BELJAMBE
Citons encore le Courageux Joseph Chrétien, àgé de dix-sept ans, comblé d’honneurs et des bontés du Roi, pour avoir sauvé trois enfants près de périr sous la glace dans la pièce des Suisses, à Versailles, le 27 décembre 1785, dessiné et gravé par Beljambe au pointillé, in-8 ;
Le vertueux Joseph Cange, commissionnaire à Saint-Lazare, d’après Legrand, avec cette épigraphe : Un acte de verlw vaut lous ceux du génie. Gette gravure fut présentée à la Convention ;
susdts payemens comme seul chargé de la recette et dépense. 3° que le ST Dejabin pourra faire avec les artistes et ouvriers à ce nécessaires avec les mds et le public tous marchés et conditions possibles et raisonnables sans avoir besoin de prendre l’avis dudt $' Beljambe pour ne causer aucun retard dans les opérations et ventes. Mais sera tenu le S' Dejabin d’avoir des régistres en nombre suffisant aux frais de la régie pour y inscrire les recettes et dépenses ainsi que les marchés et conditions ci-dessus dites. 40 que le S' Beljambe sera libre de vendre ou faire vendre pendant l’année des livraisons de ces mêmes portraits qui lui seront remis sur le pied de trois livres qu'il sera tenu de remettre au dit Sr Dejabin pour être employé aux depenses nécessaires sans que le dt S' Beljambe soit tenu de rendre aucun compte du prix qu'il les aura vendu au-delà desdtes trois livres. 5° que la recette pendant l’année continuera de servir aux payemens des artistes et ouvriers employés à la dite entreprise ainsi qu'aux achats de cuivre, papier etc. à ce nécessaires. 60 que le S' Dejabin sera libre envers les artistes et ouvriers de donner quelques pourboires dont le montant sera porté en dépense sans être tenu d’en représenter les quittances pourvu que chaque pourboir n'excède pas trois livres et qu'il n’y en ait pas deux par mois pour la même personne. 7° Tous les trois mois il sera fait état net en recette et dépense jusqu’au 1°" mars de l'année prochaine que devra se dissoudre la présente association. »
Suivent les dispositions relatives au partage des recettes, les signatures des deux contractants et des reçus de Dejabin et de Beljambe. Le dernier est daté de Paris, le 12 mai 1790.
Cette pièce a été acquise à la vente Benjamin Fillon et fait partie de la collection Portalis.
L'infortuné aéronaute, Pilastre du Rozier, in-8 à Paris, chez Beljambe:
Pilâtre dont le nom volera d'âge en âge,
Par son audace heureuse étonna l'univers ;
A l'amour de la gloire il dut tout son courage Qui le fil, le premier, s’élancer dans les airs.
Mile Desgarcins, actrice, d'après Monnet ;
Adresse de son père (?) Beljambe, coulelier à Rouen, d’après Monnet , in-8.
Beljambe a demeuré rue des Petits-Augustins, n°3, près celle du Colombier et rue des Fossés M. le Prince, 28, maison du Ciseleur, vis-à-vis l'image de St-Louis. Il était lié avec Choffard , car nous avons sous les yeux un portrait de La Rochefoucauld , gravé par ce dernier, portant la dédicace manuscrite 1° Epreuve donnée à Beljambe par l'auteur.
BENAZECH.
