Les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanité
Ces pages ont ele écriles pour les lecteurs de la « Nouvelle Revue » où ont paru neuf articles (du 1° décembre 1908 au 15 août 1909), mais à mesure que notre étude sur le rôle des Grecs et des Sémites dans l’histoire avançail, nous nous rendions compte qu'une telle étude, même en restant limitée aux points les plus culminants de l’histoire, dépasserait le cadre d'une Revue et nous nous soinmes décidé à en continuer la publication sous la forme d’un livre que nous présentons aujourd'hui au public interessé aux questions sociologiques dans leurs rapports avec l’histoire (1).
Dans le but de faire ressortir la part active qu'ont prise les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanité, il nous a fallu parcourir loules les phases de l’évolution humaine dès les débuts préhistoriques jusqu’à nos jours et les mettre ensuile en rapport avec l’œuvre impérissable de ces deux peuples de l'antiquité. Partant de ce point de vue, nous avons tâché d'abord de mettre en relief:
1° Les fails qui ont marque les différentes époques parcourues par l’homme dans son développement en Europe et en Egypte;
2° Les progrés réalisés par lui dus chaque étape dans le perfectionnement de la raison et du sentiment humains ;
93° La disposition particulière dont certains peuples ont joui pour créer les idéals de la perfection vers lesquels a aspiré l'humanité au cours de son évolution.
Ensuite, nous avons étudié les faits historiques et les progrès réalisés par l’homme à travers les temps en rapport avec la biologie sociale, démontrant que l’homme, pendant
(1) Cette circonstance nous a obligé de conserver la forme et la distribution des chapitres données aux articles par la Rédaction de La Nouvelle Revue.
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il PNR PRÉFACE ses débuts préhistoriques, a été régi comme le reste de l’animalilé par les lois d'évolution qui ont présidé à la formalion de laterre et dé tous les êtres organisés sortis de son sein; mais aprés être entré dans la période historique et avoir acquis la conscience de sa personnalité, l'homme a évolué distinctement comme être social, selon ses aptitudes et son tempérament, selon les climats el les milieux dans lesquels il a vécu. À mesure que son intelligence se perfectionnait el que ses sentiments s'ennoblissaient, il S'imposait le devoir de poursuivre l'idéal de la perfection, tant de la rai- son que du sentiment jusqu'à s'approcher de la limite assignée à la destinée humaine dans ses rapports avec l'infini.
Voici les principes biologiques sur lesquels est basée noire : étude :
19 Lalerre, aprés que ses conditions de température ont rendu la vie organique possible, a donné naissance à-de nombreuses séries d'êtres organisés, grâce à une force créa. trice immanente à la matière terrestre, qui pendant son état d'incandescence a emmagasiné une somme d'énergies potenlielles empruntées au foyer solaire, source de toute vie.
2° Cette force créatrice n'a pas cessé depuis lors d'être aclive, de donner naissance à des milliers de germes, de : transformer les espèces végétales el animales existantes en de nouvelles et de les aider dans leur évolution à travers une lutte sans trève contre les milieux hostiles à ete existence ;
4# Grâce au mouvement moléculaire incessant da les organes, au changement continuel de leur forme et à la lutte perpétuelle de chaque espèce, sont nées les nouvelles espèces plus parfaites el plus aptes à Aaron aux noUuveaux milieux ; |
4 L'homme occupant la premiére place dans le règne « antmal a subi les mêmes lois d'évolution que tous les êtres organisés. Grâce à l'exercice de la vie et à la sélection dans son combat avec les milieux hostiles, ses faculiés physiques, intellectuelles el morales se sont perfectionnées PRIT ment à travers le temps el l’espace ;
5 L'homme, cependant, comme être social, n'a pas évo-. luë de la même manière que le reste de l’'animalité. Chez lui, la loi de l’évolution a subi une modification selon les aptitudes de races, selon les climats et selon les milieux contre lesquels il a dû lutter. Il y a des peuples qui se sont
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distingués par leurs aptitudes spéciales pour des combinaisons d'esprit d'ordres divers, d'autres par une disposition particulière des sens pour mieux se pénétrer des beautés
de la nature et d’autres par un sens plus pratique que spé
culatif, dirigeant tous leurs efforts pour acquérir des choses utiles aux besoins matériels de la vie. Il y a aussi des peuples qui se sont adaptés plus facilement que d'autres aux
climats les plus extrêmes et aux milieux les plus hostiles à.
leur existence. C’est ainsi que les divers peuples, selon leurs facultés, leurs aptitudes et leurs dispositions naturelles, ont fourni chacun un contingent relatif au progrès des differentes branches du savoir humain et au perfectionnement du sèns esthétique et du sentimént moral de l'espèce.
Toutefois, parmi les nombreux peuples, qui ont dominé l’ancien continent avant notre ère, il n'y en à que deux, petits par le nombre de leurs habitants, mais grands par leurs qualités intellectuelles et morales qui ont l’insigne honneur d'avoir laissé une trace profonde dans l’histoire de l'humanité : ce sont les Grecs et les Juifs, dont les uns ont illuminé le monde par la lumière de la science, par l'élévation de la raison et du sentiment humains et par l’art et la philosophie, et les autres ont ‘inauguré parmi les nations le monothéisme el leur ont transmis un livre sacré, la Bible, source de révélation établissant un lien intime entre Dieu et l’homme. On ne saurait s'imaginer la civilisation européenne moderne, ni notre art, ni notre science, ni notre philosophie sans remonter à la source et les relier à la haute culture de la Grèce qui brillait déjà cing siècles avant J.-0., dans les arts, la la poésie et la tragédie, de même que dans la sculplure et la peinture, dans les sciences exactes et naturelles de même que dans la philosophie. On ne saurait non plus concevoir le christianisme arrivé à son plus haut degré de développement actuel sans remonter à ses origines, à ses traditions, à ses premiers apôtres qui ont enseigné les principes religieux et moraux contenus dans la Bible, c'est-à-dire sans le Judaïsme dont il n’est qu'un prolongement, une phase d’évolution. Or, étant donné que l’idée religieuse el la science constituent deux forces dont l une réside dans le sentiment et l'autre dans là raison, et que les deux tendant à élever l'âme humaine, sont appelées à gouverner l'huma-
nité, il est nécessaire qu au lieu de se combattre, elles
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