‹ Les graveurs sur bois et les imprimeurs à LyonChapitre 12 sur 30 · LES LMPRIMEURS DE LYON AU XV"-" SIECLE · texte numérisé non relu

LES LMPRIMEURS DE LYON AU XV"-" SIECLE

Les dates inscrites sont, aut.mt qu'il a été possible de le savoir, celles qui se rapportent à l'exercice de la profession d'imprimeur à Lyon.

L'astérisque indique que nous avons vu des livres imprimés par le personnage. Le double astérisque signifie que le personnage a imprimé des livres à Lyon et qu'il n'a pas été trouvé sur les rôles des Koiiunces, des tailles ou des Establies de cette ville.

Nous avons écarté les libraires dont on n'a jamais fait mention comme imprimeurs.

'Barthélémy BUYER

Barthélémy Buyer (i), fils de Pierre Bayer, « docteur en loi.K », et de iMarie Buatier, sa femme, lui-même « bachelier en chascun droit », a été marié à Louise Dalmés. Il a laissé en mourant trois enfants.

(i) Le nom est écrit aussi Bartliolomieu Buyer, Bartliolomieu Buier, Bartholomtus Buerii, Burii.

Il était marchand (i). Nous ne connaissons sa profession que par une inscription con:mémorative de ses dispositions testamentaires et de celles de son frère Jacques, relatives à leur sépulture (2). Cette profession n'a jamais été indiquée dans les chartreaux.

Voici le commencement de l'inscription : « L'an mil nu' nu" et troys et le vij' jour de juUet honorable barthelemy buyer marchant de lyon filz de feu messire pierre buyer jaditz docteur e(s) loix par son testame(n)t ordo(n)na de co(n)struire et doter ceste chapelle a ro(n)neur de dieu et de la doulce vierge mère et de saint barthelemy (3). ■»

Barthélémy Buyer a pris à l'établissement de l'imprimerie à Lyon une part qui n'est pas exactement connue et dont nous avons parlé précédemment. La ou les premières presses de Guillaume Le Roy ont été montées dans la maison et vraisemblablement par l'ordre de Buyer et les premiers livres ont été imprimés aux frais de celui-ci. Que Buyer ait été ou non l'associé de Le Roy sous une forme quelconque, cela importe peu. Il a été le principal, peut-être l'unique auteur de l'intro-

(i) Le mot marchand avait à Lyon, au xv= siècle, une signification assez large ; il était rarement employé sans qualificatif, et dans ce cas il s'appliquait, à ce qu'il semble, au grand commerce en général. Il serait difficile de définir le commerce qu'exerçait tel ou tel marchand.

(2) La pierre qui porte cette inscription est incrustée dans le mur qui est en face de l'autel, dans la quatrième chapelle à gauche (la chapelle de Saint-François de Saler), à l'église Saint-Nizier à Lyon.

(3) D'après une copie prise par M. P. Dissard. On lit, par suite d'une transcription inexacte, « marchant de draps » dans le texte donné par Péricaud [Bibliographie, 185g, p. 22).

duction de l'imprimerie à Lyon; il a pris à sa charge les premières dépenses; il a protégé, patronné le premier ou les pretr.iers imprimeurs. 11 a eu d'étroits rapports avec Guillaume Le Roy de 1473 à 1479 ou même jusqu'en 1481. Après s'être séparé de Le Roy, il a remis la conduite de l'atelier soit à Nicolas Philippe (i) soit à Jacques Buycr et à Nicolas Philippe. Il a fait imprimer jusqu'à sa mort, en 14S3.

Barthélémy Buyer, tout en n'ayant jamais exercé le métier d'imprimeur, a pris la qualité d'imprimeur dans cinq ouvrages. 11 est possible qu'il l'ait tait soit par satisfaction d'amour -propre, soit en vue de quelque responsabilité de librairie ou d'un droit de propriété.

Voici quels sont ces ouvrages : En 1476, !a Légende dorée... dicle la vie des sainctz (2); en 1477, le Miroir de vie humaine (5); la Légeni: des sainclz noiiveaitlx (4); le nouveau Testament (5). Enfin on lit au colophon du

(i) M"e Pellechet :i f.iit la remarque que les caractères du Lcctura super digestiini novuin de Barthélémy Buyer de i/|82 paraissent être ceux employés par Philippe pour ses premiers travaux à Lyon {Incunables de Lyon, 1893).

(2) « Imprimée en ladicte ville de lyon par baiiholomieu buyer... le dix et huitième iour d'apvril mil quatre cens septante et six. »

(3) « Imp(re)ssé à lion sur le rosne p. banholomieu buyer citoien dudit lion... » Le Miroir de vie Ininiaine de 1477, qui a des signatures, a été imprime avec les caractères de l'ouvrage intitulé le Livre nommé les tiicrveiUe! du monde, sans lieu ni nom ni date, sans chiffres ni réclames ni signatures. La vrc.ye cxposicio{n) et dcchuaciou de la bible tant du viel que du nouvel Icslainent, goih., in-folio, avec signatures, a été aussi imprimée avec les caractères de B. Buyer.

(4) « Imprimé p. banholomieu buyer citoien de lion sur le rosne... »

(5) « Imprimé en ladicte ville de lion par banholomieu buyer citoien dudit lion, n

Livre appelle gu~.do{n) de la pralicqne en cyrurgie de inaistre Giiigon de Calliac : « Laquelle a esté f.iicte... à la reqiieste de... maistre bartholomy buyer inipremeur cit03'en et habitant de ladicte cité de lion. Et a esté l'impression de ce livre accomplie l'an de grâce Mil cccc . Ixxviii. Le xxviii ioiir du moys de mars (nprès Pâques). »

Les mentions faites dans ces colophons constatent une participation de Buyer au travail qui n'a été que nominale.

