BONNEVILLE
doux Florian, de l’élégiaque Chénier, et même un mauvais portrait de Jeanne Gomart de Vaubernier , Comtesse du Barry.
Tous ces portraits, de format in-8 ovale, gravés à l'eau forte et au pointillé et mélangés souvent de lavis et de manière noire, sont noirs et lourds.
Le portrait de Marat est l'un des moins mauvais ; quant à celui de son meurtrier, il est ainsi annoncé dans le Moniteur du 13 septembre 1793 : « La scélérate » Charlotte Corday, représentée suivant le rapport fait > par Chabot à la Convention, est dessinée d’après >» nature et de la plus grande ressemblance. »
Parmi les personnages de la Révolution dessinés et gravés par Bonneville il faut encore citer Joseph Lebon, Barbaroux,Chaumetle, Desmoulins, Dubois-Cranceé, Talhien, Saint-Just, le peintre David, etc... mais il parait que la réalité peu flatteuse de ses portraits ne plaisait pas à tous ceux dont il tentait de reproduire les traits et son industrie le fit même arrêter comme suspect : « Le procureur général de la Commune , dit > Renouvier, se plaignit un jour de ce qu'un graveur » nommé Bonneville avait fait son portrait sans son > consentement et l'avait mis en vente, malgré la > défense qu’il lui avait faite de reproduire sa figure et > malgré l'offre de lui rembourser le prix de sa planche > pour qu'il la brisàt. Il requit par respect pour les > mœurs qu'il fût défendu à tout graveur , peintre ou > sculpteur de vendre ou exposer le portrait d'un » homme vivant sans sa permission. »
BORGNET (J.-F.).
Borgnet, « jeune graveur, dit Basan, duquel on » connaît diverses vignettes d'après Marillier, faites » pour différents ouvrages de littérature tels que le » Cabinet des Fées, les Œuvres choisies de l'Abbé » Prévost (1783-84). »
Ajoutons que Borgnet était élève de Gaucher et que c’est à lui peut-être que son maître avait confié le soin de terminer les jolies figures des Chansons de Piis (1789) doni ii avait exécuté Les préparations à l’eau-forte. Une épreuve d'essai, que nous avons eue sous les yeux, portait à la pointe la signature de Borgnet.
Ce graveur a encore travaillé aux figures des Œuvres choisies de Lesage (1783) d'après Marillier, au Cabinet Poullain , etc... in-8.
Le Blanc cite de lui des Vues de Mâcon, Nolay, l'Abbaye de La Ferté, d’après Lallemand.
te tt cl né.
BOSSE (Louis).
L. Bosse, qui n'avait pas, que nous sachions, la prétention de descendre du célèbre Abraham Bosse, est le graveur d’une des plus jolies pièces de la suite d'estampes d’après Freudenberger, l'Hewreuse union, qui parut ensuite sous le titre de /a Matinée, et il a été appelé à l'honneur de terminer pour la même suite du Monument du Costume, la planche du Coucher qui avait été gravée à l’eau-forte par Duclos. Il a gravé d’après Roslin et J.-B. Van Loo. Le Blanc cite de lui un frontispice pour l'Histoire de la dernière guerre (1770), in-412, d’après Eisen, représentant le Génie des Arts qui se réfugie aux pieds des autels de la Paix. — Un portrait de François Boucher.
Il faut ajouter un portrait de Louis XV, de face, très petit, ovale, inséré dans un encadrement orné, in-12, et des portraits pour la Galerie française des hommes et femmes célèbres de France, publiée par Restout (1771) in-4.
BOUCHER (François).
