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son burin est moelleux, souple et hardi, et l’on remarque (ans toutes ses estampes une correction de dessin et une simplicité de moyens qui les font aisément distinguer des pièces de son neveu Benoît, eme du nom. »
LES AMOURS PASTORALES DE DAPHNIS ET CHLOÉ, par Longus, traduites du grec par Amyot. Paris, Quillau, 1718 ; in-8. — ji frontispice par Coypel, 28 figures par Philippe d'Orléans, régent, gravées par Audran. — Deuxième tirage des figures dans l'édition de 1745.
Faisons remarquer en passant combien la bibliophilie est capricieuse, et combien la réputation de certains livres est usurpée ou demeure étrangère à la question d'art. Le Daphnis et Chloé du Régent n'est remarquable ni comme composition, ni comme gravure; c’est assurément au sujet, au format et au nom des auteurs que le livre a dû son succès. Si l'on peut s'exprimer ainsi, c'est un livre de bibliophile, non d'iconophile.
Le même Daphnis nous fournira des exemples de la variété de prix que peut atteindre un même ouvrage, suivant sa condition. Cohen estime un éxemplaire ordinaire 250 à 300 fr. Mais l'exemplaire de la vente Brunet, chef-d'œuvre de Padeloup, a été vendu 7,000 fr. — Et récemment, le Tout Paris bibliophile vient d'être mis en émoi par l'acquisition, au prix de 13,000 fr., d'un exemplaire du Daphnis et Chloé aux armes d'Orléans, qu'on doit supposer avoir appartenu au Régent lui-même. Ce qu'on paie si cher dans ce cas, ce n'est pas, seulement, la beauté spéciale des épreuves, c'est le nec plus ultra, le comble, — si ce mot peut encore s'employer sérieusement — de la curiosité.
Mais nous nous permettrons un conseil aux amateurs : en matière de livres à figures , c’est une règle à peu près absolue qu'on ne peut avoir à la fois une belle reliure du temps et des épreuves de choix ou de remarque, avant la lettre, eaux-fortes, tirages hors texte. Il faut presque toujours sacrifier l’une ou l’autre chose, les reliures de luxe ayant élé généralement exécutées sur des exemplaires ordinaires comme figures. Sans quitter le livre qui nous occupe, nous voyons, par exemple, dans les collections de deux de nos amis : d’un côté un exemplaire du Daphnis avec figures de la plus grande beauté, choisies par Chastre de Cangé, valet de chambre du Régent : la reliure est ordinaire; de l'autre, un exemplaire d'une reliure sémillante et d'une fraîcheur exquise, avec des armes célèbres se prélassant au milieu d'une large dentelle, qu’accompagnent des paniers, des fleurs, des carquois, des cœurs enflammés, des oiseaux qui se becquètent, des moutons, des bergers avec des houlettes enrubannées. .. Ce chef-d'œuvre, devant lequel le bibliophile tombe en arrêt, n'a que des épreuves de troisième tirage, 1757. Chacun des deux exemplaires a son mérite spécial. — 11 faut donc choisir : ou la reliure, ou la gravure.
. MOLIÈRE, d'après Mignard ; in-8.
Petit portrait très-estimé des bibliophiles. Les belles épreuves en sont trèsrares.
AUDRAN (Benorr IT).
Ce graveur, né à Paris en 1700, est fils de Jean Audran et son élève ; moins habile que ses ancêtres , Benoît Audran « se servait de tailles entremêlées de » petits points et de petits traits courts. » On distingue donc fort bien, par la manière de graver, ses estampes de celles de son oncle, dont il portait le prénom et dont il était probablement le filleul, encore que la plupart d'entre elies portent l'adresse de Fr. Chereau, lequel ne devint éditeur qu’en 1729, c'est-à-dire huit ans après la mort de Benoit, premier du nom.
L'œuvre d’Audran est remarquable par une série de scènes de mœurs d’après Watteau, dont ilnous semble avoir tout particulièrement saisi et rendu le caractère. La manière du maître éclate, pour ainsi parler, dans des estampes, comme l'Amour désarmé, presque complètement gravée à l’eau-forte, le Printemps, le Concert champêtre, le Passe-Temps, la Surprise, etc.
Parmi ses portraits, il faut citer celui du Père Bern. de Montfaucon, à Paris, chez l'auteur, rue St-Jacques, à la Ville de Paris ; celui de l’Abbe Gouget; celui de Louise Cavelier-Levesque, d'après Frenken ; un beau
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portrait à l’eau-forte du Frère Blaise, portier des feuillants, d’après de Troy, et celui de son oncle, Benoist Audran, d'après Vivien, pour la suite d'Odieuvre.
Benoît II a gravé, d’après Pater , une pièce pour la suite du Romant Comique, celle où Ragotin déclamant des vers, des paysans le prennentpour un curé qui prêche. — Fronüspice et vignette pour l'Æcole de Cavalerie de La Guérinière, 1733 et 1754. — 6 pièces d'Orfèvrerie d'Eglise, d'après J.-A. Meissonnier, gravées avec Huquier. —? vignettes d’après Eisen.— Enfin 22 planches pour la suite de Figures de différents caractères dessinées par Antoine Watleau, gravées à l'eau-forte.. à Paris chez Audran, en son hôtel Royal des Gobelins et chez F. Chereau (vers 1735). — in-fol.
Benoist IT Audran est mort en 1772.—Le Blanc donne un catalogue de son œuvre en 9%5 articles. Nous énumérons les pièces les plus intéressantes à notre point de vue spécial.
ESTAMPES