‹ Les graveurs du dix-huitième siècleChapitre 210 sur 275 · COIN Y · texte numérisé non relu

COIN Y

au point de vue de la gravure , elle n'ôte rien à leur valeur au point de vue de la rareté et de la curiosité.

Il faut encore mentionner de Coiny quatre pièces pour les Romans el Contes de Voltaire de la suite de Renouard, des figures pour les Œuvres de Léonard (1787), un frontispice pour les Œuvres de l'Abbé Brelin (1797) et une suite d'Ornements de Proues de Navires (an VII-IX) gravée avec Le Gouaz son beaupère , d’après les dessins d'Ozanne.

On attribue à Coiny la gravure des planches non signées du volume érotique connu sous la dénomination de Figures de l'Arélin d'Augustin Carrache ou recueil de postures érotiques. C’est une reproduction plus ou moins fidèle des planctes très rares gravées par Pierre de Jode d’après les dessins originaux de cet artiste célèbre !. Les figures de ce livre publié en 1798 par Pierre Didot sont en effet gravées dans la manière un peu sèche de Coiny. La grande allure de l’art italien et le sérieux imperturbable avec lequel ces compositions sont traitées , rendent cet ouvrage aussi peu érotique que possible.

C'est pendant l'Empire que Coiny entreprit la gravure d’une grande planche, /a Bataille de Marengo, d’après Lejeune : « Peu d'ouvrages aussi considérables, > à écrit Regnault-Delalande , offrent une si belle > conduite de travail : elle se distingue par une couleur > vigoureuse et un ton très-harmonieux. Le passage - des ombres aux lumières y est ménagé avec art et les

1 Luigi Crispi écrivait en 1750 à Monsgnor Bottari, bibliothécaire du Vatican , que ces dessins étaient entre les mains d’un frère ignorantin , et qu'il serait convenable de les en retirer. Le texte du Recueil est l’œuvre de Croze-Magnan.

> contours y sont prononcés avec science et fermeté. »

Malheureusement la santé de Coiny avait toujours été délicate et le soin extraordinaire qu'il apporta à l'exécution de cette planche acheva de l'allérer. Malgré les soins de sa femme, Marie-Amélie Le Gouaz fille du graveur de ce nom et nièce des Ozanne, un état de dépérissement qui allait toujours en augmentant, amena sa mort le 28 mai 1809.

Coiny joignait à un esprit fin et délicat une rare modestie et une grande facilité. Exercé de bonne heure au maniement de l’eau-forte il en a exécuté un grand nombre et tellement dans la manière de Duplessi-Bertaux qu'on pourrait les confondre avec celles de cet habile graveur.

Coiny a laissé un fils, Joseph Coiny, graveur comme son père et plusieurs élèves parmi lesquels les frères Caron , Quéverdo et Richomimne.

1. FABLES DE LA FONTAINE, avec figures gravées par MM. Simon et Cainv, Paris, Didot l'aîné, 1787, 6 vol. in-18, papier vélin.

1 frontispice et 274 figures qu'il faut avoir soin de choisir avant les numéros (Cohen).

2. LETTRES D'UNE PÉRUVIENNE, par Mme de Graffigny, Paris, Didot, 1797, 2 vol. in-18.

Huit figures de Lefèvre, gravées par Coiny.

3. HISTOIRE DE MANON LESCAUT, par l'abbé Prévost, Paris, Didot , 1797, 2 vol. in-18.

Huit figures de Lefèvre, gravées par Coiny.

L'engouement des bibliophiles pour les ouvrages de la collection Bleuet est poussé lres-loin aujou:d'hui. Un exemplaire de Manon Lescaul, grand papier, fg. avant la lettre et eaux-fortes était récemment cote par un libraire 7,000 fr.

COLIBERT (Nrcozras).

Nicolas Colibert, né à Paris en 1750, mort à Londres en 1806, peintre et graveur au pointillé, a gravé d'abord des paysages d’après Casanova, le Dépouillement d'un Cavalier et le Retour de la Chasse.

En 1782, Colibert est à Londres ; il y grave deux sujets ovales se faisant pendant, Piy et Youth, et deux sujets d'Evelina.

Nous le retrouvons à Paris pendant la Révolution, il expose au salon libre de 1793 des sujets pastoraux et des pièces d'actuahté, /es Cendres de Voltaire et de Rousseau sont porlées au Panthéon des grands Hommes, d'après Boïzot une allégorie de /a Patrie Salisfaite et le portrait du ministre Roland.

Il aborda en mème temps des sujets plus tendres, /a Beauté rend les Armes à l'Amour, plusieurs des compositions assez médiocres de Schall pour Les Amours de Psyche et de Cupidon, Paris, chez Defer de Maisonneuve, 1791, in-4, qu’il grava en couleur. et d’autres d'après Monsiau pour le poëme de /a Mort d’Abel, publié par le même éditeur en 1793.

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