Assez d'écrivains et de biographes se sont occupés de ce peintre charmant, de cet artiste voluptueux dont les travaux gracieux et légers caractérisent si bien toute une époque que l’on pourrait appeler galamment le Siècle de Madame de Pompadour :
assez de nécrologes et de secrétaires perpétuels des Académies ont célébré à l’envi ses mérites ; plus récemment M. Ch. Blanc dans l'Histoire des peintres. MM. de Goncourt dans l’Ari au XVIII siècle, et M. Mantz dans un beau livre qui lui est uniquement consacré, ont raconté la vie et mis en relief les qualités du peintre des grâces. Nous n'avons donc point à nous préoccuper de chercher à mettre en lumière les qualités singulièrement remarquables du dessinateur des figures des Comédies de Motière et des Mélamorphoses d'Ovide; nous ne devons considérer ici que Boucher graveur à l’eau-forte. Comme dans tout ce qu'il a entrepris, l'artiste y est un maître; dans chacune des 182 pièces dont se compose son Œuvre gravé, on retrouve ses qualités maîtresses , l'esprit, la légéreté, la grâce. Nous renvoyons pour la description détaillée de ces pièces au travail de Prosper
de Baudicour, {le Peintre - graveur continué, ne voulant qu’en indiquer quelques-unes et les apprécier.
Une petite partie (44 environ) a été gravée par l'artiste, d’après ses propres compositions; mais Boucher eut aussi la bonne fortune d'avoir comme modèles les dessins d’un peintre qui caractérise, à juste titre, l’esprit français dans l'art, Antoine Watteau. Pendant qu'il expédiait chez le père Cars, moyennant la table et le lit, les fleurons et attributs des thèses, Boucher avait fait la connaissance de l'admirateur et ami du grand artiste, M. de Julienne, possesseur d'un grand nombre de ses études dessinées. Dans son désir de répandre les productions de son peintre de prédilection, cet amateur entreprit de les faire graver, etil ne pouvait s'adresser mieux qu'à Boucher : « Sa pointe légère et spirituelle, dit Mariette, » semblait faite pour ce travail. M. de Julienne lui > donnoit 24liv. par jour, et tous deux étoient contents, » car Boucher étoit fort expéditif, et la gravure » n’étoit pour lui qu'un jeu. »
C'est en effet cet artiste qui a gravé le plus grand nombre de pièces (104) du Zavre d'études de Walleau, dont voici le titre exact: Figures de différents caractères depaysages et d'éludes dessinées d'après nature par Antoine Walleau, peintre du Roy, gravées à l'eau-forle par les plus habiles peintres el graveurs du temps, tires des plus beaux cabinets de Paris, chez Audran, aux Goblins, et chez F. Chereau.
En confiant au graveur ces légères esquisses, M. de Julienne tremblait à la pensée de voir revenir de lourdes reproductions. Mais l'ami de Watteau pouvait tomber sur un moins habile interprète ; aussi se montra-t-il fort
satisfait. Dans une sorte de réclame , en manière de préface, placée à la tête du premier des deux volumes in-folio du recueil : « On ne s’est guère avisé , écrivait- » il, de faire graver des études des peintres. La plupart » de leurs dessins sont faits avec trop de vitesse pour » être terminés. Ils ne consistent qu'en figures déta- » chées et imparfaites et par conséquent ils ne peuvent » plaire qu'aux personnes de l’art. Cependant, on » espère que le public verra d'un œil favorable les des- » seins du célèbre Watteau qu'on lui présente ici... » La personne qui met ce recueil en lumière n'a rien > négligé pour joindre aux desseins qu’il avait reçus du > sieur Watteau, qui était son ami, tous ceux qu'il a pu > trouver dans les cabinets des curieux et pour que les » habiles graveurs qui les ont exécutés ne leur fissent > rien perdre du feu et de l'esprit de l’auteur et les > rendissent avec toute la justice et la précision pos- > Sible. »
li était difficiie en effet de rendre ces légères études, ces badinages du maître sans leur faire perdre cette fleur séduisante du croquis où le few de Watteau pétille , et difficile aussi de trouver un interprète mieux choisi que Boucher pour ne leur rien enlever de leur caractère; figures de fillettes mutines à gracieux toquet, élégantes silhouettes de femmes , profils provoquants, personnages de la Comédie italienne, musiciens, danseurs, costumes , paysages largement et librement touchés , chacune de ces pièces signées Boucher, er toutes lettres, ou B. a. f. Sc. (Boucher aqua forti sculpsit) est rendue dans la manière du maître et reproduit ce caractère wrat et naturel que Julienne trouvait avec raison aux dessins sortis de la main
de Watteau. Le premier volume s'ouvre par un trèsintéressant portrait de Watleau, à mi-corps, un porte-crayon d'une main et s'appuyant de l’autre sur un portefeuille de dessins. C’est encore Boucher qui a gravé le frontispice allégorique de la seconde partie, et cela, d’après sa composition. Au-dessous c?s vers médiocres :
Les Grâces qui, dans les ouvrages De l'incomparable Watteau,
Offrent partout aux yeux de riantes images, Versent des pleurs sur son tombeau.
