‹ Les graveurs du dix-huitième siècleChapitre 69 sur 275 · BERVIC (JEAN-GUILLAUME · texte numérisé non relu

BERVIC (JEAN-GUILLAUME

Le véritable nom de Bervic était Balvay et ses vrais prénoms Charles-Clément, mais adoptant un surnom de son père, ilsigna Bervic, et par suite d’une substitution de prénoms avec un enfant inscrit immédiatement avant lui sur les registres de la paroisse , auquel on avait donné les siens, il dut, par suite des difficultés qu'il éprouva à faire rectifier cette erreur lorsque plus tard on s’en aperçut, garder ceux qui ne lui appartenaient pas.

Donc le fidèle gardien des grandes traditions de la gravure française et son lien naturel entre le XVIII et le XIX° siècle, Jean Guillaume Bervic, naquit à Paris le 23 mai 1756. Les hâtives dispositions que lon signale à l'aurore de la plupart des artistes se manifestèrent chez lui avec une intensité particulière. Regnault-Delalande et Quatremère de Quincy, ses biographes, ont tour à tour raconté, qu’étant enfant, le hasard fit tomber sous ses yeux quelques dessins qui l'éclairèrent subitement sur sa vocation et que sa famille, désespérant de vaincre l’inclination qu le portait vers les arts, lui fit donner d’abord quelques leçons de dessin chez Le Prince, et le plaça de très-

bonne heure chez le graveur George Wille : « 24 » septembre 1770. Ce jour est entré chez moi, en » qualité d'élève, le fils d’un maître tailleur de Paris, > nommé M. Bervic. Ce jeune homme a la physio- » nomie heureuse ; il dessine déjà joliment pour son » âge, n'ayant que quatorze ans. »

Cette sorte de transaction de sa famille entre l’art etle mêtier, qui permit au jeune Bervic de s'occuper de la gravure « dont les produits donnent à cet art l’appa- » rence d'un commerce et quelquefois la réalité des » bénéfices , >» modifia bien un peu ses rêves d'artiste, mais elle lui permit d'appliquer dans cette carrière plus sage et plus sûre les facultés que le ciel lui avait départies.

L'atelier dans lequel entrait le jeune graveur était tenu par l'allemand Georges Wille, qui conservait soigneusement la belle méthode des procédés de la gravure àu burin. Là, pas de GOinpioinis avec l'expéditive eau-forte , pas de faux fuyants avec la dissimulatrice pointe sèche ou le doux pointillé. Le cuivre était taillé suivant les règles, en forme de hachures entrecroisées avec un point au milieu, et c'était presqu'avec cette unique ressource que tout devait s'imiter, suivant la tradition. C'était Nanteuil que le maître lui faisait étudier, comme le témoigne la copie du portrait de Michel Letellier (1773). Ces leçons ne furent pas perdues et Bervic devint bientôt un élève excellent du maître ; mais Wille faisait en même temps faire à notre jeune artiste de sérieuses études de dessin, qui lui valurent, en 1774, sa première récompense , la 1" médaille à l'académie royale. Il l'emmenait aussi l'été dessiner, aux environs de Paris, à cette

excellente école qui s'appelle /a nature, et nous constatons plusieurs fois sa présence à ces artistiques excursions dans le Journal de ce maître modèle:«4 septembre » 1774. Je partis de Paris pour Lonjumeau en voiture, > accompagné de mon fils, de MM. Pariseau , Baader » et Bervic, mon élève; MM. Guttemberg frères et » Weber avoient pris les devants de grand matin. De » cette manière nous étions huit, cette année, à » dessiner le paysage... nous avons eu beaucoup de > plaisir dans cette campagne, tant à cause du beau > temps qu'il faisait que parce que M. Baader, le plus » grand farceur de la terre, nous fit presque crever » de rire... »

L'année suivante, à la même époque, nouvelle partie; cette fois Bervic avait pris les devants à pied, c’étaient presque les mêmes artistes, sauf Wille fils qui ne s’y trouvait pas : « Un nouveau marié, remarque Wille, » ne quitte pas aisément sa femme. »

C'est d'après une composition de ce jeune mari, /e Petit Turc, que Bervic alors âgé de dix-huit ans (1774), grava la première planche qu'il ait publiée. Elle est bien dans là manière de son maître, elle a l'éclat métallique de son burin et certains amateurs croient même y reconnaître en plus d’un endroit la main de celui-ci.