Barthélémy Buyer a été conseiller de la ville en 1482 et en 1483. Il demeurait dans le quartier situé « depuys l'oustel Pierre Brunyer tirant au pont de Saune par la bocherie jusques à Saint Pierre (i) », et sa maison était dans la rue de la Gerbe (2). Son frère, « maistre Jaques Buyer », et sa sœur Péronnette ont demeuré avec lui depuis 1467 jusqu'à sa mort en 1483 (3). On lit dans le chartreau de 1485, dressé en juillet 1483 : « Les hoirs Barthélémy Buyer et sa seur, xx"'- viij=^ vj"^'" — Maistre Jaques Buyer son frère, iij'"- '■ (4). » Le testament ayant été fait le 7 juillet 1483, le décès a donc eu lieu dans le courant de ce mois.

(i) Archives de Lyon. 1467, CC 96, f^ 38 vo ; IJ69, CC 205, fo 64 r"; 1471, CC 90, fo 4 ro; CC 206, 1" gi r"; 1472, CC 91, fo yj fO; 1475,- ce 92, fo 21 vo, et CC 207, fo 84 fO; 1474, CC 94, fo 83 v°; 1476, CC 208, f" 112 vo; 1477, CC 96, fo 58 vo; 1478, CC 97, fo 147 vo; 1480, CC loi, fo 175 vo, ei CC 2:0, fo 154 vo; 1482, CC 103, f" (85 vo ; 1483, CC 104, fo 180 v°.

(2) Archives de Lyon, CC 11, f" 116 vo.

(3) « Barthélémy Buyer et sa seur. — M= J.iqut:s Buyer son frère. « 1482, CC 103.

(4) Archives de Lyon, CC 211, fo 75 vo.

•Etienne CORAL**

Etienne Coral, de L3-on (Siephaiius Corallus de higdimo), a imprimé à Pnrme de 1473 à 1477. Il n'est fait aucune mention ni de lui ni de personne de ce nom dans les rôles des tailles et les chartreaux de Lyon au w" siècle.

Nous ne mettons pas au nombre des imprimeurs « !a relaicée (veuve) Copin Dayre (d'Aire ou de Hayre) maistresse des presses » qui demeurait a l'ostel Chapponay ». Elle était à Lyon de 1472 (i) à 1494.

La veuve de Copin d'Aire était-elle maîtresse de presses d'imprimerie ou maîtresse de presses de draps? Nous ne le savons pas, mais la seconde hypothèse est la plus probable. Il y avait à Lyon à cette époque deux ou trois presseurs de draps.

'Guillaume LE ROY (..M73-ii493)

Guillaume Le Roy (2), impresseur de livres.

(( Honorable homme et très expert en l'art de l'ini-

(1) Archives de Lyon : CC 91, f" 58 vo; CC gj, f" 179 i"; CC

(2) Cl M'^ Guillaume impresseur de livres », Ciiilkrmus R'gis.

pression », — magister Guilkrmus Régis bu jus arlis iinpressorie expertus, — prudais opifex Guilkrmus Régis.

Il était désigné souvent sous le nom de « mnistre Guillaume l'impresseur de livres. » Il était « natif du (pays de) Liège (i) »; il était donc wallon, plutôt que flamand.

Il a eu d'abord ses presses dans la maison de Barthélémy Buyer, jusqu'en 1479 (2) et peut-être jusqu'en 1481; il les a établies ensuite dans une maison appartetenant à messire Philibert, curé de Crivela, et sise « en la rue tirant de Sainct Anthoine à Nostre Dame de Confort », maison dont il avait pris une partie a loyer

On a vu précédemment le rôle que Barthélémy Buyer a joué dans l'introduction de l'imprimerie à Lyon. Ce marchand riche et intelligent a été le protecteur et le patron de Guillaume Le Roy : il ne parait pas qu'il ait été son associé, dans l'acception ordinaire du mot; tout au plus aurait-il été une sorte de commanditaire. Le Roy a imprimé ses premiers livres aux frais de Barthélémy Buyer. Ses rapports avec lui ont duré de 1473 à 1479

(1) :i Maistre Guillaume le Roy natif du Liège commandé ung espieu » ((Archives de Lyon, EE. Establies en cas d'effroy, jainier 1492, V. st.). L'cpieu était encore au xv= siècle une des armes de guerre portées par les gens des communes.

(2) Le Spcculnm vile huinane de RoJeric a été imprimé par Le Roy en 1478 d.ms la maison de Buyer; Le Roy a employé pour le titre une fonte neuve des caractères du Compemiium.

(3) Archives de Lyon, 1493, CC 6, f» 9 v°; CC 9, f» 601 r" ; ce 10, f» 68 x°. — Georges Jarsaillon et sa femme Jean Dedorin, tous les deux écrivains et enlumineurs de livres, habitaient en 1495 dans la maison de Guillaume Le Rov.

1^0 LES GRAVl-X'lîS SUR BOIS ET LES UinUMEUUS

OU jusqu'en 1481. Il a été indépendant depuis lors (i), et l'on a des livres imprimés pnr lui jusqu'en 1489 (2).

Guillaume Le Roy est un des imprimeurs du xv= siècle qui s'est le plus attaché au type et à la gravure des caractères et qui y a introduit le plus de diversité. Il a f.iit usage de plusieurs types qui n'ont pas encore été déterminés avec certitude.

