DANZEL
Danzel à gravé d’autres grandes estampes , dont les plus intéressantes sont :
l'Enlèvement de Proserpine, d'après Vien.
Alexandre cédant Campaspe à Apelle, d'après Lagrenée.
le Grand-Prêtre Coræsus, désespéré du refus de Callirhoë, s'immole à sa place, assez médiocre reproduction du dramatique tableau de Fragonard, décrit et loué d’une façon si originale par Diderot.
Vénus et Adonis, d'après Berthon ; Vénus el Énee, d'après Boizot.
Une estampe dédiée à Madame de La Live, /a Laveuse d'après Greuze, est d’un burin très-clair et des plus agréables.
DARCIS (Louis).
Inspirées des procédés de gravure au pointillé de Bartolozzi, certaines estampes signées du nom de Darcis sont devenues populaires, et les sujets plutôt que la manière dont ils sont traités ont donné à son nom une certaine notoriété. Les deux gouaches de Lavreince qu'il a reproduites par son procédé favori ne sont pas parmi les plus gracieuses de ce maitre. L'Accident imprévu nous montre une jeune ouvrière recevant d'un petit commissionnaire un billet, contreordre d’un rendez-vous sans doute. Son pendant, /a Sentinelle en défaut, représente l'embarras de deux jeunes gens surpris par la mère, sujet soûvent traité dans la dernière moitié du siècle. Ces deux pièces, mollement gravées et tirées en bistre, sont dédiées au duc d'Orléans par notre graveur qui signe d'Arcis pour la circonstance.
De 1789, date un portrait in-8 du commandant de la garde nationale Marquis de La Fayelle, au bas duquel il signe Darcis de Demierre, puis pendant la Révolution, inspiré par les compositions allégoriques pourtant bien vulgaires du sculpteur Boizot, Darcis grave son Génie de la Nation Française recevant le Serment
DARCIS. 631
du Ciüoyen couronné par la Loy, in-4, puis de petites pièces en rond, l’Egalilé, la Fralernité, la Force, la Liberté, et même un nègre et une négresse avec cette légende également nègre : Moi libre aussi.
La Morale sans Réplique, la Nature, l'Innocence, sont d'après les compositions médiocres du même auteur. Darcis a encore gravé d'après quatre autres artistes, Isabey, P. Guérin, Boilly et Carle Vernet. Le Départ et le Retour, sont deux pièces sentimentales imitées du goût anglais, où le volontaire des armées de la République embrasse au départ son enfant que lui tend sa jeune femme, qu'il presse au retour dans ses bras en la couvrant de baisers.
La Brouille et le Raccommodement, d’après P.
Guérin, ne sont pas sans grâce, malgré la longueur des corps des personnages, mise à la mode par Louis David. Darcis a gravé la Solitude et l'Innocence , d’après Boilly, ainsi qu'un montreur d'animaux savants sous le nom de la Pièce Curieuse. — La Bacchante, signée du graveur seulement, mais qui semble d’après Isabey, nous donne son adresse Rue Montmartre 110 et 98, au coin de celle Notre-Dame des Vicioires.
Mais ce sont surtout ses reproductions des dessins et aquarelles de Carle Vernet qui ont fait connaître Darcis. Les mœurs du Directoire, plus encore peutêtre que ses costumes , prêtaient à la caricature , et la verve satirique du gendre de Moreau le jeune put se donner librement carrière, les sujets étant bien loin de lui manquer.
« La popularité la plus bruyante, a écrit M. Renou- » vier, accueillit le talent de Vernet au salon où il > avait exposé les Incroyables et les Merveilleuses
> qui furent gravés par Darcis et reproduits et imités » par beaucoup d’autres dans tous les formats. Ces > types ont conquis leur immortalité dans les annales » du costume et des mœurs , comme avaient fait dans » leur temps les capitans et les précieuses de Bosse, les > Mezzetins et les Coquettes de Gillot. »
Les Payables , estampe où l’on voit deux filles auxquelles un jeune homme donne de l'argent, semble de l'invention de Darcis seul, qui l'a gravée, mais l'Anglomane, la Course de Chevaux et la suite de 8 pièces de chevaux au repos ou au galop, sautant une barrière et désarconnant leurs cavaliers, achevèrent de populariser le nom de Darcis en même temps que celui de Carle Vernet.
Citons encore un Marius à Minturnes, d'après une peinture exécutée à Rome par Drouais, deux portraits en rond dans un entourage en feuilles de chêne de Brutus et de Guillaume Tell, d'après les dessins de Lethière, et dans un tout autre ordre d'idées : Le
Trente-Un ou la maison de prêt sur nantissement, estampe in-fol. en largeur ; des compositions pitoyables de Mouchet, l'Ilusion, Couchez là, le Réveil importun; et enfin un petit sujet risqué : une dame surprise en train de faire sa toilette intime, pièce en
couleur intitulée Qui est là ?
DAUDET 'Rogerr\
Robert Daudet! Voilà un nom que l'on rencontre presque à chaque page du Journal de son maître Wille, et certes le jeune élève avait su conquérir et conserver son affection, car depuis le 16 du mois d'octobre 1766, jour où Wille inscrit : « M. Daudet > de Lyon est entré chez moi en qualité d'élève ; son > père était marchand d’estampes à Lyon », les mentions telles que celles-ci : « J'allay à la Comédie- > Française. J'y menai MM. Pariseau et Daudet mes » élèves », ou bien « J'allai à la Comédie-Italienne > avec mon fils Frédéric et M. Daudet » , ne se comptent plus.
D'autres fois, le graveur conduira son élève au mariage de Chéreau, aux ventes de tableaux, d'estampes, ou bien il le mènera souper chez Basan, ou voir les préparatifs du feu d'artifice sur la place Louis XV, à l'occasion du mariage du Dauphin avec Marie-Antoinette d'Autriche, visiter la collection d'objets d’art laissés par Boucher ou par Michel Van Loo, et le chargera de lui acheter des dessins ou des peintures : tout cela entremêlé de soupers et de promenades.
Daudet, élevé au milieu des eslampes dans la bou-