Il est à remarquer que ce sont surtout les élèves de l'atelier Le Bas qui ont été des graveurs de vignettes ; ceux de Wille semblent avoir de préférence abordé la reproduction des tableaux et les grands portraits. Bervic, du reste, qui devait jouir d’une certaine aisance, ne paraît pas avoir eu besoin des fructueux travaux de l'illustration, et a surtout gravé en grand. Il produisait

peu, en homme qui a de quoi vivre. En 1779, il publia le portrait du botaniste Zinné, d’après Roslin, et celui du Comte de Vergennes, d'après son propre dessin, en 1780. Ces ouvrages attirèrent sur lui l'attention du comte de Pugol, commissaire provincial des guerres, qui avait été chargé de faire exécuter, pour le compte de la ville de Valenciennes, le portrait de Sénac de Meilhan, Intendant du Hainaut : « Le portrait de » Linnœus, lui écrivait-il, et d’autres ouvrages de » cette beauté, qui vous font honneur et établissent » votre réputation, Monsieur, m'a engagé à employer » votre burin pour transmettre à la postérité l’effigie » de l’homme d'état chéri de tous mes concitoyens qui, » en ceci, n'ont d'autre but que de lui donner une > marque publique de reconnaissance et d’atta- > chement. »

D'après Regnault-Delalande, les chairs, les cheveux, l’ébénisterie et les marbres, sont dans ce portrait rendus par des travaux qui en conservent bien le caractère, et cette planche, parue en 1783, annonçait déja un homme très-exercé dans la pratique de son art.

L'Académie de Rouen avait, dès le 3 décembre 1783, reçu Bervic dans son sein, sur la recommandation de Descamps, le directeur de son école de dessin ; le 29 mai 1784, l'Académie Royale de peinture de Paris l'agréait, sur deux planches qu'il avait fait paraître l'année précédente, d'après Lépicié, le Repos et la Demande accordée. Elle lui demanda en même temps pour sa réception le portrait du directeur général des bâtiments, le comte d'Angiviller. Mais Bervic ayant été chargé , à peu de temps de là, de graver le portrait

du Roi Louis XVI, celui du comte fut ajourné et n’a pas depuis été exécuté par notre graveur.

Désireux d'encourager dans la personne de Bervic la gravure classique bien négligée alors pour l'estampe galante, M. d’Angiviller eut l'idée de lui donner un logement aux galeries du Louvre et lui annonçait cette faveur le 6 décembre 1784, la considérant comme un engagement pour lui de ne pas abandonner ce genre trop peu suivi en France à son gré. En même temps il écrivait à Pierre , premier peintre du Roi :

« Le grand genre de la gravure, Monsieur , étant > au moment actuel dans un état de décadence qui > exige des encouragements pour ceux qui s’y livrent, > j'ai cru devoir profiter à cet effet de l'occasion de la > vacance du logement de M. Lépicier. M. Bervick > s'étant donc annoncé à l’Académie avec une distinc- > tion en ce genre qui autorise à former sur luy de » grandes espérances , j'ai mis cette considération » sous les yeux de Sa Majesté qui a jugé à propos de » disposer en sa faveur du logement vacant. Vous > connoissés d’ailleurs mes vues sur cet artiste et il est » à propos que vous lui fassiés entendre qu'en luy » procurant cette récompense un peu anticipée de son » talent, j'ai entendu qu'elle lui tiendroit lieu de la > gratification qu'il a été d'usage d'accorder à celui » qui a été chargé de l'ouvrage qu'il va faire. ! »

C'était d'après une assez médiocre peinture de Callet que le portrait du Roi, un des principaux ouvrages de Bervic, devait être exécuté (1790). Louis XVI est debout, appuyé sur son sceptre et vêtu du manteau

