II. Bonaparte, Premier Consul, — le Général MOREAU
M ASSÉNA , général en chef, surnommé l'Enfant gâté de la Victoire, — CHARLES- LouiS , Archiduc; 4 p. in-12. A Monceaux , près Paris, chez Levachez père.
12. Bonaparte, premier Consul ; in-fol., d'après Boilly, avec une
vue de la Revue du Quintidi, d'après Duplessi-Bertaux.
13. CambacÉRÈS, second Consul, d'après Boilly, avec la Pre'seM^a-
tionpar le Sénat de l'acte constitutif du Consulat à vie, d'après Duplessi-Bertaux .
14. Napoléon, empereur, à cheval, suivi de son état-major ; pièce
en couleur fort curieuse, vu sa dimension très grand in-fol.
LE VASSEUR (Jean-Charles).
Le graveur de la Laitière de Greiize, du Testament déchiré, de la Belle-Mère, de la Veuve et son curé, Jean-Charles Le Vasseur, est né à Abbeviile , le 21 octobre 1734. Il reçut les premières leçons de dessin et de gravure dans sa ville natale , nous apprend M. Delignières , chez un sieur Philippe -Augustin Lefebvre , qui fut aussi le premier maître de Danzel et de Dequevauviller.
A dix-neuf ans il vint à Paris se perfectionner dans l'atelier de son compatriote Beauvarlet , qu'il quitta bientôt pour celui de son autre compatriote DauUé. Probablement ne se sentait-il pas de goût pour la manière recherchée et précieuse du premier, et préférait-il les procédés plus larges de Daullé. Il dut d'abord aider Daullé dans les nombreuses estampes que ce maître expédiait si hâtivement dans les derniers temps de sa vie. Les premières planches que Le Vasseur signa furent , en eflet , comprises dans le volume de l'œuvre de Daullé publié par sa veuve.
Mais bientôt Le Vasseur comprend que cette gravure par à peu près ne saurait mener bien loin ; il corse sa manière , serre ses travaux , et commence une nom-
breuse série d'estampes dont beaucoup lui font honneur. Il interprète Boucher dans la Mort d'Adonis , VanLoo dans Mars et Vénus , Lépicié dans Narcisse et dans la grande estampe du Quos ego , de Troy dans l'Enlèvement de Proserpine et dans Diane etActéon, compositions mythologiques qu'D semble affectionner, parce qu'elles lui permettent de montrer ses aptitudes à modeler le nu ; il fait preuve d'un talent remarquable en traduisant les grandes scènes dramatiques de Greuze; il aborde avec succès les sujets de genre dans l'Age agréable et le Larcin toléré , d'après Lambert, dans la Jardinière au repos et le Vigneron galant, d'après Peters , dans V Atnour paternel et les Amants curieux, d'après Aubry, dans l'Occasion favorable, d'après Lagrenée , et dans deux compositions de Jeaurat, le Carnaval des rues de Paris et le Transport des filles de joye à l'hôpital, deux pages de l'histoire de l'ancien Paris.
Il descend même jusqu'à la vignette et grave quelques bonnes illustrations d'après Gravelot , mais c'est un travail de ses premières années et dans la suite il n'y persévère pas, il est trop occupé à des travaux plus considérables. Il essaie aussi le portrait et nous laisse ceux ào, Louis XVI Qi% àQ Ma^He- Antoinette, et le sien, /. Ch. Le Vasseur, graveur du roi, d'après Greuze : le peintre avait voulu, en retraçant ce portrait, donner une preuve d'affection et de reconnaissance au graveur habile qui reproduisait ses tableaux , et aussi à l'ami dévoué qui plus d'une fois , dit-on, intervint pour calmer les orages de ce ménage si profondément troublé.
Le Vasseur épousa en 1769 Angélique de l'Isle, dont
il eut deux enfants. En 1771 , il fut reçu à l'Académie sur la présentation de l'estampe de Diane et Endymion d'après J.-B. Van Loo.
Pendant la Révolution , Le Vasseur ne cessa pas de travailler, mais il ne fit pas tirer ses planches, il attendait des temps plus calmes. Il conserva jusqu'au dernier moment , dit son biographe, toute la verdeur de l'âge mûr , et s'éteignit sans secousse le 29 novembre
« Dans son intérieur, Le Vasseur était bon père et » bon ami, sans prétention, d'une tranquilUté et d'une » égalité d'humeur incomparables , d'une simplicité » touchante dans ses manières, franc par principe » autant que par inclination... Le Vasseur n'ambi- » tionna jamais d'autre place que celle qu'il occupait » à l'Académie dont il était le doyen. Etranger à » toute espèce d'intrigues , il rendit toujours justice » au mérite de ses confrères , parmi lesquels il » compta beaucoup d'amis. Son caractère doux et » liant lui faisait porter, dans le commerce de la » Société, une aisance et un abandon qui lui conci- » lioient tous les cœurs. Indulgent, charitable et bon , » il exposa plusieurs fois son repos et sa vie en don- » nant asile à des ecclésiastiques. »
Ainsi nous parlent de Le Vasseur ceux qui l'ont connu.
M. Emile Delignières , d'Abbeville , a décrit d'une façon complète l'œuvre de Le Vasseur dans un catalogue raisonné arrêté à 166 articles *. Nous reproduisons ici quelques appréciations extraites de la notice
1 Publié par le Société d'Émulation d'Abbeville.
690 LES GRAVEURS DU XVIIie SIÈCLE.
biographique dont M. Delignières a fait précéder son travail.
« Comme graveur, Le Vasseur réunit d'excellentes » qualités et si toutes ses gravures ne sont pas à la » même hauteur, cela tient plutôt au peu de valeur des » tableaux qu'il consentit parfois à reproduire. Il est » aussi de ces pièces qu'il fit dans sa jeunesse et pour » lesquelles la critique ne saurait être rigoureuse.
» D'un talent consciencieux et discret , Le Vasseur » n'a jamais sacrifié , comme tant d'autres, au genre » de l'époque, ni cherché à courir après la vogue par » la reproduction de sujets grivois ou licencieux. 11 » travailla d'après des peintres de genres très diffé- » rents, et sut s'inspirer tour à tour de ceux dont il » grava les œuvres. Mais il suffit de parcourir son » œuvre poui^ voir qu'il est supérieur et de beaucoup » dans les sujets larges, où le nu et les draperies per- » mettaient à son burin de se donner libre carrière : » C'est alors qu'on reconnaît la facture de Daullé » son maître dont il procède. Il avait dû étudier sérieu- » sèment l'anatomie, ses nus sont parfaitement modelés » et avec une déhcatesse dans les moindres détails qui » n'exclut pas une certaine vigueur de touche et ne » nuit pas à l'ensemble. »
ESTAMPES