Il vivait encore en 1493, mais il a dû mourir en cette année. Dans les Nciiiinccs de 1493 (3), à la suite de l'article qui le concerne, l'estim.uion de ses « meubles et pratique » n'est pas indiquée, et l'on trouve à la suite cette mention : « Guillaume Roy le flamant peinctre inquillin en ladicte Rue, meubles et pratique xl''"' » Cet autre Guillaume Le Roy, peintre, également Flamand, lils ou neveu et filleul de l'imprimeur et qui demeurait avec celui-ci, a pris son lieu et place dans le même logis (4). Il est très probable que Guil-

(i) Dans des Eslahlies faites en janvier 1492 (1493), se trouve la désignation précise du qu.irtier que Guillaume Le Roy habitait : Depuis le carré de Li cave d'iinay tirant à Nostre Dame de Confort et de là trasversant au port du Temple et à Saint Michel puis retornant dudit temple à ladicte cave d'Énay. » C'est dans ce document qu'il est fait mention de son origine.

(2) Un Giiilielwus Culltis a imprimé .i Venise en 1477. On a supposé que c'était Guillaume Le Roy, supposition qu'aucun fait ne justifie. Ce Ctiilltliiius Galliis était peut-être un Guillaume Le Coq.

(3) Archives de Lyon, CC 9, f'J 601 ro.

{4) Le décès de Guillaume Le Roy l'imprimeur a dû avoir lieu au commencement de l'année, puisque, sur les rôles des tailles de J493, on a écrit tiichil à la place du montant des taxes (CC 221). Le peintre est mort .i Lyon de 152$ à 152S. La veuve de celui-ci p.iyait l'impôt en 1529 (CC 136).

laume II a été attaché à l'imprimerie comme dessinateur et même comme graveur.

Il y avait encore à Lyon, en 1485-14S7, un autre Flamand du prénom de Guillaume; il était mercier.

•Martin HUSZ** (. .1477-1481.)

Martin Husz (i), imprimeur.

De Bottwar près de Marbach, en Wurtemberg.

Fir divini ingenii aiiis sue peritissiinus (1480).

C'était un imprimeur très appliqué .à son œuvre; il l'a dit lui-même en 1478, en parlant d'une de ses éditions : Maximis laboribiis correctum diligenlerque impressuin.

Martin Husz a exercé, d'après M. A. Claudia, à Toulouse dès 1476.

Il s'est établi à Lyon en 1477. Il a imprimé seul de

1478 à 148 1 (2) et il a fait en même jtemps plusieurs impressions en société avec Jean Siber en 1478 et en

(1) Marlinns Hiisi de Bolvar ou de Bolviiar.

(2) L'impression du Ratioiiale diviitonun ojfuionitn a éiil- achevée le 14 août 1481.

(3) Liber de coiisolacione medicitmrum shnplkiuin soliitiimruni {sic) Johannis hiben mesve... Impressi per m.igislros Marliniiin husz et Johannem Siber... ni.ccx.lxxviij . die vero xxxj viens, nuircii. in lugdinw. (Bibl. nat., réserve, Te- 3.) Le Liber pandeclarum médecine de Maiheus Silvaticus a été également imprimé par Martin Husz et Jean Siber (avril 1478). — Paiizer a donné Jean Favre {Johanncs

Nous tenons du D' Sieber, de Eâle, que Martin Husz avait d'étroites relations avec Bernard Richel, imprimeur à Bàle, et qu'il lui avait loué ou acheté le matériel (caractères et lois') avec lequel celui-ci avait imprimé la version allemande du Spéculum {Spicgel Maislichcr hehalliiisse...). Husz acheva, le 26 août 1478, l'impression de la traduction publiée sous le titre de le Livre du mirouer de la rédemption de l'umain lygnage. Une partie des planches ont été copiées à Lyon, soit que les bois bàlois aient été détériorés soit qu'ils aient été perdus : ainsi par exemple, l'Annonciation a, dans l'édition de Bàle, 130. i mill. de haut et 87. S mill. de lar^e et dans l'édition de Lyon de 147S, 125. 1 mill. de haut et 85.8 mill. de large; Dieu le père et l'Enfer, dans l'édition de Bàle, 129.1 mill. de haut et 87.8 de large, et dans l'édition de Lyon, 127. 1 mill. de haut et 86.8 de large.

Martin Husz fut chargé eu 1479 par le chapitre de l'église de Lyon d'imprimer le missel de cette église.

16 janvier 1478 (1479). Licencia imprimendj missalia. Oiia die prcfati domini cnpilulanles licenciam concesserunt magislro Martino impressori presenli id humiliter fieri poslulanli iiaprimciidi missalia ad usunm ccclesie lugduuensis secundum exemplar sihi ex parle capiluli tradendum (i).

Martin Husz ne mit pas à profit la concession qu'il avait obtenue, c'est Neumeister qui imprima ce missel sur l'ordre du cardinal Charles de Bourbon.

Fnber) comme associé de Martin Husz en 1478 à Lyon. Il faut lire Johannes Siber : fiJdcs iinpmsores Mariiiiiis Husz et ]o. Siber.

(i) Archives de Lyon, actes capitulaires voL XXVI, 1477-1480, fo 169 ro.

*Marc REINHARD** (. .1477-1482.)

M.irc Reinhard (i), imprimeur.

De Strasbourg.

Il a été associé (sociiis) à Lyon de Nicolas Philippe dit Pistoris de 1477 à 1482.

Oïl a indiqué que son exercice d'imprimeur à Lyon a duré jusqu'en 1488 et même jusqu'en 1491; nous n'avons pas trouvé de mention de lui au-delà d'août 1482. Suivant Wolf, Nicolas Philippe et M.irc Reinhard auraient imprimé, à Paris, en 1482, une édition française du Spcculum vilae bumanae; cette assertion de Wolf est erronée.

