Un grand ananas avec ses feuilles, 1736 ; in-fol
392-393. Les Fruits de l'Automne, — Fontaine bachique, planches pour Livre nouveau de douze morceaux de fantaisie, d'après La Joue, 1737; in-fol.
394. Grande feuille de paravent , d’après Boucher, 1737; in-fol.
395. Planche de médailles de l'Empire romain sous Antonin, tirées du Cabinet de l'abbé de Rothelin, 1738; in-4.
396. Prime d’émeraude dans sa grandeur naturelle, appartenant à M. le Chevalier de Fourques, à Montpellier ; 1740.
397-401. Cinq planches de tableaux trouvés à Herculanum, dessinées de mémoire par Cochin fils et gravées par lui-même à son retour à Paris. (Observations sur les antiquités d'Herculanum, Paris, Jombert , in-12). .
COINY (JacQuEs-JosEPH).
Jacques-Joseph Coiny fils d'un orfèvre de Versailles, d’une famille suisse et qui s'établit en France sous-le règne de Henri II, est né dans cette ville le 19 mars 1761.
C'était à la profession suivie par ses ancêtres que le destinait son père, mais il perdit dès l’âge de huit ans ce guide si nécessaire. Sa mère, restée veuve avec quatre enfants, n'épargna rien pour leur éducation. Notre futur graveur fut mis en pension à Saint-Germain-en-Laye , et, ses études achevées, fut placé chez un orfèvre de Paris nommé Rameaux. Les leçons de dessin nécessaires à cette profession développèrent les dispositions naturelles du jeune artiste. Grâce aux conseils du peintre Suvée qui allait devenir le gendre de l’orfèvre Rameaux, grâce aux modèles que cet artiste lui prêta , Coiny fit de rapides progrès dans l’art appliqué à l’industrie , mais son peu de goût pour l’état auquel on le destinait le détermina, au bout de trois ans, à quitter, malgré la volonté de sa famille, l'atelier où il faisait son apprentissage et à entrer dans l’école de gravure de Philippe Le Bas. Son désir d'arriver le fit aisément remarquer d’un maître
accoutumé à encourager ses élèves et à leur donner tous ses soins.
Son premier voyage fut pour le Languedoc, dont il dessina les sites dans les environs de Montpellier et de Nîmes. Il s’y lia avec le jeune peintre de paysages Letellier et c'est là qu'ils formèrent le projet d'aller en Suisse. Ils y dessinèrent force paysages lorsqu'au bout de trois mois les jeunes artistes furent obligés d'interrompre leur voyage, Letellier étant tombé assez gravement malade pour que Coiny fût obligé de le ramener à Paris.
A son retour on le présenta à l'abbé de Saint-Non qui cherchait des graveurs de mérite pour l'exécution des planches du Voyage à Naples et dans les Deux Siciles. Coiny grava habilement pour lui, à l'eau-forte, un certain nombre de planches, /4 Vue de Salerne, les Côtes de Sorrente, les Environs de Catane, des Vues de l'Etna, du Lac de Proserpine, de la Valle de Termini, des Temples antiques de Ségeste, Agrigente et Syracuse et le Tremblement de Terre de Messine (1783). Toutes ces planches qui ne sont pas les moins bonnes de l'ouvrage, sont habilement préparées à l'eau-forte par Coiny dont c'était semble-t'il la spécialité, d'un effet bien compris et bien ménagé. Elles étaient ensuite terminées par de Ghendt et d'autres graveurs. C'est pendant ces travaux que Coiny fut atteint de fièvres qui le laissèrent longtemps dans un état d'extrême faiblesse. Le goût de son art ne l’abandonna pas pendant ces épreuves et le peu de répit que la maladie lui laissait, était employé à étudier ou à graver pour l'abbé de Saint-Non.
C'est en 1784 que Coiny commença ses planches
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des Fables de La Fontaine , jolie suite très-finement gravée d’après les dessins de Vivier, ouvrage plus généralement connu sous le nom de Fables de Simon el Coiny. Cette dénomination provient de ce que le privilège avait été accordé au graveur Simon !, qui céda à Coiny la moitié de ses droits et eut part ainsi aux premiers succès de l'entreprise, jusqu'au moment où ce dernier devint seul propriétaire. Notre graveur fit exécuter par Duplessi-Bertaux un certain nombre de ces petites figures qui sont assez fines , faites avec goût, a dit Renouard, et parfois un peu négligées.
Encouragé par le succès de cette publication, notre graveur entreprit en 1786, dans le même format, la publication d'une suite pour les Mélamorphoses d'Ovide , dont il avait demandé les dessins à J. B. Regnault ; mais les (rois premières livraisons seules parurent. Il en fut ainsi d'une suite de figures du même genre pour les Contes de La Fontaine, qui promettait une gracieuse illustration ; la première livraison seule vit le jour.
Faut-il attribuer ce défaut de suites au départ de Coiny pour l'Italie ? Toujours est-il qu’en 1788, il se mit en route pour la terre classique des arts, qu'il désirait depuis longtemps visiter, et là, dessinant les vues, les monuments, les ouvrages de grands maitres, surtout ceux de Raphaël et de Poussin, il acquit « cette > manière sévère et la pureté de formes qui depuis ont > distingué ses productions. » C’est sans doute à son aduiration pour le Sanzio , que l'on doit la suite de la
1 Simon Simon, graveur né en 1759, élève de François-Anne David, mourut d’un coup de sang (dans sa ville natale) le 20 janvier 1807.
574 LES GRAVEURS DU XVIIIe SIÈCLE.
Fable de Psyché, gravée par lui sous l'inspiration des peintures de la Farnésine.
De retour en France en 1790, et après avoir terminé la gravure de ses Fables de La Fonlaine , Coiny collabora à divers ouvrages, à {a Galerie de Florence, au Musée Français, publié par Filhol , et surtout à la collection des Tableaux historiques de la Révolution Française, ouvrage imprimé par Didot et dont les fascicules commencés dès 1791, formèrent un premier volume paru en 1798. Le frontispice dessiné par Fragonard fils, est gravé à l'eau-forte par Coiny et terminé par Malapeau. Notre artiste a gravé également plusieurs des planches d’après les dessins de Duplessi- Bertaux, de Swebach, habiles eaux-fortes qui représentent le Pillage des armes de la Garde Nationale, les Canons de Paris portés à Montmartre, le Triomphe de Voltaire , etc.
Nous voyons encore Coiny collaborer aux gravures de la grande édition des Œuvres de Racine , d'après les dessins de Chaudet, au Voyage pitloresque de Constantinople et des Rives du Bosphore, d’après les dessins de Melling , et à la Description de l'Égypte de De Non, mais ce qui assure à Coiny un rang trèshonorable parmi les graveurs d'illustrations , c'est que dans les ouvrages de la collection Bleuet, si recherchés aujourd’hui, deux sont entièrement gravés de sa main d’après les dessins de J. Lefebvre et ce sont jes meilleurs, les Lettres d'une Pérurienne et surtout la Manon Lescaul (1797). Il est à remarquer que pour Manon Lescaut, les eaux-fortes de ces vignettes sont extrêmement avancées et diffèrent à peine des planches terminées. Si cette particularité diminue leur intérêt