MIROMÉNIL (A.-T. Hue de); in
Petit portrait finement gravé. A rapprocher de celui de Moreau, gravé par Le Mire.
10. POMPADOUR (Madame de). — La Belle Jardinière, Mme de Pompadour. — Gravé d’après le Tableau origiral qui était au Château de Bellevüe, et qui se trouve aujourd'hui en la possession de M. Fontanel, associé honoraire et garde des dessins de l’Académie de Montpellier. — A Paris, chez Basan et Poignant, rue et Hôtel Serpente.— Grand in-4.
Elle est représentée de trois quarts, tournée à droite, à demi-décolletée et coiffée d’un chapeau à larges bords, La main gauche tient une fleur, un panier de fleurs est passé au bras droit. Le fond de la composition est un paysage.
L'eau-forte pure, très-chaude et d'une grande clarté, est traitée tout-à-fait dans la manière d'Augustin de Saint-Aubin. (Collection de MM. Béraldi).
LE
19 état. Avant la lettre. — Dans cet état, la planche est très-harmonieuse de ton (500 fr. vente Behague 1877).
2° état. Avec la lettre.
Les portraits de Madame de Pompadour sont peu nombreux. Les meilleurs et les plus connus, en dehors de la Belle Jardinière d'Anselin, ont été gravés :
Par Watson, d'après Boucher, à la manière noire ; in-4.
Par Augustin de Saint-Aubin, de profil à droite, 1761 ; in-8.
Par Littret, de profil à gauche, médaillon entouré de fleurs, avec un flambeau, 1764; in-4.
Par Le Beau, d’après Nattier, de face, en nymphe, ornements de Queverdo; in-8.
Par Cathelin, d’après Nattier, de face, en nymphe ; in.
ROUSSEAU (Jean-Baptiste\, d’après Aved ; in-8.
Ce portrait, qui figure en tête des Œuvres de J.-B. Rousseau , Paris, Remond et Poignée, 1795 , fig. gravées sous la direction d’Anselin, est toujours avant la lettre.
ARRIVET.
On sait peu de chose sur ce graveur de la fin du xvin' siècle. Il a collaboré à la gravure des Fables de Dorat, mais bien peu, pour un en-tête et un cul-delampe seulement, ceux de la fable le Jet d'eau et le Réservoir (1773), qui ne sont pas des plus saillants.
Le nom d’Arrivet se retrouve aussi sur un élégant petit en-tête qui figure au commencement des Quatre heures de la Toilette des Duines, poëme érotique, (c'est le titre du livre qui le dit) dédié à Son Altesse sérénissime Madame la princesse de Lamballe (Paris, Bastien , 1779, in-8), et sur le grand cul-de-lampe qui termine le livre. C’est bien à tort, selon nous, que l’on veut voir le portrait de la princesse dans la tête placée à la partie supérieure de cette petite composition.
Le catalogue de Le Blanc mentionne, au nom d’'Arrivet , six frontispices pour le Petit Atlas martilime, une vignette pour l’Aflas de Corse, par N. Bellin , et une vignette pour le plan de la Bataille de Johansberg, 1766.
Nous relevons un frontispice agréablement historié dans le goût de Choffard, et signé Arrivel inv. et
sculpsil, en tête d’une Descriplion du Golphe de Venise et de Morée , 1771 , in-4.
Vous aimez la vignette ? on en mettra partout. Telle semble être la devise du xvin‘ siècle. Le Dépôt des cartes et plans de la marine publia, à partir de 1737, une ydrographie française, ou recueil de cent cartes dressées par M. Bellin, ingénieur hydrographe; la plupart de ces cartes ont leurs titres ornés de cartouches d’un élégant style rocaille, dans le goût de ceux de Choffard. L’ornement de la grande feuille de titre de cet atlas, porte : Arrivel delineavit et sculpsit 1765. M. Henry Lacroix nous l’a montré avant la lettre.
Entre autres frontispices dont il semble avoir eu la spécialité , il faut citer celui d'un très-curieux livre intitulé : Les Costumes françois représentans les différens états du Royaume, Paris, chez Le Père et Avaulez, marchands d’estampes (1776) in-folio.
Nous avons vu plusieuts cariës de visité historiées , etadresses, signées d’Arrivet. Une des plus jolies est celle de Sergent fils, maître imprimeur en laille douce , rue des Noyers, belle adresse in-8 dans un encadrement Louis XVI orné: Arrivet del. et sculp. M. Loizelet nous a obligeamment communiqué une autre très-jolie adresse, formée d'un petit cadre enguirlandé de fleurs, tout-à-fait dans la manière de Choffard. A la partie supérieure, une minuscule vue du donjon de Vincennes : Ayrivel fecit. Nous ne savons quelle est cette adresse , l'épreuve qu’on nous a montrée étant avant la lettre.
À notre avis, d’ailleurs , les cartes de visites et les adresses, contrairement aux autres gravures, sont préférables en épreuves avec la lettre.
ARRIVET. 37
Dépourvues de leurs légendes généralement amusantes, naïves ou emphatiques , les épreuves avant la lettre nous paraissent perdre une grande partie de l'intérêt que provoque ce genre de petites pièces.
Une autre adresse d’Arrivet est celle où l'on lit que le S' de Présolle, entrepreneur d'armes et équipements des troupes du Roy continue toujours s'est (sic) entreprises pour les dattes troupes ; les officiers trouveront chez lui les modèles de leurs régiments soi Casques, Cuirasses, Bonnets de grenadiers el autres armements el équipements millaires..… Il demeure rue du Four, en entrant par celle Saïnl- Honoré. Arrivet del. et sculp.
Le frontispice et quelques planches du Sacre de Louis XVI, par Patas, sont entourés d'un encadrement qui porte la mention Ayrrivel fecit ornamenta.
Dans les Vues d'oplique, gravures grossièrement coloriées et destinées à être regardées dans une sorte d'appareil dioramique, nous trouvons , avec la signature d’Arrivet, une pièce amusante et d'une facture relativement soignée, le Grand Cajjé d'Alexandre sur les Boulvards de Paris ; la légende est traduite en latin comme ceci: Major taberna Cajje Alexandri, in majori ambulalorio Lulæhiæ vulgo Bouleard.
AUBERT (Mricuez).
« Michel Aubert, mort à Paris à la fleur de son âge, en 1740», a écrit Mariette, ordinairement si bien renseigné, dans son Abecedario. Nous sommes fâchés de contredire le grand écrivain d'art , mais nous adopterons plutôt comme date de sa mort celle de 1757, qui s'accorde mieux avec sa collaboration à la gravure des Fables de La Fontaine, d'après Oudry (1755) et à d'autres ouvrages de la même époque. Né vers 1700, Aubert est un de ces graveurs sans grand accent et dont les œuvres dépourvues de cachet personnel ne demandent qu’une sèche nomenclature.
I a laissé, en fait d’estampes, plusieurs planches d’après Rubens, où il a imité, mais sans succès marqué, le style de Gérard Audran, un Saint Georges proslerné devant la Vierge et l'Enfant Jésus, d’après le Parmesan , pour la Galerie de Dresde, Vénus el l'Amour, Naissance d'Adonis et Mort d'Adonis, d'après Boucher, estampes d’où ce peintre a tiré plus tard les compositions qu'il a données sur les mêmes sujets pour les Métamorphoses d'Ovide , La Naissance de Vénus, d'après Jeaurat, et une suite de quatre