‹ Les graveurs du dix-huitième siècleChapitre 225 sur 275 · EVE · texte numérisé non relu

EVE

Il écrivit un Nouveau système de l'Univers (1750). dans lequel il combattit le système de Newton et l'attraction universelle. Dans sa Chromagénesie , ou Génération des Couleurs, il se donna le ridicule de vouloir contester que la lumière blanche soit décomposable en sept couleurs au moyen du prisme. Il publia des ouvrages d'anatomie avec planches coloriées par son procédé, et les hommes spéciaux ne les trouvèrent pas de leur goût. Il aborda la gravure en couleur, et nous a laissé des estampes sans valeur artistique , dont on ne peut que conserver un spécimen dans une collection, à titre de curiosité, à peu près comme on garde aux Arts et Métiers le chariot à vapeur de l'ingénieur Cugnot, précurseur de nos locomotives.

C’est en 1749 que Dagoty publia sa Lettre sur le nouvel art d'imprimer les tableaux avec quatre couleurs, (le noir , le bleu . le jaune et le rouge). Nous ne connaissons guère de lui que quelques malheureuses reproductions de tableaux, un Portrait de M. Dufrény. peint par M. Coypel, gravé en couleur par J. Gauthier seul, Priv. du Roy, Rue Saint-Honore , visà-vis de l'Oratoire : une pièce représentant Apollon el le Soleil levant , composé et gravé en couleur par Jacques Gauthier, seul privilégié du Roi 1743; l'exécution, des plus gauches , laisse à peine deviner que c’est Louis XV qu’on a essayé de diviniser.

Il commença avec un de ses fils, en 1770, la publication d’une Galerie Française, ou Portraits des Hommes et des Femmes célèbres qui ont paru en France.

Deux livraisons seulement virent le jour, comprenant

DAGOTY: 645

un frontispice avec portrait allégorique de Louis XV, et les portraits de Louis XV, Louis-Augusle dauplan, Charles-Emmanuel de Sardaigne, Frédéric IT, Vollaire, d’après La Tour, un second Voltaire plus âgé, Maupeou, etc. portraits généralement signés ainsi : peint par Gauthier Dagoty fils ainé, el grave par Gauthier Dagoty père.

Jacques Dagoty mourut de chagrin, dit-on, d’avoir été rayé de la liste des membres de l’Académie de Dijon , par suite de querelles particulières , 1785.

L'article des fils de Dagoty est fort embrouillé , la Biographie Générale a essayé de le démêler, mais sans grand succès, car ses indications ne sont pas d'accord avec les signatures portées sur les pièces exécutées par eux. La question n’est pas du reste d'un intérèt palpitant.

Le fils aîné de Dagoty, que nous avons vu signer des portraits de la Galerie Universelle à côté de son père, s'appelait Lours-CHarLes. Le portrait de Maupeou est gravé par Louis Dagoty fils aine, et une allégorie ridicule, à la manière noire, sur le rétablissement de la paix, inütulée Travaux de Minerve, est dédiée au Roi, par Z. Ch. Dagoly, peintre de la Reine et de Madame. On dit qu’il commença une série des rois de France et n’alla pas plus loin que... Childéric !

Epouarp DaGory était incontestablement le second fils de Jacques, car une épreuve d’un Saint-François gravé par lui, que nous avons vue, portait la dédicace manuscrite : à Monseigneur le Duc de Charlres,peint par Vandyck et gravé en couleur par Edouard Dagoly, 2"e fils, avec Pr. du Roi, 1780.

C'est lui qui est l'auteur d'un très-singulier portrait

de Madame du Barry, et d’une Marie-Antoinette de grandeur naturelle.

Cherchant à perfectionner son art, il publiait vers 1780 une suite d’'estampes d’après les tableaux des grands maîtres, {a Vierge à la Chaise, qui est sa moins mauvaise pièce, Vénus Anadyomène, etc, et n'obtenait aucun succès. Rien de plus primitif, en effet , que l'exécution de ces grandes enluminures. Découragé par cet échec, ce qui se comprend, et « dégoûté de sa patrie » ce qui se comprend moins, il s'en alla mourir en Italie, en 1783. Les Dagoty ‘ étaient décidément de leur siècle et avaient l'âme sensible.

Suivant Le Blanc, un autre Dagoty, Arnaud-Éloi, a gravé des planches d'histoire naturelle ; il existe enfin des planches de minéraux signées : Dessinées et gravées par Fabien G. Dagoty, 5e fils. — Mais cela ne nous importe nullement.

PORTRAITS

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