Nous ne pouvons omettre les estampes de Pomone , et de la Vue de Vincennes, gravées d’après Watteau, et surtout /a Troupe ilalienne. Cette pièce bien connue est la répétition d’une estampe gravée à l'eau forte par ce maître et retouchée au burin par Simonneau.
Son Livre d'Etude d'après les desseins originaux de Bloemart, publié chez Odieuvre, est aussi fort intéressant. Ces 12 figures d'études de l'artiste hollandais représentant des jeunes gens et des jeunes filles de la campagne, dans différentes attitudes, sont rendues à la fois avec autant de liberté que de fidélité. Quelques-unes sont signées {onton Boucher, ce qui, au dire de Baudicour, pourrait les faire supposer gravées par madame Boucher ?
Peut-être vaut-il mieux choisir dans les estampes gravées par Boucher, celles qui l'ont été d’après ses propres compositions. Malgré toute la liberté de sa pointe dans les travaux précédents, Boucher est encore plus lui-même quand sa main n’est gênée par aucune entrave. |
228 LES GRAVEURS DU XVIIIt SIÈCLE.
Une suite de quatre Sujets d'enfants, publiée chez Odieuvre , est gravée d'une pointe facile. La jolie composition bien connue des Petits buveurs de lai, est exécutée dans la même note, ainsi que le Petit Berger et la Pelite Reposée.
La charmante estampe appelée le Dessinateur, et qui représente un jeune homme , un porte-crayon à la main , est encore l’une des pièces les plus spirituellement gravées de Boucher.
Les sujets des Métamorphoses d'Ovide ont toujours tenté son crayon ou son pinceau, et l’un d'eux , l'Andromède, qui permet de dessiner les formes de la femme d’une manière flatteuse , fut commencé à l’eauforte par lui; mais comme il ne gravait pas au burin, il laissa à Pierre Aveline le soin de terminer cette planche.
Boucher a encore fait paraître, gravé de sa main, chez Huquier, un Recueil de diverses figures chinoises, du Cabinet de Fr. Boucher, peintre du Roy, dessinées et gravées par lui-même, ce sont 10 pièces in-fol. représentant des types de magicien, musicien, médecin, soldat chinois, dame et demoiselle, bastelleuse chinoise , etc.
Madame de Pompadour s'était, on le sait, attaché Boucher comme son peintre ordinaire. Ii n’était pas de portraits, de décorations d'appartement, de dessins, de fantaisies artistiques, voire même de tableaux religieux, qu’elle ne lui demandât. Un beau jour, prise de la noble ambition d'être artiste elle aussi, elle voulut dessiner et graver, et Boucher se transforma sur l'heure en professeur de cour. C’est d’après les dessins de son maître que la favorite grava presque toujours
ces petites eaux-fortes dont elle donnait les modèles à reproduire au graveur en pierres fines Guay. Cochin , un autre ami de la maison, était bien, il est vrai, le professeur de gravure en titre, mais nous n’en croyons pas moins que Boucher a dû mettre la main à plus d’une des planches de la fameuse Suite d'estampes gravées par Madame la Marquise de Pompadour, et peut-être même exécuter le joh frontispice non signé dontil est orné.
