BERTHET
la Femme à l'Essai, le Joli Pied, la Belle Laide, et beaucoup d’autres figures non signées sont vraisemblablement dues à Berthet, d’après les dessins de Binet.
Il collabore avec les frères Giraud, Pauquet, Baquoy fils, etc. tous graveurs à bon marché, qui pourtant, à cause du grand nombre de gravures, ne laissaient pas de revenir fort cher.
Dans le chef-d'œuvre de Restif, la Paysanne Pervertie (1784), on ne retrouve le nom de Berthet qu’en bas des deux frontispices, dont l’un représente la jeune paysanne débarquant du coche d’eau , son petit paquet à la main.
Signalons encore douze gravures de Berthet, toujours d'après les dessins de Binet, pour les Principaux Événements de la Révolution (par Ducray-Duminil), Paris, ant il:
Dans la journée du 13 juillet 1789, dit Restif de la Bretonne, dans /es Nuis de Paris ou le Spectateur Nocturne,les bandits du faubourg étaient passés devant ma porte pour aller se réunir aux bandits du faubourg de Saint-Antoine. Ces bandits étaient mendiants de race, avec les horribles tireurs de bois flotté , tout cela formait une tourbe redoutable qui semblait dire : « C’est aujourd’hui le dernier jour des riches et des aisés. Demain sera notre tour; demain nous coucherons sur l'édredon! >» — Cette vue inspire à Restif l’idée qu'une milice nationale serait nécessaire. Il va trouver ses ouvriers, les artistes de sa connaissance, son dessinateur Binet et son graveur Berthet, leur donne mission de faire appel aux bourgeois honnêtes, en les invitant à s’armer pour se préserver des brigands et
des hommes grossiers. Et voilà que cette mouche du coche se figure avoir inauguré la garde nationale. Mais on voit par cette anecdote, rapportée dans la bibliographie de Restif par M. P. Lacroix , sous l’empire de quel sentiment fut fondée cette institution.
Berthet a encore gravé :
Le Bouquet dangereux, d'après Desrais, — Ze Maître galant, son pendant.
La Folie du jour, petite pièce ovale , où l’on voit des Incroyables qui regardent une comète.
Descente de la machine aérostalique de Chartes et Robert, 1° décembre 1788.
Portrait de Mic. Ed. Reslif, nè le 29 novembre 1734 à Saci, en Basse Bourgogne.—Z. Binel delineavil, L. Berthel incis. dicavit : in-4.
Son esprit libre et fier, sans guide, sans modèle, Môme alors qu'il s'égare, étonne ses rivaux ; Amant de la nature, il lui dut ses pinceaux , Et ful simple, inégal, et sublime comme elle.
L'auteur du Pornographe et d'Ingénue Saxancour le «Jean-Jacques du ruisseau » a vu ici orner son portrait d'un petit agneau, ni plus ni moins que s’il s'agissait de madame Deshoulières !
Berthet a gravé dans les Voyages imaginaires la figure de Robinson Crusoë (Grand Dieu, est-il possible.…..), et dans le Cabinet des Fees, celles de Peau d'Ane (Est-ce vous qui logez.…), des Contes Turcs (Laissez le soin de votre justification), et des Contes des génies (Fidèle Abudah..….).