Il y a deux graveurs de ce nom : PIERRE-PAUL BENA- ZECH, né en Angleterre vers 1744, élève de Vivarès, que Basan dit être venu quelque temps à Paris, et qui a gravé avec goût et intelligence des paysages d’après Dietrich, estampes dont on loue la belle exécution et l'effet pittoresque : les Roches, avec des pêcheurs, des bergères , des fortifications ruinées , /a Nappe d'eau, où l'on voit des jeunes filles jouant sur le bord d’un canal, a Montagne percée, avec une bergère qui file assise près de ses moutons, {a Ferme ruinée ; — d'après Pillement, {a Laitière , le Port aux barques ; — et d'après Vernet, {a Belle matinée, Mer calme, Vaisseau foudroyé, la Pêche à la ligne, Retour de la Pèche à la ligne, ces deux dernières estampes gravées en 1771 et dédiées, la première, au prince de Salm-Salm et la seconde, au prince Louis de Rohan- Guéménée. P. P. Benazech a encore exécuté d’autres planches pour le fonds de Basan, telles que : Environs de Birmingham, Vue du village de Birmingham, Vue d'un pavillon d'été dans le parc de Richmond, d'après Chatelain; Campagne de Rome, Pyramide de Sextus, d'après Locatelli, etc.
CHARLES BENAZECH, également né à Londres, fut graveur à l’aqua-tinta. Nous citerons de lui un joli titre pour les Consolations des misères de ma vie, ou Recueil d'airs, romances et duos par J.-T. Rousseau, Benazech del. et sculp. 1781, in-4. C’est une jeune mère qui fait orner de guirlandes de fleurs, par ses enfants, le buste de l’auteur d'Emile. Au dessous de cette composition, lavée avec assez de soin, est un motif d'ornementation, encadrant une très petite vue du tombeau du philosophe. — Un portrait de Vieëllard, C. Benazech filius delin.
Chærles Benazech a fait aussi de la peinture et c'est d'après ses tableaux que Cardon a gravé {a Séparation de Louis X VI et de sa famille et Louis X VI au moment de son exécution assisté de son confesseur Edgeworth, in-fol. en largeur.
Il faut croire que les lauriers de Debucourt empêchaient Benazech de dormir, car il chercha trèsvisiblement à imiter la manière de cet artiste, qui cependant était dans son genre un inimitable, dans deux pièces en couleur: le Prix de l'Agriculture, dédié et présenté à Madame la Marquise de Montholon par son très-humble et très-obéissant serviteur Benazech , et le Couronnement de la Rosière, dédié à Madame la Comtesse de Malaissye ; in-fol. en largeur A, P.b. À
BENOIST (GuiLLAUME - Paicipre).
Benoist (Guillaume-Philippe), né dans le diocèse de Coutances, en 1725, mort à Paris vers 1800. Son œuvre, peu important, comprend quelques petits portraits de Montesquieu, d’après la médaille de Dassier, de Diderot, d'après Greuze. — Vollaire à J0ans, Vollaire à 70 ans. — Pascal. — Newton. — Galilée. — Haller. — Rameau, in-4. — Pope. — Hue de Miroménil. — Le peintre Aved. — V.-F. de Brogle.
Les meilleurs portraits de Benoist sont ceux de M! Clairon, de profil très-finement gravé en médaillon d'après une cire, de Louis-Auguste Dauphin et de Marie-Antoinetle Dauphine, de profil, in-8, et du comédien bouffon, Carlin Bertinazzi, qui ne fut pas lui-même étranger à l’art de la gravure, car un petit paysage, de 103 mm. sur 98, et que le manuel de Le Blanc donne comme rare, porte la signature Carlin fec. Benoist a gravé un certain nombre de portraits pour la Vie des peintres Flamands de Descamps (Paris, Jombert, 1753-1764); c’est dans le tome IV qu’on les rencontre. Les portraits de Van Nymégen, de Pool, de Corneille Troost, de Weyer-
man, de J. de Wüt, de Roëpol, sont loin de valoir leurs voisins , gravés par Ficquet.
I y a un autre graveur du même nom, Antoine Benoist, né à Soissons en 1721, mort à Londres en 1770. Est-ce de ce Benoist que Heinecken a dit qu'il était chantre à St-Etienne , mais qu'il changea d'état et s’appliqua à la gravure ?
Antoine Benoist a gravé à l’eau-forte des petites vues de batailles, Fontenoy, Lawfeld, Raucoux, Woude, etc.
