La Galaisière, in-fol., non signé
44. Catherine-Françoise Deschamps, femme de Beauvarlet, a gravé plusieurs estampes d’après Saint-Quentin : Baigneuses surprises, la Bergère craintive, la Petite Pleureuse, et d'après Greuze, la Cuisinière, la Marchande de Harengs, et une petite pièce où sont plusieurs portraits d'hommes avec la devise Longè et Prop.
BEISSON (FRANGÇoIS-JOSEPH-ÉTIENNE).
Beisson , l'un des graveurs employés par Pierre Didot, à la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci, pour ses grandes publications, et qui a eu l'honneur de graver Prudhon sans le trahir, et même de collaborer à ses côtés sans le déparer, est né à Aiïx. Il prit à Paris les conseils de Wille, mais il est plus que probable qu'il passa auparavant
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at œroyanr da ot. graveur de Marseille, d'après lequel il a exécuté un Messager d'amour (1787) etun portrait de Catherine IT, sur le dessin fait par ce peintre d’après le buste de Houdon, et par l'atelier de Gibelin, peintre d'Aix, dont il a gravé également une composition.
À part deux portraits de Voltaire, l’un d’après Latour et l’autre sur le dessin de Moreau, reproduisant le marbre de Houdon, Beisson a surtout gravé des portraits de révolutionnaires :
Camille Desmoulins, député à la Convention Nationale, peint d'après nature, par Boze, à la Conciergerie, médaillon rond dans un encadrement carré avec tablette , in-8. Ce portrait, finement exécuté , est fort rare et précieux par son authenticité. Avec le
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délicat portrait gravé au pointillé par Tassaert et la gravure grossière de Bonneville , c’est à peu près tout ce qui a été fait sur Camille Desmoulins ;
Mirabeau et Marat, d'après Boze. Ge dernier fut peint d’après nature, en avril 1793, et gravé en messidor de l'an 11. La triste effigie, dont l'expression est parlante, au dire des amateurs, était annoncée ainsi dans le Moniteur de l'an 11 : « Cette gravure, > faite d'après le seul portrait peint d’après nature, du >» vivant de Marat, réunit la plus brillante exécution , > une manière ferme et vigoureuse, à la ressemblance > la plus frappante, ce qui doit rendre ce portrait pré- » cieux aux amateurs de l’art et de la liberté. »
Reposons-nous de cette physionomie hideuse et qui, véritablement, n’a rien de si « précieux » devant les suaves compositions de l'enchanteur Prudhon. Il est difficile d'imaginer quelque chose de plus aimable que cette illustration de l'Art d'aimer, de Gentil-Bernard (1797). La première figure, gravée par Beisson , intitulée : Choisir l'objet 1, représente une jeune femme debout, offrant au choix d'un jeune homme assis des cœurs enflammés, pieux, aimants et blessés , entre lesquels il semble , avec raison, hésiter. Dans la seconde, qui nous paraît moins heureuse, le jeune amant presse sa compagne aux yeux baissés , debout devant lui. Sans valoir l'exécution de la troisième planche , qui a été gravée par Copia, ni surtout celle de Plwosine et Mélidor qui suit etqui est de Prudhon lui-même , le travail de Beisson est estimable. Il ne
1 Ces appellations proviennent de ces deux vers du poëme :
Voici Les lois qu'un amant peut our :
Choisir l'objet, l'enflammer, en jouir !
s'est pas servi à la vérité du pointillé, qui rend si bien le travail grenu et enveloppé de son modèle, mais son burin est suffisamment habile et moëlleux et le graveur ne fait pas trop mauvaise figure à côté de ses deux redoutables voisins.
Beisson a aussi gravé plusieurs des figures du Temple de Gnide, de Montesquieu, d'après les dessins de son compatriote Peyron (1796); et les figures des tragédies de Mithridate, d'après le même artiste, pour la grande édition des Œuvres de Racine (1801). Les modèles créés sous l'inspiration immédiate de David étaient bien froids. Pouvait-on demander plus de chaleur à leur interprète?