1 Archives nationales. Correspondance du Directeur des Bâtiments.

royal doublé d'hermine, dont on devait le dépouiller si peu de temps après. Ce remarquable travail, trèsjuste et très-harmonieux d'aspect et très-habile dans les détails est ainsi apprécié par Quatremère de Quincy, qui, en sa qualité de secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts, dut prononcer l'éloge du graveur: « Le burin de Bervic brille dans cette planche par la > franchise des procédés, l'intelligence des travaux, » cette propriété si rare de reproduire la manière du » peintre et l'effet vrai du tableau avecses qualités et > même ses défauts. On aime à retrouver dans le ton » doux et brillant de la planche , dans la légèreté de la » touche, dans une certaine harmonie gracieuse , mais > un peu faible d'effet, tout ce qui distingua, dans le > temps, l'ouvrage du pinceau. »

À la triste destinée de Louis XVI s’est trouvée associée celle de la planche et de ses épreuves. Quand on voulut anéantr en France jusqu’au souvenir de la royauté, la belle estampe fut l’objet d'une destruction toute particulière. Que d'épreuves durent alors être déchirées ! « Averti qu’on ferait chez lui la » recherche de la planche pour la détruire, Bervic > n'osa ni la cacher ni charger tout autre de ce soin » périlleux. Il brisa son cuivre, mais les morceaux » subsistèrent et nous apprenons que depuis peu, on » vient de trouver un moyen de les réunir qui » permettra d'en tirer de nouvelles épreuves. 1 »

Entre-temps Bervic s'était marié. Il avait épousé, le 2 janvier 1788, Mie Carreaux de Rosemont, peintre de portraits. Pour célébrer cet heureux événement dans

1 Quatremère de Quincy. Éloge historique de Bervic (1823).

la vie de son élève , l'excellent Wille donne un grand diner et, le soir, il consigne le fait eten profite pour faire son éloge : « 24 février. Ce jour j'ay donné un > repas à M. Bervic et à sa jeune et aimable épouse. > Je l'ay fait avec plaisir, d'autant plus que M. Bervic est >» un de ceux de mes élèves qui m'ont fait le plus d'hon- > neur et qu’il est d’un caractère franc et sans détour. » Il est instruit et son esprit est solide. Je souhaite à > ce jeune couple toute sorte de bonheur, car ils le > méritent. »

Ces souhaits ne devaient pas se réaliser ; la jeune femme mourut la même année. Est-ce pour faire diversion à son chagrin que Bervic accepta d’accompagner au Hàvre ses amis Basan, Ponce , De Launay, Godefroy et Gaucher, qui nous a conservé dans un récit piquant le souvenir de cette promenade? Nous aimons mieux croire que ce n’est que plus tard, dans l'année, que sa jeune femme mourut et qu'en septembre Bervic n’était pas encore veuf, quand il lui arrivait les plus divertissantes aventures. C’est lui, en effet, qui semble être le boute-en-train de la troupe; c’est lui qui, en voulant embrasser de force une jeune fille dans la tour de l’église de Mantes, fait tomber le fils de Basan sur les cloches; lui qui est le héros d'une boutfonne aventure à l'auberge du Port-Saint-Ouen. Son peu d'habitude du cheval lui avait valu quelques écorchures :

« A peine descendu de cheval, l'infortuné Verbic ! > demande une houppe, de la poudre et un miroir, > Renfermé dans sa chambre, il commençait à appli-

1! Anagramme du nom de Bervic.

» quer le bienfaisant appareil, lorsque l'hôtesse , par > un malheureux hasard, ouvrit la porte sans heurter. > Qu'on imagine le sang-froid de la mégère quand elle > vit sa toilette ainsi profanée ! Des apostrophes elle » passe aux menaces et saisit M. de Verbic sans » pitié... »

Elle lui arrache en effet sa perruque et, par un caprice inattendu, elle la fait servir au même usage auquel avait servi sa houppe….

Le 4 juin 1791 , Bervic se remaria ; mais Mie Bligny, fille sans doute du lancier du Roi éditeur d’estampes, mourait moins de deux ans après , le 14 avril 1793, en donnant le jour à une fille qui fut Me Tremeau.

L'habile graveur dut se consoler dans le travail de ces deuils successifs. Combien de fois n’avons-nous pas vu dans notre enfance, accrochés aux murs des vieux salons bourgeois gardant le mobilier de la fin du siècle, l'Éducation d'Achille, d'après 3.-B. Regnault, et l’Enlèvement de Déjanire, d'après Le Guide. Ces deux classiques estampes, aux tailles régulières et majestueuses , vrais modèles de gravure sage et académique, sont parmi les meilleurs ouvrages du graveur. Bervic a encore gravé le Saënt Jean dans le désert, de Raphaël, pour la Galerie de Florence . sur le dessin de Wicar (1791) et le groupe antique du Laocoon pour le Musée Robillard, où la régularité de travail de son burin est encore plus apparente, si c’est possible.

