wille emmène son beau-frère à la Comédie Italienne et l'on dîne ensemble les jours de fête , mais toujours à ce qu'il semble à ses frais , car Chevillet n'est pas riche. Le jour des Rois de 1771 , Wille donne un festin où M. Daudet et Mme Chevillet chantèrent beaucoup, mais où Wille fils les surpassa par sa méthode et sa jolie voix. Le mardi gras de la même année , nombreuse réunion dans laquelle le farceur Baader arrive déguisé en poissarde et les fait mourir de rire.

Le 6 novembre 1773 Chevillet fut frappé d'une petite attaque d'apoplexie, mais il s'en rétablit complètement ainsi que le constate Wille avec plaisir et nous voyons, par les dates de ses portraits que cet accident ne l'empêcha pas de travailler. Celui de Lenoir , lieutenant de police, d'après Greuze, est daté de 1778: celui de Don Pedro de Bragance, d'après Trinquesse, de 1781 . Ce portrait nous semble un des meilleurs et des plus francs ouvrages de Chevillet ; la tête en est bien modelée et l'ensemble est d'une exécution correcte.

Il faut citer encore deux portraits différents de Franklin, et un assez joli, de forme ovale, de Louis- Philippe d'Orléans duc de Chartres.

Page 1