COULET (ANNE-PHILIBERTE
Anne-Philiberte Coulet , née à Paris en 1736, reçut des leçons d’Aliamet et de Lempereur ; elle s’est distinguée parmi les graveuses françaises , et s'est
particulièrement appliquée à la reproduction des tasleaux de Joseph Vernet :
Départ de la Chaloupe , l'Heureux Passage.
La Belle Après-Dinee.
Les Jetleurs de Files.
Les Pêcheurs Napolitains.
Incendie d'un Port.
Les Commerçants Turcs.
Elle a gravé le Rendez-vous à la Colonne, d'après Berghem, le Départ pour le Marché, d'après Van Goyen, les Plaisirs Champôtres, la Partie de Plaisirs à a Campagne , d'après Loutherbourg.
Anne Coulet fut reçue à l'Académie Royale de Peinture en 1770.
COURBE (Wicsropg - MaGLoIrE - NICOLAS Le
C'est un graveur assez peu connu des derniers temps du XVIIF siècle, qui semble avoir eu la spécialité des sujets de sainteté : — Enfance de la Sainte - Vierge et de Notre-Seigneur , d'après Maratte et Lebrun, {e Christ en Croix, d'après Le Barbier et Rubens, et série de portraits de saints, Charles Borromeéee, Louis de Gonzague , François de Sales , Vincent de Paul, etc.
On trouve pourtant son nom sur deux pièces assez Jolies de Marillier pour /es Amours de Faublas de l'an VI, et sur plusieurs des figures bien médiocres de l'Ovide, de Villenave.
Signalons encore six pièces pour {es Barrières de Paris, une copie du portrait de {a Comtesse de Carcado, de Gaucher, et des figures pour J.-J. Rousseau, d’après Monsiau.
Courbe est le principal graveur de la Collection des Portraits de MM. les Députés de l'Assemblée Nationale de 1789, plus connue sous le nom de Collection Dejabin. Dejabin était un marchand d’estampes de la place du Carrousel, qui entreprit de populariser les physionomies des députés des Trois états. demanda
les dessins de leurs portraits, exécutés pour la plupart d'après nature, à Labadye, à Perrin, à Isabey et même à Moreau 1, et les fit graver tous de profil et de format in-8, par Massard , Beljambe, Voyez jeune, Masquelier jeune , Letellier, mais surtout par Courbe. Ces portraits d'une exécution assez médiocre ne sont intéressants que parcequ'ils nous conservent les traits authentiques de personnages dont quelques-uns sont devenus célèbres ; parmi ceux gravés par Courbe dans cette collection, et ils sont bien au nombre de 450 à 200 , il faut citer : Barnave, Le Pelletier de Saint- Fargeau, Target, Talleyrand, le Comte et le Vicomte de Mirabeau, Petion de Villeneuve, Sieyëès , l’'Abbe Maury, Lanjuinais, l'Abbé Grégoire, Dionys du Séjour , le Comte de Sainte-Aldegonde, l'évêque de Dijon Desmontiers de Mérinville . etc, etc.
Beaucoup de ces portraits ont éte commencés à l’eau-forte par Malbeste.
! La collection des dessins originaux de ces portraits se trouve at Cabinet des Estampes.
COURTOIS (PrERRE-FRANGÇOIS).
Né à Paris en 1736, mort à Rochefort en 1763, P.-F. Courtois a signé deux estampes bien connues, dessinées par A. de Saint-Aubin, et qui sont de curieux tableaux du monde parisien en 1760.
1-2. TABLEAU DES PORTRAITS A LA MODE, — LA PRO- MENADE DES REMPARTS DE PARIS, d’après À. de Saint- Aubin, 2 p. in-fol. en largeur, 1760.
La première estampe nous fait assister au défilé des équipages sur es reruparts de Paris. La seconde nous montre le boulevard avec ses cafés aux frontons décorés de lanternes vénitiennes, Ja file des voitures , le monde des consommateurs et des promeneurs, depuis l'homme aimable qui offre des fleurs aux jeunes femmes jusqu'à la joueuse de vielle qui sollicite l'aumône... Pour legendes, des vers de la composition du graveur lui-même.
