‹ Les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanitéChapitre 44 sur 106 · D'ARTS LES GRECS ET LES SÉMITES · texte numérisé non relu

D'ARTS LES GRECS ET LES SÉMITES

à La Mecqué, après avoir eu la chance de délivrer : sa patrie

de l'invasion des Abyssins, demanda une entrevue au roi des Hémyarites, son allié contre les Abyssins, pour chercher une en-

tente sur les mesures à prendre contre les progrès de l'idolâtrie.

En effet, le résultat immédiat de cette entrevue fut la suppression des sacrifices humains et de l’odieuse coutume qui permettait aux parents pauvres d’enterrer leurs filles vivantes pour les em-

pêcher de tomber dans la prostitution. À la même époque, Abd-

el-Mottaleb eut le malheur de perdre sen fils Abd-Allah et plus

tard sa belle-fille, et il fut obligé de recueillir son petit-fils ap-. pelé Mahomet, âgé de six ans. Quelque temps après, 11 mourut

aussi, et ce fut Abou-Taleb, son second fils, qui se chargea de l'éducation du petit Mahomet.

À mesure qu'il grandissait, Mahomet avait acquis les connaissances nécessaires pour gagner sa vie et entra au service d’une veuve riche appartenant à la famille des Coreichites, appelée Kadicha, dont il ne tarda pas à gagner la confiance. Après son retour d’un voyage d'affaires en Syrie, très avantageux, il finit par se marier avec sa patronne. Homme intelligent et ambitieux en même temps, il profita de l'occasion que lui offrait son commerce avec les Juifs d'Hedjas et de ses voyages fréquents en Syrie qui le mettaient en contact avec les Nestoriens et avec les médecins juifs formés dans la célèbre école d'Edesse pour étudier les lois mosaïques de même que les dogmes de la religion chrétienne, et après avoir médité longtemps à ce sujet, il acquit la conviction

qu'un peuple sans idéal supérieur de religion et de morale n'est

pas fait pour aspirer à l’unité nationale. Par suite, il concut le projet d'implanter sur le sol d'Arabie un nouveau système religieux ayant pour base le monothéisme, associé à un culte susceptible à bien s’adapter au tempérament de son peuple, à sa

manière de sentir et de penser, et à ses habitudes invétérées. propres de la race et du climat. Pour réaliser ce projet, il devait | forcément choisir pour modèle une des ; trois religions mono- : théistes existantes : juive, chrétienne et celle. de Zoroastre. I ne £ tarda pas à se rendre Compte que l’austérité de la doctrine chré-

tienne et la spiritualité de ses dogmes qui enseignent la mortifi-

cation du corps pour purifierl'âme n'étaient compatibles ni avec:

la mentalité de ses concitoyens ni avec le climat d'Arabie. Quant

à la religion de Zoroastre, il savait bien qu elle avait beaucoup perdu de sa pureté à la suite de l'influence prépondérante des.

prêtres mages. Par conséquent, il s’est incliné en faveur de la religion mosaique qu'il connaissait mieux, d'autant plus qu'entre

° LES GRECS ET LES SÉMITES 125 les Juifs et les Arabes, il y avait une parenté de race et d’origine et que tous les deux se trouvaient depuis plusieurs siècles en intimes rapports sur le mênie sol, parlantla mêmelangue et menant le même genre de vie. En effet, Mahomet s’inspira pour sa nouvelle religion au commencement de sa campagne plutôt dans la Bible que dans le Nouveau Testament, car 1l rejetait le mystère de la Trinité qu’il ne paraît pas comprendre; il protestait également contre l'essence divine. de Jésus, et combattait vigoureusement toute représentation de la divinité par des images ou des figures queJconques. Il réussit à faire ses premiers adeptes dans la province d’ Yathreb, le centre des tribus juives qu’il tâcha de gagner à sa cause en leur faisant croire qu'il se proposait de convertir toute l'Arabie au judaïsme; les Juifs, de leur côté, ont favorisé son œuvre par une propagande active, mais bientôt, ils s’apercurent des tendances ambitieuses et des passions vulgaires de Mahomet et surtout du caractère sensuel qu'il prêtait au paradis dans la vie future, et au lieu de favoriser ses desseins, ils finirent par les combattre, ce qui leur valut une hostilité suivie d’une vengeance terrible de sa part. Toutefois, à mesure que son autorité morale et matérielle s’établissait parmi les nombreuses tribus d'Arabie, il comprit que les doctrines morales et religieuses exposées dans le Coran n'étaient qu’une copie incomplète de celles de la Bible et de l'Evangile, corrigée et augmentée de paraboles et de symbolés fantastiques, et qu'il était dans son intérêt de se réconcilier avec les Juifs et les chrétiens. En effet, dans les premiers chapitres ou Sures (1) du Coran, il proclame les révélations du mosaïsme et du christianisme

