ET À
JÜLES GRECS ET LÉS SÉMIÎTES … ‘493
qui vint‘à leur secours et chassa les Abyssins de l’Yémen, mais
il y resta avec son armée, de manière que les Hémyarites ne firent que changer de maître. [l'en résulia qu'à la fin ‘du
vie siècle, la Péninsule arabique était partagée entre l'empereur grec de Constantinople et le roi de Perse. I n’y avait que deux provinces centrales Je Nedjed et le Hedjas qui restaient exemptes . de la domination étrangère. Cette situation, après s'être prolongée . pendant plusieurs siècles, est devenue intolérable pour un peuple ‘aussi fier et aussi féroce! que le peuple arabe dont le sentiment chevaleresque était souvent poussé à l'exagération. Le besoin de
l'unité politique se faisait sentir tous les jours davantage; l'anta-
gonisme des races et la rivalité des peuplades s’effaçcaient de plus en plus ; mais il manquail à la réalisation d’un tel idéal une condition essentielle, c'est l’union : unité de religion et uniformité de langage. Cette dernière n ‘était pas trop difficile à réaliser, car,
| malgré les nombreux dialectes en usage parmi les FE
tribus, la langue arabe était depuis longtemps cultivée par les poètes qui s'étaient donné la mission de créer une langue nationale. On est convenu de tenir fréquemment des assemblées où se réuniront des délégués des diverses tribus dans des lieux déterminés, près de La Mecque. Dans ces assemblées, se trouvaient des guerriers, des hommes de lettres, des poètes et des hommes les plus distingués de chaque tribu. Les uns chantaient la noblesse de la tribu et la liberté : les autres le courage et l’hon-
neur; d’autres; les douceurs de l'hospitalité, les plaisirs de la
vengeance et les merveilles de la nature. Ces poésies (1) inspiraient l'enthousiasme et réveillaient l'amour de la patrie; car elles joignaient aux charmes d’un récit touchant et dramatique, une mélodie douce et passionnée. En les lisant on se croirait aux temps de la chevalerie en Europe.
En même temps que Jes poètes imprimaient à la langue un ca-
ractère plus uniforme, il s’est opéré dans les esprits des chefs de
plusieurs tribus une évolution vers un idéal religieux supérieur, mais il manquait l’homme d'énergie et d’ intelligence pour sé mettre à la tête d’un moûüvement vers un idéal religieux nouveau, en
opposition avec une mentalité idolâtre €enracinée depuis plu-
Sieurs siècles chez un peuple à demi- “sauvage. Pendant cette pé-
riode indécise qu'on peut bien appeler d'incubation d’une nou-
velle doctrine, Abd-el-Mottaleb qui exerçait l’autorité supérieure |
(0 On appelait aussi ces poèmes moudhabhabät, poèmes dorés; Pococke. Spécimen historiæ Arabum, p.164. — Caussin de Perceval, t, Lp.:297-
ri