Charles-Emmanuel, roi de Sardaigne; in
co
. DU BARRY (Madame), à laquelle son petit nègre Zamore offre une tasse de café; petit in-fol.
Ce portrait, des plus recherchés, n’est rien moins que beau. Il y a des épreuves
en couleur qui paraissent avoir subi des retouches , d’autres en noir que nous trouvons préférables.
4. Louis XV, en noir, allégorique, sur le titre de la Galerie française, par Gautier Dagoty le fils, 1771; in-4.
ot
. Louis XV, de face, en couleur ; in-4 (Galerie universelle).
DAGOT Y. 647
Louis-Auguste, Dauphin de France, en habit rouge: in-4 ( Galerie universelle).
. MARIE-ANTOINETTE, grand in-fol.
Cette curiosité est extrêmement rare, introuvable même. La Reine est représentée coiffée de plumes, la main gauche appuyée sur la couronne royale. La tête est de grandeur naturelle.
M. Lacroix nous en a montré une épreuve imprimée sur velours.
. Marie-Atoinette (Trait de charité de), grande pièce en largeur
gravée à la maniere noire par L.-Ch. Dagoty.
« Le 13 octobre 1734, un cerf, poursuivi par la chasse du Roi, se rua sur le » nommé P. Grimpier et le blessa dangereusement. La Reine, pour lors Madame » la Dauphine, fut au-devant de ce malheureux , le combla de ses bienfaits et » lui fit donner tous les secours nécessaires. »
Bien qu’elle ait atteint le prix de 280 fr. à la vente Béhague, cette pièce est bien loin de valoir celle que Moreau le jeune a dessinée sur le même sujet.
Rameau ; in-4, Voltaire, d’après Latour, gravé par Dagoty père; in-4.
VOLTAIRE, âgé, de face, la main droite dans son gilet ; peint par Gautier Dagoty fils, gravé par Gautier Dagoty père, avec Priv. du Roi, pour la Galerie universelle, 1772.
Portrait sinon bien gravé, du moins très-rare et intéressant au point de vue de l'iconographie voltairienne.— I1 accompagnait un Précis de la vie de Voltaire, par la Harpe, dont Grimm parle avec éloge, tout en écrasant le graveur de son dédain mérité. « M. de la Harpe, écrit-il en novembre 1772, a composé un Précis » de la vie de Voltaire pour une certaine Galerie Française dont M. Gauthier » Dagoty, graveur en couleur, justement décrié, fournit les portraits. Ce » Précis est bien fait, et comme personne ne doit se soucier d'avoir la rap- « sodie de Gauthier Dagoty on sera bien aise sans doute de trouver ce petit » morceau à part.... »
DAMBRUÜN (JEAN).
Dambrun, né à Paris en 1741, est un très-bon graveur de vignettes. Il ne va pas jusqu'à s'être fait une manière originale qui le mette hors de pair, comme un Choffard ou un Le Mire , et il se borne à traduire correctement les dessins qu'on lui a confiés , aussi passe-t-il sans être beaucoup remarqué ; Huber ne le nomme même pas; Basan, dans son travail écourté, ne peut lui consacrer que quatre lignes ; Le Blanc établit son catalogue en six articles.
Nous sommes moins pressés que Basan, et nous devons insister davantage sur ces oubliés et ces dédaignés de la gravure, sur le petit groupe d'artistes modestes, qui ont montré tant de conscience et de talent dans l’ornementation des livres. Nous disons qu'ils étaient en petit nombre , ces habiles interprètes des vignettistes, et c'est un point à faire ressortir ; les très-beaux livres à figures , les plus célèbres sont signés d'une trentaine de noms de graveurs, pas plus, et quand après avoir cité en premier lieu les têtes de colonne , les artistes dignes de porter la plume blanche, Cochin, Moreau, Choffard, Saint-Aubin , Le Mire , Gaucher, particulièrement remarquables par
DA MBRUN. 619
leur originalité, nous aurons nommé de Launay , de Ghendt , Duclos, Massard, Masquelier, Ponce et Simonet, graveurs d'une habileté consommée, puis après eux, Baquoy, Dambrun, Delignon , Delvaux , Flipart, Godefroy, Halbou, Helman, Legrand, Le Roy, Le Veau, Longueil, Patas, Pauquet, Prévost, Romanet, Rousseau, Tilliard et Trière, nous aurons à peu près épuisé la liste des graveurs qui ont dû leur réputation à la facilité, à la netteté avec lesquelles ils ont reporté sur le cuivre plusieurs milliers de compositions dues à nos incomparables illustrateurs.