MM. de Goncourt ont bien caractérisé cette intimité tout artistique de l'élève et du maïître : « Boucher ne » fut pas seulement le protégé, il fut le familier de » M" de Pompadour. Il avait ses grandes entrées dans » la pièce où Guay avait son touret. La favorite l'ho- >» norait de la confidence de ses goûts, de ses projets, > de ses rêves. Elle parlait avec lui de ce monde de > l’art dont elle avait pris en main le patronage. Elle > se plaisait avec cette imagination du peintre, qui don- » nait un si joli corps à tout ce qu'elle voulait de » vivant et d’aimable autour d'elle. Boucher était un > curieux avec lequel elle aimait à causer curiosités, > un professeur d’eau-forte qui l’initiait au maniement >» de la pointe et qui menait la main incertaine de la » graveuse sur les copies de ses planches : les Buveurs » de lait, le Petit Montreur de marmottes, le Faiseur » de bulles de savon et sur toute cette suite des » pierres gravées de Guay. Chaque jour elle se décou- > vrait un nouveau besoin de cet homme prêt à tout, > qui était son dessinateur intime. »
Ajoutons que Boucher n'avait transmis à son fils qu'une bien petite fraction de son génie, mais il ne négligea rien pour le rendre digne d’un nom lourd à
porter. Il obtint de M. de Marigny la suppression d’une année de séjour aux élèves architectes dans l’Académie de France à Rome afin d'en faire profiter son fils : « Cette suppression, écrivait le 6 octobre 1763, le » Directeur des Bâtiments à Cochin, servira à favoriser >» des sujets que des talents rares feront dispenser de >» suivre la route ordinaire. Ce parti pris, je suis dans » l’intention de profiter du moyen qu'il m'offre pour » donner à M. Boucher des témoignages de mon es- » time et du cas que je fais de lui, en accordant à son fils > une place à l'académie de Rome d'élève architecte sur- > numéraire. Pour en jouir, il s’y rendra l’année pro- > chaine en pareille saison que celle où nous sommes > et pendant les années de 1765 à 1767. Il remplira la > 4% année supprimée aux élèves architectes. »
Et en effet, le fils du peintre favori de M de Pompadour partit l’année suivante avec les jeunes artistes qui ne devaient cette place qu’à leur mérite et Marignÿ añnonçait en ces termes à Natoire son arrivée : « Il a les dispositions les plus heureuses pour réussir » dans l'architecture. On m’assure d'autant d’ardeur » pour acquérir que de bonne conduite et il est le fils » d’un homme de mérite et que j'aime. Je saisis avec » plaisir toutes ces circonstances pour lui en donner » des preuves en la personne de son fils que je vous > recommande singulièrement comme de m'informer > de ses progrès et de vos comptes. ! »
Juste-François Boucher, architecte, dessinateur et graveur , était né à Paris en 1740, et justifia médiocrement les espérances qu'on avait fondées sur lui. Il a
1 Archives nationales. Correspondance du Directeur des bâtiments.
surtout dessiné d’intéressantes séries de meubles. On retrouve dans un Recueil composé de 198 pièces, toutes dessinées par lui et gravées en général par Dupin, les jolies formes de ces meubles si recherchés maintenant ; sièges, écrans, commodes , chiffonniers , gaines et bureaux sont dessinés sans grande invention ni richesse , mais sont de bon goût et très-pratiques.
Comme graveur, on cite de lui une suite de Vases de & pièces in-8 et unesuite de 8 pièces de Tombeaux. J.-F. Boucher est mort à Paris en 1781.
Il y a deux autres graveurs du nom de Boucher ; Jules-Armand Guillaume Boucher, graveur de paysages, qui signe quelquefois J.-A-G. Bouchier et A.-C. Boucher, qui a exécuté quelques têtes de pages d'après Eisen.
BOUILLIARD (Jacques).
Bouilliard , né à Versailles, graveur au burin, de style tout-à-fait classique et, on peut le dire, académique, remporta dans les coucours de l'ancienne Académie, pour son dessin correct, des médailles en 1774 et 1772.