Mais à mesure que le talent de Bervic s’affermissait, sa vue allait s’affaiblissant. Insensiblement ses yeux refusaient à sa main cette finesse et cette sûreté d'organe que rien ne peut suppléer dans la gravure.

Déjà le graveur avait dû abandonner un portrait de Napoléon dont il n’était pas content et qui est resté nonsterminé. Est-ce pour la même raison qu'il n’a été tiré que trois épreuves, dit-on, du portrait de Louis XVIIT, d'après Augustin ? Toujours est-il que la planche a été ensuite grattée. D'ailleurs il était souvent malade et dans une de ses lettres que nous avons sous les yeux, datée de 1804, ii écrivait : « J’ai encore » été dernièrement 2 mois et demi sans travailler. > Vous devez croire que ce n’est pas fait pour me » faire aimer ce long et ennuyeux métier. » Enfin Bervic dut abandonner complètement toute gravure, et la planche commencée du Testament d'Eudamidas, d’après Poussin, a été achevée par son élève Toschi.

Une maladie qualifiée de névralgie du poumon et du cœur enleva subitement le graveur Bervic, le 23 mars 1822.

Rien ne lui a manqué en fait d’honneurs. Nous avons vu qu'il avait été agréé à l'Académie en 1784 : puis qu'il avait obtenu d’être logé au Louvre en 1787. En 179%, il obtint le prix d'encouragement pour la gravure ; membre de l’Institut en 1803, membre des académies de Copenhague, de Berlin, de Bologne, d'Amsterdam, de Vienne, de Milan, de St-Pétersbourg, etc., Bervic fut nommé chevalier de la Légion-d'Honneur en 1819 : « Considérant, faisait-on > dire au Roi, que la gravure en taille-douce , portée » sous le règne de notre illustre aïeul , à un degré de > perfection qu'aucune autre nation n'a pu atteindre, > a pris ensuite une marche rétrograde jusqu'à l'épo- > que où la supériorité des ouvrages du sieur Bervic,

> en ranimant le goût de l'étude de la gravure, a > favorisé le développement des talents qui honorent » l’époque actuelle et voulant récompenser dignement > les heureux efforts de cet habile artiste, ete... »

Peu de maîtres ont apporté plus de zèle à cultiver chez leurs élèves les dispositions qui faisaient espérer d'heureux résultats; aussi a-t-il laissé d'excellents disciples pour continuer les traditions de la classique gravure. Citons, parmi eux, Caron, Chollet, Armand Corot, Coiny , Mariage, Toschi et Henriquel-Dupont.

La vente des tableaux, estampes et planches gravées de Bervic., eut lieu dans sa maison, rue de Grenelle- St-Honoré n° 14, en juillet 1822, par les soins de Regnault-Delalande, qui a écrit sur lui une bonne notice biographique.

Bervic a laissé un œuvre peu considérable , étant de ces graveurs qui mettent plusieurs années à parfaire une seule planche. On sent combien cet enfantement devait lui coûter de peine et l'on en souffre pour lui. Il est juste de reconnaître , d’ailleurs, que le burin ne 5e traite point à main levée comme l’eau-forte, et nous ne mesurons pas le talent des graveurs à la quantité des estampes produites. Mais la facilité double la valeur d’un artiste habile. Une quinzaine äe planches dans toute la vie de Bervic, c’est vraiment trop peu. Son œuvre, pour parler comme Danton, c'est le Louis XVI, encore le Louis XVI, toujours le Louis X VI.

ESTAMPES

1-2. La Demande acceptée. — Le Repos. — 2 p. d'après Lépicié. 8. Le Petit Turc, d’apres Wille fils, in-8.

. L'ÉDUCATION D’ACHILLE, d'après J.-B. Regnault. — Enre-

gistrée le XIX germinal de l’an VI; in-fol.

