‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 5)Chapitre 10 sur 198 · The Times, l'762; 2 pi. in-4 en hauteur · texte numérisé non relu

The Times, l'762; 2 pi. in-4 en hauteur

Pièces satiriques contre Pitt.

34. Credulity, Superstition and Fanaticism . — Design, and engr. by

Hogarth , 1762; in-fol. en hauteur.

35. John Wilkes, esq"". — Drawn from the life and etched in aqua-

fortis by Hogarth , 1763 ; in-fol. en hauteur.

36. The Bruiser C. Churchill, in the Character ofa Russian Hercules,

1763; in-fol.

Caricature contre le poète Churchill .

L'œuvre de William Hogarth, reproduit et gravé par Cook en 160 pi., a été publié à Londres en 1808, en 2 vol. in-4.

HOIN (Claude-Jean).

Hoin, élève de Devosge et de Greuze, fit des portraits au pastel et des paysages à la gouache.

Comme graveur au lavis et à l'eau-forte, Hoin fut principalement l'interprète du sculpteur-dessinateur Boicliot , de Dijon comme lui : Lèda et Danaè, in-8 ; la Toilette deVénus, frise ; Hercule et Omphale (1786); Jésus au tombeau , frise ; Assemblée de philosophes (1788).

On trouve encore dans l'œuvre de Hoin : le Serpent d'airain , Jésus-Christ entrant à Jérusalem, , d'après VanDyck, Apothéose de Mirabeau, dédié aux amis de la Constitution ; la Mort de Marie-Madeleine, d'après Greuze ; la Mort d'un Moine , d'après Fragonard ; Génie tenant une lampe et une couronne.

J. J. L. Hoin maître en a,rt et en chirurgie à Dijon , dessiné de souvenir et gravé par son fils, 1786, in-8.

Son propre portrait , C'^^J. Hoin, peintre de Monsieur, associé aux Académies Royales de peinture sculpture et architecture de Toulouse . de Lyon , correspondant de celle des sciences , arts et belleslettres de Dijon, né à Dijon le 25 juin 1750.

HORTHEMELS (Frédéric).

Ce graveur (dont le nom s'écrit aussi Hortemels), frère aîné de Marie -Madeleine Hortliemels ^ qui fut la femme de Cochin père, a principalement gravé pour le Recueil de Grozat :

Portement de Croix, d'après Giorgion ; — l" Adoration des Rois et le Mariage de sainte CatheiHne, d'après Paul Véronèse ; — la Naissance de saitii Jean-Baptiste, d'après le Tintoret ; — la Mort d^Abel, d'après A. Sacchi ; — le Recueillement de la Vierge . d'après D. Feti ; — Jésus parlant à la Samaritaine , d'après Garofalo; — la Pentecôte, d'après G. Ferrari.

Bethsabée, d'après G. Vanloo, 1729, pièce terminée par N. Tardieu.

Philippe d'Orléans, d'après Santerre , in-fol.

Ou a reproché avec raison à Horthemels , l'abus qu'il a fait de l'emploi des gros points pour traiter les chairs.

1 Pour Marie-Madeleine Hortemels , voyez l'article Cochin père.

HOUBRAKEN (Jacques).

Jacobus Houbraken naquit à Dordrecht , le 25 décembre 1698 , et mourut dans la môme ville le 14 novembre 1780 , sans avoir voulu accepter les brillantes propositions qui lui étaient faites s'il voulait résider en Angleterre. Ce graveur qui , d'après les biographes , s'est formé lui-même , avait un talent remarquable , quoique inégal , de la facilité et à un haut degré le sentiment de la couleur.

Houbraken a travaillé à la collection des Portraits des hommes illustres de la Grande-Bretagne, dont le premier volume, publié à Londres en 1743, est supérieur au second daté de 1752. 11 avait déjà collaboré avec son père , Arnold Houbraken , aux portraits destinés à orner les Vies des peintres flamands et hollandais , ouvrage qui commença à paraître à Amsterdam en 1718, et dont une nouvelle édition avec les mêmes figures fut donnée à La Haye en 1729. Il s'est occupé toute sa vie à graver des portraits de personnages hollandais , séries de Princes et Princesses de la maison d'Orange (1750-53) , de Bourg^nestres de la ville d'Amsterdam. Le recueil le plus important dans ce genre est la Collection de quatre-vingt-quinze

HOUBRAKEN. 421

portraits des personnes illustres qui se sont rendues célèbres dans les Provinces-Unies des Pays-Bas, Amsterdam , 1761 , grand in-4.

