‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 5)Chapitre 141 sur 198 · LA PAYSANNE PERVERTIE, ou VHistoire effrayante et · texte numérisé non relu

LA PAYSANNE PERVERTIE, ou VHistoire effrayante et

morale d'Ursule^ par Restif de la Bretonne. La Haie et Paris, 1784 , 4 vol.

8 frontispices et 28 figures par Binet , gravés par Berthet , Giraud le jeune et Le Roy.

11. Planches pour Recueil d'ornements à r usage des jeunes artistes,

d'après Cauvet , 1111 ; in-fol.

12. Vignettes pour les Nouvelles espagnoles de Cervantes , d'après

Desrais ; — la Secchia rapita , Ovide , la Jérusalem délivrée , VIconologie , d'après Gravelot ; — VHeptaméron , d'après Freudeberg ; — le Cabinet des Fées, les Fables de Dorât, d'après Marinier ; — les Mémoires du baron de Trenck, les Romans de La Place, Regnard, d'après Borel ; — VAlmanach du père Gérard pour 1792, d'après Charpentier ; — VElève de la nature, d'après Watteau de Lille ; — les Nouvelles de d'Ussieux , le Rousseau de Poinsot , le Voyage à Naples de Saint-Non. — Vue du jardin de Monceaux , d'après Garmontelle.

13. Pièces révolutionnaires : Déclaration des droits de Vhomme, Leroy

perfecit; in-fol. — Les dix Commandements de la République, d'après Desrais. — Droits de l'Homme, avec portraits de Marat et Lepelletier. — Marie-Antoinette à la Conciergerie , Marie- Antoinette séparée de sa fille et de sa belle-sœur, 2 petites pièces au trait (Renouvier). — Médaille allégorique sur Napoléon , d'après Palloy.

14. Joseph Rullier, âgé de 105 ans. — Portraits de Voltaire pour la

collection Esnauts, — de Washington en pied , in-4 , — de Beaur marchais, d'après Cochin , in-8 , 1802.

Plus tard , sous l'Empire, Le Roy termine sa carrière en gravant des alphabets pour les enfants et des étiquettes pour la parfumerie de Dussey et Piver, A la Beine des Fleurs, 111 et 113, rue St-Martin: Colonafina, Eau de rose, Pastilles odorantes, Eau du sérail, etc.

LE SUEUR (Nicolas).

Toute la famille Le Sueur, grand-père, père, frères, sœurs, gravait sur bois et en clair-obscur ; Nicolas Le Sueur est celui de tous qui s'est le plus distingué par ses curieuses reproductions en fac-similé de dessins de maîtres dans le Recueil de Grozat. Ce grand amateur d'art , aidé de ses amis Mariette et Caylus, avait entrepris l'ouvrage connu sous son nom mais que son titre expliquera mieux : Recueil d'estampes d'après les plus beaux tableaux et d'après les plus beaux desseins qui sont en France dans le cabinet du Roy, dans celui du duc d'Orléans et dans d'autres cabinets. Paris , Imprimerie Royale , 1729-1742. — 2 vol. grand in-fol.

Non content de faire graver des tableaux , Crozat avait voulu faire reproduire également les plus beaux dessins, dont lui-même possédait une collection magnifique, sachant bien que rien n'est plus propre à faire connaître le caractère et le génie des artistes :

« On l'a fait avec la plus scrupuleuse exactitude , » écrit-il dans sa préface, sans y rien omettre et » sans y rien changer. Ainsi les desseins à la plume » et au crayon ont été gravez à l'eau-forte dans

» l'esprit des originaux dont l'on a suivi les moindres » traits, persuadé qu'il valoit mieux les faire paroistre » avec certaines négligences qui échappent aux pein- » très les plus habiles... C'est en suivant ces mêmes » idées que lorsqu'il s'est présenté des desseins lavez » avec des couleurs légères (ce que les Italiens expri- » ment par le mot à'aquarella] , et rehaussez de blanc » sur les jours, on a pour lors abandonné la graveure -> ordinaire pour avoir recours à une autre pratique » plus propre à représenter tout l'effet de ces » desseins. »

Grozat exphque ensuite comment Nicolas Le Sueur a repris l'ingénieuse invention de Hugo da Carpi, perfectionnée par le Parmesan, sorte de gravure à l'aquatinte résultant de la combinaison de planches de cuivre gravées à l'eau-forte pour imiter le trait de plume et de planches de bois gravées en relief pour obtenir d'autres effets.

Il faut convenir que les résultats obtenus sont surprenants, grâce à la collaboration du comte de Caylus, habile entre tous à saisir la manière et le goût des artistes et à imiter leurs dessins, unie à celle de l'adroit Le Sueur.