. L'ENLÈVEMENT DE DÉJANIRE, d’après Le Guide. — Enre-

gistré le XV prairial an X ; in-fol.

Bien que ces estampes célèbres appartiennent à un genre un peu négligé des amateurs pour le moment, elles n'en restent pas moins des chefs-d'œuvre de burin classique.

A la vente de Bervic, leur prix, épreuves avant la lettre, varia de 126 à 439 fr.

. L'Innocence, d’après Mérimée. -- Enregistré le XIX germinal de

l'an VI, in-fol.

Dans l'épreuve d'essai, la planche est gravée à l'exception de la figure principale dont la place est marquée par un espace blanc. Ce procedé d'exécution en deux fois, les accessoires d'abord , puis les figures, sera désormais employé par les graveurs du commencement de ce siècle. Nous voilà bien loin des élégantes préparations à l’eau-forte pure !

LE LAOCOON, d’après l'antique, par Bouillon ; in-fol. Quatre épreuves avant la lettre, 301 fr. à la vente du graveur.

Tête de Minerve. — En-tête pour Diplôme, Institut national, classe de Langue et de Littérature française.

Saint Jean dans le désert, d’après Raphaël, 1791 ; in-4. — Testament d'Eudamidas , d’après Le Poussin , achevé par Toschi.

PORTRAITS

LiNNÉ. — Carolus a Ljnné, Eques Ordinis Reg. Stellæ Polaris, etc. — D'après Roslin ; in-4. Rare, la planche ayant été envoyée en Suède.

LOUIS XVI, en grand costume royal, debout sur les marches du trône, d’après Callet; grand. in-fol. 1790.

Il est universellement admis que ce portrait célèbre fait le plus grand honneur à l'Ecole française. Huber ne sait auquel donner la préférence, du portrait de Louis XVI gravé par Bervic, ou de celui gravé par Muller, également élève de Wille. « De tous les portraits officiels qui parurent en France, dit M. Duplessis, » il n’en est aucun qui soit plus habilement gravé, ou dessiné avec plus de cor- » rection ; malgré la grande dimension de l'estampe, le travail de l'outil n'ap- » paraît pas à l'œil d'une façon déplaisante ; la physionomie du personnage a » préoccupé avant tout l'artiste, mais l'harmonie générale de l'œuvre n'a pas » été sacrifiée ; chaque partie de cette planche, gravée à l’aide de travaux très- » différents, est subordonnée à l'ensemble , et le graveur qui avait à traduire

» une composition compliquée a rempli sa tâche avec un talent qui lui a valu » l'estime de tous les gens de goût. Pendant la période révolutionnaire, il ne se » produit aucune planche d'aussi longue haleine, ni aucune œuvre d'art du » même ordre. »

On comprend que cette planche estimée ait toujours fait bonne figure dans les ventes publiques, d'autant plus qu'elle est fort rare, le cuivre ayant été détruit par Bervic pendant la Terreur. Il est vrai qu'on est parvenu plus tard à en réunir les morceaux et à en retirer des épreuves.

Une épreuve avant la lettre adjugée 231 fr. à la vente du graveur Bouillard , en 1807; une autre 284fr. à la vente d'Augustin de Saint-Aubin, 1808; une troisième 240 fr., vente Detienne, 1809 ; une autre avant la lettre et avant la bordure terminée atteint le prix de 601 fr. à la vente Logette, en 1817; avant la lettre, 259 fr., vente Rigal . même année ; à la propre vente de Bervic, en 1822, avant la lettre, 7% fr.; à la vente Béhague, 151 fr. avant la lettre.

Le Blanc indique du portrait de Louis X VI les états suivants :

1° Avant toute lettre, la bordure non terminée.

20 Avant toute lettre, la bordure terminée.

3° Avec les noms des artistes et l'adresse de Bervic.

4° Avec la lettre, avant la retouche.

5° Avec la retouche, la planche rajustée dans le milieu.

12. Louis XVIII, vu de face. Ovale dans un carré ; pet. in-fol.

L'épreuve du Cabinet des Estampes, avant toute lettre, porte la mention qu'il n'y a eu que trois épreuves de tirées et que la tête a été grattée.

13. MassaLski (Ignatius-Jacobus, Princeps), Episcopus Vilnensis, etc., d'après Kymii, in-4.

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