Comme authentiques et celles de l'islamisme comme une continuation et le corollaire des deux autres.

D’après lui, le Coran serait le supplément de la Bible et de l'Evangile, bien qu'il rejette le mystère de la Trinité et ne reconnaisse pas la divinité de Jésus-Christ, le considérant seulement comme prophète. Par conséquent, ilse montra très tolérantenvers les Juifsetles chrétiens, tandis qu’il déclara une guerre ouverte aux Sabéens, aux mages et aux idolâtres. Il reconnut également que le bon Dieu lui a refusé le don des miracles qu’il a accordé aux

autres prophètes, tels que Moïse et Jésus-Christ. Toutefois, sionlit

attentivement le Coran, on s’aperçoit bien vite que ce code religieux, que l’auteur prétend avoir reçu comme une révélation du -Dieu miséricordieux, n’est pas sorti, formé d’une pièce de sa tête:

(1) Nom donné à chacun des chapitres du. Coran.

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au contraire, 1l a suivi la voie d’une évolution lente, se dévelop-

pant à mesure que les circonstances avaient favorisé son entreprise et lui avaient permis: d'acquérir, soit par la lecture, soit par de fréquents entretiens avec des personnes compétentes, de nouvelles connaissances sur les religions juive et chrétienne. C'est ainsi qu'il rédigea, feuille par feuille, les différents chapitres du Coran, et, bien que dans les premiers chapitres, il déclare authentiques les révélations de la Bible, il ne fait que défigurer capricieusement les divers récits bibliques, dans les suivants, de

“même, il ne se gêne pas d'emprunter beaucoup de préceptes reli- -

gieux et de principes moraux à la Bible et à l'Evangile, et lès revêtir ensuite d’une forme fantastique pour mieux suggestionner son peuple. Ni

Il finit par les résumer en quatre nantements auxquels chaque musulman est obligé de se soumettre journellement : ‘les ablutions, la prière, le jeûnè et les aumônes. Cinq fois par jour la | prière est obligatoire aux musulmans. La prière, dit-il, nous conduit à la divinité ; : le jeûne nous conduit à la porte du paradis; les aumônes nous y font entrer. Cette institution, qui met plusieurs

fois par jour l'âme musulmane en rapport avec Dieu, sans autel

et sans prêtre, servit d’un lien étroit parmi les croyants et imprima à l’islamisme l’ardeur fanatique contre les dissidents. D’après l'extrait succinct qué nous venons de faire des principes religieux et moraux exposés dans le Coran, on voit bien que Mahomet n'a inventé ni ajouté aucun principe nouveau susceptible d'élever la personnalité humaine, mais où il se plaît de jouer le rôle d’inventeur et où son imagination orientale s’est donnée libre carrière dans le Coran, c’est dans le chapitre où il décrit le jour de la résurrection et du jugement dernier, ainsi que le paradis et l'enfer (Sure LXXIX, v. 13: Sure LXXV, 6), où après avoir donné une description fantastique de la résurrection

du corps et de son union avec l’âme, il rend compte, avec des P

détails effrayants et majestueux, du jour du jugement dernier. « Lorsque les méchants et les justes. auront attendu longtemps « des angoisses terribles, dit-il, Dieu apparaîtra pour rendre « justice à chacun, et l'ange Gabriel tiendra la balance, assez « vaste pour contenir le ciel et. la terre, et pèsera leurs actions ; « les coupables seront conduits, vers le pont Al-Sirat, plus étroit « qu'un cheveu, plus effilé que le tranchant d’une épée et tom-

« beront dans l'enfer qui s'étend au-dessous, et dans lequel les

& moins criminels auront aux pieds des sobliers de feu qui feront « bouillir leurs crânes comme des chaudières. Tandis que les

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