LE BERT
On a fort peu de chose de ce graveur, qui travaillait à Paris dans la seconde moitié du XVIIP siècle. Hubert et Rost ne le citent pas plus que Basan, ce qui n'a rien d'étonnant vu le peu d'importance de son œuvre.
Nous connaissons de lui quelques jolis portraits delà famiUe royale, médaillons ornés publiés chez Niquet :
Henri IV.
Louis XV,
Louis- Auguste, dauphin.
Marie- Antoinette, d'après Kernoski.
Le Comte d'Artois.
Le Bue d'Orléans, père d'Egalité.
Le Blanc cite : les Quatre parties du monde adorant le Très-Haut , d'après Lemoine, in-8.
Le Temple de la Renoînmée, frontispice d'après MariUier, 1768.
Citons encore un Baron de Trenck dans sa prison , vignette in-8 ; et des portraits pour le petit volume de la Conspiration de Chalais {Marion Beloryne, etc.).
Frontispice d'après MariUier pour VAlmanach Bauphin, livre d'adresses des principaux marchands,
LE BLOND (Jacques-Christophe).
Le père de la gravure en couleur, Christophe Le Blond, peintre et graveur, nous offre un singulier type d'inventeur malheureux. Son existence fut des plus nomades. Né à Francfort en 1670, on le trouve à Rome en 1696, à la suite de l'ambassade du comte de Martinitz. Il rencontre à Rome Overbeck qui le décide à l'accompagner à Amsterdam. Sur ces entrefaites Le Blond qui gravait à la manière noire, s'occupe de divers essais de gravure en couleur, ses tentatives le satisfont et il passe à Londres pour entreprendre l'exploitation en grand de son procédé et son application à la reproduction des tableaux. Il trouve des fonds mais ne peut mener son entreprise à bien. Il crée une manufacture de tapisseries et aboutit à une banqueroute. Découragé, il vient en France en 1738, déjà vieux, pour tenter encore l'exploitation de la gravure en couleur. Louis XV dont il a gravé le portrait, lui accorda un privilège exclusif pour son procédé , mais sous condition qu'il serait tenu de fak^e graver et imprimer en présence de commissaires nommés et qu'il leur déclarerait tous les secrets de la pratique de son art.
Le procédé de Le Blond consistait à grainer trois
planches avec un berceau et à les graver au racloir, comme pour la manière noire ordinaire. Le blanc du papier rend les luisants du tableau, la première planche imprime le bleu et rend les tournants et les fuyants ; la seconde planche, jaune , donne les couleurs tendres et les reflets, enfin la planche rouge anime le tableau et fortifie les bruns jusqu'au noir. La combinaison des trois couleurs simples donne tous les tons intermédiaires. Les trois planches concourent à la formation des ombres *.
Quand Le Blond eut fait en France deux ou trois essais d'impression en couleur, on lui prouva que les frais rassemblés montaient à une somme considérable. Il demanda alors à avoir un entretien secret avec les commissaires qui lui avaient été nommés et leur annonça que , le privilège qu'il avait obtenu le mettant en sûreté, il allait leur faire part d'une façon d'opérer beaucoup plus expéditive.
Cette nouvelle manière consiste à employer quatre planches , la première imprime en noir et donne du premier coup toutes les ombres , on se trouve ainsi en présence d'une sorte de dessous, sur lequel les trois dernières planches viennent appliquer les couleurs. Ces dernières ne sont que très légèrement grainées, et partiellement, dans les endroits utiles. Une cinquième planche vient quelquefois ajouter des rehauts de blanc. Un élève de Le Blond, Gautier Dagoty, pré-
1 UArt d'imprimer les tableaux , traité d'après les écrits , les opérations et les instructions verbales de J.-C. Le Bien. Paris , Le Mercier, n56. — Ce volume contient également l'Harmonie du coloris dans la peinture, réduite à des principes infaillibles et à une pratique nécessaire, ouvrage publié par Le Blond en n30.