Quand nous aurons dit que Beisson a gravé plusieurs planches, d’après Percier, pour Æoratii opera, (excudebat Didot, natu major. 1799 , in-fol.) ; une Sainle-Cécile, d'après Raphaël, et un David vainqueur de Goliath, d'aprèsle Guide pour le Musée français, de Robillard et Péronville, une Vrerge et un Bacchus, d'après le même maître, et beaucoup d’autres planches pour la Galerie de Florence dont il devint, dès 1789, l'un des graveurs attitrés, enfin qu'il a laissé un portrait de Paësiello, d'après Mr Vigée-Lebrun, d'une exécution très-fine, nous serons bien près d’avoir épuisé son œuvre.
N'oublions pas pourtant de mentionner une estampe, d’après Peyron , qui lui fit honneur, {es Jeunes Athéniens el Athéniennes tirant au sort pour être livrés au Minolaure (1806); enfin la Suzanne au bain, d'après Santerre , estampe exposée en 1814.
Beisson demeurait rue Beaubourg n°272. Il est mort, suivant Gabet, en 1820.
BELJAMBE (PiERRE).
Beljambe est né à Rouen en 1752; il fut employé à graver des tableaux de la Galerie du Palais-Royal: d'après Michel-Ange, une Sainte famille ; Suzanne surprise au bain, d'après Le Guide, Za Circoncision, d'après J. Bellin, etc., et produisit des estampes dans le goût de la fin du siècle: les Jeux de l'Amour et les Promesses de l'Amour, d'après Mallet, a Petite Nanelle, d'après Greuze, Psyché et l'Amour, d'après Renaud. — Ah ! si je le tenais! — Je l'en ralsse ! (c'est une jeune fille qui fait la nique à un vieillard), d’après Danloux : on ne se douterait pas, à leur titre badin, que ces deux sujets ont été exposés en 1793. — Finis, Pierrot, si l'on nous voyail ! — Ah! ah ! je vous y prends ! petites pièces ovales, d’après Mongin , non des meilleures. — Coucou, d’après Le Roy. — L'Héroisme de l'amour, d'après Cauvet.
N'omettons pas, comme échantillon du mauvais goût poussé à son paroxysme , une estampe, d’après Mallet, Jeune dame sacrifiant son lait à l'amour. Dans un parc, deux jeunes femmes se dissimulent soigneusement sous un parapluie ; l’une d'elles, pressant son sein, fait jaillir un jet de lait dirigé assez
indécemment sur une statue de l'amour placée à plusieurs pas de distance. Voilà à quelles plates inepties on arrive quand on se torture l'imagination pour être grivois toujours et quand même.
Parmi les portraits gravés par Beljambe, il faut citer ceux d’un grand nombre de députés à l’Assemblée nationale de 1789, au nombre desquels on remarque celui de Maximilien de Robespierre , député d'Artois, d’après Gros , in-8 ; Bailly, d'après Monnet, portrait orné , au pointillé en couleur, in-4, avec la légende :
Pour un nouveau talent une palme nouvelle.
ainsi que ceux du Marquis de Beauharnais, du Marquis de Zancosme, du baron Wèmpffen, etce….., portraits exécutés pour la Collection Dejabin ou Collection complèle des Portraits de MM. les Députés de l'Assemblée nationale de 1789, à Paris, chez le sieur Dejabin, m* d'estampes et édüeur, piace du Carouzei, n° 4.
Beljambe était intéressé, d’ailleurs, dans cette entreprise, pour un huitième, ainsi que nous l'apprend le contrat passé entre Dejabin et lui, que nous reproduisons plus bas f.
1 « Nous soussignés sommes convenus de ce qui suit savoir moi Dejabin seul et unique propriétaire de l’entreprise en gravure de la collection des portraits de MM. les Députés reconnais avoir volontairement associé pour un huitième dans madte entreprise Monsieur Beljambe aux conditions suivantes : 1° que mondit Sf Beljambe remettra à moi Dejabin une somme de quinze cents livres dans le courant de ce mois et dont je reconnais avoir reçu comptant celle de six cents livres pour être employé aux payemens faits et à faire pour ladte entreprise. 2° que l'argent de la vente et des souscriptions reçus soit par le neveu du S' Beljambe, soit par moi Dejabin sera par ce dernier employé aux