*NicoIas PHILIPPE

Nicolas Philippe dit Pistoris (2), impresseur de livres. De Benssheym près de Darmstadt.

Viri a celeberriinis iiigenioqi:e dtpadssimis Nicohuts Philippi de Beiisbeyin, Marais Reinbarl de Argentina.

Il est dit au colophon d'un des livres imprimés par

(i) Mamis Reinlmrdi ou Rlk'inharti ii Argeiiihia. — Un Je.in Rcinhardt alias Gruninger, de Strasbourg, a imprimé dans cette ville de 1490 à 1499.

(2) Nicobs Philippe ou Phelip, Nicolaus Philippi, Nicolas Pistoris ou de Pistoris, Nicolaus Philippi akmanus.

eux en 147S : Exonialissiine tamgiic cmcndalc impressum atque finitiiiii.

Nicolas Pliilippe, associé (socius) à L\-on : avec Marc Reinhard, de Strasbourg, de 1477 à 1482; avec Jean Du Pré en 1487; a imprime seul à Lyon de 14S5 à 148S.

Il semble, d'après une remarque faite par M"'' Pellechet, que Nicolas Philippe aurai: dirigé l'atelier de Barthélémy Buyer, après la retraite de Guillaume Le Roy, c'est-à-dire en 1480 ou en 1481. Les caractères du Leclura super digcsliiin novum paraissent être les mêmes que ceux employés par Philippe pour ses premiers travaux à Lyon. Nicolas Philippe peut avoir conduit à la fois, avec Reinhard, son imprimerie, et seul ou avec Jacques Buyer," Timprimerie de Barthélémy Buyer.

Nicolas Philippe est mort dans les premiers mois de 148S. L'impression de la Piûi^r.i.Uica sancîio, faite sous le nom de Philippe, a été achevée en septembre 1488 (l'imprimeur avait alors cessé de vivre). D.nns un chartreau de 1489, les impôts de Philippe ont été mis à la charge de ses héritiers; ceux-ci paraissent avoir continué l'exploitation de l'imprimerie avec Jean Trechsel, car on lit dans un chartreau de 1490 : « Les hoirs Nicolas Philippe impresseur de livres et IVP Jehan Trechsel )•> (i).

On a l'explication du fait par cette autre note : « La relaicée Nicolas Philippe et son mary impresseur de livres (2). » La veuve de Nicolas Philippe s'était en effet remariée en 1488 avec Jean Trechsel; elle

(i) Archives de Lyon, CC 216.

(2) Archives de Lyon, CC 105, i° 294 r».

époLis.1, nprcs le décès de celui-ci, un autre imprimeur, Jean Clein, et convola plus tard en quatrièmes noces avec un imprimeur allemand portant le prénom de Nicolas.

Jean I FAVRE

J'L-an I Favre n'a certainement pas existé. La mention qui le concerne est le résultat d'une erreur commise par Panzer et qui a été répétée plusieurs fois. Panzcr a donné (vol. I", p. 531) Johanncs Faher comme associé en 147S de Martin Husz à Lyo'i et comme ayant signé avec celui-ci le Liber pandcclariim médiane. Il faut lire Johannes Siber et non pas Johannes Faber.

Un Jean Favre, de Langrcs {Johannes Fabri lingonensis) a imprimé à Turin, en 1474, en société avec Jeannin de Pierre (Jobanniniis de Pclro) ; seul, à Casai près de Turin ou à Turin, de 1475 à 1485.

'Gaspard HORTUIN

Gaspard Hortuin (i), impresseur de livres. AUcmaid.

Il a épousé la sœur ou la fille de Claude Perret^ pelletier (2).

(i) Gaspard ou Caspar Hortuin, Ortuin, Ortoyn, Hortin, Urtebin ou Hurtcbiii. Le nom est toujours écrit Urtebin à partir de

(2) .\rcliives de Lyon, 1495, CC 9 et CC 10.

Associé à Lyon de Pierre Schenck vers 1485. Le roman de Alélusine porte I.1 mention : « A Lyon, chez Gaspard Ortuin et Pierre Schenck (sans date). » Hortuin demeurait dans la rue Neuve (i).

•Jean SIBER

(..147S-IJO4.)

Jean Siber (2), impresseur de livres et libraire.

Allemand.

« Maistre en l'art de impression. »

Il a été associé à Lyon avec Martin Husz, de 1478 à 1482 (5). Il a imprimé seul en 1482 (4) et en 1488. Il a imprimé en 1498 pour le compte (impcnsis) de Jacques Buyer. Il est probable qu'il a conduit son atelier, de 1488 à 1498 au moins, en vertu d'accords avec Jacques Buyer.

Il demeurait à Lyon dans la grande rue de Bourg neuf. Le prix du loyer était de 60 livres tournois par an, et en outre « ung livre d'impression de chacun

(i) Archives de Lyon, CC 9, ("^ 27 et 640, CC 10, p. 9S (1493), ce 209, fo 68 recto (1479).

(2) Jean Siber, Syber, Sibert, Sybert, Cyber, Hms Siber, « Jehan l'allemant, » maistie Jehan Sybert, Johauues aUemamis, magiskr Johannes Siherli.

(3) Martin Husz et Jean Siber ont achevé d'imprimer le 31 mars 1478 (1479) '^ Liher de cotisohilione medicinarum sitiipliciiim sohdinaruni (sic), qui n'a ni chiffres ni réclames ni signatures.

(4) Magna diVigcntia impresitim maioiique corrcclnm studio el impensis ingeniosi viri magislri Jobannis S)ber.

livre qu'il f.iit « à donner au chapitre de Saint-Paul, propriétaire de la maison (i).

