SES ORIGINES SES DIFFÉRENTS GENRES
PRENDRE l'empreinte d'un dessin exécuté en relief ou en creux, en le couvrant d'un liquide coloré et en le soumettant ensuite à une pression, tel est le procédé de toute gravure, procédé si simple et si naturel qu'on a lieu de s'étonner, dit Larousse, qu'il n'ait pas été imaginé par les anciens. Et il y a d'autant plus lieu d'en être surpris que les anciens pratiquaient la gravure en creux des pierres fines (1).
Sans doute, l'usage du sceau en métal et des cachets gravés sur pierres fines était très répandu chez les Romains; l'on peut même dire que la gravure, dans le sens absolu du mot, n'est point une invention des temps modernes; mais l'art de multiplier par l'impression un dessin exécuté sur un exemplaire unique, d'obtenir une reproduction fidèle d'une planche gravée, ce qui est l'acceptation ordinaire du terme gravure, ne date guère que du XVe siècle.
(1) Larousse, Vo Gravure.
Des volumes entiers ont été écrits sur l'origine de la gravure; l'amour-propre national, à un moment donné, s'est mêlé à la discussion, ce qui n'était point fait pour élucider le problème de la recherche des premières manifestations de l'art du graveur.
Il est certain, cependant, que la gravure en relief sur bois a été pratiquée la première.
Il est aussi à supposer que l'on a imprimé des cartes à jouer longtemps avant d'imprimer des estampes, bien qu'il soit impossible encore de déterminer, avec précision, l'année et même le pays où furent produites les premières cartes à jouer, comme les premières estampes gravées.
Selon toutes probabilités, la pratique de la gravure sur bois a pour berceau les Pays-Bas, à une époque où l'art hollandais et l'art flamand se confondaient pour ainsi dire.
Cette opinion s'étaye, avec beaucoup de vraisemblance, sur la présomption grande que les planches qui accompagnent les plus anciens livres xylographiques, autrement dit imprimés sur papier avec des caractères fixes taillés dans le bois, ont été inventées et exécutées là où ces ouvrages sont apparus. Or, il est établi qu'ils ont été imprimés à Harlem. Ce sont des livres pieux, pour la plupart, où les gravures sur bois viennent, pour la première fois, prendre la place de leurs aînées, les miniatures; tels, la Bible des pauvres, le Spéculum humatiœ salvationis, le Cantique des cantiques.
Il semble ainsi que ce fut dans les premières années du XVe siècle que commencèrent à se répandre les images de piété destinées à être suspendues ou placardées aux murs des habitations, pour stimuler tant bien que mal la dévotion des fidèles.
Les tableaux religieux des maîtres flamands et hollandais de l'époque étaient réservés aux églises et aux oratoires privés.