INTRODUCTION
1E Conseil communal de Liège, dans sa séance du ^ 22 janvier 1894, décidait la mise au concours d'un historique de la gravure au pays de Liège. Le prix à décerner était de mille francs.
Au terme assigné pour le dépôt des mémoires, le 30 septembre 1897, la Société libre d'Emulation, qui avait été chargée de leur examen, devait constater qu'il n'avait point été répondu à cet appel.
Deux fois, successivement, le concours fut prorogé de trois nouvelles années sans donner de résultat.
Et cependant, c'est un historique bien intéressant à faire, riche en documents, aux sources abondantes, que celui de nos graveurs liégeois.
De tous temps, en effet, le dessin comme la gravure fut en grand honneur au pays de Liège ; durant des siècles, c*est chez nous que la France trouva ses meilleurs graveurs en estampes, en médailles, en monnaies.
Dans une lettre du 23 juillet 1771, conservée au dépôt des archives de l'Etat en notre ville, l'ancien bourgmestre de Liège de Heusy, alors notre ministre résident à Paris, écrivait ce qui suit :
« Notre nation est tellement reconnue ici pour avoir une aptitude naturelle pour les beaux-arts que Sa Majesté, après la mort de M. Duvivier, consultant M. le marquis de Marigny pour faire choix d'un nouveau graveur pour ses médailles, celui-ci donna pour conseil de différer quelque temps, dans l'idée qu'il se présenterait un Liégeois; il ajouta à ce conseil: // n^y a. Sire, que cette nation pour bien graver nos Rois. »
Il semble même, a-t-on dit, qu'il y ait des familles liégeoises dans lesquelles le talent de graveur se soit transmis, en quelque sorte, comme un héritage, durant plusieurs générations.
Nous nous sommes mis en devoir de rappeler les œuvres réalisées, au temps passé, par nos concitoyens qui ont le plus contribué à grandir la gloire de notre cité, et de montrer nos graveurs contemporains continuant la brillante tradition de nos anciens maîtres. Nous avons essayé de le faire dans quelques discours prononcés, en notre qualité
d'échevin de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, à la cérémonie annuelle de la distribution des récompenses aux élèves de notre Académie.
Cette étude ainsi commencée, nous la complétons en ce volume, pour établir qu'à les prendre d'ensemble et dans leur continuité, nos graveurs constituent réellement une des grandes gloires de la cité liégeoise et que nous devons les honorer à la valeur de leurs merveilleux talents.
Liège, novembre 1907.
Alfred Micha.