Il paraît avoir été à la fin de sa vie dans la gêne, car on lit dans un chartreau de 1503 : « Mess, l'on quicté (c'est-à-dire l'ont tenu quitte de l'impôt) por ce qu'il y avoit pitiez (2). »

*Perrin LE MASSON**

Perrin Le Masson {Pcniims Lalhoini), imprimeur.

De Lorraine.

E^rcijius vir.

Il a imprimé à Lyon en 1479 (3) et de 1491 à 1493; il a imprimé à Venise en 1494 et en 1495, ayant alors pour associés Boniface Jehan et Jean de Vieille ville. Il était associé, à Lyon, avec Boniface Jehan et a imprimé avec lui en cette année une édition des Congédies de Térence (4).

'Jacques BUYER (. .1479-1512.)

Jacques Buyer (5), imprimeur, « bachelier en chascun droit. »

(i) Archives de Lyon, CC 4, i° 30 V.

(2) Archives de Lyon, CC 112, fo 66 v».

(5) BiMia inipressa l.vgdtini per Parinuni hlhoini de lothoiiiioia .M.CCCCLXXIX.

(4) La marque porte les initiales PL et I B. (j) J.icobus Biiern ou Biieri.

Fils de Pierre Buyer et plus jeune frère de Bnrthéleni}' Buyer, il fit ses études h Valence et y étnit encore étudiant en 14S0, quand il écrivit une leçon sur la decrétale cuiii Marlhac du titre de Cekbralione missariiiii, qui fut imprimée plus tard. Conseiller de la ville en 1.491, en 1497, en 1498, en 1505, en 1506, et en 15 10, il a pris pour armes à sa sortie de l'échevinage ( i ), « de gueules à l.i croix d'argent cantonnée de quatre molettes d'éperon de même. »

Il a épousé Marguerite Dalmès.

Il signait JBuyer (le J et le B étant liés ensemble).

Il demeurait avec son frère Barthélémy, dans la maison de celui-ci, dès l'année 1472 (2).

Jacques Buyer a été marchand, comn-,e son frère; du moins on est fondé à le penser. Il n'a jamais exercé la profession d'imprimeur, et cette qualité ne lui a été donnée dans aucun chartreau. On a dit cependant qu'elle lui a été attribuée dans une délibération consulaire de 1508. Le Consulat délibéra en effet, en août 1508, au sujet de travaux à exécuter dans « la court et capot de Sainct Cosme » qui intéressaient Buyer, mais celui-ci n'a été désigné que par son nom, « le sire Jacques Buyer » (3).

Il est probable que Jacques Buyer, dont les études n'étaient pas encore achevées en 1480, avait pris un

(i) Charles VIII avait confère en 1495 la noblesse héréditaire aux échevins de Lvon à leur sortie de charge.

(2) Archives de Lyon, CC 90.

(3) Archives de Lyon, BB 2S, fos 23 \° et 25 v. — Buyer a toujours été inscrit sur les rôles comme « maistre Jaques Buyer » fct dans les actes consulaires comme « sire Jaques Buyer. »

vif intérêt à l'imprimerie et qu'il y a même travaillé sous la conduite de Guillaume Le R03' . Son nom figure sur des livres imprimés en 1479 et en 1480, entre autres sur un Traclaliis corpovis Chiisli publié en 1480 (i).

C'est à cette époque que Guillaume Le Roy s'est séparé de Barthélémy Buycr et qu'il a quitté la maison de celui-ci. Il est naturel de penser que Barthélem.y Buycr a remis à son jeune frère le soin de continuer l'entreprise, en lui adjoignant un imprimeur de profession qui a pu être Nicolas Philippe, déjà associé de Marc Reinhard.

Quoi qu'il en soit, Jacques Buyer, avec ou sans l'aide d'un maître d'atelier, a imprimé de 1479 à 1485 ou environ. 11 était en société en 1487 avec Matliieu Husz, « de la nacion d'Allemaigne. » Il paraît avoir suivi l'exemple de son frère et avoir patroîiné des imprimeurs. Le Grand vila Chrisli en français a paru le 7 juillet 1487 sous le nom de Husz et de Buyer, mais il est certain qu'en 1487 (peut-être en 1488, nouveau style) Jacques Buyer entretenait des rapports avec Jean Siber (2). C'est à ses frais que celui-ci a imprimé en 1498 l'ouvrage intitulé Opus disiinclionum...- Hcnrici houhic... super quinqiie decretalium libris...

Le 4 juin 1495 Jacques Buyer, exécuteur testamen

(i) « ... Finila fuit presens repelilio... per vie lacohtm hierii de Ltioduiiû I). L'impression a-t elle été faite par Jacques Buyer? CcLi paraît douteux.

(2) M. A. Claudin possède un exemplaire de la Vita Chrisli de l.udolphus de Saxcnia avec la marque de Siber, donné en 14S7 par Buyer à Laurent Bureau, confesseur du roi.

taire de Barthélémy a fait transporter dans la chapelle de l'église Saint-Nizier, élevée par ses soins, les restes de son père et de sa mère, de son frère et de ses aïeux (i).

Jacques Buyer parait avoir toujours demeuré avec son frère Barthélémy et sa sœur. Son neveu, fils de Barthélémy, a vécu avec lui depuis la mort de son père au moins jusqu'en 1500 (2).

•Jean II FAVRE (3) (. .1482--;- 1504.)

Jean II Favre dit Farsan (4), imprimeur et libraire. « Natif d'Allemaigne. »

Il était désigné le plus souvent sous le nom de Farsan ou de Fasan.