Les détails biographiques nous manquent sur Dambrun, mais son œuvre important fait suffisamment connaitre l'artiste. Si la date de sa naissance est exactement 1741, comme on l’a avancé, Dambrun ne serait arrivé à quelque réputation qu'assez tard, à l’âge de quarante ans, car on ne le voit point collaborer aux célèbres livres qui ont vu le jour avant 1780, tels que ceux illusirés par Gravelot, ou bien encore l'Ovide , les Baisers et les Fables de Dorat, le Molière de Bret. Mais à partir de 1780 on lui confie travaux sur travaux, et il ne cesse pas d’être occupé jusque vers 1808, gravant un chiffre honorable de plus de quatre cents pièces.
Il exécute avec bonheur la belle estampe de /a Partie de Wisch, d'après Moreau, et de nombreuses figures pour le Vol{aire de Kehl. Plus tard, on le voit travailler au Nouveau Testament, à la Psyche in-4, et aux autres ouvrages illustrés par Moreau dans les dix dernières années du siècle. D'après Marillier, il collabore au Cabinet des Fées, aux Œuvres de l'Abbé Prévost, à l'élégante illustration des Œuvres
de Rousseau, in-12, et prend une large part à la gravure de la Bible. Il interprête aussi diverses compositions de Le Barbier, Monnet, Monsiau, etc. Mais nous pouvons passer rapidement sur ces travaux que nous indiquerons plus au long dans le catalogue. Il ne nous est pas pernis cependant d'omettre ici une pièce qui fait le plus grand honneur à Dambrun; exécutée d'après Fragonard ; la composition du Calendrier des Vieillards est l'une des plus importantes de la série des Contes de La Fontaine. Le nom de l'artiste qui a gravé cette belle vignette et la Partie de Wisch, mérite d’être conservé.
Dambrun fut visiblement un graveur attitré de Quéverdo, qui lui confiait ses estampes au dessin lourd et incorrect, comme le Repos, le Sommeil interrompu, ou le Lever de la Mariée, composition d'une facture alambiquée, servant de pendant à un Coucher de la Mariée gravé par Patas (et quin'a rien de commun avec l’estampe si connue de Baudouin), et ses vignettes, souvent médiocres , comme celles du Télémaque, mais quelquefois estimables, comme celles de {a Henriade in-4. ou de la Dernière Héloïse, ou bien encore comme les illustrations des Œuvres de Florian , in-12. Dambrun les recevait toutes gravées à l'eau-forte et les achevait d’un burin des plus polis. Presque toutes les planches de Dambrun, surtout dans la seconde partie de sa carrière, ont été commencées par des graveurs qui s'étaient fait une spécialité de ces préparations à l'eau-forte, Giraud le jeune, Pélicier, etc. Mais ce que Dambrun a produit de plus curieux, d’après Queverdo, c'est incontestablement la suite de ses almanachs.
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L'œuvre de Dambrun au Cabinet des Estampes contient une remarquable série de ces almanachs et calendriers , que Cohen a exactement décrite, mais sans reconnaitre le faire du dessinateur Quéverdo, qui pourtant saute aux yeux.
I y a là, tirées à douze par feuille, des illustrations pour les Ætrennes Galantes de 1780, relatives aux amusements de Paris et de ses environs ; — une autre série se rapporte aux marchands de Paris; /e Bon Portugal, oranges! le Bon boudin gros et salé! le marché aux fleurs, au poisson, à la volaille; marchande de chapelure à la livre, d'abricots , de crême, les écosseuses ; — une troisième suite nous montre des scènes champêtres , une autre nous fait pénétrer dans le boudoir d'une jolie femme et assister à son lever, à sa toilette , à son bain.
Puis vient une série de boutiques, confiseurs , bouquetières, etc. De là, ces almanachs, véritable microcosme de la société du XVII siècle, Monument du Costume vu par le gros bout de la lorgnette , nous transportent au Palais-Royal; les illustrations sont toujours hautes de deux pouces, mais tout y est : le jardin, la rotonde, les promeneurs se rafraîchissant au café, la galerie, le théâtre , les ombres chinoises, et même une scène étrange qui semble représenter une fille s’offrant à l'examen d'une proxénète. Cet almanach n’est point le moins curieux de la suite.
Un autre est qualifié par Cohen « représentation de » scènes amoureuses , telles que des jeunes gens » pénétrant chez des jeunes filles , et autres situations > voluptueuses. »
Lorsqu'on a parcouru cette amusante collection, on
regrette que Quéverdo et Dambrun n'aient pas produit un plus grand nombre de ces almanachs, et surtout que ces petits livrets soient d’une telle rareté.
Dambrun s’essaya dans le genre du portrait par un profil du Maréchal de Duras entouré d'ornements de Quéverdo , et remplacé plus tard sur la même planche par le profil de Mecker. La tentative ne fut pas heureuse ; le format in-fol. était trop grand pour ses moyens. aurait mieux réussi dans le portrait-vignette, tel que le Frédéric-Guillaume allégorique qu'il a gravé pour le Voltaire de Kehl.
ESTAMPES