Plusieurs petits portraits des généraux de la Révolution, Hoche , l'Archiduc Charles, gravés au pointillé de couleur, sont signés Benoist fils.
Enfin, Marie Guilhehaine Leroux de la Ville, femme Benoist, née à Paris en 1768, morte en 1826, élève de Mr: Lebrun et de David, qui « peignit le portrait avec » succès, obtint en l’an XII la médaille de première » classe et eut la commande de tous les personnages > qui ont l'habitude des trois étoiles dans les livrets >» des expositions etle monopole des portraits impé- > riaux demandés par les départements, » s'essaya à la pointe dans quelques ouvrages où sont jetés des figures allégoriques et mythologiques, des bustes et des griffonnements. Renouvier trouve à ces essais « plus de davidisme que de correction. »
BERGER (DanreLr).
Daniel Berger, qui est en Allemagne le graveur accrédité de Chodowiecki, comme Bartolozzi l'est en Angleterre de Cipriani , est né à Berlin le 25 octobre 1744. Il reçut les premières leçons de son père, Frédéric Gottlieb Berger , et travailla quelque temps sous la direction de Schmidt.
Heinecken regrette que Berger, avec tant de dispositions pour devenir un très-habile graveur, ait « étouffé son génie » en se confinant dans l’ornementation des almanachs et des livres. On ne peut partager ce sentiment en examinant son œuvre. Ce graveur s'était fait une petite manière expéditive, spirituelle, mais maigre, qui peut convenir aux vignettes ou aux très-pelits portraits, maisne saurait s'appliquer à l'estampe. Dans la vignette, Berger reste encore aussi loin des bons graveurs du genre, les De Launay , les De Ghendt, les Baquoy, etc., que Chodowiecki lui-même approche peu des Moreau ou des Marillier.
Berger est mort en 1824, laissantun œuvre considérable , qui passe mille pièces. Il en a été publié un catalogue en 1792, à Leipsig , comprenant 800 articles,
dont beaucoup sont de plusieurs feuilles, surtout des almanachs par série de douze sujets.
La pièce la plus considérable qu'il ait gravée est la grande estampe de /& Mort de Scmoerin, tué à la bataille de Prague le 6 mai 1757, d'après Frisch.
Berger usa non-seulement de la pointe et du burin, mais encore de la manière pomtillée anglaise, et il fut le premier qui ait tiré à Berlin des épreuves en couleur de ce genre de gravures.
Parmi ses vignettes, les plus connues et les plus recherchées de nos bibliophiles sont celles qui se rapportent à l'Histoire de Don Quicholte, et à Werlher, notamment les portraits de Werther et Charlotte, ornés de petites scènes tirées du roman. Chacun de ces portraits est reproduit trois fois avec des scènes différentes , soit en tout une série de six pièces : les têtes de Werther et Charlotte ont été reproduites en France par Copia.
Berger a gravé à nouveau, où mieux copié un grand nombre de vignettes de Chodowiecki. Son œuvre contient aussi de nombreux portraits ; il convient de choisir parmi eux, ceux qui joignent à l’agrément de la gravure le mérite de représenter des personnages marquants : Catherine II et sa farrulle, in-fol. en largeur, le Comte de Hertzberg, in-4, Stüberschlag, Rabener, Moses Mendelsohnn, Reclam, ioaillier, Madame Preisler, M" Dœbbelin, Salomon Gessner, Paoli, etc., in-8 ou in-12 ; F. G. de Seydlitz, général, d'après Frisch, dédié à toute la cavalerie prussienne, par D. Berger, grand in-fol.
Nous appellerons plus particulièrement l'attention sur les portraits suivants :
BERGER 463 1. ALBRECHT (Sophie); in-8,
2. CLATRON (Mademoiselle), de profil à droite, agréable réduction du portrait gravé par Schmidt d’après Cochin ; in-8.