M. A. Claudin a trouvé un Johannes Fabri de Basika

(i) Lors de la « Visitacion des armes » de 1493, Jacques Buyer a déclaré avoir » ung harnois blanc complet, une brigandines (vêtement de guerre composé d'un pourpoint de toile ou de peau et d'une enveloppe de fort tissu de soie avec des lames d'acier entre les deux étoffes) ci deux ou trois basions à main. »

(2) « Jacques Bayer et sou nepveu. » iq^S, 2; liv. (CC S32)i 1500, 2ii- iS^SJ (CC 108).

(3) Le nom était écrit Faure, nous ignorons s'il était prononcé Favre ou Faure. Nous avo..s adopté la lecture Favre, qui est la plus rapprochée de la traduction latine du nom {Fabcr, F.ibre). 11 y avait à Lyon au xvi= siècle une famille Favre qui a fourni plusieurs graveurs.

(4) Jean Favre (Faurc) alias Farsan ou F.isan, « Farsan le libraire allemant », iihigister Johannes Fabri akmatiiis.

en 1475 dans la matricule des étudiants gradués à l'Université de Bàle. Aucun fait ne nous a donné à penser que ce soit l'imprimeur lyonnais.

Jean Favre a imprimé à Lyon depuis 1482 jusqu'en 1503.

11 y a eu dans le même temps un autre imprimeur du nom de Jean Favre Qohannes Fabri), il était de Langres. Il a imprimé à Turin de 1474 à 148^, d'abord en société avec Jeannin de Pierre et ensuite seul; il a imprimé à Genève en 1491. Un troisième Jean Fabre a imprimé à Stockholm en 1495 et un quatrième (Faure) à Toulouse au commencement du xvi= siècle.

' Mathieu HUSZ (..1482-fde 1507 à 1511.)

Mathieu Husz (r), impresseur 'de livres.

« De la nacion d'Allemaigne. »

Filliastre de André Daveyne, pêcheur (2).

« Maistre en l'art de impression », venerahilis vir, hiiius arlis periiissiinus.

Il était établi à Lyon en 1482. On suppose qu'il était parent de Martin Husz et qu'il lui a succédé.

Mathieu Husz a imprimé à Lyon : seul, en 1482 et en 1483; en 1483, avec Pierre Hongre (3); en

(4g) Mathieu, Mathias ou Mathis Husz, Huz, Huts ou Us, « maistre Mathieu l'imprimeur, Mathieu l'allemant, » Mathias akntatitis, magister Mathias Husz aUmanus.

(50) Husz est quelquefois inscrit sur les rôles sous la seule désignation de « le filliastre André Daveyne faiseur de livres d (voir EE 14S3).

(51) La Légende dorée.

1483 (i) et en 1484, avec Jean Schabler (Malhias Htisz et JobaiiiicS Batlcnschnce de Alemania socii); en 1487, avec Jacques Buyer; de 1483 (2) à 1499 (3).

Il est à remarquer qu'il est inscrit sur les rôles des tailles, de 1495 à 1499, avec la qualité de « marchant allemant » (CC 107, 223, 225).

Mathieu Husz a été, suivant le tenips, dans une condition de fortune très différente. En 14S8, il avait été imposé à 2 livres tournois, taux relativement élevé, puisque Guillaume Le Roy ne devait payer que 30 sous tournois et Gaspard îlortuin qiie 15 sous tournois. Husz ne put pas payer cet impôt, et « fjt gaigé de six bréviaires reliez pour ij livres viij sols iiij deniers tournois qu'il devoit pour son impost (4). » En 1504, il était taxé à 28 sous 6 deniers tournois qu'il n'avait pas acquittés, mais « Messieurs (les Consuls) ont ordonné le tenir en suspens por ceste foys actendu les services qu'il a faict et peult faire à la ville touchant l'artillerie (5). »

Il était coUovriiiicr en 1506 et en 1507 (6), et ' un des plus habiles tireurs.

(i) Jean Boccace, Di la ruyiic des nobles hommes et feiniues.

(2) Une autre éjition du Miroiicr de la redempcion de l'iimain ligHuige a été imprimée p.ir « maistre M.uhis Husz » en 1^85.

(3) Le très proffitahh et ntiU livre pour cogiioiilre soy mesiiiss appelle le Pèlerin de vie hii:ir.uiie, avec gravures sur bois.

(4) Archives de Lyon, CC 21 S, f" 6 r", CC 219, f^ 130 1°.

(5) Archives de Lyon, CC 240, f» 183 r".

(6) Mathieu Husz est décédé probablement après 1507; il est insciit sur les rôles des Establics de 1507.

•Pierre HONGRE (..I4S2-I ) 10 )

Pierre Hongre (i), imprimeur et libraire.

Allemand.

Toliiis artis iinpressorie vir pcritissiiuiis. Inipressoiic arlis beiie p.ri'.iis.

Il a impriuié seul à Lyon en 1482 (2) et a été associé en 1483 de Mathieu Husz (3). Nous ignorons ce qu'il a fait de 1483 à 1490. Il a quitté Lyon en 1493 (4)' '^'"' ^" 1'^ S'-"-' ^^ registre des Noiiiiiiécs à cette date ou peu de temps après : Rccfssit in patrià sud. Il est revenu à Lyon et a imprimé de nouveau dans cette ville de 1496 à 1500 (5). Il a obtenu le 23 juillet 1500 une remise d'impôt, il était inscrit sur les rôles comme imprimeur {(>)■ H était associé

(1) Pierre Hongre, Ongre, Ungre; Pdrus Utiganis. Pierre le Hongrois.

(2) Lyon, 1482 : l'ocaludaiiiis brcviloqiiiis.