Lorsqu'en 1785, Couché entreprit de reproduire par la gravure la collection de tableaux du duc d'Orléans , il s'adjoignit Bouilliard , comme devant assurer, par la beauté üe sou buriu, l'excellente interprétation des tableaux de l'école italienne et la réussite finale de l'entreprise. Son nom se retrouve eï effet sur le titre de la Galerie du Palais-Royal avec description historique de l'abbé de Fontenai, par Couché, graveur de S. A. Mons” le Duc d'Orléans, à Paris, chez J. Couché, graveur, rue St-Hyacinthe, 51 , el chez J. Bouilliard, graveur, rue Saint-Thomas du Louvre, 23.—1786.
Le beau burin de notre graveur a été principalement employé, dans cette importante publication , à reproduire les formes nues qui abondent dans les tableaux italiens, la Madeleine, d'après Guido Reni, la Suzanne au bain , d'après Cesari , l'Amour taillant son
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arc, d'après Mazzola, Vénus et l'Amour, d'après Annibal Carrache , Vénus tordant sa chevelure , d’après Palma, Philippe II el sa maîtresse, et Mercure enseignant à lire à l'Amour, d'après Titien, enfin ce charmant tableau de Raphaël, connu sous le nom de la Vierge d'Orléans, qui, malgré la dispersion pendant la Révolution, de la collection du Palais- Royal, se retrouve encore entre les mains d’un descendant des anciens possesseurs de cette galerie 4.
Bouilliard a interprété ses modèles d'après les dessins qu'en avait faits Borel, avec le soin et la pureté qui caractérisent ses œuvres. Ces estampes se trouvent avant la lettre.
Signalons quelques portraits gravés par Bouilliard, Petit-Radel, in-12 orné, en rond, Pie VIL, in-4 rond, Napoléon, gr. in-fol. (4806) et un petit portrait de l'infortuné poète Roucher, nè à Montpellier, le 22 février 1745 (Leroy del. 6 Thermidor an II), avec ces vers , adressés par le poète à sa femme, à ses enfants , à ses'amis :
Ne vous étonnez pas, objets sacrés et doux Si quelqu'air de tristesse obscurcit mon visage . Quand un savant crayon dessinait cette image J'attendais l'échafaud ei je pensais à vous.
1 Ce isbleau se trouve maintenant au château de Chantilly
BOUNIEU (Micnez-HoNoRé).
Michel-Honoré Bounieu était peintre et graveur en manière noire. Né à Marseille en 1744, il fut envoyé à 45 ans à Paris, entra dans l'atelier de Pierre et l’aida dans ses nombreux travaux ; agréé, grâce à cette protection , à l'Académie de peinture, en 1775, il fut pendant vingt ans professeur de dessin à l'Ecole des Ponts-et-Chaussées.
Il a exécuté à la manière noire divers sujets de sa composition: Adam et Hve chassés du Paradis el soumis à leurs réfleæions, peint et gravé par Bounieu, chez l’auteur, aux Tuileries, cour de l'Orangerie, le Déluge, Madeleine pénitente, Sainte-Cécile, grandes pièces d’une sentimentalité ridicule, Le Supplice d'une Vestale (1719), l'Amour conduit par la Folie, Allegorie sur la naissance du Dauphin, Allégorie en lhonnewr de l'établissement du Musée central des arts, Amusement du Sultan, et une pièce plus petite, l'Avis au lecteur, c'est une jeune femme endormie qui metle feu à sonlit. Le tout est exécrable.
Bounieu dut un moment de popularité à cetie circonstance qu'une de ses peintures , Bethsabée au bain, qui a été gravée en couleur par Benoist, fut
BOUNIEU. 235
refusée au Salon de l'Académie en 1779, comme trop nue. La foule se porta dans son atelier pour la voir et le duc de Chartres s’empressa de l’acquérir. Bounieu fut, pendant les plus mauvais jours de la Révolution , de 1792 à 1794, conservateur au cabinet des estampes. Sa première et presque son unique préoccupation fut de faire acheter son œuvre par l'Administration , et de faire prêter des modèles à sa fille, qui dessinait des fleurs. C’est le seul souvenir quil y ait laissé et il est médiocre. Au bout de deux ans, Bounieu céda la place à Joly, qui en avait été dépossédé.