‹ Les graveurs du dix-huitième siècleChapitre 28 sur 275 · AUDOUIN (PIERRE · texte numérisé non relu

AUDOUIN (PIERRE

Pierre Audouin, né à Paris en 1768, reçut des leçons de Beauvarlet. Atteignant l’âge d'homme à la Révolution, il s'essaya par les portraits obligés de Louis XVT, Necker, Mirabeau, in-fol., d'une exécution timide et molle. Il montra plus tard une main mieux assurée dans un portrait in-4 de La Fontaine , commencé à l'eau-forte par Pauquet, et qu’il termina en l’accompagnant d'une scène tirée de la fable {e Staluaire et la Statue de Jupiter, portrait qui se joint à la suite des figures de Moreau pour la Psyché de Didot, 1795; dans les grands portraits de Bonaparle, 17 consul de la République française, avec une vue de la bataille de Marengo, par Duplessi- Bertaux; de l'Archiduc Charles avec une scène gravée par Garreau, d'après Swebach; de Moreau, général en chef de l'armée du Rhin, orné d’une vue de la bataïlle de Hohenlinden, par Duplessi-Bertaux , de Napoléon I‘, avec la bataille d’Austerlitz par le même.

On a encore d’Audouin les portraits in-4 d'Elleviou, dans Maison à vendre; de Martin, secrétaire du théâtre royal de l’Opéra-Comique, de Madame Bou-

langer, dans Aline Reine de Golconde; et de Madame Saint-Aubin , dans Ambroise, ou Voià ma Journee.

Audouin contribua à l'exécution du Sacre de $S. M. l'Empereur Napoléon; il était, en 1810, graveur de Madame Mère, et membre de l’Académie des Arts de Vienne.

Les derniers portraits qu'il ait gravés, pendant la Restauration , sont les meilleurs de son œuvre : il faut citer la série des portraits de la famille royale : Henri IV: Louis X VIII; Monsieur (depuis Charles X); le Duc d'Angoulème ; la Duchesse d'Angoulème ; le Duc de Berry, et surtout celui de Marie-Caroline- Ferdinande-Louise, Duchesse de Berry, née à Naples ie 5 novembre 1798. Elle est représentée de face , sur un fond de paysage, coifflée d’un chapeau à larges bords et. à plumes, sous lequel passent les cheveux bouclés sar le front; la robe est serrée à la taille, à brandebourgs avec trois rangs de boutons ; un bouquet de fleurs est passé à la ceinture , ainsi qu'une montre. Il existe des épreuves avant la dédicace au comte d'Artois.

Citons encore Alexandre I, empereur de Russie, dédié à Louis XVIII, in-f., ie Comte Razoumowskt, le comte Suchet, Wellinglon, in-4, et un petit médaillon de Gluck (Il me guide el me désespère), de M Vigée Lebrun, in-4.

Audouin a gravé d’un burin assez clair plusieurs reproductions de tableaux pour le Musée français et autres publications de ce genre. On voit là qu'il avait été formé par un maître habile.

Ïl fut moins heureux dans l'illustration du livre ; ses

Page 1