(3) Ces deux maîtres ont imprimé en 14S5 la Li^'ciuk âou'C.

(4) « Pierre Ongre allemant » a déclaré, en janvier 1493, avoir les armes sui.vantes : r. haton, salade (armure de tète) et brigandine (vêtement de guerre) u (EE).

(5) Hongre a imprimé en 1300 le M'.ssaJe ad hstnii LugJiinen.

(6) Il Mess, ont quicté po'' ceste foys p'trre ongre imprimeur à cause de ce qu'il est pouvre et qu'il a servy et seit la chose publicque de tout le royai:mc touchant son art de faire et composer les lettres d'imprimerie (.-\rchives de Lyon, BB 24, f" 266 r°). »

en 15 10 de Antoine Doulcet, imprimeur et libraire (i). Il demeurait : en 1493, dans « la ruelle de l'eaulme » et en 15 10, dans la rue Mercière. Il était dixenier d'un des pennons en 1498.

•Guillaume BALSARIN (..1482 -■{■152 5 ou 1526.)

Guillaume Balsarin (2), impresseur de livres et libraire.

II a été marié et a laissé deux fils, Bonin et Jacques.

Il a pris dans une édition de 1502 le titre d'imprimeur du roi.

Balsarin aurait travaillé à Lj-on en 1479, si nous nous en rapportons à l'assurance qui nous a été donnée qu'il a imprimé en cette année. Nous n'avons pas eu la preuve du fait. Balsarin était certainement à Lyon en 1482, et il est inscrit sur les rôles des tailles à partir de 1485 (3). Nous ne nous expliquons pas qu'en 1489, taxé à 30 sous tournois, on lui ait « quicté vij'" vj*^ '' sur cet impost pour ce qu'il est 7iouvea:i (4). »

Les éditions de Guillaume Balsarin ne sont pas

(1) Je.in de La Place tt Jacques Myt ont iuipiinié en ijio une édition de Perse pour Hongre {Pdio Uiigie) et Antoine Doulcet.

(2) Le nom est écrit aussi Balzarin, Barsarin, Barsalin, Barsaryn ou Bassarin.

(3) Archives de Lyon, CC 212.

(^) .archives de Lyon, CC 103. — Y aur.iit-il eu deux Guillaume Balsarin?

rares; on en connaît d'ornées Je gravures sur bois en général d'une exécution médiocre.

Balsarin demeurait dans la rue Mercière près de Saint-Antoine.

Jean l'ALLEMAND

Jean l'Allemand (i), imprimeur.

Ce Jean l'Allemand ne pouvait être ni Jean Favre ni Jean Schabler qui sont inscrits séparément sur le même registre, ni Jean Neumeister qui était alors à Albi.

•Jean SCHABLER

Jean Schabler, imprimeur et libraire. • De Botwar près de Marbarch, en Wurtemberg. « Batassine natif d'Allemaigiie, janvier 1492 (i-|9)) »

Il signait Jobcs — Joh{aiuijes — Scahdkr als — al{ia)s — Vatinsne.

(i) « Maibtre Jeh.in Alcmant. »

(2) Arcliives de Lyon, EE, EslMics. Batassine (Schabler) n'éiait pas alors marié. 11 avait « une espeye (épée), une salade (armure de la tête) et gandelés (armure de la main) », et demeurait « auprès de la cave (d'Esnav). »

Ln forme allemande du nom de famille était Schabler, Schabcler ou Schabeller; on prononçai: Chabler. Q.uand les Romans empruntaient des mots allemands commençant par sch, ils les faiîaient commencer par se. Les Lyonnais du xv"= siècle ont dès lors transformé le nom de Schabler (prononcé Chabler en Allc-magne) en Scabler (prononcé Skabler à L3'on) (i). Beatus Rhenanus et d'autres Allemands ont conservé le sch même dans les lettres latines. C'est ainsi que Anna, fille de Schabler, mariée avec Bruno Amerbach, en 15 18, est désignée dans une élégie sous le nom de Schablera, et que Schabler est toujours nommé Schablerus dans la correspondance latine de Beatus Rhenanus.

Le nom de notre imprimeur était donc écrit dans les chartreaux à Lyon et dans les livres imprimés par lui, tantôt Schabler, Schabeler, Schabeller, Schabaler, Zschabler, Ciiablier, tantôt Scabeler, Scabeller, Cabillier. Schabler était surnommé Wattenschnee (trotte en neige) (2), et ce surnom est reproduit de plusieurs fitçons : Wattinschnec, Wattenschnee, Wuattenschnce, Westenschire, Wattische, Vatinsne, A'atisme, Vaiissiny, Vaticine, Vatisiuj, Vati.ssuyn, Battenschnee, Bactenschine, Battensche, Batissenav, Batissuyn, Bapcisme,

(i) On lit au culophou Ju Livre iiilitiiU de la ruyiie dfs nobles hoiitiiies et femmes : a Imprimé à Lyon sur le Rosne par honorables niaistre Maihis Husz et nmiitie Jehan Sc.ihcler 11 en 1483 ; in-lolio gotli., avec gravures sur bois.

(2) Scliabler, tout en ayant fait un séjour prolongé à Lvon, ét.iit assez nomade, faisant Je iVéquer.is voynges à Paris et à Bâie et s'occupant lui-même de la vente de ses livres dans les foires. C'est peut eue cela qui lui a f.iit donner le surnom de trolle en neive.

Bastiteme Batisteme, ou B.iptisine, B.masine. D.ms la liste des membres de la corporation des commerçants de Bâle (à l'abbaye du Safran), Wattenschnee est inscrit, à la date du 23 décembre 1494, sous le nom de Hans Scliabler.