Ces deux pièces sont rares et recherchées. M. Mühlbacher en possède les eaux-fortes. — On peut aussi Jes rencontrer, très-exceptionnellement, avant la lettre.
3. Titre d'après Piauger pour un Traité des Pierres Précieuses, par Pouget fils, marchand joyallier, Quay des Orfèvres au Bouquet de Diamants ; in-4.
COUTELLIER.
Il n'est rien de plus recherché des collectionneurs, que ce qui se rapporte à l'histoire du théâtre , et les bibliophiles se passionnent particuhèrement pour tout ce qui rappelle la célèbre première représentation du Mariage de Figaro (la Folle Journée). H faut donc savoir gré à un artiste du nom de Coutellier de nous avoir transmis, gravés en couleur, les portraits de quelques-uns des acteurs les plus en renom de son temps, et notamment de deux interprètes de la comédie de Beaumarchais, Mek Contat, dans le rôle de Suzanne, et Mt Ollivier sous le costume du page Chérubin.
Les portraits gravés par Coutellier sont ovales, leur hauteur est en moyenne de 447 mm. Ils ont été publiés d'abord chez Coutellier, puis chez Mondhare el Jean, rue Saint-Jean de Beauvais, À. P. D. R.
Coutellier a aussi gravé un grand portrait de Louis XVI au lavis, assez disgracieux (1789).
1. CONTAT (Melle), de la Comédie française, dans le rôle de Suzanne. Mariage de Figaro. — Coutellier del. et sculp.
COUTELLIER. 601
. OLIVIER (Melle), de la Comédie française, dans le rôle de
Chérubin, Mariage de Figaro. — Coutellier del. et sculp.
Ces deux portraits , rares à rencontrer en bel état , forment pendant. Ils sont entourés d’un encadrement qui porte leur dimension en hauteur à 185 mm.; ils peuvent servir à orner l'édition de la Folle Journée de 1785. Les premières épreuves, excessivement rares, portent l'adresse de Coutellier, remplacée ensuite par celle de Mondhare,
On peut voir que Mademoiselle Olivier, qui ne fit que passer à la Comédie- Française et mourut à vingt-trois ans, n'était point régulièrement jolie. Elle était très-blonde avec des yeux fort noirs, nous apprend Grimm, «elle avait » naturellement je ne sais quoi de fade dans tout son air; mais grâce aux » recherches d'une toiletie variée avec beaucoup de goût , elle était parvenue à » dissimuler adroitement ce défaut, et son jeu avait acquis un caractère d'ingé- » nuité, de décence et de noblesse qui la rendait tout-à-fait intéressante. »
Grimm nous raconte aussi cette anecaote : « La demoiselle Olivier partage ses » bontés entre M. de Lassonne, médecin, et le sieur Dazincourt, qui double » Préville dans les rôles de Crispin. Elle vient d'accoucher; ces deux messieurs » se sont disputé fort vivement l'honneur d'être le pére de l'enfant. Des arbitres, » choisis pour examiner leurs droits et leurs titres respectifs, ont jugé que le » meilleur moyen de les concilier etait d'appeler l'enfant Crispin-Médecin. Cette décisiou a paru d'une équité rare. »
. CARLIN BERTINAZZI, reçu à la Comédie-Italienne en 1741.
Portrait accompagné de ces vers qui sembleraient mieux convenir à une trèsjolie actrice :
Il jouit du rare avantage De conserver toujours ses amis, ses talens ; Son hiver reproduit les fleurs de son printemps, ILestl loujours Carlin , les Grâces n'ont point d'âge.
. COLOMBE (Ml) l'Ainée, reçue à la Comédie-Italienne en 1773.
Colombe a fixé sur la terre
Le dieu qui commande à Cythère C’est le triomphe mérité
Des talents et de la beauls.
. DUGAZON (MM), reçue à la Comédie-Italienne en 1776.
Son jeu plein de finesse Soubrette, elle a pour gages
Et touchant à la fois Nos applaudissemens.
Acquille la promesse Elle oblient, en sultane,
De ce joli minois, Le mouchoir des talents:
Amanle, à nos hommages Elle est en paysanne ?
Elle a des droits constans ; Tous nos cœurs sont au champs.
Madame Dugazon est représentée en paysanne, — Cette curieuse gravure est extrêmement rare.
Le