L'Invention de la Croix , d'après le Pérugin, VEn- Uvement d'Europe et la Chute de Phaëton de Farinati , sont de Nicolas Le Sueur seul , mais il a gravé avec Cajdus les dessins tirés au bistre ou en camaïeu verdâtre cV Alexandre etRoxane, de Raphaël, des Pêcheurs retirant leurs filets , de Jules Romain , le Sacrifice de la messe , de Polydore de Caravage , le Passage de la mer Rouge , du Fattore , Jésus au milieu des apôtres, de Raphaël del Colle, l'Homme et

le Lion, de Peruzzi, V Empereur Henri IV aux pieds du Pape Grégoire VIT, de Zuccaro, le Martyr de SI- Ange, de Pietro Testa, la Mort de Saint François Xavier, de Gimiani , la Pentecôte , de Lenardi , V Annonciation , de Morandi , la Vierge appat^aissant à Saint Philippe de Néri, de Garzi.

Dans d'autres fac-similé de dessins , l'Hercule gaulois, Jésus donnant les clefs à Saint Pien^e , Etudes pour l'École d'Athènes, de Raphaël, le trait est tantôt de G. N. Gochin ou de P. A. Robert, et c'est Nicolas Le Sueur, quelquefois Vincent Le Sueur qui fait le travail sur bois.

Bien que ces reproductions n'aient pas la valeur d'une estampe au burin , elles méritent toujours l'attention. Elles rendent d'une manière aussi rapprochée que possible les dessins des maîtres destinés à disparaître et mettent en lumière le talent curieux de Nicolas Le Sueur.

Celui-ci a laissé beaucoup de ses gravures sur bois et ornements dans les livres de son temps et plus particulièrement dans la grande édition des Fables de La Fontaine, avec figures d'Oudry, où il a gravé les grands bouquets formant culs-de-lampe dessinés par le peintre de fleurs Bachelier.

Nicolas-Biaise Le Sueur, né comme le précédent à Paris, passe pour être son frère. Peintre d'histoire, de paysage et dessinateur, il fut , en 1750, directeur de l'Académie de peinture à Berlin.

LE TELLIER (Charles-François;

On a de ce graveur, qui demeurait rue des Vieilles- Étuves St-Honorè , maison (Tun houtonnier :

Le Studieux , la Fainéante , d'après Dumesnil le jeune. — La Fille grondée , et des cahiers de Têtes , d'après Greuze.

Nymphe au hain, Nym,phe sortant du bain, d'après Bounieu. — L'Amour en gaieté, le Sommeil agréable, d'après J.-B, Regnault. — La Glorieuse , d'après F. Imbert.

Allégorie au sujet de l'élévation de M. d'Ormesson à la dignité de premier Président , d'après Brion de la Tour. — Le Tombeau de Voltaire foudroyé, d'après Desrais.

Planches pour le Cabinet Le Brun , la Description de l'Egypte, la Galerie du Palais-Royal.

Vignettes pour Gessner d'après Monnet, et pour Faublas (dans les figures doubles].

Portraits de ^. /. B. d'Origny; du célèbre rebelle Pougatcheff, d'après Le Mailly, in-4; joli portrait à' Anne Vallayer Coster, de l'Académie royale de peinture, dessiné pareUe-même, in-4. — La Chevalière d'Eon, en capitaine de dragons, profil d'après Baader.

Les le VACHEZ.

Le Vachez père et fils , qui avaient boutique à Paris sous les colonnades du Palais-Royal n° 258, et à Versailles rue des Chantiers n" 14, exploitaient la gravure au lavis , en couleur et au pointillé de couleur , d'une manière assez subalterne, plutôt en marchands d'images qu'en artistes. Travaillant à l'époque de la Révolution, il se bornent à produire des pièces de circonstance : les Atnbassadeurs du nabab Tipon reçus au cwque par M"^^ la duchesse d'Orléans , le 13 septembre 1788, Le Vachez fils, in-fol.; Serment du Jeu de Paume, in-4 ; etc.

Ils s'appliquèrent surtout aux portraits : leur ouvrage le plus considérable est la Collection générale des portraits de MM. les Députés à l'assemblée nationale tenue à Versailles le 4 mai 1789. Il est inutile de dire qu'on ne recherche plus aujourd'hui , dans cette vaste collection , gravée par Le Vachez , Sergent, Alix et autres , que les portraits des quelques Constituants qui se sont rendus célèbres.

Les pièces suivantes offrent de l'intérêt :

1 . Portraits gravés pour les Tableaux de la Révolution française, au-

i;86 LES GRAVEURS DU XYIIF SIÈCLE.

dessus des scènes gravées par Duplessi-Bertaux ; 66 médaillons

ronds, au lavis.

Il faut les avoir de premier tirage, avant qu'ils aient été retouchés. Le portrait de Marie-Antoinette, en premier état, est d'après le tableau de M^^ Vigée- Lebrun ; U a été modifié ensuite.

Page 1