Schabler, originaire de Botwar, est allé d'abord à Eâle. Il y a été reçu à l'Université en 1473, et son nom, Jobaniies Schahelkr de Bolzuar, figure dans la matricule des étudiants au semestre d'hiver de 1473-1474, le recteur étant alors Christophorus de Utcnheim (i). Schabler était à Lyon en 14S3. Il y a imprimé, en 1483 et en 1484, plusieurs livres, soit en ayant formé une société régulière avec Mathieu Husz soit en étant intéressé avec celui-ci à la production de certaines éditions. Il a imprimé seul jusqu'en 1503.

Il a quitté Lyon en cette année (2) pour se rendre à Nantes, muni de lettres du Consulat (3). Il s'arrêta à Paris et y travailla jusqu'en 15 18, mais il était du nombre des imprimeurs nomades, car nous l'avons trouvé en même temps à Lyon de 1503 à 1507, de

(i) Nous devons ce renseignement à M. A. Claudin.

{2) Scliabler a été en ce temps-là plusieurs fois dans la gêne. En 1488, il fut « gaigé d'un livre imprimé (intitulé suin[m)a de cassia siip. evvuiigelisl.') pour xxvj sols viij deniers tournois qu'il devoit pour son iniposl >i ; il est désigné sous le nom de B.itliisme ou Vatisme, « libraire allemant » (CC 2i8, f" 6 r°, CC 21g, fo 130 ro).

(5) 9 février 1502 (1503). « A esté ordonné faire attestation in forma de bien pour Jehan Scabellcr marchant libraire allemant demourant à L\'on qu'il est résident et demeurant en jadicle ville y tenant feu et lieu et pour ce repputé estre du nombre des cytoiens. » (Archives de Lyon, BB 24, actes consulaires, (0 jjj verso].

1)8 LES GrwiVEURS SUR BOIS ET LES LMPRLMEURS

15 12 à 15 18 (i); il figure sur les rôles des tailles pour ces années avec la qualité d'iTiprimeur (2).

Michel Parmentier, après avoir été longtemps son serviteur, son iiislilor, son facteur ou son courrier à Lyon, devint son associé et son successeur (..1522- 1546). Jean Vaugris, parent de Schabler, a été aussi un des facteurs de celui-ci après avoir été un de ses ouvriers (3).

On s'accorde à dire que Schabler, qui s'était fait recevoir bourgeois de Bâle en 1495, se retira dans cette ville et y finit ses jours. Il y aurait embrassé les idées de la Réforme. Il est certain qu'il chargea en 1524 Bebelius d'imprimer à ses frais une édition grecque du Nouveau Testament et qu'il publia à Bâle en 1525 une traduction française du Nouveau Testament, d'après la version de Le Fèvre d'Estaples. Ce dernier livre porte une marque à ses initiales, I-S"

(i) Schabler aurait été, d'après le président Baudrier, éditeur ou libraire plutôt qu'imprimeur. Il a été cependant inscrit plusieurs fois sur les cliartreaux avec la qualité d'imprimeur (en 1500, en 1507, en 13 12). 11 est possible qu'il ait exercé d'abord la profession d'imprimeur (il était certainement imprimeur en 1483 et en 1484, pendant qu'il était associé avec Mathieu Husz), et qu'étendant plus tard ses opérations il se soit attaché davantage au commerce de la librairie.

(2) Schabler était locataire en 15 17, avec trois autres imprimeurs et un tailleur d'histoires, dans la maison d'Etienne Gueynard (CC 31, f" 103 r").

(3) Jean ou Hans \'augris, libraire à l'Ecu de Baie à Lyon (né il Charly près de Lyon), a été associé de Michel Parmentier; il prit la place de Schabler dans la Société formée entre celui-ci et Parmentier, quand Schabler quitta Lyon en 1503 pour aller à Paris.

et W et sa fière devise : dvrvm- pacientia . franco. L'impression est excellente, et les figures de l'Apocalypse dans le style d'Holbein font à cette édition un rare ornement (i).

Jean MACHERA

Jean Mâchera (2), imprimeur.

Il était absent de Lyon en 1490 et en 1491 (3).

Il y avait à Lyon, de 1^72 à 1478, un maître maçon du nom de Jean Mâchera, et en 1487 un Cartier aussi du même nom. Ce Cartier était peut-être le même que l'imprimeur.

Denis DU VERGIER

(•■mS)-i493-)

Denis Du Vergier, impresseur de livres. « Serviteur et pouvre » en 1492 (4). Il demeurait dans la « rue Merchière. » Un Denisot Du Vergier était dorier à Lyon de 1464 à 14S3.

(i) Voir sur Schabler Une visite à la bibliothèque de VUiiiversité de Bdle, par H. Baudrier (t8So, p. 36 à 38), étude du plus vif intcrêt.

(2) On lit quelquefois Macliura.

(3) « Jehan Mâchera imprimeur n'est point en la ville (CC 219). n

(4) Archives de Lyon, CC 220, i° 16 v". u Taxé à xx s.; suspendu. »

l60 LES GRAVEURS SUR BOIS ET LES IMPRIMEURS

• Pierre P I N C E R N E

(..i48)-ti49J.)

Pierre Pincenie dit Boteillier, Bouteiller ou Bouttelicr, inipressciir de livres (i).

Filliastre de îviartia Bellon, « bouchier ».

Il ne put p.is payer l'impôt en 1488 : « Pierre Pmcenie imprimeur fut g.iigé de troys symaises (2) pezans xiij livres rendues... pour ij livres qu'il devoit pour son impost (3). »

I-I95. « Lit vefve et hoirs Pierre BoteiUer imprime.ir » (CC 223).

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