Signalons en dehors de ces collections quelques portraits intéressants :

Petrus Primus Russorum Imperator. — Catharina Imper atrix Russorum , 2 pièces très grand in-fol.

Le peintre Cornèlis Eversdyck , in-fol.

Pascal Paoli, général des Corses, in-fol. ovale.

Le Cardinal de Fleury , médaillon soutenu par Diogène , frontispice in-fol. — Louis XV.

Cornèlis Troost, peintre. — Franz Van Mieris. — Henriette Wolters , portrait curieux à rapprocher de celui qui a été gravé par Ficquet pour l'ouvrage de Descamps.

Simon Fokke, dessinateur et graveur, in-8, 1773.

Houbraken était également habile dans la gravure des tableaux , nous n'en voulons pour preuve que les planches qu'il a gravées d'après Troost , la Fête de St-Nicolas et le Second corps de garde d'officiers hollandais , du cabinet Muilman à Amsterdam ; le Divertissement de la Foire d'Amsterdam, du cabinet Neyman ; la Belle-Mère , du cabinet de Pinto à Amsterdam; le Capitaine Ulric, du cabinet Van der Mark, à Leyde ; et Tartuffe ou V Imposteur, du cabinet Braancamps à Amsterdam.

J. Houbraken a encore gravé pour la Galerie de Dresde , Daniele Barbare , d'après P. Véronèse, et le Sacrifice de Manoah , d'après Rembrandt.

D'après le même maître , l'Ange et la famille de Tobie. — Tobie préparant le foie du poisson . etc.

Houbraken a gravé deux fois son propre portrait. n. 28

HOUEL (Jean).

L'auteur du Voyage pittoresque de Sicile, de Malte et de Lipari , texte et gravures , est de Rouen. Jean-Pierre-Louis-Laurent Houël , né en 1735 , était l'aîné d'une nombreuse famille ; son père le mit dans l'école publique fondée par Descamps et le plaça ensuite pour apprendre l'architecture chez Thibault père, l'architecte le plus instruit de la ville. Enfin s'étant décidé pour la gravure , le jeune Houël arriva à Paris se mettre sous la direction de Le Bas, ou plus exactement sous celle de son compatriote Le Mire , l'un des meilleurs élèves du maître.

« Un amateur distingué par sa naissance et sa for- » tune , et son goût passionné pour les arts, Blondel » d'Azincourt , fils de Blondel de Gagny, demande à » Le Bas un élève avec lequel il puisse s'exercer à la » gravure. Houël est désigné comme très propre à » remplir cette tâche glorieuse. Honoré du choix de » son maître, il se rend chez cet amateur, où il trouve » de quoi satisfaire son goût pour l'étude. Il est placé » au milieu d'une des plus riches collections de la » capitale, dont il a la libre jouissance et la direction. » L'amabilité de son caractère, son désir de s'instruire

» lui font trouver dans cet asyle tous les moyens de » satisfaire ses goûts ; il y trouve en même temps les » aisances de la vie jointes aux douceurs de l'amitié.^»

Sous l'hyperbole habituelle à ce bon Le Garpentier, on peut pourtant saisir que notre jeune artiste commençait bien et que ses débuts n'eurent rien de dur, seulement la fréquentation des beaux tableaux de Blondel de Gagny eut cette influence sur son caractère un peu versatile de lui faire désirer apprendre à peindre, sans toutefois abandonner la gravure. Il prit donc les leçons de Casanova « qui se fit un plaisir de » lui dévoiler les secrets de son art. »

Nous pensons que c'est pendant ces années d'études passées avec le jeune d'Azincourt qu'il faut placer deux Livres de paysages de six pièces chacun , datés de 1758, et des paysages d'après Boucher. C'était aussi l'époque où le duc de Choiseul le faisait venir à Chantelou pour y peindre des panneaux décoratifs et c'est à ce protecteur qu'il dut de partir pour l'Itahe avec une pension du roi :

« J'apprens, M"", par votre lettre, écrivait le 26 avril » 1770 M. de Marigny à Natoire , que le S^ Houël est » forcé par le dépérissement de sa santé et les conseils » du médecin de changer d'air et qu'en conséquence il » est parti pour Naples qu'il a choisy de préférence » comme plus propre à sa santé et à ses études , à » cause des beaux points de vue. Les bons témoi- » gnages que vous me rendes de la conduite et des

1 Ces détails sont extraits de la Notice sur Houël, par Le Carpenlier, lue à la séance de la Société libre d'Emulation de Roueu en décembre 1813 , notice qui nous a été très obligeamment communiquée par M. Jules Hédou.

» talens de cet artiste me portent à consentir que vous » continuiés sa pension comme s'il étoit toujours à ?> l'Académie. Dans ce cas il convient que vous la » retrancliiés de la dépense du cuisinier qui ne doit » pas être payé pour onze élèves comme pour douze. »

Le désir de changer de place devait bien être aussi pour quelque chose dans la maladie du jeune artiste. Il avait imaginé une manière large et expéditive de peindre ses études à la gouache , et les gravait promptement au lavis : il cherchait déjà , dans un premier voyage en Sicile , à réunir rapidement des matériaux pour l'idée qui germait dans son esprit. Il écrivait donc en 1771 au directeur des bâtiments pour réclamer une prolongation de séjour, dans le but d'achever des études commencées et quelques tableaux qu'il lui destinait. Cependant Houël dut revenir à Paris dans le courant de 1772 , et les nombreuses et belles études qu'il rapportait et que plusieurs amateurs admirèrent , contribuèrent à asseoir sa réputation et le firent agréer à l'Académie.

Mais il n'oubliait pas quelle mine, pour un artiste archéologue et paysagiste, était la Sicile, ni quels projets il avait formés dans sa première excursion. Il partit donc pour la seconde fois de Paris, le 16 mars 1776 , pour s'embarquer à Marseille , et c'est à ce nouveau voyage que nous devons le beau Voyage pittoresque des Iles de Sicile , de Malte et de Lipari (1782-89). Après avoir vu à Naples la liquéfaction du sang de saint Janvier, il débarque à Palerme :

« Je me sentois né pour faire un voyage avec » quelque succès et d'une manière un peu nouvelle. » Une santé robuste me permettoit de longues fatigues,

» une grande activité qui s'irrite par les obstacles , et » la passion de faire des découvertes dévoient me » rendre les travaux que je m'iraposois plus faciles et » plus agréables. Je parfois aussi le langage du pays ; » d'ailleurs j'étois peintre et architecte et je pouvois » avec les connoissances de ces arts non-seulement » m'intéresser plus qu'un autre aux objets que j'allois » visiter, mais encore les reproduire. »

Dans la première des estampes de son livre , gravées par lui au lavis avec une extrême aisance, Houël s'est représenté de dos à cheval accompagné de son escorte, et s'est ainsi décrit : <\ J'étois vêtu comme le plus simple » des voyageurs sicihens. J'avois un fusil en travers » sur le pommeau de ma selle , un fourniment en » bandouillère sur le côté gauche qui contenoit des » balles et des bourres et tout ce qui est nécessaire » pour charger une arme. Jeportois en sens contraire » une grande et grosse corne ornée de bronze ; elle » contenoit de la poudre. J'avois les cheveux enve- » loppés dans un filet au milieu duquel étoit un i^land » très orné qui flottoit sur les épaules , ajoutez à cela » un chapeau rabattu, des bottes courtes à l'ancienne » mode, vous aurez la peinture complète de mon » ajustement. »

Nous ne suivrons pas notre artiste dans toutes les péripéties et aventures de son voyage, racontées fort agréablement d'ailleurs, cela nous entraînerait trop loin ; nous nous contenterons de signaler les principales planches de l'ouvrage, toujours traitées avec beaucoup de soin , de goût et de vérité architecturale, et toujours animées de personnages bien dessinés : Vues intérieure et extérieure du Temple de Ségeste,

42G LES GRA"VEURS DU XVIIF SIÈCLE.

le Théâtre de Sègeste , les diverses Vues des Ruines des Temples de Sélinonte, Vue du théâtre de Tindare.

Puis ce sont des scènes de mœurs, Salaison d'Anchois, Char de la Moisson , la Pêche et la Prise du TJion, les Bains de Termini, les Religieuses de Lipari, les Bains du temple de Bacchus à Catane, Intérieur de la Cathédrale de Catane pendant les fêtes de S^^- Agathe, Fête de la Moisson, Mariage Albanais, la Fête de S*^ -Rosalie à Palerme, la Procession de la Bar a.

Des paysages, Vue de la Naumachie de Palerme. , Vues de Vile de Volcano, de Stromboli, des Côtes de Caldbre, du Tliéâtre de Taormine, de nombreuses Vues de VEtna , qui prouvent surabondamment que Houël était un remarquable paysagiste ; le Tremblement de terre de Messine ; des cartes , des plans et coupes de monuments, etc.

Bien que ce volumineux ouvrage , en quatre tomes in-folio et 261 planches, soit peu recherché maintenant, nous n'en persistons pas moins à le trouver rempli d'intérêt.

Il paraît que l'impératrice Catherine de Russie, goûtant le talent de Houël , fit acheter les dessins de ce Voyage en même temps que plusieurs de ses tableaux. Houël avait été d'ailleurs bien accueilli à son retour à Paris. Il allait aux réunions de M""^ Geoffrin et s'y rencontrait avec Diderot, d'Alembert, Marmontel et Cochin qui nous a laissé de lui un profil qui devait être bien ressemblant (Société des Enfants d'Apollon), et que M"*' Lingée a gravé. Il était encore l'ami de Fourcroy, Boucher, Vien, J.Vernet, Moreau qui ne l'appelait jamais que son Van der Houël.

11 était aussi lié avec J.-J. Rousseau. Invité par le philosophe à dîner dans son hermitage de Montmorency, il y avait été reçu avec simplicité. Le philosophe s'étant assoupi près de la cheminée , son chat sur les genoux , Houël prenait déjà son album et son crayon. Rousseau qui n'aimait pas à être surpris se réveille, voit le peintre en position et sourit. Cette petite anecdote est devenue le sujet d'un tableau que le peintre avait conservé.

Nous trouvons de lui , gravé d'après Carmontelle, le portrait du critique d'art et courriériste Petit de Bachaumont , avec cette épigraphe : Columna stante quiescit.

Par quel enchaînement d'idées le paysagiste Houël fut-il amené à graver une série de planches sur les éléphants, dignes d'un naturaliste de profession? Toujours est-il que fort âgé déjà, en 1803, le graveur mit au jour une Histoire de deux Éléphants mâle et femelle du Muséum, de Paris , en 20 planches in-4 , d'après nature. Il avait pris la peine d'aller les dessiner au Jardin des Plantes «jusque dans le silence des nuits», afin de les observer dans tous les moments et dans toutes les attitudes. L'existence des éléphants n'a plus rien de mystérieux après ces planches. On les voit buvant en deux temps, au bain, se donnant les premières caresses, se Hvrant à l'acte de la reproduction ; on assiste à la naissance du petit éléphant, à son allaitement, etc., le tout très soigneusement gravé à l'eau-forte.

A la fin de sa carrière, ennemi du repos, aussitôt que le gouvernement demandait des projets de Temples à élèvera la gloire des armées françaises, de Colonnes ou à' Arcs trioTYiphaux , Houël , se remémorant ses

études architecturales , présentait les siens , délaissés il est vrai pour ceux de ses jeunes rivaux plus au courant des goûts et des nécessités du temps.

Célibataire, ayant traversé sans grande secousse la Révolution, Houël mourut le 14 novembre 1813, d'une attaque d'apoplexie.

Nous citerons de lui, comme jolies petites pièces de portefeuille :

1 . Revue de la Maison du Roi à la plaiue des Sablons. — Inventé et

dessiné par Houël ; in-4 , cadre orné.

Eau-forte pure au Cabinet des Estampes. On retrouve dans cette petite pièce le mouvement de la grande composition de Moreau.

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